L’abonnement Creator Studio proposé par Apple n’intègre pas seulement des apps, il met aussi une bibliothèque de contenus premium à votre disposition. En vous abonnant, vous aurez accès à une vaste photothèque, des illustrations variées qui peuvent être insérées dans les documents créés avec l’éditeur de texte Pages, le tableur Numbers ou encore l’outil de création de présentations Keynote. Si ces images sont en général d’excellente qualité et parfaites pour illustrer de nombreux sujets, elles ne sont pas libres de droit pour autant. Et malheureusement, elles compliquent encore un petit peu plus l’utilisation de la suite créative d’Apple.
Image MacGeneration.
Un usage strictement encadré par les conditions d’utilisation
Apple le rappelle à chaque fois qu’on insère un élément depuis le centre de contenus : utiliser ces images nécessite d’accepter des conditions d’utilisation spécifiques. Pour savoir lesquelles, Apple renvoie vers un long document PDF de 132 pages, même si c’est surtout parce qu’il est rédigé dans de nombreuses langues. La partie qui nous intéresse est finalement assez courte, surtout si on se concentre sur les restrictions.
Voici la liste concoctée par les avocats d’Apple de ce que vous n’avez pas le droit de faire avec les images premium :
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143,8 milliards de dollars. C’est le chiffre d’affaires réalisé par Apple fin 2025, un record historique, qui dépasse même largement les attentes des analystes. Comment expliquer cette performance exceptionnelle ? On analyse dans cette émission les résultats trimestriels dévoilés par Tim Cook.
Au programme également, l’arrivée de l’AirTag 2, le lancement de l’offre Creator Studio et une acquisition d’envergure de la part d’Apple.
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Le 6 janvier, nous vous parlions d’une vente aux enchères à venir concernant des objets ayant appartenu à Steve Jobs, dont le premier chèque signé par lui et son compère Steve Wozniak au nom d’Apple Computer, ou d’autres éléments plus incongrus comme sa collection de cartouches 8 pistes ou son bureau d’enfance. Comme le rapporte AppleInsider, au vu des résultats de la vente, la hype sur Steve Jobs est encore loin d’être retombée.
Le fameux premier chèque d’Apple Computer. Image RR Auction.
Brisons dès le départ l’attente : pour un chèque dont la valeur était de 500 dollars pour le destinataire, le bout de papier a fait une jolie culbute, avec une vente ayant rapporté plus de 2 400 000 dollars !
Ce n’est cependant pas l’objet parti le plus cher (et heureusement), même s’il atteint la seconde place. Le haut du podium revient fort logiquement au prototype d’Apple-1, la « Celebration board », parti pour 2 750 000 dollars. Dans les autres objets, un poster (oui, un seul) d’Apple Computer de 1977 ayant appartenu à Steve Jobs est parti pour 659 900 dollars, un boîtier en bois d’Apple-1 pour 254 375 dollars, ou encore une carte de visite du co-créateur d’Apple portant une note manuscrite destinée à son père pour 97 439 dollars.
Mais les lots les plus étonnants étaient tout de même son lot de nœuds papillon, parti pour 113 580 dollars, son bureau d’enfance, à 81 989 dollars, ou encore sa collection de cartouches 8 pistes de Bob Dylan et Joan Baez, adjugées tout de même pour 6 250 dollars (et quand on connaît la fragilité du media...).
Même 15 ans après son décès, Steve Jobs fait encore rêver nombre de personnes, et sortir les carnets de chèque aussi vite que pour le dernier produit pommé à la mode.
Il y a comme une certaine dualité chez Apple : alors que d’un côté les outils proposés au grand public comprennent pour le moment OpenAI en grande majorité, et devraient basculer sur des solutions basées sur les technologie de Google Gemini dans les mois à venir, en interne, c’est tout autre chose. En effet, à Cupertino, le maître d’œuvre est une autre intelligence artificielle pour les développeurs : Claude, d’Anthropic. Pourquoi cette séparation ? Mark Gurman est revenu sur ces choix dans le podcast de TBPN Live.
Mark Gurman sur TBPN Live. Image TBPN.
L’utilisation de Claude dans les bureaux d’Apple n’est pas une simple béquille rarement sortie du tiroir selon Mark Gurman : les développeurs maison l’utilisent fortement, au point qu’Apple fait tourner des itérations spécifiquement modifiées pour elle sur des serveurs internes :
Apple tourne sur Anthropic à ce stade. Anthropic alimente une grande partie de ce que fait Apple en interne en matière de développement produits, ainsi qu’un grand nombre de leurs outils internes. [...] Ils ont des versions personnalisées de Claude qui tournent en interne sur leurs propres serveurs.
L’utilisation de l’intelligence artificielle d’Anthropic est donc majoritaire dans les bureaux de l’Apple Park. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas l’avoir choisie à la place d’OpenAI, et plus tard Gemini ?
La raison est, selon Mark Gurman, tout simplement financière : Anthropic s’est montrée très gourmande, demandant dès la première année d’utilisation grand public plusieurs milliards de dollars, et souhaitant un contrat où cette somme double chaque année pendant trois ans. Pour Apple, le deal était inacceptable, et Cupertino s’est donc tournée vers son alliée de toujours : Google.
