Rendre le Mac multitâche en 1985, une vraie galère…

j-b.leheup |

Alors que l'on se plaignait récemment d'iOS 13.2 qui avait parfois tendance à fermer un peu trop vite les applications en tâche de fond, il est bon de rappeler qu'à une époque, le multitâche était tout simplement inexistant…

Le kernel, ou noyau, est l'élément fondamental d'un système d'exploitation. Il permet aux différents composants, logiciels et matériels, d'interagir entre eux. Le développement du noyau est une étape cruciale dans la création d'un système d'exploitation, car de sa qualité dépendra la stabilité et l'évolutivité de tout le système.

Or, durant le développement du premier Macintosh, commercialisé en 1984, le noyau n'avait pas fait l'objet de toute l'attention nécessaire, alors même que des systèmes Unix avaient déjà posé les règles modernes de la mémoire protégée et du multitâche préemptif ; le noyau distribue l'accès au processeur et à la mémoire entre les applications, et peut à tout moment interrompre un processus pour donner la priorité à un autre, ou interdire certaines interactions entre les logiciels et les ressources matérielles de l'ordinateur.

Le premier Macintosh faisait tout l'inverse. Chaque application prenait la main sur l'ordinateur, comme si elle était seule au monde. D'ailleurs, elle était seule au monde : pour lancer un programme, le Macintosh fermait le précédent. Même le Finder, avec son bureau et ses icônes, disparaissait pour laisser la place à MacWrite, MacPaint ou MacDraw. Le Finder n'était pas seulement masqué, ou suspendu : il était quitté !


avatar Darkgam3rz | 

Merci pour cet article passionnant 👍🏻

avatar pocketalex | 

+1 je me suis régalé a le lire et j'ai appris des trucs

avatar imrfreeze | 

@Darkgam3rz

👍🏻

avatar freestef | 

Merci pour ce rafraîchissement de mémoire :-)
Le Multifinder, c’était le paradis. Par contre quand il fallait switcher des disquettes sans arrêt pour charger des applis qui ne tenaient pas sur une, c’était l’enfer !

avatar Benitochoco | 

Je suis retombé en enfance avec cet article !

avatar stefhan | 

@Benitochoco

Moi aussi ! J’ai démarré ma vie numérique à 8 ans avec System 5. Je me souviens du MultiFinder mais surtout le passage à System 6...

avatar fte | 

Ces lignes marquent le début de ma carrière dans l’UX, alors que l’UX n’existait que dans la tête de quelques fondus chez Apple ou Microsoft.

Je n’étais qu’un gamin ne connaissant rien à rien.

C’était fabuleux.

avatar radeon | 

Ça fou un coup de vieux cet article ^^ très intéressant, merci 😊

avatar Giloup92 | 

Cet article donne vraiment envie d’apprendre à coder.... pour se faire arnaquer au final !

avatar BeePotato | 

@ Giloup92 : « Cet article donne vraiment envie d’apprendre à coder.... pour se faire arnaquer au final ! »

Comment ça ?

avatar BeePotato | 

« Or, durant le développement du premier Macintosh, commercialisé en 1984, le noyau n'avait pas fait l'objet de toute l'attention nécessaire, alors même que des systèmes Unix avaient déjà posé les règles modernes de la mémoire protégée et du multitâche préemptif »

C’est original de présenter les choses comme ça.

L’OS avait au contraire fait l’objet de toute l’attention nécessaire… pour arriver à faire tourner un OS à interface graphique en haute résolution (pour l’époque) avec une application et un ou plusieurs documents sur une machine dotée de seulement 128 ko de RAM !

Les systèmes Unix tournaient sur des plateformes matérielles bien plus richement dotées, tout comme le Lisa qui, du coup, avait intégré d’emblée le multitâche.
Mais pour le premier Mac, au cours d’un développement où on optimisait l’assembleur à la main pour économiser les octets, perdre une place précieuse pour préparer un hypothétique futur où le matériel permettrait multitâche et mémoire protégée, ce n’était pas une priorité (surtout que le projet commençait à être très à la bourre).

Comme l’a écrit Andy Hertzfeld, s’ils avaient su à l’époque qu’ils étaient en train de créer une plateforme appelée à durer plusieurs décennies, plutôt qu’un OS pour une ou deux générations de machines, ils auraient probablement fait certaines choses différemment. Mais à l’époque où ils étaient plongés là-dedans, il était difficile d’imaginer ça.

