La bataille politique et idéologique engagée par les États-Unis de Donald Trump contre l’Europe pourrait franchir un nouveau cap. D’après Reuters, l’administration américaine prépare un portail en ligne donnant accès aux citoyens européens à des contenus interdits dans leurs pays, y compris des discours haineux. Le dispositif pourrait même s’accompagner d’un VPN afin de faire passer le trafic des utilisateurs pour provenant des États-Unis.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’administration américaine et Elon Musk multiplient les accusations de « censure » visant l’Europe. Des attaques qui s’inscrivent dans une offensive contre la régulation numérique européenne et dans un contexte de soutien appuyé à des mouvements d’extrême droite.
Interrogé par Reuters, un porte-parole du département d’État a nuancé l’existence d’un tel programme. Il a affirmé que le gouvernement américain ne disposait pas, à ce stade, d’un dispositif spécifique de contournement de la censure visant l’Europe. Il a néanmoins ajouté que « la liberté numérique [était] une priorité pour le département d’État » (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) et que la diffusion de technologies de contournement de la censure, comme les VPN, faisait partie des leviers possibles.
Malgré ces précautions de langage, le projet ne fait pas trop de mystère. Le site freedom.gov, cité par Reuters, est déjà en ligne, même s’il n’est pas encore opérationnel. Il se contente pour l’instant d’afficher un message laconique : « Réclamez votre droit humain à la liberté d’expression. »
À travers cette initiative, les États-Unis chercheraient directement à encourager les Européens à contourner certaines législations locales, au premier rang desquelles le Digital Services Act (DSA), qui impose aux grandes plateformes une lutte accrue contre la désinformation et les contenus illicites.
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C’est justement le DSA qui contrarie Elon Musk : son réseau social X a écopé d’une amende de 120 millions d’euros pour non-respect de plusieurs obligations en décembre. Cette semaine encore, l’autorité irlandaise de protection des données, agissant pour le compte de l’Union européenne, a ouvert une enquête visant X et Grok à la suite de la génération de deepfakes à caractère sexuel.
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Selon Reuters, le projet freedom.gov devait être présenté cette semaine lors de la conférence de sécurité de Munich, la même tribune où le vice-président américain J.D. Vance avait, un an plus tôt, sidéré les Européens en les étrillant. Son lancement aurait été reporté après l’expression de réserves en interne, notamment de la part de juristes.
Étant donné le côté éminemment sensible du sujet, les commentaires sont exceptionnellement fermés. Version sans censure disponible prochainement sur freedom.gov, sous réserve d’un petit audit de vos réseaux sociaux.












