Android et les brevets : une lettre ouverte de Google en forme d'écran de fumée

Anthony Nelzin-Santos |
David Drummond, vice-président senior et directeur du département juridique de Google, a publié une lettre ouverte sur le blog officiel de la société. Intitulée « Quand les brevets attaquent Android », elle dénonce un « tous contre Android », un complot de Microsoft, Oracle, Apple et les autres à coup de brevets. Si elle ne manque pas d'arguments qu'il convient d'analyser, elle est d'abord et avant tout un écran de fumée.

David Drummond
David Drummond (© Google)


Google et les brevets : une position ambigüe
Voici le texte de la lettre :


« Quand les brevets attaquent Android »

Je travaille dans le monde des technologies depuis deux décennies. Microsoft et Apple ont toujours été à couteaux tirés ; [quand elles se mettent au lit ensemble], vous devez vous demander ce qu'il se passe. Et voici ce qu'il se passe.

Android marche du feu de Dieu. Plus de 550.000 appareils Android sont activés quotidiennement, grâce à l'appui de 39 fabricants et 231 opérateurs. Android et les autres plateformes se livrent une concurrence acharnée, grâce à laquelle les consommateurs peuvent choisir parmi de nouveaux appareils cool et des applications mobiles exceptionnelles.

Le succès d'Android a cependant eu un autre effet : il a donné naissance à une campagne de déstabilisation organisée par Microsoft, Oracle, Apple et d'autres à l'aide de brevets bidon.

Elles la mènent en s'associant pour acquérir le fonds de brevets de Novell (le groupe CPTN incluant Microsoft et Apple) et le portefeuille de brevets de Nortel (le groupe Rockstar incluant Microsoft et Apple) pour s'assurer que Google ne s'en empare pas ; en demandant des frais de licence de 15 $ par appareil Android ; en faisant en sorte que licencier Android (que nous fournissons gratuitement) devienne plus cher pour les fabricants que de licencier Windows Phone 7 ; et même en déposant plainte contre Barnes & Noble, HTC, Motorola et Samsung. Les brevets ont été conçus pour favoriser l'innovation, mais ils sont désormais utilisés comme une arme pour l'empêcher.

Un smartphone peut être concerné par pas moins de 250 000 brevets (discutables), et nos concurrents veulent imposer une taxe au titre de ces brevets douteux afin de rendre effectivement Android plus cher pour les consommateurs. Ils veulent compliquer la tâche de vendre des smartphones Android aux fabricants. Plutôt que de nous faire concurrence en concevant de nouvelles fonctions ou de nouveaux appareils, ils nous combattent à coup de poursuites judiciaires.

Cette stratégie anti-concurrentielle gonfle le prix des brevets à un point dépassant largement leur valeur réelle. L'enchère gagnante de 4,5 milliards de dollars pour le portefeuille de brevets de Nortel était près de cinq fois supérieure à l'estimation d'un milliard de dollars. Fort heureusement, les autorités s'inquiètent de l'accumulation de brevets douteux à des fins anti-concurrentielles. Cela signifie que ces transactions seront soumises à la férule des autorités de régulation, et que cette bulle éclatera.

Nous ne sommes pas naïfs : le monde des technologies est mouvant et changeant et nous travaillons dur à rester concentrés sur nos propres affaires et à concevoir de meilleurs produits. Dans ce cas, nous pensons cependant qu'il était important de s'exprimer publiquement et de s'assurer qu'il était clair que nous étions déterminés à protéger Android en tant que choix compétitif pour les consommateurs en jugulant les efforts de ceux qui essayent de lui faire obstacle.

Nous recherchons activement divers moyens d'y parvenir. Nous avons encouragé le ministère de la Justice à obliger le groupe que j'ai mentionné plus haut à licencier les brevets de Novell selon des conditions justes, et à déterminer si l'acquisition des brevets de Nortel par Microsoft et Apple a été faite à des fins anti-concurrentielles. Nous faisons aussi en sorte de réduire les menaces anti-concurrentielles pesant sur Android en renforçant notre propre portefeuille de brevets. À moins que nous ne réagissions, les consommateurs seront menacés par une augmentation potentielle du coût des appareils Android — et d'avoir moins de choix pour leur prochain téléphone.


