MacBook : la machine à écrire idéale

Nicolas Furno |

Quand Apple a présenté son nouveau MacBook, j’ai eu la même réaction que beaucoup d’amateurs des productions Apple : j’ai été soufflé par la beauté des photos du produit. Sept ans après la sortie du premier MacBook Air, le constructeur reproduisait ce tour de magie dont il a le secret en affinant encore de manière spectaculaire l’épaisseur d’un ordinateur. Et on se demandait alors comment une telle finesse était possible, la machine semblait presque impensable.

Comme le premier MacBook Air, le MacBook était possible, mais au prix d’un bon nombre de concessions. Deux connecteurs uniquement, dont un seul port USB d’un nouveau genre pour l’alimenter et connecter des accessoires, clavier réduit au maximum en épaisseur, pomme éteinte au dos… on a déjà eu l’occasion de les évoquer longuement. Mon collègue Stéphane s’est déjà chargé du test de l’ordinateur, mais je viens ajouter une brique après trois jours d’utilisation de la machine.

Vous trouviez le MacBook Air fin ? Attendez de le voir à côté du MacBook ! Cliquer pour agrandir

Je dois dire que je faisais partie des sceptiques. L’appareil était splendide à regarder, mais les concessions me paraissaient trop nombreuses. Ce n’était pas l’écran Retina de 12 pouces qui n’allait pas, bien au contraire : depuis la sortie du premier Mac Retina, je ne jure que par ça et depuis près de trois ans, j’utilise toujours un MacBook Pro Retina 15 pouces de première génération. En revanche, ce connecteur unique me semblait un peu trop radical : on ne peut même pas brancher un écran externe et le charger en même temps sans un accessoire plus épais que l’ordinateur lui-même. Le processeur semblait bien limité, en revanche le trackpad Force Touch, m’avait déjà séduit.

Le plus gros point noir à mes yeux de journaliste payé pour taper des mots à longueur de journée, c’était toutefois le clavier. Apple pouvait bien vanter le mécanisme papillon mis au point pour cette machine, je ne voyais pas comment on pouvait combiner sa course minimale avec le confort de la génération précédente. Un essai rapide au cours du test avait confirmé mes craintes : les touches élargies ainsi que l’espace réduit entre chaque touche m’ont fait perdre tous mes repères, et la frappe minimale m’a vite gêné, elle m’a semblé inconfortable quasiment immédiatement.

Le clavier a une course courte, vraiment très courte. Cliquer pour agrandir

Pourtant, Stéphane en disait le plus grand bien et j’ai voulu prolonger l’expérience pour en avoir le cœur net. Trois jours et quelques 6000 mots plus tard, force est de le reconnaître : il avait raison. Je me suis totalement habitué au clavier du nouveau MacBook, si bien que je n’éprouve plus aucune gêne avec. J’ai aussi pris de nouveaux repères et je tape à la même vitesse qu’avec mon MacBook Pro. Le clavier de ce dernier me semble d’ailleurs grossier maintenant, avec ses espacements énormes et ses touches qui s’enfoncent inutilement et j’ai hâte qu’Apple sorte un clavier externe avec les mêmes caractéristiques.

Au-delà du clavier, je suis tombé sous le charme de ce Macbook. Je ne l’adopterais pas en tant que machine principale, car cette première génération manque de puissance pour certains usages. Le montage vidéo est probablement ce qui coincerait le plus dans mon utilisation. Le connecteur USB C unique serait aussi un problème pour travailler, car un écran externe est indispensable au quotidien et on ne peut même pas brancher le moniteur d’Apple. En revanche, en tant que machine secondaire dédiée principalement à l’écriture, et utilisée non pas à un bureau, mais au fond d’un canapé, elle est parfaite.

Cette grille au-dessus du clavier sert autant d’aération pour les composants que de sortie pour les haut-parleurs. Cliquer pour agrandir

C’est le premier Mac qui semble avoir été vraiment conçu pour cet usage. Sa finesse et sa légèreté sont des atouts incomparables. On ne compare pas ce MacBook à un iPad gratuitement, on a vraiment l’impression de tenir une tablette entre les mains et l’ordinateur est aussi beau en vrai, que sur les photos. Au-delà de l’esthétisme, ses mensurations réduites autorisent des positions que l’on n’oserait pas avec un ordinateur 15 pouces, et c’est très utile et plaisant quand on est affalé dans son canapé.

