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25 ans de Mac OS X : de Classic à NeXTSTEP, le chemin de croix avant le renouveau

Greg Onizuka

mardi 24 mars à 15:22

macOS

Il y a 25 ans jour pour jour, le 24 mars 2001, Apple lançait un tout nouveau système d’exploitation décisif : Mac OS X. Au départ, cette version revue de fond en comble comportait des lacunes : manque de logiciels, options absentes, changements radicaux pour les développeurs… Mais Apple n’avait plus vraiment le choix si elle voulait survivre. Vingt‑cinq ans plus tard, ce système est devenu la norme, et plus personne ne regrette Mac OS 9.

Avant Mac OS X, ou macOS maintenant, c’était Mac OS Classic. Ici Mac OS 9, dans une définition aberrante de 1 920 x 1 080 pixels. Capture MacGeneration.
25 ans de Mac OS X

Cette série d’articles est rendue possible et accessible à tous grâce au succès de notre dernière campagne de financement participatif. Grâce à votre soutien, en plus de célébrer le 50e anniversaire d’Apple avec un livre et une journée spéciale, nous pouvons rendre honneur à Mac OS X. Au même titre que l’iMac ou l’iPod, ce système d’exploitation a joué un rôle clé dans le renouveau d’Apple au tournant des années 2000.

Un système vieillissant

Au début des années 1990, Apple fait tourner tous ses Mac sur le System 7. Celui-ci brillait à la fin des années 1980, quand Apple employait encore des processeurs Motorola 68k, mais plus le temps passe, plus les processeurs PowerPC progressent et plus la marque doit se rendre à l’évidence : le System 7 est daté. Il est temps de passer à autre chose.

En effet, les limitations sont nombreuses dans le System 7 :

  • le multitâche est coopératif : chaque application prend la main à tour de rôle, et décide quand elle rend la main à une autre. Si elle ne le fait pas ou tarde à le faire, elle fait quasi systématiquement planter toute la machine ;
  • pas de gestion fine de la puissance : chaque application peut prendre toute la puissance disponible sur la machine, et ne rien laisser au reste. Aucun arbitre ne gère les demandes entre les applications ;
  • pas de mémoire protégée : toutes les applications partagent la même mémoire, il n’y a aucune séparation entre elles ;
  • gestion de la mémoire vieillissante et limitée : chaque application doit avoir sa taille de mémoire maximale indiquée dans les ressources, et ne peut en déroger. Le système se base sur cette taille indiquée pour savoir combien de mémoire il lui reste, sans prendre en compte l’occupation réelle de celle-ci ;
  • système rafistolé et amélioré par de nombreuses extensions, toutes chargées en même temps au démarrage, et entrant souvent en conflit entre elles ;
  • pas de notion de comptes séparés et de dossiers utilisateurs verrouillés.
Le System 7... tellement désuet maintenant. Capture Auston Stewart.

Le System 7 n’est au final qu’une évolution des origines du Macintosh et il accuse le poids des ans, bien qu’Apple ait apporté des améliorations à chaque itération, comme le MultiFinder. Jusqu’au System 4, il fallait fermer une application pour pouvoir en lancer une autre ! Rustine après rustine, cela restait un système d’exploitation datant du Macintosh 128K.

Déjà vieillissant, il prend une claque à l’arrivée de Windows NT, qui semble futuriste vu de Cupertino tant il corrige tous les défauts de l’OS d’Apple, avec son multitâche préemptif, sa gestion du multi-thread, la séparation nette entre système et utilisateur et les protections empêchant une application de venir empiéter sur une autre. Apple se devait de réagir.

Apple dans une impasse

Dès 1994, Apple travaille sur le successeur au System 7, utilisé sur tous les Mac de l’époque. L’idée est de rénover totalement le système d’exploitation des Mac, mais il n’y a pas vraiment de fil conducteur ni d’équipe dirigeante pour mener la barque : les 500 ingénieurs sont dispatchés en petites équipes séparées, et cette méthode aboutit rapidement à… rien.