Avant de revenir en détail sur certains aspects de cette missive, revenons sur les faits évoqués afin d'être sûrs que tout le monde parle de la même chose. Soyons très clairs : rien n'est faux dans la lettre de David Drummond. Mais rien n'est ce qu'il semble vraiment être.

La propriété industrielle de Google est faible : la firme de Mountain View possède à peine un millier de brevets. Apple possède au contraire plus de 10 000 brevets, Microsoft plus du double, IBM en dépose près de 6 000 par an : ces sociétés ont une histoire bien plus ancienne que Google et ont fondé leur succès sur la constance de leur département recherche et développement (lire : Apple : 563 brevets en 2010).

Brevet

Le premier brevet accordé aux États-Unis l'a été sous le régime du Patent Act de 1790 : le 31 juillet de la même année, George Washington accordait à Samuel Hopkins un brevet sur des techniques de production de la potasse. Ces brevets ont été conçus comme une forme d'encouragement de l'innovation privée à l'aube de l'ère industrielle : elle est récompensée par une protection — une patente — assurant de pouvoir tirer les fruits de son travail et punissant la copie. Le système se veut juste : cette protection est assurée pour un temps limité, en l'échange de la divulgation de l'invention. Pendant la durée de validité du brevet, les concurrents peuvent trouver une autre réponse à la même question ou licencier le droit d'utiliser les technologies protégées. Afin d'assurer que le consommateur ne soit pas lésé, le brevet a une durée limitée : de nouvelles connaissances viennent ainsi enrichir continuellement le domaine public.

Ce système a progressivement été détourné et est devenu une arme depuis les années 1980 et l'apparition des brevets logiciels : la frontière entre propriété industrielle et propriété intellectuelle devient plus subtile et ce sont alors des œuvres de l'esprit qui sont protégées par un système prévu pour des procédés physiques (lire : Brevets logiciels : origines d'une folie industrielle). Ce glissement de la signification du brevet, flagrant aux États-Unis, a modifié profondément la donne : une agence comme l'International Trade Commission (ITC), conçue comme une agence de régulation du commerce et de la concurrence, est devenue aujourd'hui une institution quasi-judiciaire chargée de réparer les erreurs de l'US Patents and Trademark Office et de statuer sur la validité des brevets et modèles.

De par la nature même de son cœur de métier, Google n'a pas besoin de brevets — mieux, elle est à l'opposé de ce système. Son grand succès est en effet un algorithme mathématique à la base de son moteur de recherche et de son système de publicité ciblée — un algorithme secret, alors que le brevet est la publication d'une invention. L'extension progressive de Google dans de multiples domaines, afin d'implanter son moteur et sa publicité sur un maximum d'écran, a confronté la société avec les travers du système américain de la propriété intellectuelle : concevoir un système d'exploitation, faire fabriquer un smartphone, c'est à un moment ou à un autre marcher sur les platebandes intellectuelles de quelqu'un d'autre.

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Cette lettre ne révèle donc pas tant les problèmes intrinsèques du système américain des brevets que les paradoxes de Google : dans ce monde des technologies qui vit une véritable guerre froide, n'est pas les États-Unis ou l'URSS qui veut. Google tient la position de la France : elle a une grande gueule mais n'a pas les moyens de ses ambitions, quelques bombes nucléaires mais rien comparé à l'arsenal d'en face et pas le manuel pour les utiliser.

On peut se lamenter des heures sur les défaillances de ce système, mais Google tient ici un double langage : elle a participé à toutes les enchères récentes de portefeuilles importants dans le domaine du mobile, et a doublé son propre portefeuille en achetant 1 000 brevets d'IBM (lire : Google fait l'acquisition de plus de 1 000 brevets IBM). Google affirmait à ce moment que « comme la plupart des sociétés informatiques, [elle] acquiert de temps à autre des brevets en rapport avec [ses] activités » — des brevets pourtant jugés « douteux » par Drummond.

La théorie du complot ?
Doit-on dès lors souscrire à la théorie du complot que dessine David Drummond ? Google a bien perdu deux enchères face à des consortiums composés notamment de Microsoft et d'Apple. Les deux ennemis d'hier sont-ils aujourd'hui partenaires de circonstance ? Pas sûr.

