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Enquête pour manipulation d’algorithmes : X visé par une perquisition de ses locaux français

Nicolas Furno

mardi 03 février à 11:32

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Les bureaux parisiens de X sont actuellement perquisitionnés, a annoncé le parquet de Paris… également sur X. Le message précise que la perquisition est effectuée « par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris avec l’unité nationale cyber de la gendarmerie et Europol, dans le cadre de l’enquête ouverte en janvier 2025 », avant d’ajouter que ses futures communications se feront sur d’autres réseaux sociaux.

C’est la dernière étape d’une affaire judiciaire française ouverte il y a un an, quasiment jour pour jour. Suite à une plainte déposée par le député Éric Bothorel, le Parquet de Paris avait commencé une enquête sur des suspicions de manipulation de l’algorithme de X, ce qui pourrait lui valoir des sanctions importantes si l’entreprise d’Elon Musk était reconnue responsable.

Le parquet de Paris ouvre une enquête sur X pour manipulation d’algorithme

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Dans le courant de l’été, X avait reçu une demande formelle de la part de la justice française pour accéder à ses algorithmes et ainsi évaluer si la manipulation était confirmée. Le réseau social n’avait pas répondu à ses demandes, ce qui a finalement mené à l’action plus musclée du jour.

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La France soupçonne une manipulation d'algorithmes sur X, le réseau refuse de le dévoiler

C’est un paradoxe étonnant quand on se rappelle que le milliardaire avait promis davantage de transparence lors de son acquisition de Twitter, avec en particulier la publication du code source derrière l’algorithme de suggestions. Comme souvent avec Elon Musk, la promesse initiale a été vite oubliée et l’algorithme n’a jamais été rendu réellement public. Surtout, il a évolué ces trois dernières années de manière totalement opaque, si bien que l’on ne peut plus vérifier pourquoi il met en avant un contenu au lieu d’un autre.

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Que contient l'algorithme de Twitter révélé au grand jour ?

La perquisition permettra-t-elle vraiment d’en savoir plus à ce sujet ? C’est peu probable, car on imagine bien que les informations importantes sont stockées de l’autre côté de l’Atlantique et qu’il n’y a rien sur le plan technique dans les bureaux français de X. Malgré tout, la justice française est très sérieuse et vise aussi directement Elon Musk ainsi que Linda Yaccarino, qui était CEO de l’entreprise lors des faits.

Image MacGeneration, photo de base Tribunal de Paris.

Dans un communiqué transmis à nos confrères, le parquet de Paris indique ainsi que « des convocations aux fins d’auditions libres le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à Monsieur Elon Musk et à Madame Linda Yaccarino, en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits ». Surtout, le périmètre de l’enquête n’est plus le même, puisque les dérives liées à Grok, le chatbot de xAI à qui appartient X, sont désormais incluses dans la plainte : « l’enquête a été élargie à la suite d’autres signalements dénonçant le fonctionnement de Grok sur la plateforme X, ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel ».

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Face à cette mesure, le parquet de Paris abandonne enfin X pour sa communication officielle au profit d’Instagram et de LinkedIn. Deux réseaux sociaux contrôlés par d’autres entreprises américaines et dont les algorithmes ne sont pourtant pas du tout transparents…

Port DFU des Mac : un élément clé pour les opérations sensibles, mais source de confusion

Stéphane Moussie

mardi 03 février à 11:10

Mac

Certaines opérations spécifiques sur macOS passant par un appareil externe nécessitent d’utiliser le port DFU (Device Firmware Update) des Mac. Comme ce port n’est pas identifiable visuellement, il faut se référer à la documentation d’Apple pour savoir lequel utiliser. Problème : cette documentation serait erronée dans un cas.

Image MacGeneration.

C’est ce que rapporte le développeur Jeff Johnson sur son blog. Celui-ci cherchait à mettre à jour une version de macOS installée sur un SSD externe, qu’il utilise pour réaliser des captures d’écran de ses applications. Cette manipulation impose de connecter le support de stockage au port DFU du Mac. Équipé d’un MacBook Pro M4 Pro, il s’est donc appuyé sur la documentation d’Apple, qui indique que le port DFU correspond au « port USB-C tout à droite lorsque vous faites face au côté gauche du Mac ».

