Si vous avez un jour cherché des informations sur la gestion du temps, vous avez peut-être découvert la seconde intercalaire. C'est un ajustement du temps qui a été décidé dans les années 70, pour synchroniser le temps universel coordonné (UTC, mesuré avec des horloges atomiques) avec la rotation de la Terre, qui peut légèrement varier. La solution qui a été trouvée à l'époque était d'ajouter (ou soustraire) une seconde pour synchroniser les deux valeurs. Entre 1972 et 2026, 27 secondes intercalaires ont été ajoutées. La mise en place est simple sur le papier : à la date prévue, la journée dure une seconde de plus. Après 23:59:59 secondes, le compteur passe à 23:59:60 puis à 00:00:00 le lendemain.

Mais ça, c'est sur le papier. Dans la pratique, l'ajout de cette seconde a posé des soucis ces dernières années, surtout au 21e siècle. L'ajout de la seconde peut en effet amener des problèmes dans les systèmes qui reposent sur une synchronisation précise, comme les systèmes de localisation GNSS (GPS, etc.). De même, les quelques secondes intercalaires récentes (2012, 2015, 2016) ont parfois causé des bugs dans les serveurs, avec des systèmes qui ne sont pas nécessairement pensés pour ce décalage.
Une suppression en 2027, pour éviter le retrait d'une seconde
La solution choisie par le Bureau international des poids et mesures simplifie les choses : elle supprime la seconde intercalaire, avec une mise en œuvre le 20 mai 2027. Une des raisons vient d'un changement dans la vitesse de rotation de la planète : la prochaine seconde intercalaire, qui pourrait intervenir avant 2035 (l'ancienne date d'abandon), pourrait être un retrait. Plutôt que d'ajouter une seconde — ce qui pose déjà des soucis —, il s'agirait de retirer une seconde… soit un problème bien plus compliqué. Les scientifiques qui ont voté cette résolution ont tout de même laissé une porte de sortie : si l'écart entre les deux valeurs dépasse 3 600 secondes (une heure), une correction devra être effectuée. Mais comme il faudra plusieurs siècles pour atteindre cette différence, ce n'est pas réellement un problème... même si ça donne l'impression qu'ils passent la patate chaude à nos descendants.
La suppression est une solution bien plus propre pour le monde informatique que celle employée ces dernières années, qui consistait à accélérer légèrement les horloges de référence à l'approche de la date fatidique pour éviter de se retrouver avec une seconde supplémentaire à prendre en compte.

Dans la pratique, l'absence de la seconde intercalaire ne devrait pas poser de soucis particuliers, même à moyen terme. Dans le pire des cas, le midi solaire moyen ne sera pas exactement synchronisé avec nos horloges, mais ce n'est pas réellement un problème, sauf pour les amateurs de cadrans solaires.