L’erreur d’Apple a été de configurer le premier Mac avec une si faible quantité de RAM, ce qui a créé d’énormes contraintes sur le logiciel.

Mais bon, dans l’ensemble, même en étant construit sur ces bases fragiles, Mac OS ne s’en est pas si mal sorti que ça. :-)

avatar macinoe | 

Ta conclusion c'est un peu ce que tu contestais au début non ?

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@macinoe "(Ta) Sa conclusion c'est un peu ce que tu contestais au début non ?"
Pas du tout :
Le début suggère (affirme) une erreur de la part d'Apple
Le corps explicite les contraintes contradictoires (budget/performance) qui aboutit à deux choix différents, une machine hors de prix (Lisa) multitâche, une machine économique ;-) monotâche.
La conclusion d'BeePotato est avec ces contraintes contradictoires, le mac s'en est incroyablement bien sorti : regarde autour de toi !
Ce que dit donc avec raison BeePotato, il n'y avait aucune erreur ou faute de la part d'apple mais un choix qui s'avère aujourd'hui judicieux puisque gagnant.

avatar macinoe | 

Un rapport de causalité à la limite, je peux le concéder,
"Le noyau n'avait pas fait l'objet de l'attention nécessaire"
"MacOs a été construit sur des bases fragile"

Pour moi ça veut dire la même chose.
Que compte tenu de la technologie et des concepts déjà établis à l'époque, macOs aurait pu avoir des fondation un peu plus sérieuses et aptent à affronter l'avenir;

Ce qui a été démontré par la suite avec un OS qui était plus qu'à bout de souffle à peine plus de 10 ans après sa création et qui a nécessité un reboot vers OSX ce qui était loin d'être simple.

Il a fallut beaucoup de talent pour rendre macOS sexy et agréable à utiliser;

Mais c'était un chateau construit sur des marécages qui devenait impossible à maintenir et encore moins à faire évoluer.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@ macinoe
L'objection d'@occam semble te donner raison. Il n'y avait selon l'exemple qu'il donne pas de limitation matériel (budgétaire) qui contraignait les choix de MacOs.
Merci.

avatar marc_os | 

@macinoe

Et Windows ME, il était pas à bout de souffle ?

avatar macinoe | 

Bien sûr que si. C'est totalement comparable.
MS en avait d'ailleurs conscience dès le début des années 90 en créant la branche NT basées sur les normes POSIX dont le descendant actuel est windows 10.

avatar BeePotato | 

@ macinoe : « "Le noyau n'avait pas fait l'objet de l'attention nécessaire"
"MacOs a été construit sur des bases fragile"
Pour moi ça veut dire la même chose. »

Non, ça ne veut pas dire la même chose.
Les bases étaient fragiles, mais pas par manque d’attention. Plutôt parce que l’attention s’était portée sur autre chose.

« Que compte tenu de la technologie et des concepts déjà établis à l'époque, macOs aurait pu avoir des fondation un peu plus sérieuses et aptent à affronter l’avenir »

Oui, ça aurait été théoriquement possible — si le Mac avait été défini autrement sur le plan matériel, justifiant le développement de cet aspect de l’OS. Apple avait d’ailleurs déjà fait ce choix sur sa machine précédente.

Mais finalement, quand on regarde ce que sont devenus les diverses plateformes de cette époque, on se dit que soigner ces basses couches n’était peut-être pas — contrairement à ce que l’intuition pouvait laisser penser — ce qui rendait le plus apte à affronter l’avenir. Peut-être que soigner plutôt le haut niveau (l’interface graphique présentée à l’utilisateur et la toolbox présentée aux applications) était le bon choix, finalement. Ça a plutôt bien réussi au Mac, en tout cas.

« Ce qui a été démontré par la suite avec un OS qui était plus qu'à bout de souffle à peine plus de 10 ans après sa création »

10 ans plus tard, il n’était pas encore « plus qu’à bout de souffle » — mais on commençait à se dire que ça n’allait plus tarder.

avatar macinoe | 

"Les bases étaient fragiles, mais pas par manque d’attention. Plutôt parce que l’attention s’était portée sur autre chose."