C’est la maladie d’Apple à l’époque : partir dans tous les sens, explorer toutes les idées, sans pour autant réussir à en finaliser n’en serait-ce qu’une seule en système viable et fonctionnel. Entre l’idée de refaire complètement Mac OS (équipe « pink »), celle d’améliorer l’actuel (équipe « blue »), de transférer Mac OS sur x86 (le projet « Star Trek », fait pour explorer un terrain où aucun Mac OS n’est jamais allé), chacun avance dans son coin, mais rien ne sort réellement. La firme de Cupertino tente même d’approcher IBM (si si, le grand méchant de la publicité « 1984 ») pour lui proposer Mac OS sur IBM PS/2, mais l’équipe destinée à travailler avec Big Blue se révolte, et l’idée est enterrée fin 1995.

Au bout du compte, c’est une compilation d’échecs, entre des builds jamais terminées, des démos qui ne se lancent pas et des calendriers qui s’étendent à l’infini façon Elon Time.

Le salut doit venir de l’extérieur

En août 1996, Gil Amelio, alors CEO d’Apple, se rend à l’évidence : « Copland [le nom de projet du prochain Mac OS, ndlr] est juste une collection d’éléments séparés, chacun créé par une équipe différente… que nous espérions pouvoir assembler comme par magie ». Ellen Hancock, transfuge d’IBM où elle officiait comme responsable développement matériel et logiciel, a même été mise sur la tâche en dernier espoir. En vain : Apple enterre Copland définitivement.

Que faire ? Apple a tellement pris de retard qu’il n’est pas réaliste de tout reprendre de zéro, au risque d’attendre encore plusieurs années avant d’avoir un successeur viable. Décision est prise de récupérer le maximum d’éléments de Copland et de les intégrer aux forceps dans le System 7, ce qui donnera Mac OS 8, sorti le 26 juillet 1997. Mais pour la suite, il faudra bien acheter une base ailleurs.

Deux systèmes en concurrence

Faire un achat, d’accord. Mais au vu des finances de l’entreprise, il va falloir jouer serré : en 1996, Apple est exsangue et le moindre accroc peut mener directement à la banqueroute. Deux systèmes sont mis en concurrence, pendant quelques semaines de pourparlers : BeOS, de Jean-Louis Gassée, et NeXTSTEP de nul autre que Steve Jobs.

BeOS aurait pu être le prochain Mac OS. Image Tullius, CC BY-SA 3.0.

BeOS, c’est le petit Poucet, le tout dernier des systèmes d’exploitation pleins d’avenir : créé en 1991 par Jean-Louis Gassée, ancien dirigeant d’Apple, il était au départ prévu pour la BeBox, un ordinateur spécifique, avant d’être adapté dans un premier temps sur PowerPC, puis finalement sur x86. Très moderne, avec sa programmation en C++ orientée objet, son système de fichier BFS journalisé et 64 bits (oui, dès 1991 !), il en jette. Mais il est jeune, trop jeune : plusieurs outils manquent, comme une file d’impressions, et le système n’en est encore qu’à des Developer Preview au moment des discussions. De plus, Gassée est gourmand : Apple en propose 125 millions de dollars, quand lui en attend pas moins de 300 millions. Bien trop pour un système qui est encore balbutiant où de nombreux travaux sont encore à terminer.

De l’autre côté, se trouve NeXTSTEP. Basé sur le noyau Mach créé par Avie Tevanian (qui restera longtemps chez Apple pour développer Mac OS X) et Richard Rashid, c’est un système déjà sérieux en 1996 : avec une première version sortie en 1989 sur NeXT Cube, puis porté sur x86, Sun SPARC ou même HP PA-RISC, il était amené à concurrencer des systèmes comme Solaris dans des stations de travail surpuissantes.

Le fameux premier serveur web, qui tournait donc sur NeXTSTEP. Image Coolcaesar, CC BY-SA 3.0.

De plus, il a déjà quelques faits d’armes à son actif : c’est sur un NeXT Cube que Tim Berners-Lee a créé le premier serveur web et le premier navigateur web, et il a servi de plateforme de développement pour des jeux comme Doom et Quake. Petit bonus non négligeable : récupérer NeXT veut dire récupérer ni plus ni moins que Steve Jobs, même si Apple ne l’a jamais mis officiellement dans la balance.

