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Affinity Photo débarque pour concurrencer Photoshop

Nicolas Furno | | 09:00 |  110

Cinq ans de développement et quelques mois de bêta tests plus tard, Affinity Photo est finalisé et disponible sur le Mac App Store. L’éditeur britannique poursuit son attaque en règle contre Adobe et après s’en être pris à Illustrator avec Affinity Designer sorti en 2014, il menace Photoshop cette année avec ce nouveau logiciel. Et alors qu’un concurrent direct à InDesign est en préparation dans les bureaux de Serif Lab, Adobe devrait avoir quelques raisons de s’inquiéter, tant ce nouveau-venu est complet.

Établir la liste des fonctions proposées par Affinity Photo serait bien trop long : les cinq années de développement n’ont manifestement pas été gratuites et on a déjà un logiciel extrêmement complet. Si vous avez l’habitude de Photoshop, de ses centaines d’outils et dizaines de réglages, vous serez ici en terrain connu. D’ailleurs, on sent bien que l’éditeur a visé explicitement l’application d’Adobe : la présentation par défaut ressemble comme deux gouttes d’eau à son premier concurrent.

Pour concurrencer efficacement un logiciel déjà bien installé, il faut tout d’abord être parfaitement compatible avec ses fichiers. Affinity Photo peut ainsi ouvrir les fichiers PSD de Photoshop, il peut aussi exporter dans ce format et il est censé le faire sans détruire le fichier. Pour cela, il gère tous les espaces de couleur courants (RGB, CMJN, niveaux de gris et LAB), il peut modifier les fichiers avec 16-bits par canal et il sait ouvrir les palettes de couleurs d’Adobe et les plugins de Photoshop, entre autres choses.

Affinity Photo, ici en mode séparé. On peut aussi rassembler les différentes palettes en une seule fenêtre, comme Photoshop le fait par défaut. Cliquer pour agrandir

Naturellement, Affinity Photo dispose de toutes les fonctions attendues pour modifier ou créer des photos raster. On peut ainsi gérer autant de calques que l’on veut, ajouter des filtres (avec un aperçu en temps réel du résultat), modifier tous les paramètres d’une image ou encore effectuer des sélections et retouches précises. On peut bien sûr créer ses propres brosses pour tous les outils qui les exploitent, ou bien encore créer ses effets, en plus de ceux fournis. Tout ceci est attendu et bien au rendez-vous.

On imagine qu’il manque à Affinity Photo plusieurs fonctions avancées de Photoshop, mais ce que propose ce logiciel après quelques années de développement est déjà très impressionnant. Par ailleurs, le fait qu’il a été conçu pour les Mac uniquement est un avantage. Débarrassé de Windows, le logiciel peut exploiter toutes les fonctions spécifiques d’OS X, comme OpenGL, GCD et Core Graphics. Metal sera probablement de la partie à l’automne, mais d’ici là, il est déjà optimisé 64 bits et pour les processeurs multi-cœurs. Et ses concepteurs notent que l’on peut zoomer sur n’importe quel fichier à 60 FPS, même les plus lourds.

Outil d’éclairage. Cliquer pour agrandir

Affinity Photo gère aussi mieux certaines fonctions spécifiques : on peut sauvegarder ses fichiers avec iCloud Drive, l’interface est parfaitement optimisée pour les écrans Retina et on peut même utiliser les trackpad Force Touch avec plusieurs niveaux de pression. Son développement plus récent lui offre aussi d’autres avantages techniques indéniables.

Prenons l’historique en guise d’exemple : contrairement à Photoshop qui est limité à 1000 annulations, on peut ici revenir en arrière (presque) sans limite. Affinity Photo est limité à 1024 annulations par défaut, mais un réglage permet de porter ce chiffre à plus de 8000 actions, largement de quoi voir venir. Mieux, l’historique est sauvegardé dans le fichier directement et non dans une mémoire vidée quand on ferme l’application. Pratique pour revenir en arrière à n’importe quel moment, sachant que tous les effets et toutes les modifications effectués sur un document ne sont pas destructifs.

Outil perspective. Cliquer pour agrandir

Au-delà des fonctions, le principal argument de vente d’Affinity Photo est peut-être… son prix de vente. L’éditeur ne manque pas de le mettre en avant, alors qu’Adobe a pris le parti de l’abonnement : pour 50 € seulement, on obtient une licence définitive du logiciel. En clair, pour un tiers du prix nécessaire pour utiliser Photoshop (offre d’abonnement photographie à 150 € par an), on obtient un logiciel sans limite.