Si ce n'est pas de la négligeance, c'est de l'ignorance, mais ça ne change rien au fait qu'il y a eut un manque d'attention dans la conception du noyau.

avatar BeePotato | 

@ macinoe : « Si ce n'est pas de la négligeance, c'est de l'ignorance, mais ça ne change rien au fait qu'il y a eut un manque d'attention dans la conception du noyau. »

Non.
L’article affirme que « le noyau n'avait pas fait l'objet de toute l'attention nécessaire ».
Or, vu la définition matérielle du Mac de 1984, la gestion du multitâche ne faisait pas partie du nécessaire (dans 128 ko, on était déjà bien content de faire tourner une seule application). En revanche, le nécessaire était de réduire l’empreinte RAM et CPU de l’OS autant que possible, et faire l’impasse sur le multitâche contribuait à cela, ne serait-ce qu’en libérant du temps pour se consacrer sur cet aspect.
Il est donc erroné de conclure que le fait qu’il n’y ait pas eu de travail fait sur le multitâche est la preuve que le développement du noyau n’a pas fait l’objet de toute l’attention nécessaire.

Le moment où le multitâche n’a pas fait l’objet de toute l’attention nécessaire, c’était plus tard, quand il a été décidé de continuer à développer une plateforme sur la base de cet OS mais avec des machines suffisamment bien dotées en RAM pour l’usage de plusieurs applications en parallèle.

avatar fte | 

@macinoe

"Si ce n'est pas de la négligeance, c'est de l'ignorance, mais ça ne change rien au fait qu'il y a eut un manque d'attention dans la conception du noyau."

Ni négligence ni ignorance. Lisa montre qu’ils n’ignoraient pas. L’évolution des premiers System montre qu’ils ne négligeaient pas. Ils ont soigné l’interface et les usages, portant toute leur attention sur ces points.

C’est un compromis, ne pouvant pas tout faire. Personne ne peut tout faire. Apple a pendant très longtemps fait le compromis sur la technique en faveur des usages, c’est une de ses marques de fabrique.

Après, on peut appeler ça un manque d’attention. Ou manque d’intérêt. Ou une erreur stratégique. Mais ça reste un choix délibéré, sans lequel le Mac n’aurait pas été ce qu’il a été.

avatar macinoe | 

Les diptères prennent cher avec vous.

Une erreur à posteriori reste une erreur.
Ils ont peut-être fait des choix en fonction de contraintes court termiste, mais ça ne change rien au fait que ça s'est avéré être une connerie avec le temps.

avatar fte | 

@macinoe

"mais ça ne change rien au fait que ça s'est avéré être une connerie avec le temps."

Sauf que les systèmes GUI multitâche de l’époque ont tous disparus, tels qu’AmigaOS ou Motif/UNIX ou même le Lisa, alors que ceux qui ne l’étaient pas ou coopératifs ont tout raflé (Windows et Mac et leurs dérivés).

Ceux qui ont mis l’accent et la priorité sur l’interface et la cohérence entre applications ont vécu, quand-bien même la mécanique interne était négligée.

L’erreur s’est néanmoins produite, en effet, mais plus tardivement. À un moment il aurait fallu attaquer ce point, lorsque des machines avec 1 MB de mémoire ont été commercialisées... Microsoft n’a pas commis cette erreur, c.f. Win 3.

OS/2 a été un échec total. Sa technicité supérieure et même sa compatibilité avec Win n’a pas suffit. Est-ce parce que la technicité ne permet pas d’assurer une expérience d’usage plaisante ? Et que donc l’accent devrait être placé ailleurs que sur la technique ? Voyons, y a-t-il des exemples modernes de ce cas de figure... oh. Il n’y a que ça.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@macinoe
Le réel est un peu plus complexe qu'une analyse binaire. Tu devrais essayer la logique floue. Il arrive que l'on puisse avoir tort d'avoir raison et raison d'avoir tort...
"Ils ont peut-être fait des choix en fonction de contraintes court termiste, mais ça ne change rien au fait que ça s'est avéré être une connerie avec le temps."
Exemple. Choix à court terme : tu vas mourir dans l'année si tu ne prends pas un médicament qui te laissera handicapé de nombreuses années...
Tu avales ton médicament, devient handicapé pour de nombreuses années. Pourtant le choix que tu as fait ne "s'est pas avéré être une connerie avec le temps." Tu as survécu et aujourd'hui tu es la plus grande compagnie du monde.
Bravo @macinoe ton choix était le bon !

avatar fte | 

@J'en_crois Pas_mes yeux

"Le réel est un peu plus complexe qu'une analyse binaire."