Or, toutes ses tentatives ont échoué jusqu’à ce qu’il essaie un autre port. « J’ai un MacBook Pro 16 pouces avec une puce M4, plus précisément une puce M4 Pro, et le port DFU semble être le port USB-C situé sur le côté droit du Mac, et non sur le côté gauche », résume-t-il. Depuis, cet épisode a donné lieu à des échanges sur Hacker News, où le rôle exact du port DFU dans cette opération fait débat. Quoi qu’il en soit, cette petite mésaventure a le mérite de rappeler l’importance de ce port particulier.

Image MacGeneration.

Si vous rencontrez des échecs lors d’opérations bas niveau, pensez à vérifier si celles-ci nécessitent l’usage du port DFU et, le cas échéant, si vous utilisez le bon port. Le mode DFU est notamment requis pour relancer ou restaurer le firmware interne d’un Mac, par exemple lorsque la machine affiche un point d’exclamation dans un cercle ou démarre sur un écran noir.

Apple indique que « à quelques exceptions près, le port DFU est le port USB-C le plus à gauche (tout à gauche) ou le plus à droite (tout à droite) lorsque vous faites face aux ports. » Pour connaitre justement ces exceptions et le détail modèle par modèle, il faut consulter la fiche d’assistance dédiée. Et si, malgré tout, l’opération échoue encore, comme dans le cas de Jeff Johnson, essayez un autre port.

Firefox : Mozilla mise à fond sur l’IA, mais annonce un bouton pour la désactiver

Félix Cattafesta

mardi 03 février à 10:05

Intelligence artificielle

Il va y avoir du changement chez Mozilla. La semaine dernière, la fondation en charge du navigateur a mis les bouchées doubles sur l’IA, annonçant vouloir « réorganiser Mozilla afin de faire pour l'IA ce qu’elle a fait pour le Web ». Firefox va donc continuer de s’enrichir de fonctions d’IA, mais bonne nouvelle : tout cela sera désactivable en un clic.

Image Mozilla

Mozilla a déjà commencé à intégrer des fonctions d’IA dans son navigateur. Sur iOS 26, Firefox peut résumer des pages web grâce à Apple Intelligence. Sur Mac, le navigateur peut trier des onglets par IA et propose d’accéder rapidement à un chatbot. Les choses devraient accélérer, Mozilla ayant promis de transformer Firefox en « navigateur IA » sur le long terme.

Firefox critiqué pour sa fonction de tri d’onglets par IA jugée trop gourmande

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Il va être possible de faire du tri à partir de Firefox 148, qui arrivera le 24 février. Cette version va apporter une section dédiée à l’IA dans les réglages, avec la possibilité de désactiver différents éléments indépendamment. Il sera possible de couper cinq fonctions au lancement : la traduction des pages, le tri des onglets, l’aperçu des liens, le chatbot dans la barre latérale et la description des images sur les PDF.

D’autres arriveront dans cette section au fil du déploiement. Les plus allergiques pourront choisir de tout couper grâce à un bouton dédié désactivant toutes les fonctions liées à l’IA générative. Il empêche également de recevoir des pop-up ou des rappels si des nouveautés liées à ce sujet arrivent. Mozilla explique ainsi vouloir continuer à développer des options d'IA pour ceux qui le souhaitent, tout en offrant aux autres la possibilité de les désactiver.

Les contrôles dans Firefox. Image Mozilla

La volonté de Mozilla de mettre l’IA au premier plan a fait plus d’un déçu. Le thread Reddit relayant une annonce du mois de décembre a suscité des milliers de commentaires sur r/technology, avec bien peu de retours positifs. Plusieurs articles ont relayé ce mécontentement. L’entreprise se place en opposition à Vivaldi, le navigateur européen rejettant en bloc l’intégration d’outils liés à l’intelligence artificielle générative.

