Dans la course à l'intelligence artificielle, Meta est sans doute en retard sur ses concurrents sur le plan logiciel. Mais sur le plan matériel, c'est une toute autre histoire. Les lunettes de Meta connaissent un succès certain. Le groupe de Mark Zuckerberg annonce d'ailleurs la commercialisation en France des Meta Ray-Ban Display, ses fameuses lunettes avec écran. Ces dernières, sans changement matériel annoncé pour l'occasion, arriveront chez nous le 13 octobre au tarif de 899 €, contre 799 $ aux États-Unis. Les précommandes s'ouvrent progressivement depuis le 23 septembre, avant une commercialisation en ligne et dans une sélection de boutiques physiques le 13 octobre.
Du côté de l'intelligence artificielle, Meta a des plans pour rendre ses lunettes encore plus efficaces ou flippantes. C'est selon. Mais la vraie nouveauté présentée hier par Meta, c'était le Muse Charm.
Caméras partout, consentement nulle part : le malaise des lunettes connectées
Un Tamagotchi au creux de la main
À son tour, Mark Zuckerberg cherche le gadget idéal permettant aux utilisateurs d'interroger leur intelligence artificielle sans avoir à dégainer le smartphone. On savait que Meta travaillait à nouveau sur une montre connectée, et ce concept s'en rapproche assez, au moins sur le plan physique. Décrit par des sources proches du projet citées par Bloomberg comme un « holdable » — un objet destiné à être tenu en main — plutôt que comme un accessoire vestimentaire, le Muse Charm prend la forme d'un petit galet de la taille d'une paume.
Avec Muse, Meta a-t-il enfin trouvé l’inspiration dans l’IA grand public ?
L'appareil s'articule autour d'un écran tactile OLED de deux pouces et embarque un lecteur d'empreintes digitales ainsi qu'un modem 5G. Il ne permet toutefois pas de passer d'appels téléphoniques ou vidéo, et les modalités tarifaires de sa connexion mobile restent à définir. Enfermé dans un boîtier translucide laissant apparaître ses circuits internes, il peut être glissé dans une poche, suspendu au poignet par une dragonne ou accroché à un sac via une lanière. L'ensemble est animé par un système d'exploitation inédit, conçu spécifiquement pour donner vie à Muse, l'assistant maison. Au centre de l'écran trône un avatar virtuel dont l'utilisateur peut personnaliser la voix, l'apparence et les tenues directement depuis une application compagnon sur iPhone ou Android.
Wow, after all the talk about from frontier companies about new models...
— whurley (@whurley) September 24, 2026
and future devices...
and glasses...
and new form factors...
Mark Zuckerberg aka @finkd just comes out of nowhere and drops @Muse, glasses, and a fucking Tamagotchi that will be in people's… pic.twitter.com/iTNfgbb6Vn
Un projet réalisé par des anciens d'Apple
Ce produit cache une histoire de ressources humaines qui n'est pas passée inaperçue dans la Silicon Valley. Le Muse Charm a été pensé en grande partie par des figures bien connues de Cupertino : Alan Dye, l'ancien responsable du design des interfaces d'Apple, et Billy Sorrentino, l'un de ses principaux adjoints. Meta a débauché ces deux cadres à la fin de l'année 2025, obligeant Apple à restructurer sa propre équipe de design pour combler le vide.
Meta récupère Alan Dye, responsable des interfaces depuis 2010 et n°2 du design d’Apple
Dans leur sillage, Dye et Sorrentino ont attiré de nombreux autres designers de la Pomme. Selon Andrew Bosworth, le directeur de la technologie de Meta, ces recrues ont été les véritables forces motrices du projet, façonnant à la fois le matériel et l'interface centrée sur le personnage de Muse.
Un projet bouclé en neuf mois !
L'intégration de cette nouvelle équipe s'est faite sur un rythme effréné. Alors que l'entreprise ciblait initialement une sortie en 2027, Mark Zuckerberg a exigé une présentation dès 2026 pour une commercialisation avant la fin de l'année. En l'espace de neuf mois seulement, le Muse Charm est passé du stade de prototype ludique à celui de produit fini, en étroite collaboration avec l'équipe logicielle de Muse.
Mark Zuckerberg showed a fingerprint-activated keychain-sized AI device "Muse Charm" designed to bypass the phone entirely.
— Rohan Paul (@rohanpaul_ai) September 24, 2026
> roughly 2-inch display and runs a new operating system designed to bring Muse to life on its own hardware.
> packs Muse's real-time voice and avatar… pic.twitter.com/AFQ1ALuagG
« Nous avons commencé à étudier ce concept en mars et nous leur avons dit : "Hé, nous aimerions lancer cette année un produit matériel qui n'existe pas encore" », raconte Andrew Bosworth. « Et ils étaient à fond. Ils étaient partants. C'était évidemment quelque chose de complètement différent pour eux du point de vue des délais. » Une cadence confirmée par le cadre dirigeant, qui souligne qu'il s'agit d'un matériel « littéralement conçu et fabriqué au cours de la même année civile ».
Surnommé « Clawmagochi » en interne — un clin d'œil assumé à son format rappelant le Tamagotchi et à la fascination des développeurs pour l'assistant IA OpenClaw —, le gadget ne manque pas d'ambition technique. Il est équipé de caméras à l'avant et à l'arrière. Si elles permettent de capturer et de visionner des photos ou des vidéos directement sur l'appareil, leur vocation première est de fournir un contexte visuel à l'intelligence artificielle pour des analyses en temps réel. Le Muse Charm intègre également des haut-parleurs, des microphones, un port de charge USB-C et gère la lecture musicale.
Attendu pour le mois de décembre à un tarif qui reste à préciser, ce premier modèle s'adresse avant tout aux technophiles et aux curieux de l'écosystème Muse. En tentant d'imposer un nouvel écran de poche indépendant du smartphone, Meta fait un pari industriel audacieux. Si l'adoption est au rendez-vous, d'autres générations suivront. Dans le cas contraire, cet assistant miniature rejoindra la longue liste des expérimentations matérielles éphémères dédiées à l'IA, aux côtés d'initiatives comme le Rabbit R1 ou l'Humane AI Pin.
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