Un argument indéniable, qui devrait convaincre bon nombre de clients potentiels, y compris des professionnels. Et si cela ne suffisait pas, une version de démonstration est proposée sur le site de l’éditeur (elle devrait être publiée dans les prochaines heures), et on peut profiter d’une réduction de 10 € pour le lancement. Le logiciel n’est vendu que sur le Mac App Store et il est d’ores et déjà entièrement traduit en français.

Pour terminer, ajoutons que Affinity Designer a été mis à jour ce matin, avec plusieurs nouveautés, mais en particulier un pont avec Affinity Photo. Les deux logiciels sont capables d’ouvrir le format de l’autre et on peut ainsi modifier une photo d’un côté, l’ouvrir avec l’éditeur vectoriel pour ajouter des objets ou du texte et revenir ensuite dans l’éditeur d’images. On conserve toutes les fonctions à chaque étape, y compris l’organisation par calque, un excellent point.

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110 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Lonesome Boy 09/07/2015 - 15:59 via iGeneration pour iOS

@Lonesome Boy :

Et si tu arrives à me faire l'équivalent de l'App Store en terme de visibilité et tout pour 100€ par mois, c'est moi qui t'embauche, je suis même prêt à te payer le double, le triple, le centuple même!

avatar Lonesome Boy 09/07/2015 - 16:01 via iGeneration pour iOS

@rikki finefleur :
Si t'arrives pas a comprendre qu'ils prennent 30% non pas "juste pour l'acte d'achat" mais pour tout le reste qui a déjà été seulement partiellement expliqué dans les autres commentaires, je ne peux pas faire grand chose pour toi.

avatar Hasgarn 09/07/2015 - 16:12 (edité)

Oui Apple marge, mais c'est pas non plus au point que tu décris.

Je précise que je ne me fais ni l'apôtre, ni l'avocat du diable, j'expose ici des arguments piochés chez des amis et vu sur la toile.

Tout d'abord, Apple stocke sur ses propres serveurs les app, iOS et Mac OS. Vu le nombre, on peut se douter que ça fait du gros gros datacenter. Et ça coûte un paquet d'argent tout ça.

C'est aussi une prise en charge totale que propose Apple. Un éditeur qui met à disposition sur son site une app de son cru doit aussi faire attention de gérer la bande passante, l'espace disponible (cad qu'il ne peut pas garder au téléchargement toutes les versions, à l'inverse d'Apple. Exemple, je ne peux plus télécharger Roxio Toast ti 10 sur le site de l'éditeur alors que je peux encore télécharger toutes mes versions de Mac OS, Sketchbook pro 5 sur le MAS), la sécurité, la collecte des ventes et les transactions bancaires (c'est pas donné, ça), la sécurité sur ces transactions et pas mal d'autres paramètres, certainement. Et n'oublions pas le comité de vérification des apps qui a ses qualités et ses défauts mais a le mérite d'exister.

30%, ça n'est pas forcément beaucoup considérant que tu développes, tu compiles et tu mets en vente sans te payer tout une infrastructure chronophage et nécessaire qui peut finalement te coûter plus cher en maintenance par tes soins.

Et l'argument de la mise en avant dans une boutique très consultée est de loin le meilleur.

De même, si tu pouvais détailler ton offre à 100 € par mois.



avatar poco 09/07/2015 - 11:39

@Joëh
Alors là toi, tu as gangé le gros lot!
C'est vrai que rien, ni personne ne t'oblige à passer par l'Appstore pour éviter d'engraisser Apple, mais bon, t'es pas non plus obligé de passer par Carrefour/Monoprix/Leclerc etc… pour acheter du Coca-Cola. Essaie d'appeler Coca-Cola Inc. qu'ils t'envoient une bouteille de 1,5l en direct pour pas engraisser les revendeurs.

Un réseau de distribution, une visibilité, tu connais ces concepts? Tu sais combien çà coûte?

avatar françois bayrou 09/07/2015 - 13:49

Les éditeurs n'ont pas attendu Apple pour vendre des logiciels, et la visibilité n'était pas moindre.
Les stores, Apple en tête, n'ont rien amené : ni meilleure visibilité, ni meilleure sécurité, rien.
Ils ne les ont pas créé par altruisme, mais pour se faire de l'argent.
Et ils ont beaucoup dévalorisé le travail des éditeurs.

Résultat, aujourd'hui, on voit des gens qui, avant d'acheter une app à 1 Euro, se tâtent, vont sur des comparatifs, sont déçus de ne pas avoir une démo gratuite, ...
J'aimerais bien les voir faire pareil dans un bar avec un café ( c'est 1,20 Euros un café quand même )
Je peux le gouter avant de l'acheter ? Hmmm je ne suis pas sûr. Il n'existe pas de comparatif, entre votre café et celui du bar d'en face ? hmmmm c'est un budgeet quand mêêêême

avatar Lonesome Boy 09/07/2015 - 15:00 via iGeneration pour iOS

@françois bayrou :
Mais bien sûr, ça n'apporte pas du tout de visibilité... En fait ils continuent de publier leurs softs sur le store par pur masochisme...