Hola, ça n’a rien à faire sur internet ça. T’es un fou dangereux.

avatar J'en_crois Pas_mes yeux | 

@fte "T’es un fou dangereux."
Oui je sais, mais...
Si tu n'as pas cliqué sur "signaler" ton message est incohérent, tu es incohérent... tu es donc contaminé et adepte de la logique flou !

avatar macinoe | 

D'accord, et donc en prenant un exemple directement en rapport;
En quoi aurait-ce été une erreur de choisir un os avec des capacités de multitache préemptif dès le début du mac ?

Désolé d'être binaire comme vous dites , de croire que certain choix sont meilleurs que d'autres, de penser que la logique et la raison sont des outils utiles pour analyser les choses;

J'envie votre vision où on peux dire tout et son contraire avec des argument d'autorité ou des exemples spécieux et sans rapports, mais désolé je ne suis pas comme ça.

avatar BeePotato | 

@ macinoe : « D'accord, et donc en prenant un exemple directement en rapport;
En quoi aurait-ce été une erreur de choisir un os avec des capacités de multitache préemptif dès le début du mac ? »

Dans un monde où développer (et non choisir) un OS avec des capacités de multitâche préemptif pour le premier Mac n’aurait eu aucun impact négatif sur le reste du développement de l’OS (notamment l’interface utilisateur et la toolbox), ni sur sa réactivité ou sa consommation de RAM, ni encore sur la date de sortie de la machine, ça n’aurait effectivement pas été une erreur.
Ça n’aurait pas été utile sur le moment (le multitâche n’étant pas vraiment envisageable sur une machine dotée de si peu de RAM), mais ça aurait été un argument tout prêt pour de futures machines, faisant la démonstration d’une vision à un peu plus long terme pour le Mac (ce qu’Apple n’a pas du tout fait à l’époque — ça donnait vraiment l’impression d’un développement fait juste pour deux ou trois modèles se succédant, sans envisager la possibilité que la gamme dure bien plus que ça).

Malheureusement, quand on se rappelle comment la création de ce premier Mac s’est déroulée, avec un rythme très soutenu et malgré tout une sortie très retardée par rapport au prévisions, on se rend compte qu’il est très improbable qu’un tel monde eût pu exister.
Et donc d’autres parties de Mac OS auraient pâti de ce développement d’un multitâche préemptif. D’où on peut conclure que ça aurait bien pu être une erreur (j’emploie le conditionnel car on ne peut évidemment être sûr de rien).

Note qu’on peut s’amuser à retourner la question : en quoi cela a-t-il été un erreur de ne pas doter Mac OS d’un multitâche préemptif dès sa première version ?
Car finalement, vu que c’est le principal défaut (avec l’absence de mémoire protégée) que s’est traîné Mac OS pendant des années, qui a fini par amener à la recherche d’un OS tiers pour remplacer les bases de Mac OS, ce qui a abouti au rachat de NeXT et au retour de Steve Jobs, ce qui a été le point de départ de la croissance phénoménale d’Apple et a assuré au Mac (pour ne considérer que ça) d’exister pour au moins deux décennies de plus… on pourrait considérer que c’était plutôt une bonne chose de ne pas avoir travaillé sur le multitâche préemptif à l’époque ! :-)

avatar BeePotato | 

@ macinoe : « Ta conclusion c'est un peu ce que tu contestais au début non ? »

Ben non, absolument pas.

avatar macinoe | 

Ben si. totalement en fait;

avatar BeePotato | 

@ macinoe : « Ben si. totalement en fait; »

Ben non, absolument pas, quoi que puissent affirmer ceux qui n’ont pas lu correctement mon commentaire (ou veulent absolument le comprendre de travers, je ne sais pas).

avatar macinoe | 

Je ne fais que vous singer avec des affirmations péremptoires et non argumentées.
Que vous ne détectiez même pas une attitude similaire à la votre en dit long sur votre capacité d'empathie.
On est ici pour discuter donc ce genre d'attitude autoritaire et non réciproque n'a pas sa place.

avatar BeePotato | 

@ macinoe​ : « Je ne fais que vous singer avec des affirmations péremptoires et non argumentées. »

Pareil. Ça tombe bien, non ? :-)

« Que vous ne détectiez même pas une attitude similaire à la votre en dit long sur votre capacité d’empathie. »

Que tu ne détectes pas que je le détecte bien en dit long sur… je ne sais pas bien quoi, mais ça en dit long, pour sûr !

