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Adolescentes et Instagram : plutôt que d’écouter la science, Zuckerberg préfère s’en prendre à ses concurrents

Greg Onizuka

jeudi 05 février 2026 à 22:50 • 49

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En 2021, des études financées par Meta elle-même ont démontré que les posts d’Instagram avaient des répercussions non négligeables sur l’image qu’avaient les adolescentes de leur corps, Mark Zuckerberg s’est fendu à l’époque d’un e-mail à ses lieutenants. Cet e‑mail a été exhumé dans le cadre d’une procédure menée par un avocat qui accuse Meta d’avoir présenté ses produits comme sûrs pour les adolescents, alors que Zuckerberg connaissait les dérives observées, comme le rapporte The Verge. Dans ce mail, plutôt que de prendre acte de l’étude, il a préféré s’en prendre à sa cible favorite : Apple.

Des échanges bien embêtants ont fuité des bureaux de Meta... Image Wikipedia/Nokia621, CC-BY 4.0.

Que les réseaux sociaux provoquent des soucis de perception de leur corps chez les adolescentes est un secret de polichinelle, tant les résultats sont déjà visibles comme un éléphant dans un corridor. Cependant, une étude permet de quantifier et d’officialiser les choses, et c’est l’une d’elles, commandée par Meta elle-même, qui a rendu des résultats accablants pour Instagram.

Ainsi, une adolescente sur trois verrait ses problèmes d’image corporelle aggravés par le réseau social et ses publications, et 32 % de la population interrogée dit se sentir mal dans leur corps, et affirme qu’Instagram les fait se sentir encore plus mal. Pire encore, 13 % des adolescentes britanniques et 6 % des adolescentes américaines ayant des pensées suicidaires interrogées attribuent leurs pensées à Instagram.

L’étude citée dans le reportage du Wall Street Journal de 2021 souligne une révélation accablante pour Meta : l’article indique en effet que l’entreprise était au courant depuis plusieurs années des effets du réseau social sur les adolescentes, avant même cette étude. L’entreprise de Mark Zuckerberg a cependant préféré mettre les faits sous le tapis, minimisant l’ampleur du problème devant les médias et les consommateurs.

Plutôt que de prendre acte de ces problèmes et de tenter de les corriger, Mark Zuckerberg a donc préféré s’en prendre à ses concurrents, et spécialement Apple :

Apple, par exemple, ne semble pas étudier tout ça. À ma connaissance, ils n’ont personne pour revoir ou modérer le contenu et ils n’ont même pas de système de signalement dans iMessage. Ils ont adopté l’idée que chacun est responsable de ce qu’il fait sur la plateforme et, en ne prenant pas cette responsabilité à leur charge, ils n’ont pas constitué d’équipe ni produit une myriade d’études examinant les compromis liés à leur approche. Et, de façon assez surprenante, cela a plutôt bien fonctionné pour eux.

Si beaucoup de choses peuvent être reprochées à Apple, Mark Zuckerberg tente pourtant ici une comparaison qui n’est pas vraiment équilibrée ni logique. Dans un premier temps, il semble étrange de comparer les deux services : Instagram est une plateforme de réseau social, avec des influenceurs et des posts affichés à la vue de tous, quand iMessage est un service de messagerie privée, non destiné à exposer ses photos ou pensées.

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Ensuite, dire qu’Apple ne fait rien contre les risques de harcèlement ou autres dérives est mensonger : l’entreprise a fait plusieurs études concernant les dérives possibles de ses services. Elle a même pendant un moment tenté d’intégrer des systèmes de lutte contre la pédopornographie sur iMessage, même si elle a dû faire marche arrière suite aux levées de boucliers appelant au respect des échanges privés. Mais elle a aussi, avec succès cette fois, installé un système prévenant le spam dans iMessage, permettant de bloquer et signaler toute correspondance indésirable.

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Mark Zuckerberg a aussi continué la comparaison, l’étendant aux autres entreprises : « Youtube, Twitter et Snap ont des approches similaires [à Apple], mais moins prononcées [...] YouTube semble intentionnellement faire l’autruche pour rester sous les radars et éviter d’attirer l’attention. Twitter et Snap n’ont possiblement pas les ressources nécessaires pour mener ce type d’études ». C’est une présentation très incomplète, voire trompeuse : YouTube ayant un comité permanent concernant les jeunes et les familles, composé d’experts indépendants pour guider la plateforme concernant le bien-être des mineurs, et Snap a monté un index du bien-être numérique à partir de 2022.

Le patron de Meta en vient à la conclusion que les réactions à la publication de cette étude par le WSJ sont injustes :

Je pense que nous devrions être salués pour le travail que nous faisons afin d’étudier, de comprendre et d’améliorer les enjeux de société sur nos plateformes. [...] Malheureusement, les médias ont plutôt tendance à utiliser la moindre étude ou recommandation produite pour dire que nous ne faisons pas tout ce que nous pourrions (en sous‑entendant que c’est par pur cynisme) plutôt que de reconnaître que nous prenons ces sujets plus au sérieux que quiconque dans notre secteur, en les étudiant et en cherchant des solutions, dont toutes ne sont pas raisonnables à mettre en œuvre, car il y a des compromis dans chaque décision.

Les destinataires de cette missive ont à leur tour répondu, et les réponses peuvent inquiéter sur la culture de l’entreprise. En effet, bien qu’ils considèrent que ces études sont utiles à l’évolution des produits, ils sont aussi unanimes sur le fait qu’il faut à tout prix éviter que celles-ci fuitent dans les médias, préférant cacher tout mauvais résultat plutôt que de l’accepter publiquement.

S’il est à espérer que la vision de Meta et de son patron aient évolué avec le temps, il semble plus réaliste de penser que le minimum syndical a été fait. En attendant le prochain scandale ?

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