Maintenant que Mac OS X est mûr, que le PowerPC est de l’histoire ancienne, quel nouveau chapitre Apple va bien pouvoir ouvrir pour son système d’exploitation ? Un petit appareil commence à bien se faire connaître : l’iPhone, bientôt suivi par l’iPad. Et Apple ne va pas y aller à moitié durant tout un arc commençant avec Mac OS X 10.7, en 2011. Retour sur ce rapprochement entre le petit et le grand appareil.

Mac OS X 10.7 Lion : Mac OS X commence son rapprochement avec iOS
Après avoir fiabilisé Mac OS X, Apple s’attaque donc à le rapprocher de sa nouvelle marotte : l’iPhone. Pour ça, la firme de Cupertino va avancer sur plusieurs fronts à la fois, en amenant une gestion du multitouch avancée, mais aussi plusieurs idées directement empruntées à l’iPad sorti un an plus tôt, comme le carnet d’adresses ou le calendrier, typiquement dans l’époque du skeuomorphisme amené par Scott Forstall. L’idée va même jusqu’à importer l’écran d’accueil de l’iPad, sous la forme du Launchpad.
Mac OS X Lion : présentation des gestes multitouch

Si ce rapprochement a fait grincer des dents, comme le « défilement naturel » qui ne l’était pas forcément au départ, il n’a pas apporté que des simplifications malvenues : ce cousinage ramène aussi Versions et Auto Save, qui facilitent la sauvegarde et le retour sur une précédente itération d’un fichier. C’est aussi l’arrivée d’une fonction qui paraît totalement naturelle aujourd’hui : AirDrop. On l’oublie facilement, mais c’est 10.7 qui a amené au Mac cette facilité de transfert entre appareils Apple.
C’est aussi la dernière fois que le système est disponible à l’achat sous forme physique : si Mac OS X 10.6 fut le dernier sur DVD, Mac OS X 10.7 Lion à sa sortie en juillet 2011 fut (hormis la clé de restauration des premiers MacBook Air) proposé sous forme de clé USB. Ainsi, l’utilisateur avait le choix entre un téléchargement sur le Mac App Store pour 23,99 € ou une clé USB physique à 59 €. La disparition du format physique en amènera une autre : 10.7 est le dernier à s’appeler « Mac OS X », son successeur abandonnant le « Mac » pour résumer son nom à « 0S X ».
OS X 10.8 Mountain Lion : iCloud et synchronisation entre les appareils
Si 10.7 Lion amenait une partie de l’interface d’iOS sur Mac, 10.8 Mountain Lion synchronise carrément le Mac avec l’iPhone. En effet, c’est avec ce système que l’intégration avec iCloud devient de plus en plus poussée, permettant une unification des données de Notes, Rappels, Safari, mais aussi les contacts et les calendriers entre tous les appareils. Le calendrier y perd d’ailleurs son petit nom de « iCal » qu’il avait préservé jusque-là, et toutes les apps intégrées au système paraissent de plus en plus calquées sur celles présentes sur l’iPhone et l’iPad.

10.8 améliore encore la prise en charge des applications en plein écran apparues avec 10.7 et Safari y gagne une barre unique pour les URL et les recherches. Messages remplace définitivement iChat et permet la synchronisation complète avec l’iPhone de l’utilisateur, chose que l’on prend pour acquise maintenant !
En interne, c’est l’apparition de Gatekeeper, qui permet de restreindre l’exécution des applications aux seules versions téléchargées sur le Mac App Store ou au minimum signées par Apple, et les mises à jour système passent cette fois uniquement par le Mac App Store.
Après le dernier système sur support physique avec 10.7 Lion, OS X 10.8 Mountain Lion est le dernier à être payant : à sa sortie le 25 juillet 2012, uniquement sur le Mac App Store, il est vendu 21,99 €. Depuis, toutes les mises à jour sont gratuites.
OS X 10.9 Mavericks : une interface allégée
OS X 10.9 Mavericks, le 22 octobre 2013, est le premier système sorti après le départ de Scott Forstall, et ça se sent : on allège les lourdeurs du skeuomorphisme. Non pas que tout soit modifié radicalement, le Finder restant par exemple tel qu’on l’a connu dans les précédentes versions, mais les applications les plus inspirées d’objets physiques se voient radicalement épurées. Fini le cuir, les feuilles déchirées et les rouleaux : place aux interfaces simples.

