Pour lutter contre la hausse des composants, Apple a opté pour une stratégie assez habile. La firme de Cupertino a relevé de 100 € le prix d’entrée de gamme du MacBook Air et du MacBook Pro M5 Pro, mais en contrepartie, elle offre davantage de stockage par défaut : 512 Go sur le portable grand public et 1 To sur son portable pro.
Le ticket d’entrée grimpe, certes, mais à capacité équivalente, l’augmentation est en réalité moins marquée que ce que pourrait laisser croire la simple comparaison des prix de base. Apple renchérit ses machines tout en rendant la pilule un peu plus facile à avaler.
Comment Apple déjoue la flambée des prix avec l'iPhone 17e et les MacBook M5
Les Européens peuvent se sentir légèrement lésés. Apple n’a pas vraiment ajusté ses tarifs par rapport à l’évolution du taux de change : l’euro s’est apprécié d’environ 10 % par rapport à novembre 2024, date de sortie des MacBook Pro M4. À cela, on ajoutera qu’Apple ne livre plus d’adaptateur secteur de manière à respecter la nouvelle législation européenne.
Vers un scénario identique pour les Mac de bureau ?
9to5Mac a une intuition qui semble évidente après réflexion. Ce mouvement n'est que le début d'une transition globale. Il semble inéluctable que les machines de bureau, qui n’ont pas encore adopté l’architecture M5, suivent le même chemin. La logique est implacable : augmenter le prix de base tout en faisant disparaître les petites configurations.
Voici à quoi pourrait ressembler la nouvelle grille tarifaire :
- iMac : Passage de 1 299 $ à 1399 $ (avec 512 Go par défaut).
- Mac mini : Passage de 599 $ à 699 $ (avec 512 Go par défaut)
- Mac Studio : Un bond à 2 199 $, voire plus, pour un stockage de base de 1 To.
Le cas du Mac Studio sera particulièrement scruté. Machine de prédilection des professionnels gourmands en ressources, elle subit déjà les premiers ajustements : Apple a supprimé l'option 512 Go.
Le Mac Studio n’est plus disponible en 512 Go de RAM
Si l’on regarde la situation avec un peu de recul, il y a une certaine logique à cela. Prenez le MacBook Air. Apple a cessé de commercialiser des configurations avec 64 Go de stockage en 2013. En 2020, c’était la fin des configurations avec 128 Go. Vous l’avez compris : Apple a pris pour habitude d’augmenter les capacités de stockage de ses Mac tous les 6/7 ans…
Une tempête peut en cacher une autre
Si les prix s'envolent, ce n'est pas seulement par appétit commercial. Le marché des composants traverse une zone de fortes turbulences. Après la flambée de la RAM, c’est au tour de la mémoire flash (NAND) de voir ses prix exploser.
Le géant Samsung, qui domine le secteur, a décidé de privilégier la demande massive venant des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. Les conséquences sont brutales : après une hausse au premier trimestre, Samsung prévoit de doubler ses prix (+100 %) au deuxième trimestre 2026. Sur l'année, la hausse cumulée dépasse déjà les 200 %.
L'IA ne se contente plus de consommer du calcul (DRAM), elle dévore désormais le stockage. Les nouveaux racks de serveurs haute performance utilisent massivement des SSD pour gérer des charges de travail complexes. Résultat : les fabricants de PC et de smartphones se retrouvent en fin de file d'attente, face à des fournisseurs comme SanDisk ou SK Hynix qui n'ont d'yeux que pour les géants du cloud.
Pour le consommateur, le diagnostic est sans appel : entre la stratégie marketing d'Apple et la pénurie organisée par les fondeurs, la hausse des prix ne fait que commencer.