Dans l'acquisition des brevets de Novell, la chose est simple : Google a joué, et a perdu. Microsoft, Apple, Oracle et EMC, quatre des sociétés les plus rentables du moment, se sont constitué en joint-venture pour acquérir 882 brevets de Novell pour 450 millions de dollars. Le but de la constitution de cette société commune, CPTN Holdings, a été si rapide qu'il a provoqué les foudres du monde du libre (Novell est propriétaire de SUSE) et inquiété les autorités allemandes de la concurrence, forçant Microsoft, Apple, Oracle et EMC à revoir leur copie (lire le déroulement de l'affaire Novell sur MacGeneration).

De complot il n'y eut pourtant pas. Brad Smith, directeur du département juridique de Microsoft, a répondu à la lettre de David Drummond d'un simple tweet, égratignant au passage sa version.

Google dit que nous [NdT : Microsoft] avons acheté les brevets de Novell pour les empêcher de mettre la main dessus. Franchement ? Nous leur avons demandé d'enchérir avec nous. Ils ont répondu non.


Franck Shaw, directeur de la communication de la firme de Redmond, en remet une couche :

Un conseil d'ami pour David Drummond — la prochaine fois, discutez avec Kent Walker avant d'écrire un billet de blog :)


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Attaché à son message, une capture d'écran d'un courriel du dit Kent Walker, general counsel (une sorte d'avocat en chef) de Google, déclinant une offre de Microsoft proposant à Google de la rejoindre pour emporter les brevets de Novell. En quelques centaines de caractères, Microsoft met à mal l'échafaudage construit par David Drummond.

Le cas de l'acquisition du portefeuille de brevets de Nortel est semblable : il s'agissait là d'un bloc de plus de 6 000 brevets extrêmement précieux sur les technologies 3G et 4G LTE. Drummond parle d'une « estimation d'un milliard de dollars » : c'est en fait l'enchère de départ proposée par Google, 900 millions de dollars. Car c'est bien Google qui a lancé la furia, avec un discours qui ne nommait pas les concurrents comme celui de Drummond, mais n'en était pas moins un exercice de haute voltige : « le monde des hautes technologies a connu récemment une explosion des attaques pour violation de brevets, souvent avec des brevets logiciels de seconde zone […] certaines de ces poursuites ont été engagées par des gens ou des sociétés n'ayant jamais rien créé [NdT : Google s'en prend là aux patent-trolls] ; d'autres sont motivés par un désir de bloquer des produits concurrents ou de profiter du succès d'une nouvelle technologie rivale [NdT : Google fait ici certainement allusion à ses déboires face à Oracle et à ceux de ses partenaires face à Microsoft ou Apple autour d'Android] ».

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On ne peut pas le dire autrement : dans le dossier Nortel, Google a… oui, joué, et perdu. Les enchères ont commencé avec cinq acquéreurs potentiels : Google, Intel et Apple d'une part et deux consortiums. Le premier, Rockstar Bidco, réunissait Microsoft, Sony, RIM, Ericsson et EMC, de vieux amis. Le deuxième était composé notamment de l'équipementier Huawei et d'une société proche du patent-troll, RPX — il a vite abandonné. Les enchères ont commencé très fort et ont augmenté tout aussi rapidement, Google montrant son anticonformisme en misant des sommes correspondant à des constantes mathématiques.

Google a posé 4 milliards de dollars sur la table, le montant maximal qu'elle s'était fixé (bien au-delà de l'« estimation initiale »). Rockstar Bidco a alors coincé — Microsoft a beaucoup dépensé ces derniers temps : Mountain View pouvait gagner. Apple, seule société à n'avoir jamais quitté la table, n'a pas rejoint Rockstar Bidco, mais a proposé de couvrir financièrement le consortium : pour 500 millions de dollars de plus, elle l'a emporté. Un véritable coup de poker : Google est reparti Gros-Jean comme devant, Apple s'est adjugé 75 % des brevets pour 2,8 milliards de dollars, laissant Rockstar se partager le reste, selon les préférences de chacun (lire le déroulement de l'affaire Nortel sur MacGeneration). Kent Walker se déclarait « déçu » à l'issue de cet échec — un aveu.

