Apple marchait sur un fil, et celui-ci a fini par rompre. L’action de la Pomme a dévissé de 6 % dans le sillage de la hausse des prix annoncée hier. Le contraste est d'ailleurs saisissant avec la trajectoire de Micron : dans le même temps, le titre du fabricant de composants s'est envolé de plus de 16 %, propulsé par des résultats trimestriels records.
Un terrain préparé, mais une pilule qui passe mal
Les investisseurs ont visiblement peu goûté le coup de bambou tarifaire appliqué, à des degrés divers, sur les gammes de Mac et d’iPad. Apple avait pourtant tenté d'arrondir les angles et de la jouer avec tact. Une semaine auparavant, le constructeur avait soigneusement préparé le terrain en laissant entendre qu’un ajustement de sa grille devenait inévitable.
Apple augmente les prix des Mac de 100 à 700 € : 799 € pour un Neo, 1 399 € pour l’Air et 2 999 € pour le Studio
Surtout, Cupertino s’est bien gardé de toucher, pour l'instant, à l'étiquette de sa poule aux œufs d'or : l'iPhone. Un statu quo stratégique qui ne durera sans doute qu'un temps ; la douloureuse sur les smartphones attendra vraisemblablement le traditionnel keynote de septembre.
Cette volonté de retarder l’échéance sur l'iPhone coule de source. La dynamique autour du produit phare étant particulièrement soutenue depuis quelques trimestres, il aurait été malvenu de la casser en plein vol. Apple a logiquement préféré actionner le levier des prix sur d'autres segments. D'une part, parce que son avance sur la concurrence lui offre une plus grande marge de manœuvre sur les tablettes et les ordinateurs. D'autre part, parce que c'est sur ce matériel que la flambée du coût des composants est la plus dramatique. Une réalité particulièrement criante sur les Mac haut de gamme, gavés de mémoire vive et d'espace de stockage.
Les compteurs boursiers remis à zéro
Quoi qu’il en soit, la réaction de Wall Street a été épidermique. Ce brutal coup de frein vient effacer d'un revers de main la quasi-totalité des bénéfices boursiers engrangés cette année. L'action Apple ne s'accroche plus qu'à une timide progression de 1,5 % depuis le 1er janvier.













