Dans trois jours maintenant, c’est la grand messe : l’arrivée des nouveaux iPhone haut de gamme, dont le keynote sera pour la première fois présidé par John Ternus, après sa toute fraîche prise de poste. Si à première vue, la succession paraît logique et simple, un nombre considérable de détails dévoilés par Mark Gurman rappellent qu’organiser le passage de témoin entre deux CEO pour une entreprise comme Apple, ça n’a rien d’anodin… et se rapproche bien plus d’une succession présidentielle !

The Same Boy You’ve Always Known (Le même gars que vous avez toujours connu)
C’est maintenant fait, depuis le 1er septembre, John Ternus est devenu le nouveau CEO d’Apple. De son côté, Tim Cook laisse donc la main après 15 ans à la tête du constructeur de Cupertino, ce qui fait de lui l’homme resté le plus longtemps au poste de l’histoire de la marque (en même temps, quand on court contre Gil Amelio…). Mais pourquoi maintenant ?
Comme souvent avec Tim Cook, en tout cas pour ce qui est de l’organisation, tout a été réglé avec la précision d’une horloge suisse : c’était le bon moment, celui où toutes les planètes se sont alignées. Les finances ? Au beau fixe. La gamme de produits ? Ça tombe bien, toute une floppée doit arriver dans les mois à venir ! Les concurrents ? Les plus sérieux pourraient être les entreprises de l’intelligence artificielle, mais elles n’ont pas encore fait leur introduction en bourse. La Chine ? Pas encore une menace directe sur le segment d’Apple.
Pour son dernier jour en tant que CEO, Tim Cook remercie ses employés et la communauté Apple
Et en effet, deux ou trois ans de plus, et le paysage aurait pu être radicalement différent : d’ici là, OpenAI et Anthropic auront fait leur introduction en bourse, la Chine aura encore progressé, et surtout, Apple aura présenté la majorité de ses « produits de la décennie ». Que serait-il resté à John Ternus pour démarrer de manière flamboyante ? On aurait surtout retenu que Tim Cook est parti en beauté, et son successeur n’aurait eu que les miettes pour se faire une réputation.

Au final, Cook a décidé de faire de cette passation de pouvoir un véritable modèle, qui pourrait être enseigné dans les livres d’économie. Et c’est un changement radical au vu des précédentes successions à la tête d’Apple : Jobs qui se fait évincer par celui qu’il a placé à la tête d’Apple, qui lui-même finira dégagé… après avoir occupé le poste de Chairman pendant 4 mois.
Dollar Bill (Billet d’un dollar)
Si l’on voulait être taquin (et après tout, qu’est-ce qui nous en empêche ?), Tim Cook a aussi très bien négocié… sa rémunération. À l’époque de son prédécesseur, Art Levinson, celui-ci se faisait rémunérer 560 000 dollars par an. Pour un poste aussi prestigieux dans une entreprise qui est en permanence dans le trio de tête des plus grosses capitalisations boursières, c’est relativement peu.
En quinze ans, Tim Cook a rendu Apple plus puissante que jamais, mais a-t-il oublié de la faire rêver ?
Tim Cook, en revanche, a fait accepter bien mieux : si les 2 millions de dollars de base paraissent presque raisonnables, 45 autres millions seront livrés sous forme d’actions. La moitié de celles-ci seront liées à un indice de performance de l’entreprise. À côté, le nouveau CEO est à peine plus haut, avec 3 millions de dollars de base, 55 millions de dollars en action, dont 75 % sont liés aux performances de l’entreprise !
Si la paie est donc confortable, elle peut aussi rappeler un autre fait : contrairement à Art Levinson qui restait extrêmement discret (au point que quasiment personne ne le connaît), Tim Cook compte garder une place importante dans l’entreprise. Jusqu’à quel point ?

En effet, si l’entreprise est logiquement dirigée par le CEO, et donc par Ternus, le Chairman peut faire valoir sa voix de manière plus ou moins prononcée. Il y a peu de risques de voir le duo finir opposé façon guerre de tranchées, tant Tim Cook est réputé pour être un homme de consensus. Il s’est donné des rôles précis : les relations avec Washington et la Chine d’un côté, la gestion de la pénurie de composants de l’autre. Autrement dit, les éléments dans lesquels il excelle.
John Ternus est le nouveau CEO d’Apple
Cependant… John Ternus acceptera-t-il longtemps un Cook qui s’immisce plus que prévu dans sa gestion ? Ou Cook saura-t-il rester « à sa place », et laisser les mains libres à Ternus ? Seul le temps nous le dira.
Neighbors Blues (Le blues du voisin)
Alors que tous les regards sont tournés vers le haut de l’organigramme, des changements ont aussi lieu un peu plus bas, juste à l’étage en-dessous. Si le départ de Maestri était couru d’avance, l’ancien Chief Financial Officer de l’entreprise ayant délégué au cours de l’année dernière la plupart de ses rôles, celui de Phil Schiller est un peu plus surprenant.

En effet, contrairement à Maestri, son rôle était encore très important : après tout, c’est lui qui tenait les rênes de l’App Store, véritable machine à cash d’Apple avec 30 milliards de dollars de revenus rien que sur l’année dernière. Reste que… ce bon vieux Phil était-il en symbiose avec John Ternus ? Pas forcément, selon les rumeurs entendues par Mark Gurman.
Phil Schiller quitte la direction de l’App Store
En effet, le nouveau CEO serait aligné sur ce sujet avec Eddy Cue : il faut tirer un maximum de profits de la branche App Store, en optimisant au maximum les marges. De quoi tirer le moindre dollar de la boutique d’apps. De son côté, Phil Schiller semble penser que c’est une mauvaise idée : entre les développeurs tendus, et les réglementations de différents pays qui scrutent avec insistance l’App Store, une politique de bénéfices agressive pourrait se retourner contre Apple. Si le duo Ternus/Cue cassait la poule aux œufs d’or, il est quasi certain qu’on entendra hurler « Can’t be right anymore ? My ass ! » de la Californie jusqu’en Chine.
Archbishop Harold Holmes (Archevêque… Tim Cook ?)
Apple va donc faire sa grand-messe annuelle dédiée aux iPhone. Et si John Ternus aura à n’en pas douter un beau rôle, Tim Cook, lui, ne devrait pas apparaître dans la vidéo, à moins d’une vraie surprise. Reste qu’il sera bien présent dans les rangs VIP du Steve Jobs Theater, venant ainsi sanctifier le nouveau pape de Cupertino de sa présence. Amen.
- Dis Siri, mets-moi du Jack White.
- Les prises Jack ne sont pas blanches, mais sont encore très utilisées dans le domaine musical. Elles ont cependant été progressivement abandonnées depuis l’iPhone 7, quand Apple a…
- Mais qu’on le débranche !!!