Ah c'est sûr que quand tu t'appelles Microsoft ou Adobe, tu vas pas gagner des masses en visibilité, mais quand tu es un "petit" peu connu du public, ça change tout pour toi! Tiens un exemple, demande aux mecs de Pixelmator de combien ils ont augmenté leurs ventes quand ils sont passés sur l'App Store. Et demande leur s'ils regrettent les 30% qu'ils filent à Apple.

PS: tu es sûr qu'Apple ne l'a pas fait par altruisme? Ça m'étonne tellement! Tu crois qu'ils ont vraiment fait ça pour l'argent? Tu me diras, à ce qu'il paraît, il y a des gens qui travaillent pour de l'argent! Oui de l'argent! Ah la cupidité...

avatar poco 09/07/2015 - 15:13

Avant l'Appstore qu'y avait-il pour vendre un soft Mac dans les principaux canaux de distribution et pour la visibilité?

- Presse spécialisée : bonjour les coûts d'insertion puis pays par pays
- Créer ton propre site de vente en ligne : Cà a un coût
- Référencement : Coût additionnel non négligeable (loin de là)
- Distribution en magasin spécialisé : Cà a aussi un coût

L'Appstore est une plate-forme fédératrice pour TOUT utilisateur de Mac (pas rien que pour celui qui lit telle revue, qui va dans tel magasin ou qui par chance tombe sur ton soft en 123éme position sur Google). Certes Apple se sert au passage, mais une solution de distribution Internationale touchant 100% des Mac-Users c'est un outil inestimable.

Maintenant, concernant le travail des éditeurs/développeurs, certains font vraiment du bon boulot à l'image d'Affinity dont on parle, d'autres s'imaginent que parcequ'ils ont pondu un n'iéme gestionnaire de tâches, réussi à le référencer sur l'Appstore qu'ils vont faire fortune. La plupart des Softs à 1€ ne valent pas plus. Quand à ceux sur iPhone/iPad ils te font payer le supplément par de la Pub ou des achats inApp.



avatar rikki finefleur 09/07/2015 - 15:30

poco
je crois que tu n'as rien compris.
Tout ces stores c'est juste du nivellement par le bas. Car tu crois que ton soft va etre une élite par des centaines de mille de référence ?
Non ces gros stores amplifient la concentration puisqu'ils effacent les produits locaux.
D'ailleurs la répartition des bénéfices par éditeur était édifiante, seuls quelques gros s'en sortent.
Ces stores mondiaux, de fait de leur point unique, ne font la fortune que de quelques uns , pour les autres cela sera très dur ou beaucoup de temps et d'espoir perdu.
Et évitons de mélanger, la distribution physique avec la distribution d'un envoi de fichier par le web.

avatar poco 09/07/2015 - 16:49 (edité)

@ rikki finefleur
Celui qui se berce d'illusion c'est certain qu'il risque de tomber de très haut. Ceci dit, les vrais bons qui réussissent sur le Store auraient certainement réussi autrement. les autres ne se seraient jamais lancés dans l'aventure pour 99% d'entre eux.

Tu sembles oublier qu'aujourd'hui dans quasiment tout les marchés (distribution physique ou pas), la distribution, le service et la visibilité, Marketing… représentent plus que la fabrication de ton produit. Sais-tu évaluer ce qu'un "développeur maison/auto-entrepreneur" (pas péjoratif du tout) avait/a comme chance de s'en sortir sans l'Appstore sur le marché du Mac ou de l'iPhone?

Dis-moi simplement comment tu t'y prendrais et selon toi quels seraient tes chances de percer avec un jeu d'arcades à 1€ sur le Store mais disons à 3€ en vente directe.

Combien de gens tenteraient l'aventure?

Le nombre d'Apps pour Mac OS et iOS a dû être multiplié par au moins 100 depuis l'appstore. Les success stories sont rares, mais c'est comme dans la vraie vie, il y a un seul Bruce Springsteen pour des milliers de prétendants, un seul Bill Gates, un seul livreur de meuble qui a créé IKEA etc…

Personne n'a prétendu que l'Appstore allait transformer tout éditeur/programmeur en millionnaire. Même si beaucoup en ont rêvé et en rêvent encore.