Mais que diable allait faire Google dans cette galère ?
Google n'était donc pas venu pour participer, elle était venue pour gagner, et gagner seule. Pouvait-elle s'adjuger les brevets de Nortel ? Face à Rockstar, certainement, le déroulement exact des enchères le montre. Face à Apple, visiblement pas : la firme de Cupertino a les poches profondes (76 milliards de dollars), est aussi opiniâtre que son patron, et est parfaitement consciente de l'importance de ces brevets.

Google voulait-elle vraiment s'adjuger les brevets de Nortel ? La question est là plus délicate, et met à nouveau la société face à ses contradictions — des contradictions visibles dans la lettre de Drummond. Le vice-président de Google explique en effet que la firme de Mountain View n'a d'autre choix que de préparer la guerre pour mieux s'assurer la paix : elle va donc acheter des brevets. Mais pas à n'importe quel prix : « l'enchère gagnante de 4,5 milliards de dollars pour le portefeuille de brevets de Nortel était près de cinq fois supérieure à l'estimation d'un milliard de dollars ».

La lettre de Drummond s'apparente donc à un écran de fumée, un magnifique exemple de double langage porté à son paroxysme : cette lettre n'est rien d'autre que l'expression publique d'une frustration — ou plutôt d'un ensemble de frustrations. Le premier axe est compréhensible et incontestable : le système américain des brevets est cassé. Mais loin d'apporter des solutions, Google est une partie intégrante du problème : la deuxième frustration vient du fait qu'elle n'arrive pas à jouer avec les règles actuelles.

John Gruber de Daring Fireball est le plus virulent dans cette logique du « mauvais joueur » :


C'est donc OK pour Google d'enchérir à plus de 3,14 milliards de dollars, mais quand Apple et Microsoft enchérissent 4,5 milliards, c'est "largement [plus que] leur valeur réelle". Et si ces brevets sont "bidon", pourquoi diable Google était-elle prête à payer quoique ce soit pour les acquérir […] ?
[…]
Les arguments de Google ne sont pas dirigés à l'encontre d'une poignée de brevets logiciels qui n'auraient jamais dû être accordés. Ses arguments ne sont pas dirigés à l'encontre de patent-trolls comme [Nathan] Myrhvold et ses sociétés-écrans comme Lodsys — des sociétés qui ne conçoivent aucun produit, mais des brevets pour des idées de produits. Ils finissent par tourner leurs arguments contre le système des brevets lui-même, tout simplement parce qu'Android viole une poignée de brevets appartenant à des concurrents de Google. Ce ne sont pas les brevets qui attaquent Android. Ce sont des sociétés concurrentes dont Google viole les brevets — et dont Android sape le travail — qui attaquent Android.

Les défenseurs de Google prétendent que Google ne veut utiliser ces brevets que de manière défensive. Mais contre quoi Google doit-elle se défendre, si ce n'est les brevets qu'Android lui-même viole ?

En quoi la controverse créée par Google est-elle différente de simplement demander à Apple, Microsoft, Oracle et les autres de simplement se reposer et laisser Google faire ce qu'elle veut avec Android, peu importe les brevets que chacun détient ? Et n'oublions pas, préserver la gratuité d'Android.


Ces questions, bien que formulées agressivement, sont pertinentes : Google se rend en fait coupable de ce qu'elle dénonce, et fait porter la responsabilité sur les autres. Google n'a par exemple toujours pas répondu dans le cadre de l'affaire Lodsys, alors qu'elle menace ce qui fait la force d'un écosystème, les développeurs. Pourtant, en faisant monter les enchères Nortel à un niveau jamais encore atteint, Google a favorisé le développement d'une bulle et éliminé les patent-trolls du jeu : RPX s'est retiré au premier tour du jeu.

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Google est donc en quelque sorte la solution au problème, comme la course à l'armement avait finalement provoqué la fin de la guerre froide… de guerre lasse. En faisant monter les enchères toujours plus haut, ce petit jeu réglerait la question des patent-trolls, et donc la nécessité d'entasser les brevets comme des armes de dissuasion. Las, cette course favorise les plus gros patent-trolls : Intellectual Ventures, 35 000 brevets, a relancé l'intérêt des investisseurs après l'acquisitions des brevets de Nortel — sa valeur a considérablement augmenté. On parle même déjà d'enchères à plus de 5 milliards de dollars pour les 8 000 brevets d'InterDigital !

