Le vaste plan de robotisation des chaînes d'assemblage de Foxconn a du plomb dans l'aile, explique le site chinois Jiemian. Terry Gou, le patron de Foxconn, rêvait d'un million de robots pour cette année et cet été encore il disait vouloir affecter les machines en place à l'assemblage du prochain iPhone 6. Une automatisation permettant de décharger les ouvriers de tâches répétitives, abrutissantes et potentiellement porteuses de conflits.
Las, le chiffre n'est pas encore atteint, mais surtout, ces robots ne sont pas suffisamment qualifiés pour le travail demandé, selon les informations obtenues par le site. Il leur manque une dextérité rendue nécessaire par le design des iPhone. Empruntés à l'industrie automobile, ils sont capables d'une précision d'assemblage de 0,05 mm là où le téléphone d'Apple requiert de descendre à 0,02 mm.

Ils ne peuvent guère faire autre chose que des tâches assez communes — visser, positionner des pièces qui ne sont pas trop petites — alors qu'un homme sera beaucoup plus précis. C'est un des challenges à relever pour ces robots, arriver à égaler la dextérité d'une main. Une nouvelle génération de ces machines est à l'étude - avec l'aide technique d'Epson - mais il faudra plusieurs années pour la mettre au point et parvenir à peut-être remplir le cahier des charges de Foxconn.

Mais ce n'est pas tout, d'autres considérations rendent difficiles la mise en œuvre de ce plan. Foxconn étant obligé de s'appuyer sur des partenaires extérieurs cela multiplie les risques de fuites. Plus il y a d'intervenants, plus il y a de chances que des informations sortent, relatives aux produits secrets que ces robots devront assembler.
Le cycle de renouvellement des téléphones pose un autre problème, puisqu'on ne met pas en place une chaîne de production ni ne développe les algorithmes qui font fonctionner ces machines en quelques semaines. Dans l'industrie automobile, une chaîne est installée pour plusieurs années, alors qu'un téléphone peut changer profondément de design en un temps beaucoup plus court.
Enfin, il y a le volet social. Foxconn a des installations jusqu'au Brésil mais il est avant tout le premier employeur en Chine, avec 13 usines dans neuf villes. On parle généralement de plus d'un million de salariés. On lui attribue 40% de l'assemblage des produits électroniques au niveau mondial pour quantité de marques. Foxconn prendrait le risque de s'aliéner les responsables politiques régionaux et nationaux s'il arrivait à supprimer des milliers d'emploi - voire des dizaines ou centaines de milliers dans un scénario "idéal" - au profit d'usines remplies de Foxbots…













