Langue vivante en autonomie #1 : le début du voyage

Mathieu Fouquet |

Après avoir décortiqué l'univers numérique chinois dans ses Chroniques numériques de Chine, Mathieu Fouquet vous fait ouvrir votre cahier de vacances. Ce professeur de français langue étrangère, passionné de technologies, va vous accompagner dans un objectif que nous nous sommes tous fixé un jour : apprendre une nouvelle langue, et ce de manière moderne.

Langue vivante en autonomie 👑
  1. Le début du voyage
  2. Le grand plongeon linguistique
  3. Le pouvoir de la répétition
  4. La quête des correspondants

Que les vilains virus se fassent une raison, ce ne sont pas eux qui empêcheront les gens de se parler, de collaborer et d’apprendre. Apéros FaceTime, conférences Zoom et classes virtuelles se sont imposés pendant des mois comme des alternatives improvisées à des rituels jusque-là irremplaçables. Pour citer l’immortel Jeff Goldblum, life finds a way — la vie trouve toujours un chemin.


avatar Ron Dex | 

Super article !

J’étais à mon grand désarroi d’un niveau très moyen en anglais à l’école.

Pourtant je voulais apprendre. Si j’avais eu les moyens actuels, J’aurais sûrement été capable de rattraper mon niveau, en progressant à mon rythme.
Je suis plus concentré. Je l’impression d’apprendre plus vite. Nonobstant, ça ne vaut pas non plus de un apprentissage avec un interlocuteur ou encore mieux, en allant dans un autre pays.

Tous mes amis étant bilingue anglais au minimum… Et une certaine malédiction 😅 car j’ai toujours rêvé d’être bilingue anglais. Mais ça me permet maintenant d’essayer de converser au maximum avec eux en anglais.

J’ai essayé plusieurs applications récemment, et progressivement regarder des films en sous-titré en anglais puis en anglais stvo puis sans st. Des Podcasts, etc.
mon niveau en anglais c’est amélioré de façon très significative.

Bref, l’apprentissage des langues est vraiment à la portée de tous. Quand j’étais au collège et au lycée, je ne comprenais rien. Impossible de rattraper mon retard. Si j’avais eu des nouveaux moyens pédagogiques, j’aurais sûrement pu rattraper mon retard...

avatar romainB84 | 

@RonDex

C’est l’une des grosses injustices de la vie lol!
Jeune, on est des éponges pour apprendre mais c’est la volonté que l’on a pas vraiment (en tout cas pas tous).
Et plus agé, c’est l’inverse ^^, on est très motivé et on voit un véritable intérêt dans l’apprentissage, mais c’est sûr qu’on a un peu perdu nos capacités de mémorisation et d’apprentissage d’antan 🙂.

avatar Ron Dex | 

@romainB84

Non, j’étais très motivé. Mais c’était avec le prof au collège ou ça ne passait pas du tout.
Quand j’étais à l’école primaire, je voulais absolument aller au collège pour pouvoir apprendre l’anglais. J’étais fasciné d’être capable de parler une autre langue. De plus, j’étais beaucoup sur l’ordinateur. Enfin cette époque c’était des TO7...

Bref, après au lycée impossible de rattraper mon retard. Je ne comprenais absolument rien à ce que disait le prof.

Si j’avais eu ces outils, c’est clair que je les aurais utilisé. On parle souvent des méfaits de l’ informatique, des smartphones. Des piétons, des cyclistes, des conducteurs scotché à leur écran. Mais il y a énormément de bienfaits au niveau de l’apprentissage. À condition d’être motivé bien entendu. Mais c’est comme à l’université. Personne est derrière nous.

avatar romainB84 | 

@RonDex

C’est sûr que le numérique est un superbe outil pour aider à apprendre 🙂.