« On est ici pour discuter donc ce genre d'attitude autoritaire et non réciproque n'a pas sa place. »

Pour discuter, il faut commencer par essayer de comprendre ce que l’autre a écrit, notamment en se forçant à se dire que si l’on a l’impression qu’il se contredit, c’est peut-être bien parce qu’on n’a pas compris quelque chose et qu’il faut relire différemment.

avatar macinoe | 

Qui pourrait comprendre un message qui se résume à
"ben non absolument pas."
La seule chose de compréhensible avec un tel message c'est que vous ne vous donnez pas la peine d'apporter la moindre explication et le moindre argument.
Vous êtes quand même conscient du mépris profond que vous signifiez à votre interlocuteur. Une variante de : "j'ai raison, t'as tort et je ne parle pas aux cons, ça les instruit"

Et non ce n'est pas une discussion, juste l'expression de quelqu'un plein de certitude qui n'écoute pas les autres et tout ça pour ne pas admettre que votre post comporte des contradictions et que vous avez fait un cheminement en l'écrivant qui vous a amener sans le vouloir à faire évoluer votre point de vue.

Je ne vois ce qu'il y a d'honteux à changer d'avis et à être capable de penser contre soit même. C'est en démontrant le contraire que vous ne vous grandissez pas.

avatar BeePotato | 

@ macinoe : « Qui pourrait comprendre un message qui se résume à "ben non absolument pas." »

La vache. Je ne pensais pas devoir faire une explication de texte complète.

Ce qu’il y avait à relire pour être sûr de bien le comprendre, c’était évidemment le message d’origine, celui qui expliquait suffisamment longuement ce que je pensais.
Le « ben non, absolument pas » était censé jouer deux rôles :
• Te renvoyer à ta propre absence totale d’argumentation, en répondant de façon très courte à ton message lui-même très court qui se contentait d’affirmer en quelques mots que je me contredisais, sans chercher à expliquer pourquoi.
• Faire passer de façon subtile (trop, apparemment) le message comme quoi il fallait relire mon commentaire d’origine pour comprendre pourquoi il n’y avait pas cette contradiction supposée.

C’était manifestement un échec sur les deux tableaux. :-)

« Vous êtes quand même conscient du mépris profond que vous signifiez à votre interlocuteur. »

Sauf que j’ai par ailleurs donné une explication, dans un autre message, de pourquoi il n’y avait pas cette contradiction que tu avais cru déceler.

« et tout ça pour ne pas admettre que votre post comporte des contradictions et que vous avez fait un cheminement en l'écrivant qui vous a amener sans le vouloir à faire évoluer votre point de vue. »

Je ne peux pas admettre ce qui n’est pas.

« Je ne vois ce qu'il y a d'honteux à changer d'avis et à être capable de penser contre soit même. »

Il n’y a en effet rien de honteux à faire ça quand c’est justifié.
Cependant, ce n’est pas systématiquement justifié juste parce que quelqu’un passant par là affirme qu’il y a une contradiction (sans se donner le moins du monde la peine d’expliquer pourquoi il y aurait une telle contradiction). En l’occurrence, ce n’était pas justifié.

avatar occam | 

@BeePotato

« Les systèmes Unix tournaient sur des plateformes matérielles bien plus richement dotées, tout comme le Lisa qui, du coup, avait intégré d’emblée le multitâche. »

Faux. Désolé.
Pour une fois, vous vous gourez.

Un des premiers systèmes Unix sur lesquels j’ai travaillé était un Cromemco (System 3), de 1979, sur un Zilog Z-80 (pas précisément un foudre de guerre, le Z-80, pour ne pas dire faiblard).
Mais les gars de Cromemco avaient bien optimisé leur Unix maison, Cromix. Même sur un Z-80, c’était autre chose que le temps de réponse sur mainframe IBM dont j’avais l’habitude. Je m’en souviens surtout parce que c’était la première machine de petite taille qui implémentait correctement le bank switching.