Pour le Finder, même si visuellement il évolue peu, c’est le retour des tags, permettant de mettre en valeur certains fichiers, et l’apparition des onglets, permettant la navigation dans une fenêtre unique plutôt que de multiplier les éléments.
À côté, c’est la première apparition d’iCloud Keychain, permettant de synchroniser les mots de passe entre les appareils, et un Safari revu pour intégrer cette nouvelle fonction bien pratique. 10.9 apporte aussi Plans et iBooks, provenant directement de son cousin iOS. Sous le capot, c’est aussi un gros travail d’optimisation permettant au nouveau système d’être proposé sur les mêmes machines que 10.8, sans laisser de Mac sur le bord de la route.
OS X 10.10 Yosemite : la mise au placard des derniers bouts de skeuomorphisme
Si 10.9 commençait déjà à éliminer certains éléments trop voyants du skeuomorphisme cher à Scott Forstall, que dire de 10.10 ? Jony Ive a pris tous les éléments rappelant cet univers et les a dirigé tout droit vers la corbeille ! Le Dock est aplati, la barre de menus est aplatie, les icônes sont aplaties… même la pomme au démarrage et l’interface de connexion vous accueillent par des éléments entièrement plats !

Les interfaces sont totalement revues et ce n’est pas la seule nouveauté au programme. iCloud Drive vient entièrement remplacer l’ancienne version, se synchronisant comme un disque réseau, et les SMS peuvent maintenant être envoyés et reçus sur le Mac, qui peut aussi se connecter au partage de connexion de l’iPhone d’un seul clic.
C’est aussi l’apparition de Handoff, qui permet de reprendre une activité commencée sur iPad ou iPhone sur son Mac d’un seul clic sur l’icône correspondant dans le Dock.

Au final, OS X 10.10 sera surtout une grande remise à plat de l’interface, permettant d’unifier un peu plus le design sous l’hégémonie de Jony Ive.
OS X 10.11 El Capitan : le Snow Leopard de Yosemite
Après avoir radicalement transformé l’interface d’OS X dans 10.10, l’équipe s’attelle surtout à retoucher les éléments qui coincent. Ainsi, à sa sortie le 30 septembre 2015, El Capitan semble permettre au système de souffler un peu, pour consolider ses bases.

En interne, le système apporte quelques améliorations bienvenues : Spotlight comprend maintenant les recherches en langage naturel (vous pouvez par exemple lui demander « les mails de mars » pour rechercher un mois précis dans votre correspondance) et Safari gagne les onglets épinglés. Dans Mail, c’est l’apparition des gestes d’iOS, en faisant un glissement pour révéler les commandes comme archiver ou supprimer un message.
Les fondations ont elles aussi droit à une sacrée rénovation, avec l’apparition de Metal qui remplace en partie OpenGL, modernisant le moteur graphique des Mac pour les jeux plus récents et les apps professionnelles. Dans l’ensemble, le système est plus rapide sur la même machine par rapport à son prédécesseur, et pour ne rien gâcher, il en profite pour renforcer sa sécurité avec l’arrivée du SIP (System Integrity Protection) qui verrouille l’accès aux parties les plus sensibles, même contre l’utilisateur « root ».
Comme souvent chez Apple, cette respiration permet de repartir de plus belle avec le prochain arc, qui abandonne encore un bout de son nom d’origine : après Mac OS X 10.7 Lion qui était le dernier à voir apparaître « Mac » dans son nom, c’est maintenant « OS X » qui fait ses adieux, pour laisser place à « macOS », Apple rendant ainsi ses gammes cohérentes avec iOS, iPadOS, watchOS, tvOS et donc macOS. Mais ça, ce sera pour le chapitre suivant !
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