avatar frankm | 

@romainB84

En effet, mon cousin a appris petit. Résultat : il parle 4 langues à la perfection absolue (les natifs ne savent pas qu’il n’est pas natif). Il doit comprendre 8 langues en tout. Et le pire pour le citer : oh bah les langues de l’est quand t’en connais une, on les comprend toutes.
Sinon, le japonais c’est facile pour un français si on met de côté l’écriture (là ça se gâte).

avatar sedutom | 

@frankm

日本語は易しくないよ! Le japonais n'est pas facile mis à part la prononciation (si on omet l'accent tonique sur certain mots: ima peut vouloir dire maintenant ou le salon suivant l'accent tonique), le vocabulaire est compliqué avec beaucoup d'homonymes ou de mots qui se ressemblent (ex: kiiroi, kuroi, kurai, karai, kirai...), la grammaire est complexe, la structure de phrase est différente, la distinction nom/verbe/adjectif/adverbe est moins nette qu'en français, compter (correctement) en japonais est parfois plus compliqué que de résoudre l'équation de Navier-Stokes...

Tout ça pour se rendre compte une fois sur place que le coté culturel est aussi très présent dans la langue est que c'est une nouvelle dimension à prendre en compte, par exemple en japonais on apprends que 'hai' veut dire oui et 'iie' veut dire non mais c'est considéré très impoli en japonais et quasiment jamais utilisé, ils vont plus souvent réalité dire un vague 'hmm, ii (desu)' pour oui et pour non, la personne d'en face doit déduire la réponse en fonction de l'intonation et du langage corporel.

Le japonais reste une langue fascinante et vaut le coup d'être apprise et il y a des gains très rapides permettant de faire des phrases correctes avec peu d’effort qui rendent l'apprentissage assez gratifiant.

avatar LeonlegranD | 

@sedutom

Vous dites « la distinction nom/verbe/adjectif/adverbe est moins nette qu'en français ». Je suis heureux de constater que vous ne vous échiniez pas à faire cette distinction. Le français fait cette différence de manière quasi absolue, alors que le japonais ne l’a fait quasiment pas, si bien que les Français étudiant le japonais s’évertuent à vouloir la faire, par exemple avec cet éternel refrain : est-ce un adjectif en na, en no, en i ? Oui, mais non, parce que ce n’est pas un adjectif.
Quand on comprend qu’il n’y a pas d’adjectif, mais uniquement des concepts d’origine chinoise ou japonaise qui se déclinent de telle manière qu’ils adoptent différentes notions grammaticales, on est libéré !
Justement, prenons l’exemple de la liberté, qui se dit jiyū (自由), qui soit dit en passant est un concept qui a moins de 200 ans en japonais - signe culturel s’il en est !
- liberté : jiyū 自由
- je suis libre, nous sommes libres : jiyū desu 自由です
- librement : jiyū ni 自由に
- je cherche la liberté : jiyū wo sagasu 自由を探す
- pensée libre : jiyū na kangae 自由な考え
- je te libère : jiyū to saseru 自由とさせる
- en toute liberté : jiyū no uchi ni 自由の内に
(Je fais juste remarquer que j’ai mis des espaces dans la romanisation, mais qu’il n’y en a pas en japonais.)
En tout cas, c’est comme ça que moi, je traduis ces expressions françaises.
Pour élaborer toutes ces expressions, on n’a utilisé que le concept « jiyū » qui, décliné est devenu tantôt nom, tantôt adjectif, tantôt verbe, tantôt adverbe. C’est relativement simple en comparaison des différents liberté, libre/libéré, libérer, librement.
Il est difficile de se libérer des schémas grammaticaux de notre langue maternelle, afin d’accueillir ceux d’une langue étrangère. Il est difficile de ne pas vouloir calquer. Mais il me semble que c’est une condition pour adopter une langue étrangère.

