L’été est là, et Apple n’arrête pas : après avoir attaqué en justice son partenaire et rival OpenAI, dépassé momentanément les 5 000 milliards de capitalisation boursière, annoncé des résultats avec une marge qui ferait pâlir n’importe quel CEO, voilà qu’elle décide de mettre ses appareils en leasing, avec Apple Upgrade. Comment en est-elle arrivée là ? Y aura-t-il d’autres surprises ou soucis qui pointeront le bout de leur nez ? Suivons donc Mark Gurman dans les allées surchauffées de l’Apple Park.

Prelude
Cela fait déjà quelques années maintenant qu’Apple se frotte à la finance, sans pour autant y mettre directement les pieds : que ce soit AppleCare+, Apple Cash, Apple Financial Services (pour les entreprises ou les institutions) ou même Apple Card, Cupertino a toujours fait le choix de se reposer sur des partenaires bien installés dès qu’elle voulait toucher à la finance ou aux banques.
Une exception a toutefois existé : Apple Pay Later. Le service a un temps proposé de payer un achat effectué par Apple Pay en quatre fois sur six semaines, directement dans l’interface de Wallet. Contrairement à tous les autres services financiers, celui-ci était intégralement géré par Apple, qui avait monté pour l’occasion une filiale Apple Financing LLC, s’occupant des risques, des contraintes réglementaires et de vérifier la solvabilité des clients. Mais le service n’a pas duré très longtemps au final : à peine un peu plus d’un an. Apple a ensuite préféré intégrer des organismes partenaires dans Wallet, plutôt que de gérer directement un service de micro-crédit.
Apple Pay Later déjà arrêté aux États-Unis, avant l’arrivée des paiements en plusieurs fois dans Apple Pay
Selon les sources de Mark Gurman, Apple avait imaginé Apple Upgrade sur le modèle d’Apple Pay Later : proposer un service de leasing d’appareils, géré intégralement en interne par l’équipe qui est déjà responsable d’Apple Pay.
Au final, Apple a préféré utiliser la même méthode que pour ses autres services financiers : être la vitrine, l’interface, et laisser toute la gestion financière à des partenaires bien plus efficaces dans le domaine. Et au final, ça lui réussit plutôt bien : à part Apple Card qui a tant de difficultés que le partenaire d’origine a « refilé le bébé » à une autre banque, les autres services financiers semblent fonctionner suffisamment bien pour que les partenaires continuent de miser sur Cupertino.
Pacific Coast Highway (La route de la côte Pacifique)
Le timing pour lancer ce service ne pourrait être plus parfait, tant les planètes semblent s’aligner pour pousser au leasing.
Dans un premier temps, les machines coûtent intrinsèquement de plus en plus cher : il est loin, très loin le temps de l’iPhone à 600 €. Depuis quelques années, un smartphone Apple bien équipé, et surtout celui qui fait rêver dans toutes les familles, c’est l’iPhone Pro/Pro Max. Et pour avoir ce morceau de technologie entre les mains, il faut payer le prix fort : il y a bien longtemps que cette gamme a dépassé la barre symbolique des 1 000 €, et les dernières nouvelles la feraient plutôt se rapprocher des 2 000 €. Du côté des Mac, si les prix ont plutôt diminué quand on regarde le tarif des machines portables d’Apple il y a 20 à 25 ans, le ticket d’entrée reste élevé : si le MacBook Neo est mis de côté, le premier prix dépasse allègrement les 1 000 €, et la moindre machine avec le suffixe « Pro » s’envole vers les 2 000 voire 3 000 €.

