Dernière annonce de la semaine, Apple présente son nouvel ordinateur portable à petit prix : le MacBook Neo. Le nom avait été révélé accidentellement hier par Apple, mais il restait beaucoup de points à découvrir. Le plus important était le prix et on a désormais la réponse : à partir de 699 € en Europe et même 599 € pour le monde de l’éducation. Cet ordinateur est bien plus proche d’un iPhone que d’un Mac puisqu’il n’y a que deux options : le coloris et le stockage. Les précommandes sont ouvertes, les livraisons débuteront mercredi prochain.
Le MacBook Neo est vendu dans quatre coloris différents. Outre le très classique argent, on a trois couleurs plutôt saturées sur les photos fournies par Apple : rose poudré, jaune agrume et indigo. Le design est en revanche très classique, certains attendaient des idées nouvelles de la part d’Apple et ce n’est visiblement pas le cas, on reste sur de l’aluminium et un profil similaire aux autres Mac, même s’il s’agit bien d’un tout nouveau design. Avec ses 1,27 cm d’épaisseur et son poids de 1,23 kg, il est à la fois plus épais et plus lourd qu’un MacBook Air, cela fait partie des sacrifices à prévoir. Ses touches et les pieds sont toutefois de la même couleur que le reste de l’ordinateur, un sens du détail appréciable.
La connectique est aussi beaucoup plus pauvre avec deux prises USB-C, une en 3.0 et une en 2.0, une sacrée concession (480 Mbit/s au mieux). Il n’y a pas de MagSafe pour la charge — dommage, son retour était une bonne nouvelle —, alors il faudra penser à utiliser la prise la moins rapide pour alimenter l’appareil. Apple a maintenu la prise jack, également placée sur le côté gauche ce qui rappellera des souvenirs aux plus anciens parmi nous, mais c’est tout, ce qui semble cohérent avec le positionnement tarifaire de l’ordinateur. On trouve aussi de part et d’autre les haut-parleurs, un positionnement bien différent des autres Mac portables où ils sont calés au niveau de la charnière ou autour du clavier. Apple promet tout de même de l’audio spatial et même une compatibilité Dolby Atmos, ce qui est étonnant.
C’est une puce A18 Pro issue d’un iPhone qui est au cœur de l’ordinateur, comme prévu par les rumeurs. Le MacBook Neo doit se contenter de 8 Go de RAM et il n’y a même pas d’option pour augmenter cette valeur, cela devra suffire. Ça sera en tout cas suffisant pour Apple Intelligence, puisque l’ordinateur est bien compatible avec les diverses fonctionnalités sous ce nom. La version de base à 699 € intègre 256 Go de stockage, ce qui est mieux que les pires bruits de couloir qui évoquaient un point de départ à 128 Go. La seule option du côté de la configuration est le SSD justement, avec la possibilité de passer à 512 Go pour 100 € de plus.
Pour 799 €, on gagne aussi un capteur Touch ID sur le clavier, absent sur le modèle entrée de gamme. Pour tous ceux qui ont connu le confort de ce lecteur d’empreintes sur un Mac, tout retour en arrière sera bien difficile et ce sera sans doute l’argument qui poussera le panier vers le haut. À propos de clavier, Apple ne semble pas avoir fait trop de concessions dans le domaine, même s’il n’y a bien pas de rétro-éclairage comme annoncé. On garde néanmoins toutes les touches ainsi que le Magic Trackpad multi-touch, comme sur n’importe quel autre Mac, ouf… même s’il clique normalement et n’intègre pas le mécanisme Force Touch qui simule les clics. À voir si c’est un problème pour autant.
Parmi les compromis pour atteindre le tarif, l’écran de 13 pouces est « Liquid Retina » et Apple a gardé l’essentiel. Du Retina (2 408 x 1 506 pixels et 219 ppp, soit quasiment la même valeur que l’Air), 500 nits de luminosité… mais pas de couleurs P3, il faudra se contenter des sRGB. À confirmer avec les machines, mais cela semble tout à fait raisonnable pour le prix demandé. Le MacBook Neo doit également se contenter d’un seul écran externe, relié uniquement en USB-C 3.0 sur le port dédié, et uniquement en 4K à 60 images par seconde au maximum. Apple n’a aucun écran compatible directement avec le Neo, le Studio Display avec ses 5K devra se contenter d’un affichage moindre… si tant est qu’il soit même pris en charge. De toute manière, si on a dépensé 1 700 € sur le moniteur, on n’est sans doute pas dans le public visé par cet ordinateur.