Une app macOS pour Codex : OpenAI avance sur l’informatique pilotée par agents

Nicolas Furno

mardi 03 février à 09:02

Intelligence artificielle

OpenAI s’active à son tour sur les intelligences artificielles « agentiques », celles qui ne se contentent pas de générer du texte ou des images et qui peuvent en plus réaliser des tâches variées. Après Anthropic avec Cowork le mois dernier, le créateur de ChatGPT reprend l’idée de généraliser Codex, un agent pensé à l’origine pour écrire du code et assister les développeurs. Comme chez son concurrent, cela passe par une nouvelle app réservée aux Mac pour le lancement et également nommée Codex. Tout le monde peut la tester pendant une durée limitée, y compris les utilisateurs qui ne paient pas pour ChatGPT.

L’app Codex, avec ses suggestions de tâches qui tournent toutes beaucoup autour du développement. Image MacGeneration.

Codex est censé pouvoir mener des tâches dans de multiples domaines, mais au lancement en tout cas, l’accent est clairement mis sur le développement. Les exemples fournis tournent tous autour de la gestion de projets informatiques, que ce soit la création d’un nouveau, la modification d’un existant ou alors l’analyse des bugs remontés (issues) ou des corrections suggérées (pull-requests), autant de sujets qui n’intéresseront pas vraiment le grand public. Malgré tout, les « Skills » sont censés donner à l’app des capacités plus diverses, notamment en bureautique. L’un permet ainsi de lire et même d’écrire des documents PDF, l’autre de gérer des tableurs. Une capacité active aussi la génération d’images, réalisée également par ChatGPT, de quoi en théorie sortir du cadre du développement.

La nouvelle app pose aussi les premières bases d’une informatique contrôlée par des agents IA, avec des automatisations qui peuvent être configurées pour réaliser des actions régulières sur son Mac. OpenAI avance doucement dans ce domaine, il n’est pas encore question de toucher à macOS ou de manipuler tous vos fichiers, même si c’est certainement possible. Loin du contrôle illimité d’un système comme OpenClaw qui fait sensation depuis quelques jours, l’entreprise de Sam Altman joue la carte de la prudence pour éviter les catastrophes à base de données perdues ou de systèmes rendus inutilisables. Par défaut, Codex ne tournera que sur les emplacements de votre choix et ne peut pas accéder au reste des données sans votre autorisation explicite, même s’il est possible de débrider l’ensemble par des fichiers de configuration, si on le souhaite.

Codex repose sur ChatGPT-Codex, un modèle dédié à l’écriture de code informatique sorti en avril 2025 et que l’on pouvait utiliser jusque-là depuis un terminal. C’est une variante exclusivement payante en temps normal, mais pour le lancement de l’app, son accès est élargi à tous les utilisateurs du chatbot, y compris ceux qui ne paient pas. Sam Altman a précisé que cette générosité est prévue pendant deux mois, qu’elle concerne aussi les abonnés ChatGPT Go et que les clients des formules plus chères pourront exploiter le modèle deux fois plus qu’en temps normal. De quoi tester Codex sur ses plus gros projets et peut-être trouver qu’un abonnement sera justifié par la suite, c’est en tout cas le plan.

Dans sa présentation, OpenAI relève que l’utilisation de Codex a fortement augmenté depuis la sortie de la version 5.2 du modèle sous-jacent en décembre dernier. Dans le mois qui a suivi, l’utilisation du modèle a doublé et il y a désormais plus d’un million de développeurs qui lui font confiance. Reste maintenant à convaincre le grand public, c’est tout l’enjeu de cette nouvelle app plus simple d’accès qu’un terminal. Rappelons que l’entreprise a aussi acheté la start-up Sky, spécialisée dans l’automatisation au cœur de macOS basée sur des IA, mais on ne sait pas encore si c’est un projet différent de Codex.

OpenAI achète Sky, l’outil d’automatisation basé sur IA des créateurs de Raccourcis

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Pour finir, on peut noter que Codex n’est pas une app native contrairement à ChatGPT : elle repose sur Electron sous le capot. Voilà qui devrait simplifier son passage sous Windows, qui est en cours de préparation d’après des développeurs d’OpenAI cités par Simon Willison. Sur le Mac, elle nécessite en tout cas macOS 12 et son interface n’est pas traduite en français.

Tony Fadell rhabille Apple pour l'hiver (et lorgne sur le trône ?)