Maintenant rien ne les empêche de se syndiquer et de créer un site de vente en ligne puisque c'est si "simple".

avatar françois bayrou 09/07/2015 - 15:49

"Avant l'Appstore qu'y avait-il "
Faut pas exagérer... Avant l'App Store il y avait des apps quand même !
On a même vécu l'explosion des "Delicious Apps" ( avant le flat design, souviens toi ) : Faites par des petits éditeurs, elles n'ont pas attendu le store pour être connues.

Pour les apps à 1 Euro, je suis d'accord, il y a beaucoup de déchets. Mais ca contribue à baisser les prix.

L'aggrégation, les centrales d'achat, ca n'a jamais servi aux producteurs, quelque soit le domaine.
Les prix baissent, c'est super, le consommateur est content, l'intermédiaire se frotte les mains, mais au final il y a toujours surproduction, et baisse de qualité.

avatar poco 09/07/2015 - 16:53

@ françois bayrou
Bien sûr qu'il y en avait des Apps, mais on ne sait pas combien ont réussies et combien ont échouées.

"au final il y a toujours surproduction, et baisse de qualité." : La baisse de qualité n'est pas du fait d'Apple (faut que j'arrête de les défendre on va croire que j'ai des actions ;-) ). Tout le monde aujourd'hui a son App comme tout le monde avait sa Start-Up en 1999-2000. Le marché trie le bon grain du reste avec le temps et ne reste, en général que le bon grain.

Apple n'empêche personne de faire des softs comme Affinity (qui est d'ailleurs en top position partout sur le store aujourd'hui comme par hasard).

avatar Un Type Vrai 10/07/2015 - 10:08

" Le marché trie le bon grain du reste avec le temps et ne reste, en général que le bon grain."

En fait non, le marché fait le tri sur d'autres critères.
Entre Qualité et Qualité perçue, c'est le second point qui est gagnant...

Suffit de voir les budgets publicités et marqueting des produits pour voir que la qualité n'est pas un critère favorisé par le marché...

avatar poco 10/07/2015 - 10:34

Je ne suis pas d'acoord avec toi (c'est le fondement des forums non? ;-) ).

Je pense qu'au final le meilleur régulateur de la qualité ATTENDUE par les utilisateurs et non pas celle perçue par les développeurs, l'éditeur et bien c'est le Marché.

avatar vrts 09/07/2015 - 10:03

allé, combien de temps avant que Adobe lache la grosse valise de billets sous leurs yeux, rachete tout ça et l'enterre ? je suis surpris que cela n'a pas déjà été fait.

Gros utilisateur d'illustrator j'ai testé le Afinity designer : c'est encore un peu faiblard pour remplacer illustrator (à moins que vous n'utilisiez que 2 - 3 outils sur ce dernier). Mais ça promet vraiment.
l

avatar Strix 09/07/2015 - 10:32 via iGeneration pour iOS

@vrts :
En même temps Illustrator c'est du vectoriel, pas difficile à remplacer.

Photoshop c'est une autre histoire

avatar vrts 09/07/2015 - 11:36

?? Tu ne dois pas vraiment bien connaitre illustrator pour dire ça...

avatar Strix 09/07/2015 - 12:08 via iGeneration pour iOS

@vrts :
Je passe juste 4 à 5 dessus par jour :)

avatar Strix 09/07/2015 - 12:09 via iGeneration pour iOS

@strix :
*heures

avatar Strix 09/07/2015 - 12:10 via iGeneration pour iOS

@vrts :
Tu peux développer, tu as l'air de t'y connaître

avatar vrts 09/07/2015 - 16:38 (edité)

tu peux passer 4 à 5h par jour sur un logiciel et n'utiliser que 50% de ses outils...c'est pas grave hein, c'est juste que les besoins des uns ne sont pas ceux des autres.

par exemple : le moteur de brush de affinity designer est vraiment hyper simpliste comparé à celui d'illustrator (qui a certes une ergonomie vieillote et plutôt pénible mais très puissant).

avatar Pimentpub 09/07/2015 - 10:04

Super… le seul défaut, pas moyen de trouver des explications des fonctions et exemples en français pour le Affinity Designer. J'ai demandé au support, cela n'existe pas. Et j'ai pas trouvé des forums en français.

avatar Almux 09/07/2015 - 12:42

Une occasion unique d'enfin apprendre l'anglais! :D

avatar Ben_75 09/07/2015 - 13:10 via iGeneration pour iOS

@Almux :
Pourquoi "apprendre l'anglais"?: "il est d’ores et déjà entièrement traduit en français."

avatar geneosis 09/07/2015 - 13:09 (edité)

Laisse leurs un peu de temps pour pondre un manuel traduit en français.

avatar willymac 09/07/2015 - 10:06

Avant d'acheter je le testerai bien... il y a une version d'évaluation quelque part ?

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