Joybuy est un nouveau nom qui pourrait rapidement s’installer dans les habitudes des consommateurs européens, au même titre qu’Amazon. C’est en tout cas l’ambition du géant chinois JD.com, qui met les moyens pour y parvenir. Après quelques mois de test, son site est officiellement lancé en France depuis le début de la semaine, ainsi qu’au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg.

Un géant chinois qui vise l’Europe
JD.com (Jingdong) fait partie des poids lourds de l’e-commerce en Chine. Il compte 700 millions d’utilisateurs annuels, ce qui en fait le troisième acteur du marché, derrière Alibaba et Pinduoduo, le propriétaire de Temu. Une place honorable, mais confronté à une forte concurrence et un ralentissement économique sur son marché domestique, JD.com cherche des relais de croissance et vise pour cela l’Europe.
Le groupe a ouvert des bureaux à Paris, près des Champs-Élysées. Dans l’immeuble de sept étages qu’il occupe entièrement, des influenceurs feront des lives vidéo pour faire connaître la marque. Joybuy est aussi devenu sponsor de la Ligue des champions afin de combler au plus vite son déficit de notoriété.
Une plateforme sans vendeurs tiers
Contrairement à Rakuten ou AliExpress, Joybuy n’est pas une place de marché mettant en relation une multitude de vendeurs avec les consommateurs. Pas de flou sur l’origine des produits ni de frais sur les petits colis, l’approvisionnement est géré directement par le groupe. « On récupère les colis de nos fournisseurs et on les stocke dans notre entrepôt situé à Tournan-en-Brie [en Seine-et-Marne, ndlr], avant de les livrer nous-mêmes », indique Thibault Delebarre, directeur marketing de Joybuy et ancien d’Amazon, au journal Le Monde.

Le site revendique actuellement 30 000 références en France, réparties dans une vingtaine de catégories, de l’électroménager à l’électronique en passant par l’épicerie, avec plus de 2 000 marques. On y trouve de grands noms internationaux comme Apple, Samsung ou Sony, ainsi que des marques chinoises (Xiaomi, DJI…) et françaises (Le Creuset, Lucien Georgelin, Goudale…).
« Nous ne sommes pas un discounter. On est compétitif, mais on n’est pas là pour casser les prix », assure le directeur marketing. Joybuy se montre pourtant particulièrement offensif à l’occasion de son lancement. Dans l’univers Apple, par exemple, le site affiche des prix jamais vus sur des produits récents en vente directe, comme les AirPods Pro 3 à 199 € ou l’iPhone 17 Pro à 1 239 €.
Le géant chinois JD lance Joybuy, son alternative à Amazon qui casse les prix sur les produits Apple
Une grosse machine logistique pour tenir les délais
« On veut montrer notre différence sur la qualité des produits et la livraison », ajoute Thibault Delebarre. Le site promet une réception le jour même avant 23 heures dans une large partie de l’Île-de-France pour toute commande passée avant 11 heures. Ce service doit ensuite être étendu à d’autres grandes villes dans les prochains mois, notamment Lyon et Marseille.
Pour tenir cet engagement, le groupe a mis en place sa propre organisation logistique. Côté stock, il s’appuie pour l’instant sur un réseau de plus de 60 entrepôts en Europe, avec « des milliers d’employés ». Côté livraison, il a créé sa propre flotte, JoyExpress, avec « une centaine de livreurs » salariés en France. Des partenariats existent aussi avec La Poste.
La livraison est gratuite à partir de 29 € d’achat. Joybuy propose également un abonnement, JoyPlus, qui comprend la livraison gratuite illimitée, l’accès à des offres exclusives et un cumul de points utilisables lors de futurs achats. Pour le lancement, le service est proposé à 3,99 €/mois, ou 2,99 €/mois pour les étudiants, avec aussi une formule annuelle à 19,99 €. Un essai gratuit de 30 jours est disponible.
Reste maintenant à voir si toute cette mécanique est bien huilée et si le service client sera à la hauteur de celui d’Amazon, un des arguments qui continue de faire la différence pour beaucoup d’acheteurs.