Non contente de ne pas pousser la logique jusqu'au bout dans cette lettre, Google dénonce en fait des pratiques auxquelles elles contribue largement. Ne reste alors plus, puisqu'elle n'apporte aucune réponse sur le fond, que la forme, destiné à rassurer la galerie. Google est en effet démunie face aux attaques de Microsoft ou Apple contre Motorola, Samsung ou HTC : elle ne peut venir en aide à ces sociétés qui sont paradoxalement mieux armées qu'elle. Le risque est finalement bien simple : que de guerre lasse, ces fabricants abandonnent Android — trop de risques, trop cher. « Préserver la gratuité d'Android », là est l'enjeu, peu importe les moyens (faire s'effondrer le système sous son propre poids ou participer à fond). Il s'agit de permettre au seul produit réellement important de Google, le couple moteur de recherche / publicité ciblée, de continuer à s'afficher sur un écran contrôlé, le meilleur écran pour alimenter l'algorithme en données en temps réel (affichages, localisation, habitudes, etc.).

Un algorithme qui génère des milliards. Et n'est pas breveté.

[MàJ] David Drummond a répondu aux propos de Microsoft dans une mise à jour de sa lettre. Lire : « Tous contre Android » : Google revient à la charge… Microsoft aussi.
avatar majipoor | 
A ceux qui pensent que Apple essaie de tuer l'innovation: essayez de réfléchir à ce qui se passera si Apple gagne ses procès. De deux chose l'une: soit les ingénieurs de chez Google sont des manches et Android disparaîtra, soit il sont bons et cette fois, ils se sortiront les pouces du c... et ils INNOVERONT enfin vraiment, forcés et contraints par Apple. Et pour ceux qui sortent du "mais Apple a copié le système de notification d'Android", même si on admet que c'est le cas, Google n'a pas breveté ce système et donc il n'est pas protégé. Apple n'attaque pas d'ailleurs Android dans son ensemble, même si à l'origine il s'est très fortement "inspiré" de iOS (si, si), mais attaque certains fabricants de smartphones sur certains points très précis couverts par les brevets déposés.
avatar 513 | 
Beaucoup de personnes ici semble accepter comme étant une innovation ce qui est souvent décrit comme un brevet logiciel. Or, à part aux US et quelques rares pays, la brevetabilité d'une idée n'est pas permise. On va bien rire si demain l'UE légifère là-dessus, ça sera le bordel assuré. Toujours dans le même domaine, il a été démontré dans plusieurs articles que des idées, de bonnes idées, étaient souvent découvertes en même temps par plusieurs équipes. Les ingénieurs derrière Android (dont Andy Rubin, ancien d'Apple qui a crée Danger) ne sont pas de nouveaux arrivants dans le domaine des OS mobiles, quoi que vous puissiez dire, ils sont balaises et innovent tous les jours. Trouvez-vous normal de défendre Microsoft qui se permet de pomper 15$ sur chaque HTC vendu, pour des brevets plus qu'obscurs qui ne sont pas DU TOUT liés à une quelconque innovation mais au fonctionnement même d'un OS, mobile ou pas. L'équipe derrière Android ne peut éviter les procès face au nombre de brevets logiciels si généraux qui ont déjà été accordés et vous ne semblez pas le saisir. Et on peut dire la même chose d'Apple, même si en 1994 ils ont imaginé un système qui permet de convertir un numéro de téléphone en lien qui ouvrira ensuite une application dédiée, c'est une utilisation qui est faite dans tous les OS mobiles, ce principe de fonctionnement est attendu par les utilisateurs et est devenu une utilisation normale, tout comme l'est le lien HTML. Apple, là aussi menace avec un brevet devenu commun dans le but de diminuer la concurrence.
avatar Newton Pippin | 
elle a bon dos la théorie du complot...devraient renommer leur boite en Kalimero tiens
avatar Enyx | 
@ Kelv : Mais est-ce que le futur système de notification de iOS 5 est breveté? Et si oui est-ce que Apple paie une licence? Je pense qu'on peut copier si on paie les licences qu'il faut non? Tandis que Google d'après ce que j'ai compris, n'a pas vraiment envie de payer les licences de ce qu'elle copie. Est-ce que je me trompe?
avatar lord danone | 
