Adobe : une mue vers le cloud qui paye

Stéphane Moussie |

C'est Noël avant l'heure chez Adobe. L'éditeur a dévoilé d'excellents résultats financiers pour l'ensemble de l'année 2015 : le chiffre d'affaires est en hausse de 15 % à 4,80 milliards de dollars et le bénéfice net a plus que doublé à 629,8 millions de dollars.

Shantanu Narayen, le CEO d'Adobe, en 2014

Ces résultats, Adobe les doit à son Creative Cloud dont le chiffre d'affaires a bondi de 55 % pour atteindre 3,22 milliards de dollars et qui représente maintenant les deux tiers des revenus globaux.

L'entreprise a bien mené son coup : les recettes du Creative Cloud compensent amplement la chute 30 % des ventes de licences traditionnelles qui passent à 1,13 milliard de dollars.

Le changement de stratégie tarifaire est donc payant. Les abonnements mensuels entre 12 et 96 € permettent d'attirer des utilisateurs qui n'avaient pas les moyens de se payer des licences coûtant plusieurs centaines voire milliers d'euros (mais sur le long terme, la facture peut se révéler plus salée). Avec Microsoft, Adobe était aussi l'éditeur le plus à même d'imposer un changement de modèle tarifaire au vu du caractère incontournable de certains de ses logiciels. Le risque était donc limité.

Quoi qu'il en soit, l'objectif des 6 millions d'abonnés au Creative Cloud est rempli, puisqu'ils sont maintenant 6,17 millions. Il faut souligner que tous ne sont pas des abonnés payants. Dernièrement, Adobe a mis en avant sa formule gratuite qui comprend 2 Go de stockage et l'accès à certaines apps mobiles, comme Photoshop Mix. La ventilation entre abonnés gratuits et payants n'est pas donnée.

L'éditeur est confiant dans l'avenir. Il compte augmenter son chiffre d'affaires global de presque 20 % (5,7 milliards) et ses bénéfices de plus de 40 % (900 millions) en 2016. D'ici fin 2018, il espère avoir 29 millions d'abonnés au Creative Cloud.

avatar thierry37 | 

Bravo Adobe. Joli coup !
Vu qu'il' y en a qui louent, bah ils ont pas besoin de revenir aux ventes. (Que ce soient des clients qui choisissent le Cloud ou ceux qui sont obligés. )

On voit la grosse emprise, façon Microsoft.
Tellement de monde en dépend qu'ils font comme ils veulent. Ça suit derrière.

Dur à avaler quand on se rappelle tout le monde mécontent au lancement de ce Cloud qui coute plus cher

avatar C1rc3@0rc | 

-30% de ventes => +55% de CA => le client cloudisé se fait tondre deux fois plus...

La vente par abonnement est une vielle arnaque qui permet d'extorquer toujours plus tout en rendant le client captif, la recette ne se dément pas pour le plus gros bénéfice de l'éditeur. Et pendant ce temps la qualité du produit continue de dégénérer...

Un monde commercial parfait autrement dit.

avatar françois bayrou | 

Attention : c'est -30% de ventes dû à la présence de ce cloud.
Sans le cloud, il n'y aurait pas eu 30% de ventes en moins.
Il n'y a pas moins de clients.

avatar thierry37 | 

Est ce qu'ils donnent le nombre de licences vendues dans le passé. Et le nombre d'abonnés aujourd'hui ?

Autrement tourné, est ce que les 50 abonnés aujourd'hui, compensent les 10 acheteurs et 40 pirates avant ?

(Je simplifie à outrance. Juste pour illustrer la question )

avatar C1rc3@0rc | 

Non, il ne s'agit pas de compensation, il s'agit d'inflation.
Les softs piratés ne coutent rien a un éditeur (il s'agit de copies immatérielles qui ne coutent rien, au niveau prix de revient du soft le piratage a un impact nul), donc on ne peut pas légitimement parler de pertes lies au piratage.

Surtout ce qui est remarquable c'est le doublement du bénéfice. Pour augmenter un bénéfice il faut augmenter les marges!

Le calcul est simple: si avec moins de client Adobe gagne plus c'est que le bénéfice par client a augmenté fortement...

Donc la réalité c'est qu'avec moins de clients Adobe gagne plus parce que le client cloudisé paye plus que celui d'une version achetée.
Ce qui est remarquable c'est que le client cloudisé a l'impression de payer moins alors qu'il paye beaucoup plus en réalité. C'est pour ça que les banques aiment tant faire des crédits: c'est une forme de parasitisme très efficace.

Le piratage n'a ici aucun impact...

avatar Irae00 | 

La vache, t'es vraiment prêt à te plier le cerveau dans tous les sens pour que le résultat aille dans ton sens toi !

"Le calcul est simple: si avec moins de client Adobe gagne plus c'est que le bénéfice par client a augmenté fortement..."

Ils sont où les chiffres disant qu'il y a moins de clients qu'avant ?

Il y a bien sûr PLUS de clients qu'avant (dont de nombreux pirates, comme quoi le piratage a bien un coût pour une entreprise, pas sous forme de dépense mais bien d'un manque à gagner, faut arrêter de délirer deux secondes...), ce qui permet de faire des économies d'échelle et donc grossir les marges...

avatar Moumou92 | 

De mon côté j'étais un utilisateur de lr non officiel... Difficile de justifier une licence avec mon faible chiffre d'affaire d'indépendant... Depuis le cloud, je reverse la dîme d'une dizaine d'euros par mois pour les outils indispensables (LR + Photoshop).

