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Anthropic veut créer ses propres médicaments à l’aide de Claude


Et si les prochains AstraZeneca, Novo Nordisk ou GSK s’appelaient Anthropic, OpenAI ou Mistral ? C’est la question qui vient à l’esprit suite à l’annonce de la volonté d’Anthropic d’entrer de plain-pied dans le développement de médicaments, comme le rapporte The Verge.

Claude Science n’est finalement pas l’annonce majeure de cette conférence. Image Anthropic.

L’entreprise à l’origine de Claude, Mythos ou encore Fable a profité de la conférence « The Briefing : AI for Science » pour présenter Claude Science, un nouvel outil qui rassemble de nombreux éléments destinés aux scientifiques, permettant de générer graphiques, visuels et résumés depuis une seule interface, tout en améliorant l’efficacité de Claude pour la recherche.

Cependant, ce n’est pas l’annonce la plus importante de cette conférence, loin de là. Eric Kauderer-Abrams, responsable de la recherche médicale chez Anthropic, a en effet lancé un pavé dans la mare en indiquant que l’entreprise comptait se lancer elle-même dans la découverte de médicaments grâce à son intelligence artificielle, avec un intérêt particulier pour les maladies rares et orphelines.

Anthropic lance Sonnet 5 tandis que Fable 5 sort de quarantaine

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Actuellement, la recherche médicale est déjà assistée lourdement par l’IA. Namshik Han, professeur de l’Université de Cambridge et co-fondateur de CardiaTec, le rappelle simplement : « [L’intelligence artificielle] est utilisée à chaque étape de la découverte de médicaments ». L’idée d’Anthropic est de passer à l’étape supérieure : plutôt que d’être uniquement un assistant, l’entreprise souhaite faire de son IA Claude un acteur central du processus de recherche.

Est-ce à dire que l’IA gèrera tout, de A à Z ? Tout de même pas. En effet, le domaine reste très pointilleux, et le passage de chaque étape, de la découverte d’une molécule à son test in-vitro, puis sur animaux pour au final arriver à l’Homme est strictement encadré. Cependant, l’utilisation d’une IA qui ne dort pas et se base sur les connaissances engrangées pour vérifier des milliers de possibilités, y compris celles écartées car « trop peu probables » pour ne garder que quelques-unes d’entre elles à faire passer à l’étape suivante n’est pas sans intérêt, loin de là.

Et Anthropic ne fait pas les choses à moitié : l’entreprise cherche très activement des biologistes voulant travailler avec elle, et la construction de ses labos de test est en cours. Sur le site même d’Anthropic, de nombreuses offres d’emploi sont ouvertes couvrant de multiples postes dédiés à la science biologique.

Le pari commence à peine, mais s’il était gagnant, Anthropic se retrouverait alors dans une position particulière, proposant ses services à des labos pharmaceutiques tout en étant l’un de leurs plus gros concurrents. De quoi complexifier les relations.

Anthropic demande un moratoire sur l’IA auto-entretenue, tout en maintenant le pied sur l’accélérateur

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Reste que depuis les IA qui battaient les champions d’échecs, puis les chatbots un peu gauches, jusqu’à présent où les intelligences artificielles deviennent à la fois chefs de guerre, développeurs en cyber-sécurité et maintenant chercheurs pharmaceutiques, l’IA montre jour après jour qu’elle devient un atout géopolitique, économique et stratégique. Si le pari est réussi, Anthropic pourrait ne plus être seulement l’éditeur de Claude, mais devenir l’un des acteurs majeurs de l’industrie pharmaceutique. Une perspective qui aurait semblé relever de la science-fiction il y a encore quelques années.