Quel Mac Pro 2013 choisir ?

Anthony Nelzin-Santos |

Quel Mac Pro choisir ? Alors qu’Apple ne propose qu’une poignée de configurations de MacBook Pro et d’iMac, il est possible de concevoir près de 150 « variantes » du Mac Pro. C’est tout l’objet de cette machine, qui doit répondre aux besoins spécifiques d’une clientèle spécifique.

Autant dire qu’il est impossible de répondre de manière définitive à cette question, du moins si l’on souhaite que l’exercice ait une quelconque utilité. Mais nous pouvons toujours lancer quelques pistes d’après notre expérience avec deux configurations très différentes, les conseils des chefs produit d’Apple et les retours de quelques professionnels.

4 cœurs et D300 : la base

Le Mac Pro d’entrée de gamme a toujours été une machine un peu à part, notamment parce qu’il n’avait qu’un processeur au lieu de deux pour les machines plus chères. Tous les Mac Pro sont désormais logés à la même enseigne et sont dotés d’un seul processeur. Cela ne veut pas dire que les performances ont baissé, bien au contraire : le nouveau Mac Pro quadricœur est aussi puissant que l’ancien Mac Pro octocœur, et le nouveau Mac Pro dodécacœur atteint des niveaux stratosphériques.

La différence de performances entre le Mac Pro haut de gamme et le Mac Pro d’entrée de gamme n’a cessé d’augmenter avec les années. Clic pour agrandir

En fait, l’écart entre les deux extrêmes de la gamme s’est resserré : il atteint un facteur de 2,3 quand il avait frôlé 3 en 2012. C’est que le « saut générationnel » est le plus faible de toute l’histoire du Mac Pro au sommet du catalogue : le nouveau Mac Pro dodécacœur est « seulement » 1,15 fois plus puissant que son prédécesseur. Dans le même temps, jamais une mise à jour n’avait été aussi importante en entrée de gamme depuis 2009 : le nouveau Mac Pro quadricœur est 1,49 fois plus puissant que son prédécesseur.

Le « saut générationnel » est le plus important depuis 2009 sur l’entrée de gamme. Il est au contraire le plus faible de l’histoire du Mac Pro sur le haut de gamme.Clic pour agrandir

Maintenant que le concept de l’iMac et que celui du Mac Pro sont similaires dans l’esprit, on aurait pu se dire que le choix entre les deux machines allait être encore plus difficile que d’habitude. Mais cette montée en grade du Mac Pro le moins cher lui permet de véritablement tenir debout tout seul et le distingue très nettement de l’iMac. On ne les départagera plus en fonction de leur capacité d’extension interne, mais uniquement sur la puissance — et sur ce plan, le Mac Pro a repris sa place fermement au sommet du catalogue d’Apple.

6 cœurs et D500 : à voir

Cela étant dit, le Mac Pro d’entrée de gamme reste… un Mac Pro d’entrée de gamme, c’est-à-dire un modèle d’accroche sur lequel greffer des options. La liste de ces options est d’ailleurs plutôt longue : quatre choix de processeurs, quatre choix de dotation en mémoire, trois choix de stockage et trois choix de cartes graphiques. Or c’est avec cette liste que les choses sérieuses commencent.

Le modèle d’entrée de gamme n’est livré qu’avec 12 Go de RAM en trois barrettes de 4 Go… alors que le Mac Pro intègre quatre banques ECC DDR3 1 866 MHz. Afin de profiter du quadruple canal, mieux vaut donc passer à au moins 16 Go en quatre barrettes. On vous conseillera pour une fois de le faire à la commande : Apple ne surfacture pas énormément ces barrettes encore rares qu’il vaut mieux avoir toutes du même modèle et dûment certifiées.

Partir du modèle à 2 999 € a ses avantages : en quelques clics, vous pouvez retrouver la configuration du modèle à 3 999 €… ou pas. Vous pouvez ainsi vouloir passer aux cartes D500 sans passer à six cœurs, ou au contraire passer à six cœurs tout en conservant la paire de D300. Le choix du processeur est assez simple, celui des cartes graphiques un peu plus subtil.