Reste la somme demandée pour racheter NeXT : 430 millions de dollars. Bien plus que ce que propose Apple pour BeOS, et même plus que ce que demande Gassée pour être racheté. Mais la Pomme le justifiera par un système bien plus mature… même si le retour de Jobs a dû peser lui aussi fortement dans la balance.

Le début d’une nouvelle ère

Ainsi, le 20 décembre 1996, Apple annonce le rachat de NeXT pour 429 millions de dollars. L’acquisition ressemble plus à une annonce de fusion entre les deux entreprises à en voir le visuel utilisé à l’époque sur le site Apple.com. Et finalement, il ne pourrait être plus proche de la réalité, tant les équipes d’Apple ont fusionné avec celles de NeXT, au point de devenir l’Apple que l’on connaît aujourd’hui.

Le jour où Apple annonça l

Le jour où Apple annonça l'acquisition de NeXT

Les premières versions de développement de ce qui deviendra ensuite Mac OS X sont un mélange étrange : l’interface ressemble trait pour trait à Mac OS 8, mais sous le capot, le moteur est NeXTSTEP. Plusieurs briques de l’écosystème Apple sont déjà portées sur le nouveau système comme QuickTime, technologie phare d’Apple à l’époque.

Pour le reste, tout se divise en deux camps : la Blue Box, qui fait tourner les logiciels codés pour Mac OS 8, et qui deviendra plus tard l’environnement Classic. Et la Yellow Box, l’environnement de développement natif de Rhapsody (le nom de code de la Developer Preview du nouveau système), qui plus tard donnera la base de Cocoa, le framework de Mac OS X. Le système était développé pour fonctionner à la fois sous PowerPC et x86, ce qui s’avèrera bien pratique plus tard !

Rhapsody cachait NeXTSTEP sous l’interface de Mac OS 8.

Pour marquer le coup, il fallait moderniser tout le système, interface utilisateur comprise, avant de le présenter au grand public. C’est ainsi que la première beta publique, Mac OS X Public Beta (nom de code Kodiak), a pour la première fois adopté le design Aqua, première interface de Mac OS X tel que nous l’avons connu.

La première interface de Mac OS X, dans la Public Beta. Image AppleWiki.

Beaucoup d’éléments sont déjà en place dans cette version beta sortie le 13 septembre 2000. Et n’allez pas croire qu’elle était gratuite : il fallait débourser 29,95 dollars pour en bénéficier ! La beta avait même une date d’expiration : le 14 mai 2001, elle n’était plus fonctionnelle. Heureusement, l’achat donnait droit à une réduction équivalente sur la version finale, Mac OS X 10.0 Cheetah. La suite dans un prochain article.

Cet article et les suivants sont rendus possibles et accessibles à tous grâce au succès de notre campagne de financement participatif. Si vous n’avez pas encore commandé notre livre consacré au 50e anniversaire d’Apple ou acheté votre billet pour la journée spéciale à Lyon le 18 avril, il n’est pas trop tard pour le faire.

Ugreen lance trois nouveaux docks Thunderbolt 5, dont un au format Mac mini

Stéphane Moussie

mardi 24 mars à 12:15

Matériel

Ugreen accroit sa présence sur le marché des docks Thunderbolt 5 en commercialisant pas moins de trois nouveaux modèles. Ces stations d’accueils permettent d’ajouter une myriade de ports aux Mac compatibles1 et assurent une connexion à très grande vitesse avec les périphériques récents (jusqu’à 80 Gb/s ou même 120 Gb/s dans certains cas).

Le Maxidok 10-en-1 est le plus abordable du lot. Il comprend deux ports Thunderbolt 5 (un câble intégré est dédié au branchement de l’ordinateur), un DisplayPort 2.1, un port Ethernet seulement 1 Gb/s, 3 ports USB-A 10 Gb/s et des lecteurs de carte SD et microSD (jusqu’à 170 Mb/s). C’est une connectique plutôt limitée pour une station d’accueil Thunderbolt. Il contrebalance ceci par son prix : il est affiché à 299 €, mais Ugreen fait une promotion de lancement à 239 € jusqu’au 29 mars.

