Après des mois de développement, le lanceur Raycast 2 est enfin disponible dans sa version finale. Très prisé par les développeurs sur Mac depuis quelques années, cet utilitaire s'est forgé une solide réputation en conservant une avance confortable sur ses concurrents en matière d'intégration de l'intelligence artificielle. Cette version 2.0 a toutefois été réécrite de fond en comble, marquant un tournant technique qui ne fait pas l'unanimité chez les utilisateurs historiques.
Une interface repensée pour macOS Tahoe
Le premier contact avec cette mise à jour majeure passe par une interface entièrement refondue. Celle-ci a été pensée pour s'intégrer naturellement à macOS Tahoe et surtout à Liquid Glass. L'éditeur introduit notamment un nouveau mode compact plus simple et épuré, qui permet de balayer l'information plus rapidement d'un simple coup d'œil.

Raycast conserve son statut de véritable boîte à outils universelle. Au clavier, l'utilitaire permet de lancer des applications ou des fichiers, d'effectuer des recherches sur le Web, de réaliser des calculs, mais aussi de gérer ses fenêtres, son presse-papiers, ses notes, son calendrier et ses rappels. Son vaste catalogue d'extensions le connecte intimement à des services tiers comme GitHub, Jira ou Google Workspace, le transformant en un véritable centre de commande pour le Mac. Cette polyvalence a un prix : ses détracteurs lui reprochent souvent de s'éparpiller en voulant tout faire, sans toujours exceller dans un domaine précis.
L’IA et la dictée au cœur du flux de travail
Cette nouvelle mouture met l'accent sur un mode dictée qui vient remplacer avantageusement la fonction intégrée au système d'Apple. Elle reste toutefois légèrement en retrait par rapport à un outil spécialisé comme Wispr Flow. Elle offre de multiples paramètres pour affiner le vocabulaire, ajuster le style et attribuer des instructions spécifiques en fonction de l'application active.
Une autre nouveauté de taille, apparue sur le tard lors du cycle de bêta-test, vient enrichir l'arsenal du lanceur : Screen Awareness (la conscience de l'écran). Cette fonction permet d'interroger directement l'intelligence artificielle sur ce qui s'affiche devant vous. Le modèle est ainsi capable de lire le contenu de l'application au premier plan, d'analyser le texte sélectionné ou de scruter une capture complète de la fenêtre active pour répondre à vos questions. L'intégration se veut la plus fluide possible : la fonction s'invoque depuis le chat IA, via un raccourci clavier dédié envoyant immédiatement la fenêtre active au modèle, ou tout simplement en mentionnant @screen-awareness dans sa requête.
La fin du tout natif et la grogne des puristes
Mais comme évoqué plus haut, Raycast 2 divise. La plus importante source de mécontentement provient du changement d'architecture logicielle. À ses débuts, le lanceur avait bâti sa réputation et fidélisé sa base d'utilisateurs sur un principe clair : être une application Swift purement native, fulgurante et taillée sur mesure pour macOS.
Avec cette version 2, l'équipe de développement a fait le choix d'une architecture hybride, intégrant des vues web et du React. L'objectif est assumé : faciliter le développement multiplateforme. En effet, Raycast n'est plus exclusif au Mac depuis un moment, l'utilitaire a été récemment porté sur Windows. Face à cette transition, les puristes du Mac s'inquiètent. Beaucoup redoutent une perte de cette fluidité, une moins bonne gestion de la mémoire, des incohérences dans l'interface…
Reste la question épineuse du modèle économique, qui a toujours suscité quelques crispations. Si l'application demeure gratuite, ses limites se font rapidement sentir au quotidien. Pour débloquer l'ensemble des fonctionnalités, il est nécessaire de passer par un abonnement. La formule Raycast Pro, facturée à partir de 8 $ par mois, constitue une base relativement complète. Toutefois, les utilisateurs exigeant un accès total aux modèles d'intelligence artificielle les plus avancés devront se tourner vers le palier supérieur à 16 $ par mois.
Malgré cette transition architecturale controversée et un abonnement qui peut peser sur la facture finale, Raycast conserve un atout indéniable : sa vélocité de développement. Le logiciel évolue à un rythme soutenu et dépoussière activement sa catégorie, là où certains concurrents historiques, à l'image d'Alfred, semblent faire du surplace depuis un peu trop longtemps.