Les trois premiers « modèles » utilisent des processeurs Xeon E5-16xx v2 comme le Xeon E5-1620 v2 quadricœur cadencé à 3,7 GHz, le Xeon E5-1650 v2 hexacœur cadencé à 3,5 GHz et le Xeon E5-1680 v2 octocœur cadencé à 3 GHz. Tous ces processeurs atteignent 3,9 GHz sur un seul cœur en mode Turbo : ce n’est pas sur leurs performances avec des applications peu optimisées que vous les départagerez. Le choix dépend donc entièrement des applications que vous utilisez et de leurs capacités (sans parler de la vôtre, de capacité… financière).

La nomenclature de cartes graphiques laisse à penser qu’elles font partie d’une même famille et qu’elles ne diffèrent que par leur puissance… mais les choses sont un peu plus subtiles. Elles partagent de nombreux points communs, notamment en matière de fonctionnement général, mais elles sont aussi très différentes sur un point crucial : alors que les D500 et D700 sont basées sur l’architecture Tahiti, la D300 est basée sur l’architecture Pitcairn.

La D300 et la D500 affichent une puissance de calcul assez similaire, 2 176 GFLOPS pour l’une, 2 227 GFLOPS pour l’autre, mais le fait est que la D500 est plus à l’aise que la D300 en matière de GPGPU. Pour 400 €, c’est le choix logique si vous utilisez des applications qui tirent parti de l’accélération graphique (Final Cut Pro X, DaVinci Resolve, Mari, bientôt Photoshop et Premiere). À vous d’étudier les benches pour ensuite savoir si la D700 vaut les 600 € demandés par Apple.

Si vous n’utilisez pas ce genre d’applications, alors la D300 est loin de démériter. À vrai dire, elle ne sera pas beaucoup moins puissante que la D500 dans des tâches comme le rendu 3D, et nous avons pu jouer à des jeux récents plus confortablement avec la D300 qu’avec la D700 (20 i/s de mieux dans Starcraft II à fond). Parce que les cartes graphiques sont l’élément le plus important du Mac Pro, et parce qu’elles sont à la fois si proches et si différentes, ce sera sans doute le point sur lequel vous devrez passer le plus de temps à réfléchir.

8 cœurs et D700 : la configuration idéale selon Apple

Vous aurez peut-être remarqué que tous les tests de Mac Pro publiés par la presse spécialisée au début de l’année ont été réalisés avec un modèle octocœur doté de deux cartes D700. Ce n’est ni plus ni moins que le modèle mis en avant (et prêté aux journalistes) par Apple. De l’aveu des chefs produit de la firme de Cupertino, il s’agit de la « configuration optimale pour le commun des professionnels. »

Lorsque nous évoquions les choix processeurs un peu plus haut, nous n’avons pas oublié le Xeon E5-2697 v2 dodécaœur — nous l’avons laissé à l’écart parce qu’il est à l’écart. En mode Turbo, il n’atteint « que » 3,5 GHz : il serait proprement stupide de dépenser les 3 500 € qu’il vaut pour ne l’utiliser qu’avec iPhoto. Mais même une application pourtant bien optimisée comme Logic Pro X est incapable d’en tirer pleinement parti (elle cale après huit cœurs physiques). Ce processeur est là pour le calcul scientifique et certaines applications de 3D et pour rien d’autre.

Voilà pourquoi le Mac Pro octocœur à cartes D700 représente la « configuration optimale pour le commun des professionnels » : c’est la configuration la plus puissante qui reste sensée pour les photographes, vidéastes, musiciens et autres clients du Mac Pro. Une configuration qui vaut au moins 5 999 € si vous pouvez vous contenter de 12 Go de RAM et de 256 Go de SSD, mais qui les vaut.

Reste que si vous n’êtes pas déjà équipé, il faudra ajouter à votre commande au moins un système de stockage externe et peut-être d’autres interfaces, ce qui fera d’autant grimper la facture. Plus que des choix réfléchis et motivés par vos usages, vous devrez sans doute faire des choix contraints par vos porte-monnaie. Mais ainsi est fait le Mac Pro…


avatar John McClane | 

Ça fait rêver...

avatar Le_iPodeur | 

First world problems

avatar oomu | 

Oui, d'abord régler MON soucis de chaussons.

avatar toto160 | 

Voilà pourquoi le Mac Pro octocœur à cartes D700 représente la « configuration optimale pour le commun des professionnels » : c’est la configuration la plus puissante qui reste censée pour les photographes, vidéastes, musiciens et autres clients du Mac Pro

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Musiciens ? Non. Studio professionnel peut être (mais un vrai, à plusieurs millions d'€) mais pas à un "simple musicien".