En 1982, Cromemco dopa ses systèmes sur bus S-100 d’une carte à double processeur : Motorola 68000 pour le punch, et Z-80 pour la rétrocompatibilité.
Motorola 68000, en 1982, alors que le Mac n’était même pas en gestation.

Alors, l’argument de la dotation ne tient pas. Avec le même processeur que le Mac, et beaucoup moins d’argent qu’Apple, Cromemco réalisait déjà des systèmes Unix de production multi-tâches sérieux et compétitifs.

avatar BeePotato | 

@ occam : « Pour une fois, vous vous gourez. »

Non, je ne crois pas.

« Un des premiers systèmes Unix sur lesquels j’ai travaillé était un Cromemco (System 3), de 1979, sur un Zilog Z-80 (pas précisément un foudre de guerre, le Z-80, pour ne pas dire faiblard). »

Je pourrais chipoter en soulignant que Cromix n’était pas Unix, mais ce serait pure mesquinerie. ;-)
Je me contenterai de souligner qu’il n’y a pas que le processeur dans une machine, et que le Z80 devait être plutôt bien accompagné dans le System 3 quand on voit que, plusieurs années après sa sortie, ce dernier coûtait encore près de trois fois le prix d’un Mac. Si Cromix intégrait la gestion de la mémoire protégée, ce n’était pas grâce au Z80 seul ni à une quelconque histoire d’optimisation.

Et vu que ce système, contrairement à Mac OS, n’était absolument pas prévu pour faire tourner une interface graphique, oui il pouvait bien proposer du multitâche préemptif, même sur une machine dotée de moitié moins de RAM qu’un Mac. Ce n’était pas du tout pour le même type de logiciels, et sans avoir à se soucier de la réactivité nécessaire à une interface graphique.

« Motorola 68000, en 1982, alors que le Mac n’était même pas en gestation. »

En 1982, le Mac était en gestation depuis un bon moment, les prototypes tournaient déjà et la sortie était « proche » (oui, l’optimisme — ou la naïveté — régnait dans l’équipe :-) ).

« Alors, l’argument de la dotation ne tient pas. »

Si, surtout quand on le lit correctement : l’argument est qu’à cause de cette faible dotation matérielle pour un système à interface graphique, il y avait autre chose à faire que de chercher à faire du multitâche préemptif.

« Avec le même processeur que le Mac, et beaucoup moins d’argent qu’Apple, Cromemco réalisait déjà des systèmes Unix de production multi-tâches sérieux et compétitifs. »

Les machines de Cromemco équipées du même processeur que le Mac étaient dotées de quatre fois plus de RAM que ce dernier et coûtaient quatre fois son prix. Pas directement comparable.

avatar fte | 

@occam

"Motorola 68000, en 1982, alors que le Mac n’était même pas en gestation.

Alors, l’argument de la dotation ne tient pas. Avec le même processeur que le Mac, et beaucoup moins d’argent qu’Apple, Cromemco réalisait déjà des systèmes Unix de production multi-tâches sérieux et compétitifs."

En 1982 le Mac était en gestation. En parallèle du Lisa, et depuis 1979 environ.

L’argument de dotation tient totalement. Car le Mac proposait une interface graphique et une souris avec un curseur qui bouge en temps réel, ce qui pose quelques contraintes que les UNIX et Cromemco n’avaient pas pour fournir leur multitâche sérieux. Le premier est notoirement plus gourmand que le second, y compris en 2019.

L’argent enfin ne permet pas de s’affranchir des contraintes techniques. Il ne l’a jamais permis ni ne le permettra jamais. Plus encore lorsque le produit final doit être vendable à un prix pas totalement délirant.

avatar BeePotato | 

@ fte : « L’argent enfin ne permet pas de s’affranchir des contraintes techniques. Il ne l’a jamais permis ni ne le permettra jamais. »

Tout à fait. La richissime Apple que l’on connaît de nos jours nous le rappelle régulièrement.

avatar Lemmings | 

@BeePotato : Et l'Amiga 1000 ? :D Vendu moins cher qu'un Mac mais avec un multitâche préemptif de base...

avatar BeePotato | 

@ Lemmings : « Et l'Amiga 1000 ? :D Vendu moins cher qu'un Mac mais avec un multitâche préemptif de base... »

Sorti plus d’un an et demi plus tard, avec deux fois plus de RAM et avec une gestion de l’interface graphique très incomplète par rapport à ce que proposait le Mac (montrant bien, s’il en était besoin, qu’il y avait une histoire de choix de priorités).