Il faut ajouter que si il y a tant de procès c'est qu'Android est le deuxieme enorme succes d'un OS repompé. Apres l'episode Windows 3.0 où Apple n'a pas pu se defendre, Google va comprendre qu'il ne fallait pas replagier un OS Apple...
avatar USB09 | 
@ remy68 : Les ponctuations existe. Elles aident a comprendre ses phrases.
avatar majipoor | 
@ 513 Personne (ou presque) ne défend le système des brevets logiciels tels qu'il existe aux USA, mais ce n'est pas la question: ce sont les règles actuelles et toutes les entreprises y sont soumises, Apple comme Google. Que Google fasse alors du lobbying auprès du sénat pour faire changer la loi s'ils veulent être constructifs. Quand aux "brevets obscures", je ne suis pas sûr que tu sois plus capable de moi de déterminer lesquels parmi les nombreux brevets concernés sont effectivement abusifs et lesquels sont réellement innovant. Mais un exemple: le comportement sous iOS du scrolling lorsque l'on arrive en fin de liste (rebond) est breveté. Je pense que c'est une petite idée originale et ça me parait très raisonnable d'interdire aux autres d'utiliser cette idée: ils ont qu'a trouver autre chose... et ça ce sera de la vraie innovation et pas de la copie. D'ailleurs, reconnaissons que Microsoft a justement évité de copier iOS ou Android avec WP7: on aime ou pas le résultat, mais c'est innovant. Pourquoi Google ne pourrait par faire de même plus souvent?
avatar me | 
"Dans ce monde des technologies qui vit une véritable guerre froide, n'est pas les États-Unis ou l'URSS qui veut. Google tient la position de la France : elle a une grande gueule mais n'a pas les moyens de ses ambitions, quelques bombes nucléaires mais rien comparé à l'arsenal d'en face et pas le manuel pour les utiliser." +1 ;-)
avatar florent | 
Je ne sais pas si l'article est réellement "bon", car très orienté, mais je rejoins sur le fond le commentaire d'"Un Vrai Type". Dans un sens commercial, et quand on sait toutes les années de recherches qui se trouvent derrière un développement, il est tout à fait normal qu'un développeur ou fabricant puisse protéger ses idées dernières des brevets. Il n’est en effet pas normal qu'un groupe d'ingénieurs payé par une entreprise (dans ce cas Apple) passe des années à trouver "LA" vraie innovation pour révolutionner le marché (comme l'iPod, l'iPhone, l'iPad) et qu'une autre entreprise puisse se servir librement de ces idées et les commercialiser. Le cas le plus flagrant reste quand même la première version d'un téléphone Google présenté au public qui fut complètement mis aux oubliettes lors de la sortie de l'iPhone. Je trouve ça pitoyable, car les aficionados d'Android oublient très vite que sans l'iPhone, ils utiliseraient probablement encore un stylet ou un minijoystick sur le gPhone... Personnellement, je n'ai rien contre Android et je pense qu'il faut un vrai concurrent pour que le marché avance. Mais un vrai concurrent pourrait payer des royalties et jouer dans la cour des grands. Pour moi, Google reste toujours la petite startup d'étudiants boutonneux malgré tout l'argent que l'entreprise peut générer. Car si l'entreprise n'avait pas touché le jackpot avec le moteur de recherche, elle n'existerait probablement plus, car les autres projets sont tous plus ou moins bancals à mon avis...
avatar shenmue | 
@Un Vrai Type:"Et dans le cas présent, l'entreprise qui freine tout le monde en refusant d'investir dans l'assemblage et de payer les technologies des autres, c'est bien Google" C'est bien tout le problème, l'article d'Antony est même "gentil" car dans le texte de Drummond, celui-ci laisse clairement entendre que Google voudrait que, sous prétexte que son business model est basé sur le gratuit, on lui fasse en clair "cadeaux" de l'utilisation de ces brevets. En d'autres termes, ni interdiction quand il les enfreint, mais, beaucoup plus hallucinant, ni même taxe (normale) de licence pour l'utilisation des dits brevets qui de facto ne rendrait plus Android gratuit. La position de Google est ici intenable et indéfendable car s'ils ne veulent rien payer sur des technologies données, alors ils devraient déjà faire en sorte de ne pas s'attribuer les technologies