Les deux entreprises, bien que Google ait créé l’adversaire de l’iPhone avec Android, ont une longue histoire de collaboration : Google est le moteur de recherche de Safari depuis ses débuts, et les deux groupes font tout pour maintenir cet état de fait. Qui plus est, le deal avec Google était bien plus raisonnable, les différents retours s’accordant sur une somme d’un milliard de dollars par an « seulement ».
Apple aurait aussi bien pu continuer avec OpenAI... mais les décisions de Sam Altman, et surtout son partenariat avec Jony Ive, en ont décidé autrement :
OpenAI, soyons clairs, travaille sur des concurrents aux AirPods, avec ChatGPT intégré. Jony Ive est maintenant à la tête du design là-bas. [...] Comment rester partenaire d’une entreprise qui tente de vous dégager du business ? Il était donc hors de question pour Apple de continuer à travailler avec OpenAI, aussi bonne que soit son IA.
Apple semble avoir trouvé son équilibre, et compte bien rester sur cette différence, avec Anthropic en interne et Gemini (puis possiblement Apple Foundation Models totalement maison) pour le grand public.
Nous en parlions pas plus tard que mardi, la France s’apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, grâce à une loi imposant aux plateformes en ligne de vérifier l’âge de l’utilisateur de la même manière qu’elle l’a imposé aux sites de plaisirs solitaires (ou à plusieurs, qui sommes nous pour juger ?) en août 2025.
Ces deux mineurs n’auront bientôt plus de VPN pour se protéger... Image Wikipedia/Bundesarchiv, CC BY-SA 3.0.
Déjà à l’époque, comme en début de semaine, nombreux sont ceux qui ont mentionné pour contourner ces nouvelles règles l’utilisation possible d’un VPN. Il semble cependant que la réjouissance ne sera que de courte durée, la ministre déléguée au numérique l’ayant indiqué sans ambages durant une interview ce matin sur France Info : la prochaine cible, ce sont les VPN, tels le fameux NordVPN ou encore Cyberghost.
Le temps de la ministre pensant qu’un pare-feu se cachait dans les fonctions d’OpenOffice semble loin, même si certains auront toujours un coup d’avance, et les mailles du filet se resserrent autour des jeunes qui souhaiteraient contourner les restrictions imposées. Déjà en 2023, le gouvernement avait tenté d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs, sans succès, la réglementation européenne limitant les capacités d’un pays membre de l’Union à poser des interdictions locales. Or, comme le rappelle Anne Le Hénanff, les précautions ont cette fois été prises :
[...] Donc je peux vous assurer aujourd’hui que ce texte est conforme au DSA, le Digital Services Act, qui va permettre notamment d’appliquer des mesures de vérification, de contrôle et de sanctions côté Bruxelles. Mais par contre, l’âge à partir duquel les plateformes ne pourront pas autoriser l’accès, c’est bien 15 ans et c’est une évolution du droit européen qui s’est produit [en] juillet dernier.
Le gouvernement semble avoir aussi pris en compte les risques de représailles des États-Unis d’Amérique, et la ministre balaye l’argument d’un revers de main : « Le marché européen, c’est le plus grand marché au monde en nombre de citoyens ».
L’argumentaire menant à cette interdiction des plateformes aux jeunes ados est lui aussi bien rôdé : il s’agit de les protéger « de la dépendance, l’addiction, voire les protéger de comportements destructeurs qui peuvent aller jusqu’au suicide ». Bien entendu, dès mardi les jeunes interrogés par les médias avaient la parade : le sacro-saint VPN. Cependant, la réjouissance risque d’être de courte durée, le gouvernement ayant décidé de s’attaquer à cet outil dans la foulée :
Les VPN, je ne suis pas naïve, on connaît l’environnement numérique dans lequel nous évoluons tous, évidemment que le VPN existe. Mais moi, si j’ai réussi, en faisant passer ce texte avec l’aide des députés, à protéger déjà 65-70 % des enfants, je rappelle que l’âge moyen de création de son premier compte sur un réseau social, c’est huit ans et demi. [...] Et les VPN, c’est le prochain sujet sur ma liste.
Il est fort à parier que le gouvernement utilise pour cette nouvelle limitation le même procédé que pour les sites aux mœurs légères, laissant la plateforme libre de choisir sa méthode de contrôle tant que celle-ci permet avec certitude de confirmer l’âge de l’utilisateur. Cependant, le cas des VPN pourrait être encore plus simple : que ce soit les deux plus gros cités plus haut, tout comme leurs concurrents directs ProtonVPN ou Surfshark, tous ces fournisseurs de services le font contre rémunération, et donc une carte de paiement valide. Voilà qui devrait faciliter le contrôle, sachant que les cartes distribuées au mineurs ont des numéros spéciaux, permettant de les distinguer des cartes de paiement « standard ».
Reste que le gouvernement devra faire attention à la méthode employée, tout comme aux limites à s’imposer : la nuance est fine entre une protection des plus fragiles et une sensation (justifiée ou non) d’État liberticide...