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Dropbox : 17 ans plus tard, Steve Jobs avait-il raison ?

Christophe Laporte

jeudi 28 mai à 08:30

Services

Il n’y a pas que chez Apple où l’on est en pleine période de transition. Après avoir fondé Dropbox il y a près de 20 ans, Drew Houston s’apprête à tourner la page. À 43 ans, le dirigeant historique va céder sa place pour assumer le rôle de président exécutif de son entreprise. La passation de pouvoir se fera en douceur : il partagera dans un premier temps le titre de co-CEO avec Ashraf Alkarmi, l'actuel chef du produit, avant que ce dernier ne prenne seul les rênes de la société.

Ashraf Alkarmi et Drew Houston - image : Dropbox
Ashraf Alkarmi et Drew Houston - image : Dropbox

Une fonction, pas un produit

Le parcours de Drew Houston à la tête de Dropbox force le respect. Il a largement contribué à défricher le marché du stockage en nuage, ferraillant directement avec des mastodontes comme Google et Apple, tout en se bâtissant une fortune personnelle estimée à plus de deux milliards de dollars. Pourtant, dans une Silicon Valley où les attentes sont toujours démesurées, l'entreprise donne la désagréable impression d'avoir atteint son apogée trop tôt, sans jamais réussir à s'imposer comme la marque emblématique de toute une génération.

Difficile, avec le recul, de ne pas repenser à cette fameuse rencontre à la fin des années 2000 avec Steve Jobs. Alors qu'Apple envisageait un rachat, l'échange avait tourné court. Le patron d'Apple avait alors lâché de manière quasi prophétique : « Vous êtes une fonction, pas un produit. »

Et Dropbox se refusa à Steve Jobs

Et Dropbox se refusa à Steve Jobs

Un plafond de verre tenace

Cette fin de non-recevoir n’a pas empêché Dropbox de faire son petit bonhomme de chemin, mais le service de stockage n’est jamais parvenu à briser son plafond de verre. Si la plateforme revendique aujourd’hui un peu plus de 18 millions d’abonnés payants — soit 7 millions de plus qu’en 2017 —, elle a surtout pris des airs d'outil de niche. Plutôt que de s'imposer au grand public, Dropbox est devenu le rouage invisible mais indispensable des professionnels de la création (architectes, graphistes, ou métiers des médias) qui s'en servent quotidiennement pour échanger de lourds fichiers.

Image : AppHunter - Unsplash
Image : AppHunter - Unsplash

Lors de son entretien avec Steve Jobs, Drew Houston visait indéniablement plus haut. Aujourd'hui, la sanction de Wall Street est sévère : avec une capitalisation boursière qui dépasse de justesse les 6 milliards de dollars, l'entreprise a vu sa valeur fondre de moitié par rapport à son introduction en bourse en 2018. Pire encore, elle vaut moins aujourd'hui que les 10 milliards de dollars estimés par les investisseurs privés en 2014.

Dropbox compte 11 millions d

Dropbox compte 11 millions d'abonnés payants, et perd de l'argent

L’innovation pour sortir de la torpeur

Pour sortir l'entreprise de ce surplace, le fondateur mise tout sur son successeur. L'arrivée d'Ashraf Alkarmi, un ancien de Vimeo débauché fin 2024, doit marquer le début d'une nouvelle ère. Selon Drew Houston, depuis son arrivée, Dropbox se montre déjà beaucoup plus à l'écoute de ses clients et n'hésite plus à prendre des risques sur le plan de l'innovation. Reste à voir si ce souffle nouveau suffira à transformer cette solide « fonction » en un produit à nouveau incontournable.

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RAMpocalypse : le Steam Deck OLED de retour à un tarif salé

Nicolas Furno

jeudi 28 mai à 08:10

Matériel

Valve annonce le retour du Steam Deck OLED, sa console portable qui donne accès à une grande partie du catalogue Steam. L’appareil est vendu depuis plusieurs années, mais il avait été retiré des rayons virtuels en début d’année suite à des problèmes d’approvisionnement. Si ses concepteurs ont réussi à refaire suffisamment de stock pour le vendre de nouveau, la nouvelle n’est pas si bonne qu’on pourrait le croire. En effet, RAMpocalypse oblige, les prix ont augmenté, et pas qu’un peu : la version de base avec 512 Go de stockage est affichée à 779 €, soit 210 € de plus qu’à sa sortie !

La nouvelle gamme de Steam Deck OLED. Image MacGeneration.
La nouvelle gamme de Steam Deck OLED. Image MacGeneration.