des autres. Ils ont joué le coup de force avec Android car ils savaient qu'Apple détenait et détient toujours la grande majorité relative aux interfaces multitouch sur smartphone, un coup de force dont ils font mine aujourd'hui de constater les conséquences. Android a été un rip off d'iOS, il est donc logique qu'ils payent à Apple le droit d'utiliser les technologies logicielles brevetées de ce dernier. Mais le problème ici, c'est que Google semble considérer que son modèle devrait faire exception, que lui peut se garder la formule secrète de son moteur tandis qu'il pourrait piller sans rendre de compte et pire, refourguer ce pillage gratuitement à d'autres en distordant de fait toute concurrence sur le secteur. Cette déclaration est en train de faire un énorme four aux US, des sites aussi réputés que Patent foss, des personnes aussi censées que Gruber et l'immense majorité des réactions dans les forums, y compris de la part d'utilisateurs d'Android, disent que là, Google dépasse la ligne jaune et veut en fait influencer le DOJ américain pour en quelque sorte se voir attribuer un droit du commerce à la carte.
avatar Bungie | 
Google essaie depuis quelques temps à se faire passer pour une ONG de l'informatique, mais là c'est un peu gros quand même...
avatar lord danone | 
@shenmue 1. Google avance en négligeant tout ce que produisent ses concurrents, on ne s'en rend pas encore compte mais ils sont dans une position extremement delicate et commencer a s'en prendre aux autres ne fait que montrer qu'ils n'ont jamais connu ca et qu'ils ne savent pas comment gerer la sitatuion. La position d'Apple et de Microsoft est au contraire extremement solide.
avatar redchou | 
"Don't be evil"
avatar manu1707 | 
@ Bungie : C'est clair !
avatar manu1707 | 
@ shenmue : Intéressant ce que tu dis tiens !!! Je ne le savais pas oO
avatar 513 | 
Un peu de lecture US ? http://www.huffingtonpost.com/2011/08/04/patent-reform-congress_n_906278.html 800 lobbyistes rien que pour la propriété intellectuelle. Ce qui est drôle c'est votre acharnement à défendre un système complètement moisi, uniquement parce que vous aimez Apple. La grosse majorité des start-ups de la Sillicon Valley le disent, ils sont contre ce système et exigent une réforme... qui ne viendra pas je pense, trop d'argent en jeu.
avatar DG33 | 
Ne pas oublier qu'il est (encore) de la liberté et de la responsabilité de chacun d'utiliser ou pas les produits, services, outils gratuits ou payants. Pour ma part, j'utilise un PC sous MS Windows, avec FireFox (pas MS IE), et le moteur de recherche MS Bing. J'ai également un iPhone, avec Safari, et le moteur de recherche MS Bing. Et voyez-vous, je trouve toujours ce que je veux sur ce moteur de recherches. Étonnant, non ? Qu'attendez-vous pour faire de même ? Et chose plus étonnante, si nous sommes des (centaines de) millions à faire de même, la concurrence (gratuite elle aussi !!! si si si) ne s'en portera que mieux, je pense que Google se devra de réagir, voyant son modèle économique pas si éternel que cela. Et là on aura peut-être plus de transparence, moins d'arrogance, plus de respect, moins de "je me la pète car je suis le maitre du monde". Liberté et responsabilité de chacun, disais-je...
avatar Lemmings | 
"Google tient la position de la France : elle a une grande gueule mais n'a pas les moyens de ses ambitions, quelques bombes nucléaires mais rien comparé à l'arsenal d'en face et pas le manuel pour les utiliser." Cette phrase est indigne d'un journaliste. Et résume parfaitement l'article à mes yeux : un simple brûlot partisan.
avatar Nekro | 
Article délicieux. Bravo. Et oui, la guère des brevets c'est très con. Mais ce n'est pas Apple qui l'a inventée, sinon ils n'auraient pas fait la traversée du désert pendant 20 après que Bill Gates eut tout piqué. Beaucoup semblent l'avoir oublié. Steve n'a surement pas oublié lui. Nokia fait payé le prix fort à Apple sur ses brevets ancestraux. Pourquoi Google aurait il un traitement de faveur ? Quant à faire croire que Google est un enfant de choeur prêt à proposer les meilleurs services gratis à tout le monde ... je pense que ça doit bien faire rire les milliers de boites victimes de google chaque année. Vive la concurrence, à commencer par celle qui résiste à Google.