Ugreen Revodok Maxidok 10-en-1

Plus musclé, et plus cher, le Maxidok 17-en-1 inclut donc des prises supplémentaires, à savoir trois ports USB-C et des entrées/sorties audio. Le port Ethernet est plus rapide (2,5 Gb/s), tout comme le lecteur de carte SD (jusqu’à 312 Mb/s). En outre, il intègre un emplacement pour un SSD NVMe PCIe Gen4 jusqu’à 8 To. Ce gros dock est officiellement vendu 459 €, mais son prix est déjà raboté à 390 € pour ses débuts.

Maxidok 17-en-1

Enfin, Ugreen a pensé aux possesseurs de Mac mini avec un Maxidok 10-en-1 conçu pour être placé sous le petit Mac de bureau. Ce modèle intègre deux ports Thunderbolt 5 (un troisième sert à le connecter à l’ordinateur), un DisplayPort, 3 ports USB-A et des lecteurs de cartes SD et microSD (jusqu’à 312 Mb/s). Il peut aussi accueillir un SSD NVMe M.2 jusqu’à 8 To.

Maxidok 10-en-1 pour Mac mini

Le dock est légèrement creusé à l’arrière afin de laisser un accès au bouton d’allumage du Mac mini si intelligemment placé. Ce produit sera en vente fin avril ou début mai à 359 € — mais une promo de lancement à 305 € est déjà prévue.


  1. MacBook Pro M4 Pro/Max et ultérieur, Mac mini M4 Pro ainsi que Mac Studio M3 Ultra et M4 Max.  ↩︎

La taxe française sur les petits colis n’a que des effets négatifs, tous prévisibles

Nicolas Furno

mardi 24 mars à 12:15

Ailleurs

Depuis le 1er mars 2026, les colis de moins de 150 € en provenance de pays hors Union européenne sont taxés lors de leur entrée sur le territoire français, à hauteur de 2 € par catégorie de produits. Du moins, en théorie. En pratique, les solutions de contournement étaient évidentes et elles ont été mises en œuvre par les plus gros acteurs, comme le rapportent nos confrères de Next. Au lieu de payer la taxe demandée par la France, les vendeurs notamment chinois font atterrir les colis dans un autre pays membre de l’UE, avant de les transférer dans l’Hexagone, le plus souvent par la route.

Image MacGeneration.

Pour rappel, la France a voté en début d’année en faveur d’une loi dont l’objectif était de limiter l’afflux de colis en provenance du reste du monde et surtout de la Chine et de favoriser les vendeurs européens. Si l’intention est louable, la législation laissait des échappatoires si prévisibles que l’on peut se demander pourquoi le législateur n’y a pas pensé. Les 2 € par catégorie de produits ne s’appliquent qu’aux colis en provenance de pays externes à l’UE, si bien qu’il suffit de faire passer les paquets par un pays qui n’applique pas de taxe pour y échapper.

Taxe de 2 € sur les petits colis venus de Chine : ce que ça change pour vos commandes

Taxe de 2 € sur les petits colis venus de Chine : ce que ça change pour vos commandes

Sans surprise, c’est ce qui se passe depuis le début du mois. Les signes pointent tous dans la même direction, comme l’a rapporté le député Philippe Latombe dans une question adressée à l’Assemblée nationale :

La stratégie de contournement de cette taxe par les géants chinois du e-commerce a été immédiate : depuis le début du mois, les marchandises sont acheminées par avion en Belgique ou aux Pays-Bas, où la taxe n'est pas encore en vigueur, puis par camion en France, en profitant ainsi de la libre circulation au sein de l'Union. […] Conséquences de cette riposte, une cinquantaine de vols cargo hebdomadaires en moins et un fonctionnement au ralenti de la zone de fret de Paris-Charles-de-Gaulle. Les déclarations douanières en e-commerce ont chuté de 92 % et certains entrepôts de dédouanement sont vides, avec toutes les conséquences que cela implique pour les entreprises concernées.

La Belgique et les Pays-Bas ont vu une augmentation soudaine du nombre de colis en provenance de Chine : trois fois plus à l’arrivée à l’aéroport de Liège, par exemple. Une hausse qui s’est faite au détriment des aéroports français et notamment du plus grand d’entre eux au nord de Paris, où les douanes ont constaté une baisse de 92 % du trafic. La transition par un autre pays puis l’acheminement du colis en camion ajoute moins de 10 centimes aux frais de port, ce qui la rend bien plus intéressante face aux 2 € que les clients devraient payer si la taxe française était appliquée.