Ce n’est pas son seul argument toutefois : son processeur, médiocre côté bench, devient un avantage sur les genoux. L’absence de ventilateur permet de poser le Mac n’importe où, même sur une couette en hiver, sans se soucier de ne pas obstruer les ouvertures. Et puis il ne devient jamais très chaud, jamais très longtemps. J’utilise toujours mon MacBook Pro avec une protection entre l’ordinateur et mes cuisses. La tiédeur générale du MacBook ne m’a pas inquiété plus que cela et je l’ai utilisé tel quel, une simplicité appréciable.

L’unique port USB C du MacBook sert à la recharge autant qu’à brancher des accessoires. Cliquer pour agrandir

Son autonomie lui permettrait difficilement de tenir une journée au travail, mais pour une utilisation en pointillé comme on le fait le week-end, elle est parfaite. Je ne m’en suis jamais vraiment soucié à vrai dire, me contentant de brancher l’ordinateur le soir venu, dans le bureau. Certes, j’aurais préféré éviter la disparition du connecteur MagSafe pour des raisons de sécurité, mais comme je ne l’ai jamais utilisé relié à sa prise, cela n’a pas été un vrai problème.

Par ailleurs, son processeur n’est clairement pas un foudre de guerre, mais il ne s’est jamais mis en travers de mon chemin pendant ce week-end. J’ai utilisé essentiellement MarsEdit pour rédiger des articles de blogs, iA Writer Pro pour un ou deux articles pour le boulot (dont celui-ci), Safari, Twitter, Slack et deux trois autres logiciels. J’ai bien noté que son Core M à 1,1 GHz avait du mal à gérer mes quelques dizaines d’onglets ouverts en même temps quand je cherche des images pour illustrer mes articles. Ou bien encore que JPEGMini l’exploitait complètement pour optimiser ces images.

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Mais au fond, je m’inquiétais inutilement avec iStat Menus (qui affiche l'utilisation du processeur, entre autres) en permanence sous les yeux, dans la barre des menus. Cette vieille habitude était essentielle quand j’utilisais mon Mac en cours et que je devais calmer au plus vite le ventilateur devenu fou de mon MacBook noir. Mais avec le nouveau MacBook, il n’y a pas de ventilateur, l’ordinateur deviendra légèrement plus chaud pendant quelques minutes et voilà tout. Après avoir retiré cette information, j’ai bien plus apprécié l’ordinateur, d’autant que ce n’est pas parce qu’il utilise tout le CPU qu’il devient lent pour autant. Pour une utilisation « classique » (internet, bureautique…), ses performances ne seront probablement jamais un problème.

En bref, c’est la « machine à écrire » idéale à mes yeux. Jusque-là, c’est le MacBook Air 11 pouces qui avait mes faveurs et j’en avais utilisé un avec plaisir pendant des vacances, il y a un an ou deux de cela. Mais ce modèle est pénalisé par un écran d’un autre temps, un point rédhibitoire pour moi. Avec son écran Retina, le MacBook est en revanche irréprochable sur ce point, et puis l’astuce qui consiste à augmenter encore la définition logique (lire : Astuce : débloquez la définition 1680 x 1050 px sur le MacBook) me permet de bloguer très confortablement.

MarsEdit avec son éditeur à gauche, et la fenêtre de prévisualisation qui affiche l’article comme à sa publication à droite. Cliquer pour agrandir

Au passage, j’ai également été bluffé par le son qui sort du MacBook. Là encore, c’était un point faible des MacBook Air, handicapés par un haut-parleur rachitique et coincé sous le clavier. Sur ce modèle, les ingénieurs d’Apple ont réussi à en placer deux plus gros et sous la grille au-dessus du clavier. Et le son est étonnant pour un produit aussi fin et petit : il est ample, bien détaillé et j’imagine très bien mettre de la musique en fond, ou même regarder une série sans enceinte externe.

