À force de remplir les paniers européens de gadgets à prix cassés, Temu finit par attirer autre chose que des clients: l’attention des régulateurs. La Commission européenne a infligé jeudi une amende de 200 millions d’euros au géant chinois du commerce en ligne, accusé d’avoir laissé vendre sur sa plateforme des produits illégaux, des jouets pour bébés dangereux aux chargeurs USB défectueux. Pour Bruxelles, l’entreprise n’a pas correctement mesuré les risques posés par ces articles, en violation du Digital Services Act, le règlement européen censé encadrer les grandes plateformes numériques.

L’enquête de la Commission européenne s’est notamment appuyée sur des achats tests réalisés par ses propres équipes. En se faisant passer pour de simples clients, celles-ci ont commandé différents produits sur Temu. Résultat: une part importante des chargeurs testés n’a pas passé les contrôles de sécurité les plus basiques. UFC Que Choisir tirait la sonnette d'alarme en octobre dernier après avoir examiné 54 adaptateurs secteur. Seuls deux d'entre eux respectaient pleinement les normes européennes.
N'achetez pas un adaptateur secteur USB sur Temu ou Shein, ils sont dangereux
Les jouets pour bébés n’ont pas davantage rassuré Bruxelles. D’après la Commission, une proportion élevée des produits testés présentait des risques de sécurité de gravité moyenne à élevée, entre petites pièces susceptibles de provoquer un étouffement et substances chimiques dépassant les seuils autorisés.
Dans une déclaration faite à l'AFP, Temu a contesté la sanction et dénoncé une amende disproportionnée. « Temu respecte les objectifs du Digital Services Act ainsi que l’importance de règles claires et cohérentes pour l’économie numérique », a réagi la plateforme. Elle a jusqu’au 28 août 2026 pour présenter un plan d’action et corriger ses manquements dans l’évaluation des risques.
Au-delà de Temu, Bruxelles vise un modèle. Shein et AliExpress sont aussi dans le collimateur, tandis que l’UE prépare une taxation accrue des petits colis venus de Chine. La sanction tombe dans un climat de tension commerciale croissante entre l’Europe et Pékin, sur fond d’accusations de concurrence déloyale et de normes contournées.