Photo non plus. Depuis quand a t-on besoin d'une puissance de calcule a pété les mures pour de la photo ?

3D: oui.

Vidéo: oui.

avatar djeos546 | 

Personnellement, même avec un studio pro de malade, je ne vois pas à quoi la carte graphique haut de gamme sert pour de la MAO...

avatar oomu | 

on peut imaginer toujours plus de traitements audio performants et temps réel via le GPU.

avatar djeos546 | 

Je n'irai pas jusqu'à dire que je m'y connais, mais du traitement audio sur la carte graphique ça me paraît louche...

avatar oomu | 

le principe de ce double GPU est de les utiliser pour AUTRE CHOSE que du traitement 3D.

Le son est un signal comme un autre, qui se prête bien à du calcul parallèle comme un gpu le permet.

Il est donc pas louche d'utiliser une carte vidéo (et ses gpus bardés d'unités et de mémoire) comme des ordinateurs spécialisés en traitement de signal.

Ce que fait Final Cut ne va pas de soi non plus : les filtres vidéos (bayer par exemple), la compression, etc n'était pas la mission première d'une carte vidéo. Mais au fil de leur évolution, si.

En calcul scientifique, les gpus sont utilisés pour toutes sortes de calcul, selon l'espièglerie et fantaisie des scientifiques et l'adaptation du dit calcul aux spécificités des gpus.

Bref: Je ne serai pas choqué le jour où un programme audio saura profiter d'un gpu pour calculer vite. Pourquoi pas ?
Photoshop s'en sert, et pas pour afficher des polygones. Ce n'est pas différent.

avatar djeos546 | 

Donc le GPU peut servir à du traitement audio, mais aucun logiciel ne fonctionne comme ça. D'accord. :-)

avatar oomu | 

sigh, ne soyez pas comme ça.

je ne vous ai jamais dit "claquez 4K euros tout de suite, youhouhouou !". Je n'ai aucun esprit chagrin.

Tout ce que je vous dis, c'est que c'est un développement futur qui se produira. Gardez ça dans un coin de votre esprit, cela ne signifie pas "claquons des milliers d'euros dans des GPU aujourd'hui !". non.

Pour l'heure, le mac pro serait exagéré pour de l'audio, car un gpu resterait inutilisé, cependant, il est faux de croire qu'on a besoin d'aucune puissance processeur pour du travail audio. C'est pour cela que vous voyiez déjà du macbook pro haut de gamme ou des mac pro dans des usages audio pro ou indépendants.

avatar Stardustxxx | 

Tous les calculs ne sont pas parrallélisables.

La video et la 3d sont nettement plus parrallélisable que l'audio.

Du traitement de signal, ca se fait sur un cpu sans problème. Alors sur un octocoeur... Il faudrait mixer un nombre invraisemblable de canaux, plus que ce qui est gérable par un humain.

La synthèse audio, ca va te demander plus de calcul, la spatialisation aussi, mais c'est pas parrallélisable facilement.

Le gain que tu peux avoir pour passer l'audio sur le GPU n'est pas très rentable en terme de développement.

avatar misc | 

@djeos546
Pas nécessairement, les cartes graphiques sont optimisé pour certains types de calculs. En general ca sert a l'affichage, mais rien n'empêche de lui faire executer autre chose. D'ou le terme GPGPU, General Purpose Graphic Processing Unit. Les bit-coins étaient calculés sur carte graphique a une époque. Les logiciels de calcul partagé comme rosetta (folding@home etc) peuvent exploiter le GPU.

avatar djeos546 | 

J'ai décroché au moment ou tu commences à utiliser des termes techniques, mais je vois l'idée. :-)

avatar oomu | 

il n'a fait que citer un exemple: bitcoin comme exemple de calcul qu'on aurait pas imaginé sur gpu (les processeurs des cartes vidéo) y a des années, voir wikipedia.

avatar toto160 | 

@djeos546

Effectivement la carte graphique sert juste à cedal pour de la musique. Par contre un bon processeur oui, et beaucoup de RAM et SSD. Peut être que dans le futur on pourra couplé la puissance des cartes graphique avec le proco pour de l'audio (si c'est techniquement possible...) mais pour l'instant c'est juste useless, surtout avec les processeurs qui montent de puissance de génération en génération.