Le seul problème, on s’en doute, c’est qu’à 1450 €, cette machine à écrire, toute idéale soit-elle, est vraiment chère. Je n’ai pas cette somme à dépenser uniquement pour bloguer le soir et les week-ends et je ne veux pas non plus troquer le MacBook Pro du boulot contre ce MacBook encore un petit peu juste pour assurer seul mon travail au quotidien. Mais j’imagine bien, en laissant une ou deux générations passer, que ce Mac pourra devenir le modèle de base, comme l’est aujourd’hui le MacBook Air. Et avec un USB C généralisé, un petit peu plus de puissance et une autonomie encore meilleure, ce sera vraiment un excellent ordinateur portable.

avatar MiRouF | 

Il est juste magnifique. Mais pourquoi, pourquoi est-il aussi contraignant ? Pourquoi chez Apple tout est à base compromis ? Sniff....

avatar oomu | 

parce que c'est l'essence d'Apple : anti-conformisme, ne pas faire juste comme la concurrence, aller toujours un peu trop loin.

C'est pas nouveau. Lisa et le premier Mac était déjà comme cela.

avatar MiRouF | 

Justement là ils ne sont pas allé assez loin pour moi ! Mais oui, ce n'est pas nouveau chez Apple et sniff quand même !

avatar oomu | 

leurs premières machines sont toujours à un chouia d'être idéales.

je me demande si c'est recherché activement par Apple.

avatar Stardustxxx | 

Apple n'est plus anti-conformiste...
Quand tu deviens leader des ventes dans un domaine, tu deviens la norme... ;)

L'anticonfirmiste c'est plus Microsoft en ce moment, il faut juste regarder le nombre de critique de Windows 8.

avatar Horfilas | 

@Stardustxxx :
A bon la part de marché du Mac à dépassé celle des PC sous Windows ? Je ne savais pas.

avatar Stardustxxx | 

@Horfilas :
Je parle d'Apple de facon générale, il me semble que c'est le 3eme constructeur PC aux USA, et le constructeur du telephone qui se vend le plus au monde. Tu as raison c'est une position minoritaire ;).

Au niveau OS Microsoft est beaucoup plus radical que Apple dans sa nouvelle approche que ce soit sur Desktop ou mobile.

avatar cdp86 | 

Parce que la technologie actuelle ne permet pas d'aller plus loin, tout simplement.

(La puissance du proc, l'unique port USB, l'USB 3.1 "gen 1", etc)

Arrêtez de voir de la politique/du business, à tout bout de champs. Ils ont fait au mieux pour début 2015, soyez patient. L'avenir IT s'annonce radieux :D

avatar TotOOntHeMooN | 

Les premiers tests ont montrés que la version 1.3GHz chauffait plus vite, ce qui avait une incidence sur les performances, comparé à la version à 1.1GHz.

avatar iPoivre | 

Un bon Mac pour faire les comptes rendus en direct des Keynotes donc, ils sont malins chez Apple.

avatar TristamRabbit | 

En même temps, les Keynotes, sans la rangée des pommes qui brillent dans le noir, ce n'est plus vraiment la même chose. Nostalgie, quand tu nous tiens.

avatar iPoivre | 

@TristamRabbit :
Erf, j'avais pas pensé à ça... Tim Cook en a peut être marré d'être ébloui ?

avatar frankm | 

Ma femme écrit un bouquin. J'ai pensé à elle. Mais la connectique est limitée

avatar Piercy | 

Attends l'iWife 2.0, il paraît que sa connectique sera doublée.

avatar Loothoo | 

Pourriez vous refaire la photo de la tranche avec le connecteur usb C, avec un iPhone 6 (ou autre du genre 5S ou 5, qui n'a pas du 30 broches quoi) posé dessus pour comparer la taille du lighting et du connecteur de l'usb C?
Je n'arrive pas à me rendre compte de la finesse de l'ordinateur et du connecteur, et je pense que c'est un bon moyen de comparaison!

avatar MacJL | 

Je me faisait la même réflexion! Une petit photo avec la tranche d'un iPhone et son connecteur Lightning pour comparer serait très utile!

avatar Novezan | 

Ça fait quand même chère la machine à écrire...
Je reste sur le Air 13"

avatar CNNN | 

Dommage quand même pour la Pomme illuminée :/

avatar Lolo2000 | 

C'est une blague?