Quand la variante OLED du Steam Deck est sortie fin 2023, les prix étaient de 569 € pour l’entrée de gamme et 679 € pour le modèle supérieur, équipé de 1 To de stockage et de quelques bénéfices supplémentaires, comme un écran protégé par un verre antireflets. En 2026, Valve vend le même produit, sans aucun changement sur la fiche technique, à respectivement 779 et 919 €.

Valve annonce une révision du Steam Deck, qui gagne un écran OLED et une meilleure autonomie

Valve annonce une révision du Steam Deck, qui gagne un écran OLED et une meilleure autonomie

Près de mille euros pour ce qui reste une petite console légère, avec des composants de 2022 et des performances assez moyennes, c’est très élevé. Sans doute trop pour la majorité des joueurs, si bien que l’on ne s’attend pas à un gros succès pour l’appareil cette année. Valve a sûrement conscience que le Steam Deck n’a pas vraiment d’avenir avec cette hausse de 35 à 37 %, mais le fabricant n’a probablement pas eu d’autre choix.

Au-delà de cette console portable, la question se pose pour la Steam Machine, un modèle destiné au salon présenté à l’automne dernier et qui n’est jamais sorti. Valve n’avait pas indiqué le prix de vente et ce n’est toujours pas le cas à ce jour. Étant donné le positionnement actuel du Steam Deck, la gamme ne débutera certainement pas à moins de 1 000 € et s’établira même peut-être bien au-delà.

Valve annonce une console de salon et un nouveau casque VR, en vente début 2026

Valve annonce une console de salon et un nouveau casque VR, en vente début 2026

Valve repousse la sortie de sa Steam Machine sur fond de hausse des prix de la RAM

Valve repousse la sortie de sa Steam Machine sur fond de hausse des prix de la RAM

L’appareil a-t-il un sens dans ces conditions, sachant que ses composants ne sont pas non plus très haut de gamme ? On peut en douter et c’est probablement aussi ce qui bloque son lancement, alors que l’on s’approche de la moitié de l’année. Et alors que l’extraordinaire inflation sur les prix des composants, RAM et stockage en tête, ne semble toujours pas s’améliorer.

Faute de mieux, Valve a sorti sa nouvelle manette, promise elle aussi à l’automne dernier. Elle est vendue depuis le début du mois, à un prix raisonnable pour 2026 : 99 €. Malheureusement, l’accessoire est victime de son succès et les stocks sont vides.

À défaut de la Steam Machine, Valve annonce la sortie du Steam Controller à 99 €

À défaut de la Steam Machine, Valve annonce la sortie du Steam Controller à 99 €

Cybersécurité : l’IA donne pour la première fois l’avantage aux attaquants

Christophe Laporte

jeudi 28 mai à 07:24

Intelligence artificielle

L’IA est en train de devenir le meilleur allié des pirates. Ces derniers vont être en mesure de semer la zizanie partout. Alors, certes, pour le moment, des outils comme Claude Mythos sont réservés à une poignée d’organisations, mais les modèles que l’on trouve un peu partout ne sont pas forcément mauvais à ce petit jeu-là.

Mythos : Anthropic juge son nouveau modèle trop dangereux pour être publié

Mythos : Anthropic juge son nouveau modèle trop dangereux pour être publié

Une étude de Sia Partners, relayée par Les Échos, illustre parfaitement le nouveau rapport de force qui s'installe. Avec l’émergence d’outils avancés tels que Mythos, le coût d’une attaque est en train de s’effondrer. En face, la facture de la défense stagne, voire augmente, puisqu'il y a mécaniquement plus de failles à colmater. Si les intelligences artificielles excellent pour débusquer les vulnérabilités, elles manquent encore d'agilité pour les corriger. Cette asymétrie entre l'attaque et la défense est pour le moins inquiétante.

Le coût d'une attaque en chute libre

Le changement de paradigme est brutal. Comme le souligne Akram Azzam, responsable cyber chez Sia Partners, il fallait autrefois des semaines de préparation et des dizaines de milliers de dollars pour monter une opération cybercriminelle sophistiquée. La donne a changé : en avril 2026, une intelligence artificielle a été capable d'accomplir ce même travail de manière autonome en l'espace de quelques heures. La facture de la campagne est tombée sous la barre des 20 000 dollars, et l'exécution d'une attaque réussie ne coûte plus que quelques dizaines de dollars.

Grâce à Mythos, de nombreuses vulnérabilités de sécurité ont été découvertes dans le navigateur Firefox.
Grâce à Mythos, de nombreuses vulnérabilités de sécurité ont été découvertes dans le navigateur Firefox.