Les conséquences négatives se multiplient : pollution locale aggravée par l’afflux de camions, taxe qui ne rapporte rien alors que le gouvernement promettait 500 millions d’euros de revenus supplémentaires grâce à elle, et des emplois français directement menacés. FranceInfo donne l’exemple de cette entreprise logistique du Val-d’Oise qui a vu son activité passer de 200 000 colis quotidiens à zéro, menaçant son existence. On estime qu’un millier d’emplois pourraient être supprimés suite à cette taxe, même s’il faut rappeler qu’un système similaire doit être mis en place au niveau de l’Union européenne dans le courant de l’année.

Aura-t-il pour autant les effets bénéfiques imaginés ? Les gros acteurs chinois préparent déjà des solutions à long terme, à l’image de Shein qui est en train de créer un immense entrepôt en Pologne pour servir de porte d’entrée vers l’UE. L’idée est d’y importer les produits en grande quantité, puis d’envoyer les petits colis dans toute l’Europe par la route. La Pologne étant un état membre de l’Union, le site devrait échapper à la taxe sur les petits colis. C’est une échappatoire qui semble tout aussi prévisible, même si elle demandera plus d’efforts de la part des vendeurs.

Avec les M5 Pro et M5 Max, Apple décline l’architecture UltraFusion à plus petite échelle

Stéphane Moussie

mardi 24 mars à 11:11

Mac

Les puces M5 Pro et M5 Max inaugurent une évolution intéressante en matière de conception. Les ingénieurs d’Apple se sont inspiré de la technologie UltraFusion des grands systèmes sur puce (SoC) M2 Ultra et M3 Ultra en l’adaptant aux derniers MacBook Pro.

L’interconnecteur UltraFusion qui relie les puces Mx Max pour former les puces Mx Ultra. Image Apple.

« D'une certaine manière, il s'agit d'une version plus récente d'un concept similaire. Avec les puces Ultra précédentes, nous assemblions deux SoC identiques pour former un SoC plus grand. Désormais, nous avons réparti plusieurs fonctionnalités sur deux puces différentes. Ce ne sont pas deux images miroir l'une de l'autre », explique Anand Shimpi, cadre chez Apple et ancien journaliste, dans une interview accordée à Heise.

UltraFusion désigne la méthode employée par Apple pour combiner deux puces Max en une seule puce Ultra via une interconnexion à très haut débit. L’ensemble fonctionne alors comme un seul SoC, avec un nombre de cœurs doublé. Avec les M5 Pro et M5 Max, Apple transpose donc ce principe à une échelle plus fine. L’architecture Fusion (sans « Ultra ») repose sur deux dies (blocs) adjacents et interconnectés au sein d’une même puce, chacun intégrant des fonctions différentes.

Image Apple

Pour Apple, cette architecture ouvre la voie à davantage de modularité, avec la possibilité de combiner ou d’intervertir certains blocs. Les M5 Pro et M5 Max restent classiques dans leur composition (la version Max se distingue uniquement par un plus grand nombre de cœurs GPU), mais de futures générations pourraient apporter plus de changements, même si Anand Shimpi ne veut trahir aucun secret pour le moment. « Pour le moment, nous n'avons annoncé que les M5 Pro et M5 Max », a-t-il répondu lorsqu’il a été interrogé sur l’usage possible de cette architecture Fusion dans de futures puces.

Tout comprendre à la conception en blocs qu

Tout comprendre à la conception en blocs qu'Apple pourrait employer avec les puces M5 Pro et M5 Ultra

Claude peut désormais piloter votre Mac en langage naturel, y compris depuis un smartphone

Nicolas Furno

mardi 24 mars à 10:23

Intelligence artificielle

Claude peut désormais manipuler un Mac en déplaçant son curseur dans l’interface de macOS. Cette nouveauté est lancée aujourd’hui sous la forme d’une « research preview », une version expérimentale qui n’a même pas le statut de bêta, et pour cause. Le principe est de faire appel à une IA générative pour lire le contenu de l’écran, déplacer le curseur de macOS et cliquer sur les boutons pour interagir avec n’importe quelle app. C’est aussi impressionnant dans la démonstration fournie que potentiellement dangereux, si bien qu’Anthropic met en garde les utilisateurs intéressés en prévenant que les conséquences pourraient être désastreuses.