avatar kuriodistik | 
J'ai rencontré David Drummond le temps d'un déjeuner il y a quelques mois, il nous avait parlé de la lutte de google pour la liberté d'expression et de l'incroyable recueil de vies qu'est devenue avec le temps la petite barre de recherche blanche... Ce type a un charisme fou, des idéaux de doux dingue et toujours trois longueurs d'avance. Google est certes une entreprise multinationale comme une autre, soucieuse d'assurer sa pérennité et ses bénéfices, mais parmi ces dernières, elle est sans conteste l'une des plus innovantes. Au-delà des dossiers cités, ce que David Drummond dit est fondamentalement vrai: les brevets, créés pour porter l'innovation, sont devenus des bâtons dans les roues des départements R&D qui au final nuisent surtout aux consommateurs.
avatar Skittou | 
Un superbe article, très bien écrit et particulièrement objectif. Il est temps de mettre un frein à la concurrence déloyale que fait Google en proposant sa petite poubelle verte "gratuitement"... leur mauvaise foi fait pitié à voir, sous couvert du concept de "libre" ils font croire aux plus naïfs et aux néophytes qu'ils innovent... dans le domaine des smartphones on a beau creuser, on ne trouve rien à se mettre sous la dent. Comme le dit Nekro: vive la concurrence, à commencer par celle qui résiste à Google! Très bien parlé ;-)
avatar majipoor | 
@513 "Ce qui est drôle c'est votre acharnement à défendre un système complètement moisi, uniquement parce que vous aimez Apple." Ce qui est drôle, c'est ton acharnement à interpréter les commentaires à ta sauce, uniquement parce que tu n'aimes pas Apple? Je n'ai pas lu un seul commentaire qui soutienne le système de brevets logiciels: on ne fait que constater que actuellement c'est comme ça et que tant que c'est comme ça, tout le monde doit faire avec.
avatar Ashram60 | 
@ Skittou : T'as beau te creuser pour voir les innovations d'android dans les smartphones? Attends de voir iOS 5 alors. Mais bon c'est dans l'erre du temps de cracher sur Google. Un peu comme avec Free: tout le monde lui reproche d'être faussement au service des consommateurs, d'être une entreprise comme une autre, mais au final tout le monde est content qu'ils aient apporté l'Internet à 29€. C'est pareil pour Google: on peut faire du fric tout en ayant un idéal. Tout le monde crache dessus mais sans google pas sur qu'on aurait des messageries de plusieurs giga gratuites à l'heure actuelle, pas sur que Mobile Me aurait fini par comprendre que son offre était abyssalement chère, etc. Skydrive, icloud et compagnie, tout ça est fait pour répondre a GDocs ou GSync, mais c'est tellement mieux de faire comme si Apple inventait tout. Si on laissait Apple en position dominante, on finirait par être débuté de 2€ à chaque fois que l'on sortirait son ordinateur de veille.
avatar pslauver | 
@ niicoo76 : Et la marmotte ...
avatar Francis Kuntz | 
@513 Ahah, j'attendais les reactions des fandroids, je ne suis pas decu. Meme en face de la verite, c'est encore la mauvaise foi qui l'emporte. Ce que l'histoire montre surtout c'est que Google a voulu recuperer pour son compte personnel tous ces juteux brevets pour justement pouvoir attaquer ces concurrents. Sinon ils se seraient associé à Microsot, RIM, Apple et tous les autres pour acheter les brevets sans conflit. Mais voila, ces idiots n'ont pas pensé qu'Apple serait capablr d'amener autant de cash et a fait foiré tous leurs plans. Don't be evil comme ils disent, c'est vraiment du foutage de gueule. D'ailleurs, comme le dit John Gruber, c'est tellement facile comme position: je fais mon OS sans me preoccuper de violer des brevets et ensuite je denonce ceux qui m'attaquent parce qu'il n'arrive pas à 'innover' assez. Ca me rappelle la scene sur realiste dans le metro ou un mec c'etait fais prendre la main dans le sac. Pour le voleur, c'etait la faute de celui qui avait fait foiré son coup, pas lui qui faisait du pickpocket...

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