avatar macstaw | 

J’ai moi-même délaissé un anglais « correct » et j’aimerais m’y remettre.
Si vous avez des conseils au sujet d’applications, je suis preneur !
Merci d’avance

avatar dodomu | 

@macstaw

YouTube, trouver des vidéastes anglophones, activer les sous-titres, puis les désactiver qu’à d on est plus à l’aise. C’est quelque chose qui m’a bien aidé à améliorer mon niveau 😉
Ou des films avec sous-titres, ou de la lecture sur des sites anglophones, le tout étant de trouver du contenu sur des sujet qui vous intéresse, c’est bien plus motivant 😉
Tout ça aide pour la partie compréhension, pour l’aspect expression je n’ai pas vraiment d’idée (peut être l’application Rosetta stone pour l’expression orale , mais je ne sait pas ce qu’elles vaut), le mieux restes l’échange avec d’autres personnes... mais améliorer sa compréhension aide aussi pour l’expression 😉

avatar Oby1 | 

Pardonnez mon ignorance, mais qu’est qu’un « professeur de français langue étrangère » ? Professeur de français : ok. Professeur de langue étrangère : ok, même si la langue n’est pas précisée. Mais les deux ensemble 🤔
Ça doit faire trop de temps que j’ai quitté les bancs de l’école 😉

avatar MiRouF | 

@Oby1

C’est un professeur qui enseigne le français à des élèves pour qui c’est une langue étrangère. Par exemple enseigner le français à des étudiants chinois. Et c’est différent de professeur de français tout court, qui lui donnerai cours de français à des élèves en France, dont le français est (sensée être) la langue maternelle. L’approche et la manière d’enseigner est différente.

avatar Oby1 | 

@MiRouF

Ok, merci pour la réponse. C’est beaucoup plus clair.

avatar hirtrey | 

@Oby1

C’est un prof de Français pour des personnes ne parlant pas le français.

Un prof de Français de collège ou de Lycée ne sera pas bien apprendre à un étranger à parler Français.

Il y a assez peu de vrai prof ( ayant fait des études d’enseignement) qui sont prof de français à l’étranger.

Idem pour les prof d’anglais en France ( de langue maternelle ) ne sont pas de véritable prof. Ils apprennent à enseigner avec l’expérience.

avatar Oby1 | 

@hirtrey

Merci.
Dans mon cas, quand j’étais un jeune (con) pas motivé par l’apprentissage des langues, la seule prof qui a réussi à me faire apprécier l’allemand était justement d’origine allemande... finalement avec le recul, qu’est-ce qui est le mieux : un prof diplômé qui n’est pas motivant ou un prof pas diplômé qui motive ses étudiants car justement il a une approche différente ? Tout dépend sûrement de là où l’on veut arriver, comme le dit l’article. Mais j’ai quand même une préférence pour la 2eme solution car avec la motivation, on peu aller très loin.

avatar Mathieu Fouquet | 

@Oby1

Je précise tout de même que beaucoup de profs de français langue étrangère (FLE) sont diplômés, c’est même généralement requis dans les postes à l’étranger. Dans l’idéal, on peut être diplômé et motivant 😃

avatar frankm | 

@Oby1

Un professeur de français qui t’apprend le français en t’expliquant que tous les verbes sont irréguliers

avatar monsieurg33K | 

Mon niveau d’anglais était bon en étude, mais évidemment en situation concrète à l’étranger, ce bon niveau devient plus « correct » que « bon ». Le fait d’avoir vécu et travaillé 1 an à l’étranger + mon travail actuel en France m’a aidé à améliorer considérablement mon niveau (c’est pas parfait mais suffisamment bon pour comprendre et me faire comprendre).

avatar efj | 

こんにちは、マックジェドットコ!

Outre la prise de notes, l'apprentissage du japonais est justement mon usage principal de ma tablette ... et j'avoue que c'est redoutable d'efficacité.

J'ai vraiment hâte de lire la suite de cette série et de lire comment d'autres personnes se sont outillées (ou ont outillé leurs élèves) pour avancer dans leur étude :)

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