Après Temu, c'est au tour d'AliExpress de se faire taper sur les doigts par l'UE : la Commission européenne lui a infligé une amende de 550 millions d'euros pour ne pas avoir pris de mesures contre la vente de produits illégaux, dangereux et contrefaits sur sa plateforme. Il s'agit de la troisième amende infligée dans le cadre du Digital Services Act (DSA), le règlement européen destiné à mieux encadrer les très grandes plateformes en ligne.

Selon Bruxelles, AliExpress n'a pas correctement évalué les risques liés à la diffusion de produits interdits et n'a pas mis en place des mécanismes suffisamment efficaces pour empêcher leur réapparition après leur retrait. La Commission pointe également des lacunes dans la modération de la plateforme et dans les contrôles appliqués aux vendeurs récidivistes.
Cette décision n'est pas une surprise. En mai dernier, Temu avait déjà écopé d'une amende de 200 millions d'euros pour des manquements similaires, notamment concernant la vente de chargeurs non conformes et de jouets dangereux. Avant cela, X avait été la première plateforme sanctionnée dans le cadre du DSA. La Commission montre ainsi qu'elle entend appliquer le règlement de manière de plus en plus ferme, quel que soit l'acteur concerné.
Temu: 200 millions d’euros d’amende pour des chargeurs et jouets dangereux
AliExpress a contesté la sanction dans un mail envoyée à Reuters. L'entreprise juge l'amende « excessive », affirmant avoir investi massivement dans ses systèmes de détection et de modération afin de limiter la présence de produits illicites. L'entreprise indique qu'elle étudie les voies de recours possibles, tout en assurant vouloir continuer à collaborer avec les autorités européennes.
Au-delà de l'amende, la plateforme va devoir présenter un plan d'action détaillant les mesures qu'elle compte mettre en œuvre pour se conformer aux exigences du DSA. En cas de nouvelles infractions ou d'un plan jugé insuffisant, la Commission pourra prononcer des sanctions supplémentaires. AliExpress n’est sans doute pas la dernière plateforme chinoise dans le viseur de Bruxelles : Shein fait elle aussi l’objet d’une enquête approfondie dans le cadre du DSA pour son aspect addictif et la vente de produits illégaux.