Je pense ne pas être le seul...

avatar lll | 

Ça marche avec Photoshop, ça, mais dès que tu veux utiliser Photoshop et Illustrator, ou une autre combinaison, les choses se compliquent !

avatar EBLIS | 

Je trouve aussi que leur abo devrait comporter plus de formules. Du coup je suis abonné à la totale.

avatar beo | 

La suite Affinity, une fois complète, risque de mettre quelques grains de sables dans leur stratégie. Affaire à suivre.

avatar vrts | 

ou pas...Adobe rachetera l'editeur et coulera le bébé comme il l'a fait par le passé.

avatar Sostène Cambrut | 

@vrts

Je me demande si Adobe ne s'opposerait alors pas aux lois anti-trust. Ça paraîtrait quand même un peu gros.

avatar C1rc3@0rc | 

La liste de soft assassinés par Adobe est longue et Adobe n'a jamais été inquiété pour ses pratiques. Pourquoi cela changerait?
Il n'y a qu'a voir comment Adobe a imposé et maintenu une saleté comme Flash pendant des années pour se rendre compte de la réalité.

avatar szurke1 | 

J'utilise Creative Cloud depuis le début. Il faut dire que j'utilise aussi Phtoshop depuis le des débuts de l'application. C'est cher? peut-être, une question de priorités; un ou deux restos de moins et ça y est. ça fait du bien aussi à ma ligne.

avatar Sostène Cambrut | 

@szurke1

"C'est cher ? Peut-être une question de priorités"

C'est exactement ce que je me dis à chaque fois que je signe pour me payer un produit Apple.

Et c'est aussi pour ça que je préfère utiliser la suite Affinity qui m'offre des outils de retouche photos et vectoriels beaucoup moins chers que ce que propose Adobe pour le moment, mais toute aussi fonctionnelle pour mon usage.

Maintenant, je ne cache pas que la dernière conférence MAX m'a bien impressionné.

avatar lll | 

Je suis d'accord avec toi, mais un graphiste qui débute n'ira même pas une ou deux fois au resto par mois ! ;)

avatar vrts | 

il devrait changer de metier alors, un graphiste même débutant peut se payer un abonnement cloud.

avatar lll | 

Allons, c'est pas interdit de galérer pour un jeune, hein ! :)

avatar EBLIS | 

Je ne débute pas et j'y vais quasiment jamais. Bon je me débrouille en cuisine, ça compense :-)

avatar CM-S | 

Ce sera pareil pour Microsoft, m'étonnerait qu'ils vendent des versions boîtes d'Office 2019.

avatar curly bear | 

Une bien mauvaise nouvelle. Ça va les motiver à continuer.
De mon côté, pas question de louer mes logiciels. Si j'ai une année difficile et que j'ai du mal à payer les licences, je ne pourrai plus ouvrir mes fichiers. L'accès aux mises à jours par abonnement payant, c'est OK mais de mon côté, j'utilise toujours la CS4 et je n'ai pas besoin de plus.
Malgré tout, le marché montre qu'Adobe, de son point de vue, a fait le bon choix.
Reste plus qu'à espérer que les "Affinity" rattrapent leur retard. Mais ils ont en bonne voie.

avatar fluxus | 

L'idée que mes fichiers soient pris en otage si je ne paye pas un mois me débecte.. Perso j'ai résilié mon abonnement Adobe il y a un bout de temps déja et je suis très satisfait du couple Affinity Photo+Designer

avatar C1rc3@0rc | 

+1
Le plus gros problème c'est bien évidemment la pérennité du fichier. Déjà Gates avait cree un modele de captivité particulièrement puissant et arcbouté sur une obsolescence programmée très vicieuse.
La justice a fini par casser en partie ce modele d'exploitation mercantile.

Avec le cloud on va bien au-dela dans le pire du pire, puisque la notion meme de propriete de la donnée est simplement confisqué a son créateur.
On est ici dans un système parasitaire mortifère puisque on va au-dela du simple endettement pour devenir virtuellement depuillé de tout ce que l'on cree, meme de sa propriété intellectuelle (suffit de lire les conditions d'exploitation du soft cloudise)

avatar thg | 

J'ai rarement lu un tel étalage de sottises.

Le creative cloud n'est qu'un système de contrôle de licence, et l'utilisateur reste bien entendu propriétaire de ses œuvres.

avatar ovea | 

Oui !
Tout ça cache mal l'absence d'innovation chronique chez Adobe qui est impardonnable.

Ils ont toujours refusé de se remettre en cause et réécrire leurs algorithmes pour les rendre moins dispendieux soit, un investissement pour l'utilisateur le renvoyant à l'âge de la révolution numérique dans la presse alors qu'on est à l'âge des algo intelligents capable d'apprentissage et d'automatisation depuis l'interface graphique sans utilisation de code.

Du coup on aurait pu avoir des logiciels auteur comme Hype plus tôt avec toutes les technologies portables de Flash Pro ou Director et tout une ribambelle de traitements scriptables venus d' Illustrator et de Photoshop dans une synthèse totalement multimédia dans un After Effect multi-cibles venant de la post-production mais capable de mises en scène orientées métier.

Une utopie du multimédia est bien morte avec Adobe qu'on ne remercie pas.

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