Pratiques des boutiques d'apps : Bercy cherche à obtenir 4 millions d'euros

Mickaël Bazoge |

Bruno Le Maire a annoncé ce matin, au micro de RTL, qu'il allait assigner Apple et Google devant le tribunal de commerce de Paris pour des pratiques commerciales jugées abusives dans leurs boutiques d'applications. Le ministre de l'Économie, qui dix ans trop tard semble découvrir l'existence de l'App Store et du Play Store, a déjà entamé les démarches pour faire plier les deux géants américains.

Lors des questions au gouvernement, Bruno Le Maire a précisé que la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), un organisme rattaché au ministère de l'Économie, avait enquêté pendant plusieurs mois sur les deux entreprises. Les fins limiers de Bercy ont établi que « les pratiques de Google et d'Apple vis-à-vis des développeurs sont contraires aux règles commerciales ».

Les équipes en charge de la bonne tenue de l'App Store et du Play Store ont notamment droit de vie et de mort sur les applications ; par ailleurs, les paliers tarifaires ont été établis de manière unilatérale. Les développeurs devraient pouvoir fixer le tarif de leurs apps. En tout, la DGCCRF pointe un « déséquilibre significatif ».

Le dossier a été transmis au tribunal de commerce en fin d'année dernière. La DGCCRF veut faire condamner Apple et Google à 2 millions d'euros chacune. Un montant pas spécialement élevé quand on connait le chiffre d'affaires des deux groupes, mais qui est dans les clous de ce que Bruno Le Maire annonçait ce matin.

Google a répondu aux accusations du ministre, et sans surprise le moteur de recherche développe un argumentaire basé sur l'intérêt bien compris des développeurs : « Avec plus de 1000 téléchargements par seconde, Google Play est un excellent moyen pour les développeurs d'applications en Europe, de toutes tailles, dont beaucoup en France, de proposer leurs applications aux utilisateurs du monde entier ».

L'entreprise rappelle par ailleurs qu'elle travaille avec la DGCCRF dans plusieurs dossiers, « y compris Google Play ». « Nous considérons que nos conditions sont conformes à la législation française et nous sommes prêts à expliquer notre position devant les tribunaux ».

avatar Lestat1886 | 

Il va attaquer aussi la fnac ou carrefour/monop ou les galeries lafayette etc pour les mêmes raisons par rapport aux produits en rayon ?

avatar shaba | 

@Lestat1886
Le problème c’est l’exclusivité qu’ont Apple et Google dans la distribution des apps. Ce que n’ont pas les distributeurs physiques la plupart du temps.

avatar Lestat1886 | 

@shaba

Un développeur d’app peut aussi proposer une version web adaptée au mobile, et sur Android proposer son app dans des boutiques alternatives non?

avatar shaba | 

@Lestat1886

Sur Android les AppStore alternatifs n’ont rien d’officiel je crois...
Je te dis pas que le maire a raison, mais certains arguments se tiennent néanmoins.

avatar Lestat1886 | 

@shaba

Certains sont officiels je crois comme la boutique de Samsung sur leurs smartphones...

Je ne sais pas si Lemaire a raison ou pas non plus. C’est vrai que Google et Apple peuvent changer leur politique unilatéralement ce qui crée un risque pour les développeurs, à voir s’ils ont le droit ou pas :)

avatar bibi81 | 

Google a exigé l'exclusivité de son store auprès des constructeurs et fait tout pour décourager les installation hors store.

avatar byte_order | 

Pas l'exclusivité. Ils imposent que l'app Play Store soit préinstallé pour obtenir la conformité "plateforme Android".

Chez Samsung, Sony, Huewai etc, y'a l'app Play Store *et* leurs propres apps "store maison".

Enfin, ils découragent l'installation hors store, mais ne le bloque pas. C'est une (grosse) nuance, quand même, avec les plateformes iOS, ou non seulement seul l'app store d'Apple est possible mais où il est impossible d'installer quoi que ce soit sans passer par lui.

avatar bunam | 

> Enfin, ils découragent l'installation hors store, mais ne le bloque pas. C'est une (grosse) nuance, quand même, avec les plateformes iOS, ou non seulement seul l'app store d'Apple est possible mais où il est impossible d'installer quoi que ce soit sans passer par lui.