Surtout, depuis quelques mois la RAMpocalypse est venue enfoncer le clou : quand les éléments de base d’un appareil deviennent plus chers à produire ou à acheter, mécaniquement, le prix de l’appareil final grimpe à son tour. Et la hausse n’est pas légère : à part en rognant sur ses saintes marges (mais qui y croirait ?), Apple peut difficilement garder des tarifs stables quand la mémoire a vu son prix quadrupler en quelques mois !
Enfin, le leasing est entré dans les mœurs : alors qu’il y a encore quelques années, les utilisateurs préféraient acheter une voiture plutôt que de la louer, les LLD sont devenues monnaie courante, au point que l’achat est devenu l’exception sur ce marché. Et l’idée s’étale maintenant sur d’autres domaines : des services de leasing proposent par exemple de l’électro-ménager en location.
Apple Upgrade est officiellement annoncé aux États-Unis : les produits Apple en leasing 🆕
Dans ces conditions, l’arrivée d’Apple Upgrade prend tout son sens : avec des machines qui montent d’un coup de 200 à 300 €, des prix qui s’envolent vers les 2 000 € pour un smartphone ou même 3 000 € et plus pour un ordinateur portable bien équipé, l’utilisateur sera plus enclin à mettre entre 60 et 100 € par mois pour louer sa machine, avec la promesse de pouvoir la racheter à la fin ou de changer pour une plus récente, plutôt que de mettre une très grosse somme d’un seul coup ou utiliser un crédit classique. Quitte à y perdre la propriété de son matériel… mais après tout, il roule déjà dans une voiture qui ne lui appartient plus vraiment.
Rampage (Déchaînement)
Apple pourrait cependant avoir un léger souci : la disponibilité de ses machines. Si la RAMpocalypse a déjà provoqué des séismes tarifaires, la seconde réplique se prépare, touchant cette fois à la possibilité même de les proposer.
Le premier indice fut les Mac mini et Mac Studio : ces machines sont coutumières depuis quelques mois d’un manque chronique de stock, qui a d’abord touché les versions les plus haut de gamme, avant de s’étendre à la disponibilité globale, au point d’avoir des délais qui dépassent fréquemment le mois.

Leur indisponibilité n’était pas très inquiétante, tant ils paraissent « niches » dans la gamme actuelle. Mais le problème s’aggrave, et s’étend. Le manque de stocks touche maintenant le modèle phare d’Apple : le MacBook Air. C’est actuellement la machine préférée d’une majeure partie des utilisateurs : les nomades l’apprécient pour sa finesse et sa légèreté, les étudiants pour son prix restant presque raisonnable, et face aux tarifs toujours plus élevés des MacBook Pro, un nombre toujours plus important d’utilisateurs se rabattent maintenant sur le MacBook Air.
Is there some particular reason that Apple always has this “MacBook Air subject to availability” disclaimer? Like what about MBA is different than MBP or MBN pic.twitter.com/yTtvamO6e4
— Dylan (@DylanMcD8) July 28, 2026
Or, la machine légère d’Apple voit ses délais de commande se rallonger, au point pour certaines configurations de flirter voire de dépasser le mois. C’est une situation totalement inédite pour une machine dont la présentation a été faite en mars, et qui devrait donc vivre sur ses stocks sans difficulté. Selon Mark Gurman, ce souci d’approvisionnement est l’une des raisons principales du retard à l’allumage de la promotion Back to School cette année, et Apple fait tout ce qui est en son pouvoir en boutiques pour diriger les clients vers le MacBook Pro pour limiter la casse. Certaines campagnes marketing ont même vu l’ajout d’un discret « MacBook Air subject to availability » (MacBook Air soumis à disponibilité) !
ProtoVision
Alors que les rumeurs bruissent de plus en plus concernant les futures lunettes connectées d’Apple, Cupertino semble avoir appris de l’Apple Watch et ses premières difficultés. Ainsi, Apple mettrait fortement l’accent sur le sport et la santé concernant ses lunettes connectées.

C’était déjà, selon Mark Gurman, l’un des axes explorés concernant le Vision Pro. L’idée était de proposer des exercices directement dans le casque de réalité augmentée, tout en profitant des capteurs de celui-ci pour suivre les mouvements de l’utilisateur et ainsi lui donner des conseils.
Apple a d’ailleurs ouvert un nouveau poste dont la description ne laisse que peu de doutes sur l’objectif : un « Strategic Product Design Leader » est recherché, qui pourra « définir le futur de la santé, du bien-être et du fitness grâce aux produits de la gamme Vision. [...] Il devra traduire des possibilités au croisement de l’ordinateur spatial, des wearables, de la santé et du comportement humain » dans une vision produit claire. Pour compléter, le candidat devra avoir une grande expérience dans les capteurs, la santé numérique et les produits de fitness.
Ménopause, Workout Buddy et sport : les nouveautés santé de watchOS 27
Apple réussira-t-elle encore une fois le pari de l’Apple Watch, en transformant les lunettes connectées en produit apprécié pour le suivi de la santé de ses utilisateurs ?
Nightcall (L’appel de nuit)
Malgré la complexité actuelle sur le plan matériel, Apple semble surfer sur les difficultés, trouvant une solution simple et efficace à chaque problème. Si d’apparence cela semble simple, à n’en pas douter les appels et autres conférences doivent cependant s’étendre jusque tard dans la nuit…
- Dis Siri, mets-moi du Kavinsky.
- Ok, le bomber rouge et blanc est prêt. Les Wayfarer aussi. Rendez-vous dans le garage, la Testarossa t’attend.
- On se comprend.













