Cartel de l'embauche : l'accord à l'amiable validé

Mickaël Bazoge |

L'affaire dite du « cartel des embauches » est en passe de connaître son épilogue. Les entreprises de la Silicon Valley impliquées dans ce scandale à grande échelle s'étaient entendues afin d'empêcher le débauchage sauvage de leurs talents. Apple était un des maîtres d'oeuvre de ce pacte de non agression, tout comme Google, Intel et Adobe. Plutôt que de risquer un procès potentiellement dévastateur, ce cartel a préféré s'entendre avec les quelques 64 000 plaignants (regroupés dans un recours collectif), qui ont vu leur carrière (et le salaire qui allait avec) ralentir.

Cet arrangement à l'amiable, qui représente 324 millions de dollars pour les quatre sociétés déjà citées, a failli capoter suite à son rejet par un des plaignants, ancien d'Adobe, qui estimait que la somme proposée était bien loin de satisfaire les demandes des victimes (lire : Pacte de non agression : un plaignant conteste l'accord à 300 millions). De fait, les plaignants réclamaient 3 milliards de dollars (le chiffre de 9 milliards avait même été évoqué).

Le bon vieux temps de l'entente cordiale entre Apple et Google.

Finalement, l'accord a été validé par les avocats des salariés lésés. La juge Lucy Koh, en charge de cette affaire, doit encore donner son feu vert à ce protocole. Elle ne devrait pas s'y opposer. Au terme de cet arrangement, chaque plaignant recevra entre 2 000 et 8 000$ selon leur salaire à l'époque des faits. Les quatre sociétés ont accepté de verser un premier paiement initial d'un million de dollars dans les dix jours suivant l'approbation préliminaire de l'accord. Le reste sera versé dans les sept jours après le feu vert.

Plus de 80 millions serviront à payer les émoluments des cabinets d'avocats qui sont, comme souvent, les vrais gagnants de ce dossier qui dure depuis trois ans. Le dévoilement des pièces a permis de lever le voile sur des pratiques peu ragoûtantes menées par les plus hauts dirigeants des entreprises concernées, dont Steve Jobs (lire : Nouveaux détails sur le pacte de non agression dans la Silicon Valley et Steve Jobs, responsable des ressources humaines de Google).


avatar yoalex | 

80 millions en frais d'avocats ... Waw

avatar Sebas101 | 

Je comprend pas... Apple a un accord identique avec Microsoft et personne n'en parle !

avatar Darth Philou (non vérifié) | 

$2000 a $8000 c'est vraiment peanuts ; ça aurait dû être au moins 10 fois plus...

avatar misc | 

C'est clair, pour se faire pourrir sa carrière et son salaire, 2000$ c'est limite plus insultant qu'autre chose.

avatar Maliik | 

Belle blague !
Les avocats fond tous pour valider la proposition des 324 millions, car eux en touchent déjà 80 !
Ces plaignants ne sont bon qu'à se faire escroquer.

avatar Francis Kuntz | 

Putain, ils se sont bien fait niqué. Ils ont perdu des milliers de dollars en salaire et ils vont recuperer que dalle...

avatar pat3 | 

Et en plus ils vont être sur liste noire après, génial :-(

avatar John Maynard Keynes | 

C'est un classique des recours collectifs : ils permettent de bénéficier d'une force de frappe conséquente au plaignants à laquelle ils n'auraient pas accès individuellement, mais ils conduisent à des compromis sur les dédommagements qui sont inférieur à ce que pourrait espérer un individu si jamais il avait eu les moyens de porter l'affaire par lui même, ce qui n'est évidemment pas le cas.

Les plaignants peuvent-ils raisonnablement espérer mieux ?

Ont-ils les moyens de s'aventurer dans une longue bataille à l'issue lointaine et relativement incertaine ?

Parfois mieux vaut tenir que courir et accepter un compromis pragmatique même s'il semble injuste.

avatar Pan666 | 

Il serait quand même bon que les autorités viennent en rajouter une couche, et fasse leur boulot en mettant les sociétés concernées à l'amende.
Est ce qu'il y a un projet ou est ce déjà le cas ?

avatar John Maynard Keynes | 

@Pan666

Tu connais assez mal les US à première vue.

avatar Silverscreen | 

Comme quoi Steve Jobs avait qd même un sacré lot de casseroles...

avatar John Maynard Keynes | 

@Silverscreen

Tu connais beaucoup d'enfant de coeur réussissant dans le business ?

Le milieux est rudes, il faut marquer son territoire, jouer des coudes, utiliser son pouvoir de nuisance, sa force ...

Bref business as usual sur cette histoire

La faute eu été que Jobs ne se batte pas pour éviter que des ressources d'Apple irriguent la concurrence et appauvrissent son entreprise.

Aucun patron digne de ce nom ne se laisse dépouiller de ses ressources humaine de haut niveau en restant les bras croisés.

avatar aldomoco | 

@Silverscreen "Comme quoi Steve Jobs avait qd même un sacré lot de casseroles..."

.... peut être, mais on échangerait bien sa notoriété et son génie contre les nôtres non ?!?

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