Christophe Laporte

mardi 03 février à 08:27

Video

On le dit en campagne, et il ne fait pas grand-chose pour dissiper la rumeur. Tony Fadell, le père de l’iPod et fondateur de Nest, ne serait pas contre l'idée de succéder un jour à Tim Cook. En attendant que le téléphone sonne à Cupertino, il était l’invité du podcast Newcomer. Pendant une heure, il a livré sa vision — sans filtre — sur l’état de l'industrie, de l’intelligence artificielle à la mobilité. Et Apple en prend pour son grade.

"Apple Intelligence", c'est du baratin

Concernant la stratégie actuelle de la Pomme, Fadell ne mâche pas ses mots. La cible ? Le marketing autour d'Apple Intelligence. « Quand j'ai vu les slogans "ordinateur conçu pour l'IA" ou "téléphone pour l'IA", j'étais sur le point de tweeter quelque chose de vraiment, vraiment méchant », confie-t-il. Il explique s'être retenu au dernier moment : « Apple n'a jamais fait de baratin marketing auparavant. Mais là, j'ai vu que c'était de la foutaise totale. »

Il espère désormais qu'Apple va « retrouver la foi » et revenir à ses fondamentaux : « revenir à cette bonne vieille époque intelligente où l'on promettait moins pour offrir plus ».

Le Vision Pro : une merveille, mais un mauvais produit

Tony Fadell ne mâche pas ses mots : si l’Apple Vision Pro est une véritable « merveille technique », il n'en reste pas moins, à ses yeux, un « échec lamentable » sur le plan commercial. Pour le créateur de l'iPod, le concept d’informatique spatiale tel que poussé par Cupertino fait fausse route en ciblant le grand public. La vision de Fadell est pragmatique, presque aride : le casque trouvera son salut dans le B2B ou ne le trouvera pas. Il imagine un usage strictement professionnel et « épisodique », où le dispositif devient un outil de collaboration pointu pour les designers ou les architectes, loin du fantasme d'un ordinateur de face que l'on porterait toute la journée. Un rappel cinglant que la prouesse technologique, aussi impressionnante soit-elle, ne suffit pas à définir un nouveau marché.

L'occasion manquée de l'Apple Car

Tony Fadell revient avec une certaine amertume sur l'abandon du projet Titan. « La première chose sur laquelle [Apple] s'est planté, c'est la mobilité, l'Apple Car », assène-t-il. Il se remémore ses échanges avec le cofondateur d'Apple : « Quand Steve Jobs et moi nous promenions sur le campus d'Apple vers 2008-2009, nous parlions de l'Apple Car et il pensait que nous devions la faire. »

Mais la vision de Jobs était celle d'une "voiture du peuple" moderne, inspirée de la Volkswagen originelle. « Quelle est la voiture du peuple de nouvelle génération ? Qu'est-ce qui va être utilisé dans les villes ? » s'interrogeait-il à l'époque. Au lieu de cela, Apple a essayé de fabriquer un SUV autonome, cherchant à copier Tesla plutôt qu'à changer notre rapport à la voiture. « Apple est une entreprise qui redéfinit certains aspects de la vie », rappelle Fadell. « Elle a redéfini la PAO, et l'édition en général. Elle a redéfini la musique. Ils auraient donc dû redéfinir la mobilité. »

La Silicon Valley découvre la vie privée

L'entretien évoque la question de la vie privée. Fadell observe que les grands patrons de la Silicon Valley changent radicalement de perspective... dès qu'ils ont des enfants. Il affirme que les créateurs de Google ou Mark Zuckerberg regrettent certaines de leurs décisions passées. « Ils voient le monde différemment... et aimeraient revenir en arrière, mais ils ne peuvent pas », explique-t-il.

Mais avant que votre cœur ne saigne pour eux, Fadell rappelle cyniquement que ces regrets sont assez vains : cela ne les empêche pas de continuer à essayer de briser les systèmes de confidentialité d'Apple. Car au final, seule la Pomme a fait de la vie privée un pilier central de son modèle économique, même si la soif d'expansion de l'ère Cook a pu diluer, par moments, les objectifs originels.