Concrètement, la nouveauté s’intègre à Claude Cowork et Claude Code, les deux solutions « agentiques » d’Anthropic, des IA capables de manipuler des outils pour réaliser des tâches variées. Pour le lancement, seuls les abonnés Pro et Max peuvent tester le dispositif, pas encore les utilisateurs gratuits, ni ceux en entreprise. Quand vous demandez à effectuer une action précise, le système va d’abord piocher dans sa boîte à outils pour sélectionner un connecteur connu, comme une connexion à un service web ou encore un serveur MCP. S’il ne peut pas atteindre l’objectif par cette voie traditionnelle, alors Claude pourra demander la permission de manipuler l’écran de macOS pour votre compte.

Cowork étend les capacités de Claude Code au-delà du développement

Cowork étend les capacités de Claude Code au-delà du développement

Dès lors, on retrouve le même principe que dans les agents glissés dans les navigateurs web. L’intelligence artificielle va se charger d’analyser le contenu de l’écran, puis cliquer pour lancer des apps, récupérer des fichiers, glisser-déposer un contenu d’un endroit à l’autre, modifier les documents, etc. Si on active Dispatch, la fonctionnalité qui permet de contrôler Claude Cowork/Code depuis son smartphone, on peut effectuer ces mêmes tâches à distance, le Mac étant alors contrôlé par l’IA même sans être devant l’écran.

Avec Dispatch, Claude Cowork peut manipuler votre Mac depuis un mobile

Avec Dispatch, Claude Cowork peut manipuler votre Mac depuis un mobile

Toutes ces idées ont été popularisées par OpenClaw, un outil qui fait le lien entre les grands modèles de langage et des agents qui tournent sur un ordinateur. La croissance explosive de cette solution a aussi entraîné de nombreuses dérives, avec des malwares qui détournaient les demandes pour siphonner les données des utilisateurs. Anthropic a bien conscience de ce danger et indique ainsi avoir mis en place des protections pour éviter les risques les plus évidents, tout en soulignant à plusieurs reprises qu’il faut éviter d’utiliser le système avec des données confidentielles et des apps sensibles.

OpenClaw : quand les skills deviennent une porte d’entrée pour les malwares

OpenClaw : quand les skills deviennent une porte d’entrée pour les malwares

La sécurité est au cœur de la fonctionnalité, qui doit être autorisée avant chaque utilisation. Claude indiquera même quelles apps seront exploitées pour mener à bien la demande, laissant à l’utilisateur l’opportunité de changer d’avis avant d’activer l’agent. À tout moment, on pourra reprendre la main et interrompre l’automatisation… du moins, si l’on est devant le Mac et non en train de contrôler le système depuis son téléphone. Dans ce cadre, il faut noter que macOS doit rester actif pour exécuter les tâches, Claude ne sait pas (encore ?) sortir un Mac de veille en saisissant le mot de passe.

Le message affiché par Claude lors de l’activation de la nouvelle fonction. Mieux vaut en effet bien réfléchir avant de laisser les clés de son Mac. Image MacGeneration.

En plus de ces mises en garde sur la sécurité, la manipulation du curseur reste une méthode plus lente et moins fiable que la connexion directe via MCP ou les autres solutions existantes dans le monde des IA. Anthropic souligne que Claude ne pourra pas aller au bout de toutes les tâches, notamment les plus complexes, et que plusieurs essais seront parfois nécessaires. C’est aussi pour cela que l’on parle d’une version expérimentale, la nouveauté n’est pas encore prête à répondre à tous les besoins. Mieux vaut la tester sur des tâches simples et qui peuvent aisément être annulées en cas de problème.

Si vous disposez d’un compte Pro ou Max, vous pouvez en tout cas essayer cette option dès maintenant à condition de mettre à jour le client macOS avec la dernière version. Une déclinaison destinée à Windows arrivera par la suite.