Les détracteurs d’encoche seront aux anges, l’écran du MacBook Neo n’est découpé nulle part. Autre point notable, la dalle est apparemment recouverte d’un traitement antireflet, une particularité encore assez mystérieuse. La caméra intégrée se contente du 1080p et ne dispose pas de la fonctionnalité « Cadre centré », là encore il faudra vérifier dans les tests ce que cela veut dire concrètement en termes de qualité d’image. Cela n’a jamais été le point fort des Mac et on ne s’attend pas à des miracles, mais qui sait, on aura peut-être une bonne surprise… même si la photo mise en avant par Apple dans son communiqué ne fait pas rêver. Deux microphones sont inclus pour les visioconférences, c’est un de moins que le MacBook Air même si on garde les modes isolement de la voix et large spectre comme tous les autres modèles.
Côté autonomie, Apple annonce jusqu’à 16 heures de navigation web, c’est deux de moins que le MacBook Air même si cela devrait être amplement suffisant pour tenir la journée. La puce A18 Pro a beau être très efficiente, la batterie est bien plus petite — 36,5 Wh pour le MacBook Neo, contre 53,8 Wh —, alors il n’y a pas de miracle. Apple fournit un câble USB-C de 1,5 mètres, mais pas de chargeur, c’est désormais la norme. L’avantage, c’est qu’on pourra utiliser un chargeur de 20 W au minimum, on aura l’embarras du choix.
On continue la liste de concessions, avec du Wi-Fi 6E seulement alors que les derniers Mac sont passés à la septième génération, mais ce n’est pas vraiment un problème étant donné le positionnement de l’ordinateur. On n’achètera pas le MacBook Neo pour ses performances, c’est entendu, ce qui ne veut pas dire qu’il devrait être ridicule pour autant. C’est peut-être pour cette raison d’ailleurs qu’Apple n’a pas voulu garder le nom de MacBook tout court, ceux qui ont connu le modèle Intel avec son CPU anémique n’ont pas à se soucier de ce côté, si l’on en croit les promesses du fabricant.
N’espérez pas un benchmark en bonne et due forme, il faudra attendre les tests pour cela, mais Apple indique tout de même que cet ordinateur « exécute sans effort les tâches quotidiennes, qu’il s’agisse de naviguer sur le web, de regarder des contenus en streaming, de retoucher des photos, d’explorer des activités créatives ou d’utiliser des capacités d’IA dans différentes apps ». Comme elle aime le faire, la Pomme ajoute une comparaison aussi vague que possible, en l’occurrence le « PC le plus vendu équipé du dernier Intel Core Ultra 5 » et bon courage pour savoir ce que cela veut dire.
Quoi qu’il en soit, l’entreprise indique que son produit est « jusqu’à 50 % plus rapide pour les tâches courantes comme la navigation web, et jusqu’à trois fois plus rapide pour les charges d’IA exécutées localement, comme l’application d’effets avancés à des photos », comparé à cet ordinateur de référence. On sait que la puce A18 Pro est excellente et on devrait être au niveau de la puce M1, voire au-dessus selon les tests, ce qui est excellent pour la majorité des besoins, y compris ceux de l’auteur de ces lignes.
Une puce A18 Pro pourrait-elle battre une M1 dans un MacBook « SE » ?
Pas de différenciation sur les deux variantes, la puce A18 Pro est la même partout avec six cœurs CPU, quatre efficaces et deux performants, et un GPU à cinq cœurs avec ray tracing matériel. La mémoire vive de 8 Go est associée à une bande-passante de 60 Go/s et si c’est presque ridicule face à celle des meilleures puces Apple Silicon, cela devrait amplement convenir au quotidien et pour un usage courant. Le moteur neuronal de 16 cœurs est bien présent et le MacBook Neo n’a pas besoin de ventilateur pour refroidir l’ensemble, le contraire aurait été étonnant.
Comme toujours, le MacBook Neo a été conçu en pensant à l’environnement. Apple revendique d’ailleurs que c’est « le MacBook à empreinte carbone la plus faible », notamment grâce à ses 60 % de matériaux recyclés, « la proportion la plus élevée de tous les produits Apple » comme le relève le communiqué. L’aluminium est recyclé à 90 % et le nouveau procédé de fabrication permet d’en consommer 50 % de moins que la méthode traditionnelle, tandis que 100 % du cobalt présent dans la batterie est recyclé. Sans surprise, l’emballage est entièrement en fibres et peut aisément être recyclé.











