Faire tourner les grands modèles de langage qui sont les fondations des intelligences artificielles génératives coûte si cher que tous les acteurs du secteur fonctionnent à perte. On parle de milliards de dollars de pertes annuelles pour OpenAI et Anthropic, une situation qui ne peut pas durer. Si les deux entreprises n’envisagent pas d’être bénéficiaires avant quelques années, c’est surtout parce que les promesses de l’IA ne se sont pas encore concrétisées et en partie peut-être parce qu’il reste des modèles économiques à inventer. En attendant, le créateur de Claude a revu sa facturation destinée aux entreprises, avec l’objectif assez évident de faire davantage payer ses plus gros utilisateurs.
The Information indique ainsi que l’offre destinée aux grandes entreprises a évolué. Jusque-là, cette formule prévoyait un abonnement mensuel à 200 $ par employé et par mois, avec un quota fixe inclus pour tout le monde. Avec le changement, l’abonnement mensuel passe à 20 $, mais ne contient aucun quota. L’accès à Claude Code et à tous les autres services associés sera désormais facturé en fonction de l’usage. Anthropic a confirmé le changement auprès de nos confrères, en le présentant positivement : avec l’ancien système, les plus gros utilisateurs pouvaient être bloqués dans leur travail à cause des quotas, tandis que d’autres ne consommaient pas la totalité.
La réalité sera moins positive pour les comptables des entreprises concernées. L’une des sources de The Information suggère que ce changement pourrait doubler, voire tripler les factures mensuelles destinées à Anthropic. Précisons que cela ne concerne que les plus grandes firmes, celles qui comptent au moins 150 employés et qui ont signé des contrats de longue durée. Même s’ils ne sont pas majoritaires, ce sont les clients les plus rentables pour le concepteur de Claude, d’autant qu’il n’a pas réellement d’alternative. Claude Code est si bien implanté dans le monde des entreprises qu’il va être difficile à déloger.
Pour rappel, c’est aussi vrai à Cupertino, où l’outil d’Anthropic serait largement utilisé parmi les développeurs. Sans surprise, Apple se fait très discrète sur son usage d’intelligences artificielles tierces pour ses propres besoins. Néanmoins, les bruits de couloir font état d’un usage intensif, à tel point que Mark Gurman soulignait en début d’année qu’« Apple tourne sur Anthropic à ce stade ».
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Récemment, une source assez secondaire suggérait qu’Apple dépensait sans compter en jetons d’API pour Claude, accordant jusqu’à 300 $ par jour et par équipe dans certains cas. Même sans certitude sur l’ampleur du phénomène dans l’entreprise de Tim Cook, cela souligne bien la dépendance générale de l’industrie informatique envers les services d’Anthropic et la liberté que cela donne à cette dernière.
Les individus ne sont pas tellement mieux soignés. J’ai pu le vérifier moi-même en testant Claude Pro : cet abonnement à 20 € par mois ne m’a apporté qu’un accès très limité à l’intelligence artificielle, bien plus en tout cas que chez OpenAI. Le mouvement ne devrait pas s’inverser, tant Anthropic aurait du mal à répondre à la demande, en croissance exponentielle depuis plusieurs mois.
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Plus gênant encore qu’un accès bridé, de nombreux utilisateurs se plaignent des performances récentes d’Opus 4.6, le meilleur modèle proposé dans Claude. Selon ces témoignages, Anthropic l’a volontairement affaibli, avec des réponses nettement moins bonnes qu’avant. La version 4.5, qui reste accessible à la demande, ne souffre pas du problème et d’aucuns accusent l’entreprise de diminuer ses capacités pour mettre en avant sa prochaine mise à jour, une technique peu glorieuse si elle était avérée. Il n’y a pas de réelles preuves, même si d’autres témoignages suggèrent que c’était déjà le cas pour Opus 4.5 juste avant la présentation de son successeur, qui remonte au mois de février.
Anthropic a toutefois nié les accusations, en indiquant que les changements effectués sur Opus répondaient à des demandes d’utilisateurs. En particulier, Claude Code active par défaut le mode de réflexion « moyen » et non plus le niveau le plus élevé, ce qui peut réduire la qualité des résultats. Les utilisateurs peuvent toujours restaurer l’ancien paramètre, au prix d’un épuisement plus rapide des quotas.











