DuckDuckGo est plutôt satisfait des annonces de la Google I/O 2026. Quel rapport ? Le moteur de recherche a vu une nette hausse de ses utilisateurs aux États-Unis depuis les annonces de son concurrent, qui a finalisé sa transition vers un Google entièrement lié à l’intelligence artificielle. En conséquence, les internautes insatisfaits ont cherché des alternatives et DuckDuckGo a manifestement eu les faveurs d’une partie. En tout cas, son CEO Gabriel Weinberg a envoyé les mêmes chiffres encourageants à plusieurs publications américaines, dont TechCrunch.
D’après l’entreprise, les installations de son app mobile ont augmenté de 18 % d’une semaine sur l’autre, avec un pic de croissance à 30,5 % le lundi 25 mai, un jour férié aux États-Unis (comme en France). C’est sur iOS que la croissance est la plus forte d’après ces statistiques, avec une valeur maximale qui a frôlé les 70 % sur cette journée. Autre indice de l’intérêt en faveur de DuckDuckGo, sa variante « NoAI » a connu un succès similaire. Cette variante, qui désactive toutes les fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle et nettoie les résultats pour masquer les images générées par une IA, a ainsi progressé de 22,7 % d’une semaine à la suivante, avec un pic à 27,7 % le dimanche 24 mai.
Rappelons que ces chiffres ne concernent que les États-Unis et rien ne dit que DuckDuckGo pourra conserver cet afflux de nouveaux utilisateurs. Malgré tout, l’entreprise veut y croire, en notant que le week-end du « Memorial Day » est traditionnellement une période calme, si bien qu’une forte croissance ces jours-là est un indice fort. Gabriel Weinberg essaie de présenter son service comme l’alternative évidente pour tous ceux qui ne veulent pas de l’IA :
Google impose l’IA sans laisser la moindre possibilité de la désactiver. Résultat, les résultats de recherche se dégradent au lieu de s’améliorer. Nous voulons être le service qui redonne le contrôle aux utilisateurs et leur permet de décider de la place qu’ils souhaitent — ou non — accorder à l’IA.
En effet, il faut souligner que DuckDuckGo ne s’oppose pas aux intelligences artificielles génératives et propose même sa propre version avec Duck.ai. Un service gratuit, qui ne nécessite pas de créer de compte, et qui donne accès à des modèles légers et d’anciennes générations : GPT-5 mini d’OpenAI, Haiku 4.5 d’Anthropic ou encore le Small 4 de chez Mistral. Même alors, le CEO insiste sur les différences avec le géant face à lui :
Non seulement nous respectons le choix des utilisateurs, mais aussi leur vie privée. Tout ce que vous faites dans DuckDuckGo reste privé : nous ne collectons ni l’historique des recherches ni les conversations, et rien n’est utilisé pour entraîner des modèles d’IA.
Google ne peut pas en dire autant, l’entraînement des futures versions de Gemini dépend largement de l’utilisation du modèle actuel. On peut ajouter que les premiers pas du nouveau moteur de recherche ne se sont pas faits sans heurts. Le plus spectaculaire est un bug qui bloquait les recherches contenant le mot « disregard » (ignorer). Dès qu’il apparaissait dans le champ de recherche, le modèle sous-jacent le considérait comme une demande et interrompait son travail immédiatement.
Rappelons que la France est l’un des rares pays au monde à ne pas connaître le Google nouveau. En raison d’un conflit toujours pas résolu avec des médias, l’entreprise conserve l’ancienne version de son moteur de recherche pour les internautes français.
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