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Déconnecté et minimaliste : le Weathergotchi réinvente le thermomètre de randonnée

Nadim Lefebvre

jeudi 16 juillet 2026 à 07:55 • 10

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L'histoire du Weathergotchi commence par une frustration familière. En préparant son équipement de randonnée, le développeur Michael Manning cherchait un moyen simple de connaître la température de ses nuits sous la tente. 

Seulement voilà : sur le marché, il ne trouvait que des appareils hors de prix ou des enregistreurs exigeant systématiquement de dégainer un smartphone pour consulter la moindre donnée. Refusant catégoriquement de s'embarrasser d'un énième objet connecté et de son application compagnon au beau milieu de la nature, il a préféré concevoir sa propre solution. C'est ainsi qu'est né le Weathergotchi, un petit thermomètre doté de son propre affichage e-paper, à la fois délicieusement geek et farouchement minimaliste.

Image : Michael Manning

L’autonomie et la lisibilité avant tout

Le cahier des charges de ce projet artisanal est simple : offrir un suivi fiable de la température et de l'humidité au fil de la nuit, avec une consultation directe sur l'appareil. Le choix de l'affichage s'est naturellement porté sur un écran e-paper de 1,54 pouce, emprunté aux liseuses numériques. En plus de garantir une parfaite lisibilité en plein soleil, cette technologie a l'avantage de ne consommer de l'énergie que lors du rafraîchissement de l'image, soit une fois par minute.

Image : Michael Manning

Une fois l'écran rafraîchi, le système coupe presque entièrement son alimentation pour préserver sa petite batterie lithium-polymère de 400 mAh, lui assurant ainsi plus d'une semaine d'autonomie en continu.

Un circuit sur mesure autour de l'ESP32

La carte mère sur mesure, d'à peine trois centimètres sur quatre, s'articule autour d'un microcontrôleur ESP32-S3. Ce dernier est épaulé par une puce d'horloge (RTC) autonome chargée de tirer le système de sa veille profonde à intervalles réguliers. Dès son réveil, le capteur SHT45 relève la température ambiante avant même que le processeur n'ait le temps de chauffer et de fausser les mesures de quelques degrés.

Image : Michael Manning

L'historique est ensuite stocké sur une mémoire EEPROM externe. Ce choix technique prolonge la durée de vie de l'appareil en évitant d'user prématurément le stockage flash intégré à l'ESP32 par des cycles d'écriture répétés. Le tout est maintenu dans un boîtier compact imprimé en 3D, dont les plans ont été générés de manière paramétrique via des lignes de code sur OpenSCAD.

Le charme de l'artisanat et ses quelques limites

Si l'approche est ingénieuse, elle compose avec les limites physiques de ses composants. La technologie e-paper, par exemple, n'apprécie guère les températures négatives. Sous la barre du zéro, l'écran peut peiner à s'actualiser, bien que l'enregistrement des données se poursuive en tâche de fond. Le créateur signale également quelques errances du côté de la puce de gestion d'énergie, qui peine parfois à estimer correctement le pourcentage de batterie restant.

Surtout, l'appareil est pour l'instant dépourvu de synchronisation sans fil. La puce Bluetooth de l'ESP32 est bien présente, mais reste inactive pour économiser la batterie. Pour le moment, il n’est pas possible de consulter l’historique des températures depuis son smartphone ou de mettre très facilement à jour le firmware du thermomètre. En revanche, comme le projet est libre, toutes les modifications sont techniquement possibles.

L'intégralité du projet (schémas KiCad, modèles 3D et code source) est disponible librement sur GitHub, ce qui permet à n'importe quel utilisateur de fabriquer, modifier ou améliorer son propre Weathergotchi.

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