50 ans, c’est bien beau, mais quel est le plus grand bénéficiaire de cette success-story qu’est Apple ? Cela aurait pu être Ronald Wayne, l’autre cofondateur de la marque à la pomme, qui détenait 10 % du capital au moment de sa création. Dernièrement encore, il soutenait qu’il n’avait toujours pas vendu ses actions. Si c’était le cas, sa fortune personnelle dépasserait aujourd'hui les 370 milliards de dollars.
La vérité est sans doute tout autre. Contrairement à la légende, il ne s’est pas séparé de ses actions pour 800 $ juste après avoir quitté Apple au bout de douze jours de collaboration avec Jobs. La transaction a probablement eu lieu quelques années plus tard, au moment où Mike Markkula s’attachait à transformer Apple en société par actions.
AAPL : 50 ans de montagnes russes et de records boursiers
L'Oracle d'Omaha et le gain à 100 milliards
Si Wayne est le grand perdant de l'histoire, Warren Buffett est sans conteste le grand gagnant sur le plan financier. L’investisseur de légende a longtemps fait de la firme de Cupertino le pilier central de son portefeuille chez Berkshire Hathaway. Bien qu'il ait vendu une part significative de ses actions l’année dernière, l’homme ne semble nourrir aucun regret. Au micro de CNBC, il a d'ailleurs résumé la situation avec le flegme qui le caractérise : s’il admet avoir vendu un peu trop tôt, il rappelle surtout qu’il avait acheté encore plus tôt.
Le résultat est vertigineux : l'opération aurait généré plus de 100 milliards de dollars de profits avant impôts. Malgré ces récentes cessions, Apple demeure l’investissement le plus important de son fonds. Pour Buffett, le constat est sans appel : cette entreprise est tout simplement plus performante que n'importe quelle autre société qu'il possède en propre.
Le génie de Tim Cook au service de l'iPhone
Au-delà des chiffres, c’est la gestion de Tim Cook qui impressionne l'Oracle d'Omaha. Warren Buffett n'a jamais tari d'éloges sur l'actuel patron d'Apple, le qualifiant régulièrement de l'un des meilleurs gestionnaires au monde. Selon lui, Cook possède une capacité rare à naviguer dans les complexités diplomatiques et humaines de notre époque.
L'investisseur pousse même l'analyse plus loin en comparant les deux époques de la marque. Si Steve Jobs était le créateur indispensable sans lequel rien ne serait arrivé, Cook a su sublimer l'héritage de manière magistrale. Buffett estime d'ailleurs que Tim Cook a probablement fait un meilleur travail avec les outils laissés par Jobs que Jobs ne l'aurait fait lui-même s'il était resté aux commandes. C'est une reconnaissance claire de la transformation d'Apple : d'une boîte de produits révolutionnaires, elle est devenue une machine opérationnelle d'une efficacité redoutable.
Le futur entre prudence et opportunité
Malgré ce concert de louanges, Buffett reste un investisseur pragmatique. Interrogé sur un éventuel rachat massif d'actions, il ne ferme pas la porte, mais pose ses conditions. Un retour en force de Berkshire Hathaway au capital n'est pas impossible, à condition que le prix redevienne attractif.
Actuellement, la prudence est de mise. Le marché technologique est marqué par une volatilité croissante, exacerbée par le contexte géopolitique et les incertitudes liées aux tarifs douaniers imprévisibles. Dans ce climat instable, Apple doit investir massivement pour protéger ses marges et minimiser les impacts extérieurs. Pour Buffett, le produit iPhone reste un outil d'une utilité inégalée, mais dans un marché où le risque politique s'invite à chaque tweet, même le plus bel investissement du monde demande parfois de savoir attendre le bon moment.
En attendant, à défaut d’avoir le compte en banque de Warren Buffett, sachez que pour à peine plus que le dixième d’une action Apple, vous pouvez encore choper jusqu’à ce soir notre bouquin consacré aux 50 ans de la marque. Et avec un peu de chance, vous pourrez gagner la réplique d’une carte mère d’Apple I ou un MacBook Neo si d’aventure nous franchissons le palier des 140 000 €. Mais pour la dose de nostalgie et les souvenirs, c’est de loin le meilleur investissement du moment. Profitez-en, après il sera trop tard.