La fin de la « sécurité par l'obsolescence »

Selon cette même étude, Claude Mythos commence à semer un vent de panique au sein des institutions financières. L’une d’entre elles, ayant eu un accès anticipé aux outils d’Anthropic, a pu scanner son infrastructure et y a détecté pas moins de 500 vulnérabilités, dont 30 % étaient classées comme critiques.

Face à l'ampleur de la découverte, le cabinet rapporte que l'entreprise a dû sonner le branle-bas de combat au sein de ses équipes de cybersécurité. Des lignes de budget exceptionnelles ont été débloquées en urgence pour financer un vaste plan de remédiation, obligeant par la même occasion la direction à mettre sur pause plusieurs autres projets stratégiques.

Ce qui est particulièrement piquant dans cette affaire, c’est que l’IA vient torpiller un concept sur lequel de nombreuses banques se reposaient jusqu’ici avec complaisance : la « sécurité par l'obsolescence ». Une bonne partie des failles débusquées nichait dans du code écrit en COBOL. Ce langage de programmation, pilier de l’industrie bancaire pendant des décennies, n’est plus maîtrisé que par une poignée de vétérans. Jusqu'à présent, les banques s'en accommodaient, estimant que la rareté des ingénieurs COBOL découragerait les attaquants. Un pari perdu face à l’IA, qui lit et analyse ces vieux langages sans la moindre difficulté, rendant cette barrière de protection complètement caduque.

Comment l’IA est en train de forcer les verrous de la cybersécurité

Comment l’IA est en train de forcer les verrous de la cybersécurité

L’Anssi prise de court

Le constat est d’autant plus alarmant que les autorités de régulation semblent avoir raté le coche. En février dernier, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) publiait encore un rapport dans lequel elle minimisait fortement la capacité de l’IA générative à débusquer des failles rapidement et en grand nombre. Quelques mois plus tard, la réalité du terrain montre que cette analyse est déjà totalement dépassée.

AMD lance son Ryzen AI Halo, son mini PC pour l'IA

Pierre Dandumont

mercredi 27 mai à 18:40

Intelligence artificielle

Les amateurs d'IA en local ont tendance à chercher des ordinateurs compacts et performants, comme les Mac mini M4 Pro, Mac Studio ou DGX Spark chez Nvidia (comme le Dell Pro Max avec GB10). AMD a visiblement pensé que ce marché a un avenir, et vient d'annoncer que la plateforme de développement Ryzen AI Halo, présenté en janvier au CES, allait bien sortir. Les précommandes devraient arriver rapidement.

Le mini PC d'AMD.

Le mini PC est produit directement par AMD, ce qui est plutôt inhabituel pour la marque, qui a tendance à se reposer sur des partenaires pour les cartes graphiques. La première génération sera disponible en juin chez Micro Center, un revendeur américain. Elle est animée par un processeur Ryzen AI Max+ 395 (16 cœurs, 32 threads) qui intègre une carte graphique Radeon 8060S. La machine intègre 128 Go de RAM sur un bus 256 bits (comme les puces M4 Pro) et AMD a choisi un SSD de 2 To pour le stockage. C'est souvent la norme dans ce genre de machines, on a de l'Ethernet rapide (10 Gb/s) et du Wi-Fi 7. Le mini PC s'alimente en USB-C, avec une consommation annoncée à 120 W.

Un PC AMD.

AMD met en avant la compatibilité avec Windows, ce que ni la machine de Dell ni celle d'Apple ne peuvent proposer, mais aussi GNU/Linux. En parallèle de la capacité de calcul du GPU et ses 40 unités, le système sur puce intègre aussi un NPU (50 TOPS). La machine est attendue au prix de 4 000 $ (H.T.), ce qui est un peu en dessous du prix des modèles Nvidia… qui garde pourtant quelques avantages, comme la compatibilité CUDA (une API maison très utilisée) ou un GPU plus performant.

Le plus étonnant, en réalité, c'est qu'AMD prévoit déjà la suite. Des modèles équipés de puces Ryzen AI Max+ Pro 495 sont attendus chez de grands fabricants (HP et Lenovo au moins) au troisième trimestre 2026, c'est-à-dire dans moins de six mois. Si le système sur puce n'est pas fondamentalement plus rapide et garde la même structure — 16 cœurs, 40 unités pour le GPU, un NPU 50 TOPS —, la mémoire vive va passer à 192 Go, ce qui implique probablement un prix nettement plus élevé en ces temps de RAMpocalypse. Des variantes avec des systèmes sur puces moins rapides sont aussi prévues.