Et rappelons que sa gestion de la mémoire protégée (que l’article évoque aussi, d’où le fait que j’en parle ici) était tout aussi inexistante que sur le Mac.

avatar Lemmings | 

@BeePotato : 256 ko de mémoire ! Wow en effet la révolution. Le fait est que la conception de base de l'os était bien plus performante. Nier ça c'c'est juste se mentir.

Enfin l'interface graphique était pas si incomplète que ça, bien au contraire... Et elle était en couleur !

La mémoire n'était pas protégée en effet, mais en dehors des gros Unix, personne ne gérait ça dans l'informatique grand public.

avatar fte | 

@Lemmings

"Le fait est que la conception de base de l'os était bien plus performante. Nier ça c'c'est juste se mentir."

Certes. Et l’utilisation de l’interface était merdique. Nier ça c’est juste se mentir.

Différences de priorités.

avatar fte | 

@Lemmings

"Vendu moins cher qu'un Mac mais avec un multitâche préemptif de base..."

Où est Amiga aujourd’hui ? Les apps sur Amiga ressemblaient à quoi ?

Si Win et Mac se sont imposé sur les ordinateurs personnels, ce n’est pas pour la technique bas niveau. Peut-être même que c’était détrimental à cette époque.

J’ai bossé dans les années 80 (fin) sur des stations de travail à 68020. Mon Mac du moment avait aussi un 68020. La station de travail avait Motif. Dont la réactivité était absolument risible par rapport au Mac. La station faisait le boulot, et elle le faisait fort bien, en multitâche. L’interface était merdique à l’usage.

L’Amiga me faisait le même effet niveau confort d’usage. Démo wow. À l’usage, flashy, mais merdique.

avatar Lemmings | 

@fte : alors pour ma part j'avais le sentiment totalement opposé. Je trouvais mac os rigide et lent, peu intuitif comparé à Intuition, le nom du système de l'amiga. Et avec la version 2 du workbench c'était réellement un bonheur d'usage avec des innovations assez folles.

Après juger l'os de l'époque sur le fait qu'il soit toujours présent ou non c'est une grossière erreur, la gestion de l'amiga n'a pas été tuée par Apple ou Microsoft, mais par ses propres dirigeants chez Commodore qui étaient plus incapables les uns que les autres à développer et mettre en avant une machine et son os.

Le fait par exemple de n'avoir pas investi pour que l'amiga ne devienne autre chose qu'une machine de jeu vidéo, ou dans une moindre mesure d'outil idéal pour la vidéo numérique. Il a manqué à l'amiga la disponibilité de logiciels professionnels fort, même si certains étaient excellents et n'avaient peu de choses à envier, c'était trop tard.

Aux usa l'amiga était omniprésent dans les régies de cinéma et télévision, le video toaster et Lightwave sont nées avec lui. Mais ça n'était pas suffisant.

avatar fte | 

@Lemmings

"Mais ça n'était pas suffisant."

L’interface "particulière" qui te semblait attractive ne l’était pas pour les non-geeks ou gens non-spécialisés dans les deux domaines où AmigaOS était intéressant. Intéressant, la mémoire occulte les points négatifs, et bordélique et pénible au quotidien. AmigaOS n’a été tué par personne. Il n’a jamais vécu.

avatar Lemmings | 

@fte : je crois que tu ne te rends même pas compte à quel point tu racontes n'importe quoi là :D

"Amiga OS n'a jamais vécu"... ok lol.

avatar fte | 

@Lemmings

"ok lol."

Et si tu supposais que ce je dis a un sens et que essayais de comprendre ce que je veux dire, plutôt ?

avatar iPop | 

@BeePotato
Mais bon, dans l’ensemble, même en étant construit sur ces bases fragiles, Mac OS ne s’en est pas si mal sorti que ça.

Rectification, il ne s’en est pas sorti du tout. OSX alias NEXT STEP (UNIX) n’est pas Mac OS qui tournait sur 68000. Il n’a que le nom.

avatar marc_os | 

@iPop

Et l’interface graphique ?
Et les API de base ? La bonne veille API Gestalt si elle est marquée comme dépréciée depuis des années est toujours disponible. Allez savoir pourquoi.
Non, macOS c’est l’association de NextStep et de Mac OS 9.

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