La carte graphique peut être utiliser pour le rendu en co-production avec le processeur. Celà vaut pour de la Vidéo surtout, Photoshop etc.
Pour la 3D, les renders engine les plus utilisés dans l'industrie n'utilisent pas le GPU pour le rendu, uniquement le processeur, du moins aujourd'hui.

avatar DjBen65 | 

Pour le moment, certes.
Mais comme les logiciels de vidéos et de photos, la musique tirera partie de cette mine de ressources inexploités.

À voir…

avatar oomu | 

On voit se développer les renders gpu (de blender à luxrender, des développements cuda comme octanerender ou en opencl) et des usages maisons (internes aux studios)

Il n'est pas prévu que les rendu gpu remplacent totalement le cpu. Le cpu intel a lui des décennies d'avances, bien sur. Cependant le gpu n'est plus négligeable.

avatar oomu | 

"Photo non plus. Depuis quand a t-on besoin d'une puissance de calcule a pété les mures pour de la photo ?"

typiquement quand on automatise des pré-traitements et conversion raw après un journée de prises de vues.

De plus on part du principe qu'après la conversion depuis raw, vous pouvez aussi les retravailler et les éditer avec Photoshop. La machine saura absorber des années d'évolutions des outils d'Adobe et bouffer des centaines de photo en quelques minutes.

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les studios d'enregistrement ne coûtent plus si chers.

avatar toto160 | 

Pas nécessairement besoin d'une machine à 6000€ pour faire cela. Le modèle de base suffit amplement.

Sinon quand je vois qu'un bon compresseur coûte le prix d'une petite voiture, j'ai des doutes quant au coût réduit d'un studio... Le matériel de studio est loin du monde de l'informatique. Il évolue très lentement et les prix aussi. Il y a encore des enceintes de monitoring de 2003, soit plus de 11 ans, qui sont toujours produit et vendues aujourd'hui. Par exemple je connais un modèle de toutes petites enceintes studio Yamaha à 250€ l'unité (le prix n'a pas beaucoup bougé depuis)

avatar oomu | 

en étant facétieux, tout ce que je dis c'est qu'on est loin du "million", et les prix pour faire un "studio" de qualité s'est effondré.

D'où la crise économique qui a frappé la plupart des grands studios de prod.

avatar BenUp | 

Pour la 3D en modélisation le modèle avec D300 et 16Go ou D500 peuvent suffire, le rendu (calcul) tu le fais faire par une ferme type Amazon ou autre aujourd'hui.

Le modèle haut de gamme c'est pour les calculs scientifiques que l'ont oubli souvent, mais certain modèle mathématique peuvent avoir besoin des ressources de la D700.

avatar Hasgarn | 

Pas utile pour la photo ??
Ça me fait bien marrer, le calcul de prévisualisation d'un raw, l'export en masse, Photoshop...
Autant de raison d'avoir besoin de puissance. J'ai utilisé hier un Mac Pro hexa + D500 avec Aperture. Je peux t'assurer que le confort de travail est tout autre que sur mon Macbook pro. Le Mac Pro se destine aux photographes aussi.

avatar toto160 | 

J'ai dis que le modèle haut de gamme n'est pas utile pour de la photo. Le modèle de base suffit amplement, et encore cela dépend c'est t'es un hardcore user ou un photographe qui travaille "calmement".

avatar Hasgarn | 

Je ne pense pas qu'un 80 mpx d'un dos numérique se traite si vite sur l'entré de gamme comparé à un haut de gamme (le 8 core D700, donc).
un D3X, un 5D, ça suffirait peut être (à tester sur un export de 400 clichés en tiff 16 bits), mais un traitement d'un Leaf, d'un Mamiya ou d'un Hasselblad, quand je vois comment mon MbP trainait et le bruit des ventillos, j'y crois moyen.

avatar NestorK | 

Je bosse en ce moment sur un iMac late 2012 qui se ballade dans les grandes largeurs avec mon D800 et Lightroom (utilisation pro). La majorité des photographes pro bossent d'ailleurs avec des appareils faisant largement moins que 38 MP. Clairement, pour les photographes, il n'est pas nécessaire d'aller sur la config à 8 coeurs avec D700. Mais après chacun fait ce qu'il veut et qui peut le plus peut le moins.

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