AMD ne présente pas Lisa Su, la cousine de Jensen Huang, avec des pinces. Image Nvidia.

Dans tous les cas, AMD essaye de trouver sa place chez les amateurs d'IA en local, notamment pour ceux qui veulent intégrer des systèmes agentiques comme OpenClaw sans devoir faire appel aux serveurs dans le cloud, coûteux.

Le pari IA de Google fait les affaires de DuckDuckGo

Nicolas Furno

mercredi 27 mai à 16:17

Intelligence artificielle

DuckDuckGo est plutôt satisfait des annonces de la Google I/O 2026. Quel rapport ? Le moteur de recherche a vu une nette hausse de ses utilisateurs aux États-Unis depuis les annonces de son concurrent, qui a finalisé sa transition vers un Google entièrement lié à l’intelligence artificielle. En conséquence, les internautes insatisfaits ont cherché des alternatives et DuckDuckGo a manifestement eu les faveurs d’une partie. En tout cas, son CEO Gabriel Weinberg a envoyé les mêmes chiffres encourageants à plusieurs publications américaines, dont TechCrunch.

Capture d’écran de la version garantie sans IA de DuckDuckGo. Image MacGeneration.
Capture d’écran de la version garantie sans IA de DuckDuckGo. Image MacGeneration.

D’après l’entreprise, les installations de son app mobile ont augmenté de 18 % d’une semaine sur l’autre, avec un pic de croissance à 30,5 % le lundi 25 mai, un jour férié aux États-Unis (comme en France). C’est sur iOS que la croissance est la plus forte d’après ces statistiques, avec une valeur maximale qui a frôlé les 70 % sur cette journée. Autre indice de l’intérêt en faveur de DuckDuckGo, sa variante « NoAI » a connu un succès similaire. Cette variante, qui désactive toutes les fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle et nettoie les résultats pour masquer les images générées par une IA, a ainsi progressé de 22,7 % d’une semaine à la suivante, avec un pic à 27,7 % le dimanche 24 mai.

Rappelons que ces chiffres ne concernent que les États-Unis et rien ne dit que DuckDuckGo pourra conserver cet afflux de nouveaux utilisateurs. Malgré tout, l’entreprise veut y croire, en notant que le week-end du « Memorial Day » est traditionnellement une période calme, si bien qu’une forte croissance ces jours-là est un indice fort. Gabriel Weinberg essaie de présenter son service comme l’alternative évidente pour tous ceux qui ne veulent pas de l’IA :

Google impose l’IA sans laisser la moindre possibilité de la désactiver. Résultat, les résultats de recherche se dégradent au lieu de s’améliorer. Nous voulons être le service qui redonne le contrôle aux utilisateurs et leur permet de décider de la place qu’ils souhaitent — ou non — accorder à l’IA.

En effet, il faut souligner que DuckDuckGo ne s’oppose pas aux intelligences artificielles génératives et propose même sa propre version avec Duck.ai. Un service gratuit, qui ne nécessite pas de créer de compte, et qui donne accès à des modèles légers et d’anciennes générations : GPT-5 mini d’OpenAI, Haiku 4.5 d’Anthropic ou encore le Small 4 de chez Mistral. Même alors, le CEO insiste sur les différences avec le géant face à lui :

Non seulement nous respectons le choix des utilisateurs, mais aussi leur vie privée. Tout ce que vous faites dans DuckDuckGo reste privé : nous ne collectons ni l’historique des recherches ni les conversations, et rien n’est utilisé pour entraîner des modèles d’IA.

Google ne peut pas en dire autant, l’entraînement des futures versions de Gemini dépend largement de l’utilisation du modèle actuel. On peut ajouter que les premiers pas du nouveau moteur de recherche ne se sont pas faits sans heurts. Le plus spectaculaire est un bug qui bloquait les recherches contenant le mot « disregard » (ignorer). Dès qu’il apparaissait dans le champ de recherche, le modèle sous-jacent le considérait comme une demande et interrompait son travail immédiatement.

Le bug en image. Image TechCrunch.
Le bug en image. Image TechCrunch.

Rappelons que la France est l’un des rares pays au monde à ne pas connaître le Google nouveau. En raison d’un conflit toujours pas résolu avec des médias, l’entreprise conserve l’ancienne version de son moteur de recherche pour les internautes français.

Google déploie son mode IA dans l’UE… mais pas en France

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Google continue de faire évoluer son moteur de recherche avec de l’IA partout, sauf en France

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