Trois anciens d'Apple vont développer des puces pour serveurs

Mickaël Bazoge |

La start-up Nuvia aurait-elle eu une telle couverture médiatique si ses trois fondateurs n'avaient pas été des anciens de chez Apple ? Il est fort probable que non, ce d'autant que le domaine d'expertise de la jeune pousse l'éloigne du cœur de métier du constructeur à la Pomme. Nuvia va en effet développer des processeurs pour serveurs, ce qui l'opposera à Intel, AMD, Qualcomm, Marvell, etc.

Gerard Williams, John Bruno, Manu Gulati. Image Nuvia.

Pour se démarquer dans un secteur concurrentiel, cette nouvelle entreprise a toutefois un atout : le pedigree de ses trois fondateurs. Gerard Williams a passé neuf ans à Cupertino en tant que chef architecte pour les processeurs d'Apple et ses systèmes-sur-puce ; Manu Gulati a planché pendant huit ans sur les SoC d'Apple ; et John Bruno a passé cinq années au sein du groupe en charge de l'architecture des plateformes.

Trois têtes bien faites donc, qui ont bien l'intention d'utiliser leur savoir-faire acquis chez Apple pour se faire un nom sur le marché des puces pour serveurs. Le gouffre avec l'univers des smartphones est large : d'un côté, un iPhone qui doit se montrer très frugal sur sa batterie, de l'autre de grosses machines dévoreuses d'électricité. Nuvia a l'ambition de développer un processeur qui soit plus rapide, plus efficace en termes énergétiques et mieux sécurisé que ce qui existe actuellement.

Phoenix, la puce sur laquelle Nuvia planche actuellement, est bien née : la start-up a ainsi levé 53 millions de dollars auprès de la branche investissement de Dell, dont le président Scott Darling est… un ancien de chez Apple. Autant dire qu'on reste entre gens de bonne compagnie !


avatar fornorst | 

Ça sent le rachat par Google ou Amazon dans 1 à 3 ans tout ça :)

avatar raoolito | 

@fornorst

ou Apple ? juste pour rire

avatar Tibimac | 

Haha ça serait drôle ^^ avec de nouveaux Xserve haha 😆

avatar fransik | 

...miser sur la sécurité des processeurs pour serveurs alors qu‘Intel est toujours plus que concerné par la problématique des failles de sécurité intrinsèques, c‘est bien vu et malin.

Maintenant il y a fort à penser que ce puisse être là encore un design ARM, dans ce cas logiquement optimisé pour les besoins en puissance et consommation des serveurs.
Une chose que ces messieurs devraient tout à fait être en mesure de gérer. Au vu de la mise de départ, beaucoup de gens sont de cet avis.

Allez Apple, macOS pour ARM, i.e. au moins pour les puces maisons, ce sera d’ici là alors sûrement mieux qu’aujourd’hui (en matière de sécurité et de consommation).
Quand bien même il ne s‘agissait que de virtualiser macOS avec des solutions serveur sur une machine ARM et non pas de proposer du XServe à nouveau (une chose sur laquelle j’ai fait une croix depuis bien longtemps), ce serait à minima une option supplémentaire et à priori intéressante pour les puces, et certainement une excellente chose...

avatar oomu | 

Pourquoi ?

Pourquoi pensez vous que ça sera "sûrement mieux" ?

Autre exemple pour essayer d'aller au delà du discours convenu :

" qui soit plus rapide, plus efficace en termes énergétiques et mieux sécurisé que ce qui existe actuellement."

ce passage est amusant, c'est exactement ce que tous les fabricants de puce, Intel en tête, disent vouloir.

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Il est difficile d'imaginer autre chose qu'un dérivé ARM, parce que sinon quoi ? du Sparc ? un Mips ? Pourquoi foutre ?

une conception totalement nouvelle (10 ans de développement, 15 ans à attendre qu'on ait porté toutes les bibliothèques C et Fortran de base....) ?

Arm est le meilleur candidat car il a pour lui une base installée suffisamment conséquente pour motiver le gigantesque travail de portage et d'optimisation forcenée des outils de développement et un système de licence qui permet à l'industrie de se faire son commerce à la carte.

Mais à quoi bon une énième startup de plus pour un design de cpu ? Y a déjà plein de fabricants de puce avec des gens connus à la tête (ou d'ex-fabricants de puce avec des gens connus à la tête).

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il est peu crédible qu'une puce arm à la hauteur d'un i9 ou Xeon soit plus "sécurisé".

Spectre, meltdown etc, sont la démonstration que les optimisations faramineuses des processeurs modernes et leur performance ouvrent la voie à ce qui était avant des attaques théoriques.

C'est la conséquences de mécanismes des processeurs modernes qui ouvrent la voie à des failles.

et la réponse n'est pas QUE dans les mains du méchant Zintel mais aussi dans les développeurs des systèmes d'exploitation (windows, linux, macos/ios, autre)

un cpu ARM bardé de mécanismes comme un AMD et Intel généraliste de bureau/serveur s'ouvrira aux même types d'attaques et demandera une pile de logiciel en tenant compte.

concrètement: cela passe par une perte de performance, comme vu avec macos, windows et linux pour mitiger, rendre + difficile, l'usage de ces nouvelles attaques (plus de vérification, plus de contrôle = plus de traitement).

avatar oomu | 

A ce propos qu'est devenu l'héritage de Transmeta hmm

avatar Manu | 

Vous avez tout faux. Les serveurs de nos jours c’est pour des Xserve mais pour des fermes orientées Cloud.

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