"ses mensurations réduites autorisent des positions que l’on n’oserait pas avec un [...] 15 pouces, et c’est très utile et plaisant quand on est affalé dans son canapé."

avatar oomu | 

j'ai enfin pu l'utiliser dans un Apple store.

très agréable à utiliser et le trackpad est une illusion parfaite (le double clic semble vraiment être un bouton qu'on enfonce deux fois). Le fait de pouvoir cliquer partout uniformément est plaisant

les performances m'ont paru tout à fait honnête (à lancer site web, imovie, et ce que j'ai pu, mais je reviendrai avec + de temps pour exécuter d'autres logiciels).

J'ai apprécié le clavier. Je craignais les flèches haut et bas, mais finalement ça passe bien. La longue touche échappe me fait tripper (me faut pas grand chose :) )

les grandes touches m'ont impressionné. La frappe est agréable, + que le macbook air à mon sens.

Bien évidemment c'est une seconde machine pour moi, comme le macbook air, elle serait là pour me permettre quand je suis loin de chez moi de noter, tester des idées, contrôler à distance mon mac pro, stocker en attendant d'archiver des documents, etc.

Mais j'estime toujours un logiciel comme Affinity photo viable dessus.

Je ne vois pas vraiment de limites, sauf que je ne considère pas raisonnable d'imaginer faire des calculs intensifs sur une machine restreinte. A mon sens ce sont des machines d'éditions/consultation/modifications rapides, des assistants.

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Le Macbook Pro est au delà de l'assistant, il est le Sam Gamgee : le fidèle compagnon avec qui partir si on va en enfer. Si on ne doit avoir qu'un seul ordinateur ça serait un macbook pro.

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sinon oui, la bestiole est belle comme un démon. Déraisonnable, Trop en Avance dans un monde trop antique, Scandaleuse, Affichant avec son seul port usb, un sourire digne d'un président galactique trop frappé.
Elle ne devrait probablement pas être votre premier mac et si vous êtes de ces créatures censées et froides, avec une cravate, peut être bien qu'elle ne devrait pas être votre deuxième mac.

Et elle apporte rien à l'épanouissement spirituel
mais sincèrement... après l'avoir utilisé,
on se dit dans le cul l'épanouissement !

avatar Stéphane Moussie | 
@oomu : bien résumé !
avatar C1rc3@0rc | 

C'est un iPad a clavier.
De ce point de vue c'est plus pertinent qu'un Surface pro avec sa house-clavier. Par contre en terme de TabletPC le Surface n'a rien a craindre de ce Macbook ni de l'iPad: les logiciels pour TabletPC existent depuis 20ans, il faut Windows et un stylet et une formation onereuse, mais on est dans le corporate de toute facon.

Apres, niveau performances, on est dans les memes eaux qu'un iPad air 2, voir un peu moins de puissance et d'autonomie. Mais il y a le calvier.

Ca peut servir de machine a ecrire, surtout avec des applications comme IA Writer. Ca peut faire aussi tout ce que fait un iPad.
Maintenant si on le compare avec un Macbok Air ou pire avec un Macbook Pro, le miserable Core M et l'absence de ports sont des gros handicap.
Cette machine repond a la demande des personnes qui veulent un clavier mais qui n'ont une utilisation qui se limite a celle d'un iPad. Certes il y a plein de clavier BT externes de bonne qualite, mais ils sont tous prevu pour etre utilises sur un bureau ou une table, mais sur une banquette de train ou au fond d'un fauteuil.

Ce qui est certain, c'est que Apple peut proposer maintenant un Macbook avec un processeur A8x, preuve ait faite que niveau puissance ca suffit pour ce type d'utiliation. Avec la generation A9 et A10, il se pourrait meme qu'ARM detrone les Core i5 des MBA / MacMini et iMac d'entree de gamme.
Il ne restera plus qu'a Apple a proposer une API permettant de facilement passer de l'interface tactile d'iOS a cette de Mac OS et on aura tres vite des logiciels similaires pour iOS et Mac OS.

La grande question c'est de savir pourquoi Apple n'a pas sorti de Macbook directement avec un A8x et l'avoir affligé d'un miserable Core M?

avatar feefee | 

@C1rc3@0rc

"C'est un iPad a clavier."

Non car l'énorme différence est la logithèque ainsi que l'IHM qui n'ont rien en commun*

"Apres, niveau performances, on est dans les memes eaux qu'un iPad air 2, voir un peu moins de puissance et d'autonomie. Mais il y a le calvier."

Juste une question de temps ...

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