Attention cela n'est pas vrai, dernier exemple pour moi Alexa en test est a installer depuis le web
http://cl.zo0.me/0r12082v1k1N

avatar r e m y | 

@bunam

C'est très limite comme contournement... Amazon gère la distribution de l'app comme s'il s'agissait d'une app déployée au sein d'une entreprise. En contrepartie, tu donnes la main à Amazon sur ce qui est installé sur ton iPhone.

avatar byte_order | 

> Un développeur d’app peut aussi proposer une version web adaptée au mobile

Ce n'est donc pas la même app.
Mais oui. Et d'ailleurs c'est un peu la tendance, vu que justement faire une app trop native pour une plateforme mobile n'est clairement pas très rentable de nos jours, tandis que les capacités des plateformes recentes gomment une partie de l'inconvenient d'une app web.

avatar iPop | 

@Lestat1886

Sûrement pas, il n’y a pas de sous par là.

avatar iPop | 

"Les développeurs devraient pouvoir fixer le tarif de leurs apps. En tout, la DGCCRF pointe un « déséquilibre significatif »."

C’est ce qu’ils font déjà à la base ? J’ai souvenir du e applications a plus de 900euro.
En stipulant que les tarifs ont encore augmentés.

avatar Nesus | 

@iPop

Donc moi, industriel français, dans une boite qui produit depuis 1820, je suis interdit de parler de prix pour mes produits, pour ne pas nuire à la concurrence. En cas de non respect j’ai 10% de mon chiffre d’affaires en amende.

Et on a un ministre qui vient nous expliquer que les startup devraient pouvoir le faire...

Dans les deux cas, il y a un intermédiaire avant le client final...

avatar McFlan | 

@Nesus

Il me semble que ce n'est pas le même chose :
- pour l'industriel, l'intermédiaire est un client puis un vendeur. Il achète et revend un produit. Donc à chacun de négocier la vente (industriel-intermédiaire pour la première vente et intermédiaire-clientFinal pour la deuxième vente) ;
- pour les stores, c'est une entreprise qui propose un service et prends une commission sur la vente. Si le client final demande un remboursement, Apple ponctionne le développeur sans se gêner.

C'est comme si l'agent immobilier pouvait fixer le prix de vente à votre place, ou le notaire, ou le boncoin ou...

avatar bibi81 | 

C'est quoi le rapport avec la choucroute ?

avatar bibi81 | 

C’est ce qu’ils font déjà à la base ?

Au centime près ?

avatar iPop | 

@bibi81

Peut être pas mais avec les plages proposer il y a de quoi faire. Mis à part la grande distribution les prix ont tous tendance à se ressembler (5.90, 69, 99.90, etc)

avatar bibi81 | 

Bah oui mais les plages ne permettent pas de choisir finement. C'est justement le problème, c'est d'autant plus gênant quand Apple décide de changer les plages de façon unilatérale.

avatar byte_order | 

Sans parler de l'impossibilité de faire payer une maj majeure...

avatar imatoumi | 

C’est pathétique de voir comme un ministre peut être à côté de la plaque. Quand je vois une telle incompétence de nos dirigeants, ça me fait froid dans le dos.

avatar marenostrum | 

pourquoi ça te dérange ?

avatar McFlan | 

@marenostrum

Faut pas critiquer Apple. C'est caca.

avatar alan1bangkok | 

les argumentations de imatouni sont sans appel pro apple
niveau zero
imatoumi merci de développer un peu juste pour voir....

avatar imatoumi | 

@alan1bangkok

Tu n’es pas obligé de vendre sur l’App Store

avatar deltiox | 

@imatoumi

Pour une App native si justement c’est obligatoire
Sinon c’est du Dev in house et c’est uniquement pour tes employés et SANS re facturation

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