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Des patrons de la high-tech américaine inquiets ou révoltés par le décret sur l'immigration

Florian Innocente | | 00:22 |  374

Plusieurs grands groupes américains de la high-tech américaine ont exprimé leur préoccupation, en des termes plus ou moins mesurés, face à l'un des décrets signés ce vendredi par le président Trump.

Donald Trump après la signature du décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis », limitant l'entrée de certains ressortissants de pays musulmans.

Le texte interdit, pour une durée d'au moins 90 jours, l'entrée sur le sol américain des ressortissants (hors diplomates et employés d'organisations internationales) de sept pays musulmans (Syrie, Iran, Soudan, Libye, Somalie, Iraq et Yémen). Quand bien même ils seraient détenteurs de visa en règle ou d'une carte verte leur permettant de travailler aux États-Unis.

Cette décision a sorti les Microsoft, Apple, Google, Facebook, Box, Netflix ou encore Uber d'une certaine léthargie depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Car l'application immédiate de ce décret a bloqué de facto l'entrée de certains de leurs salariés ou de membres de leurs familles.

Tim Cook qui a discuté de la question de l'immigration cette fin de semaine à Washington, a envoyé un courrier à ses équipes, dans lequel il ne cite pas Donald Trump mais insiste sur l'importance que revêt l'immigration à ses yeux, pour Apple comme pour l'Amérique.

Aucune allusion en revanche aux origines syriennes de Steve Jobs (par son père). Il s'agit peut-être pour Cook de ne pas instrumentaliser cet élément biographique de son ancien patron et ami. Cook a indiqué toutefois que plusieurs employés d'Apple étaient concernés par ce décret et que son entreprise s'en était émue auprès de la Maison Blanche. La communication se termine sur une déclaration de Martin Luther King : « Nous sommes peut-être arrivés sur des navires différents, mais nous sommes désormais réunis sur le même ». Ca ne mange pas de pain, mais d'autres chefs d'entreprises comme lui ont été bien plus offensifs.

Le courrier de Tim Cook

Team,

In my conversations with officials here in Washington this week, I've made it clear that Apple believes deeply in the importance of immigration -- both to our company and to our nation's future. Apple would not exist without immigration, let alone thrive and innovate the way we do.

I've heard from many of you who are deeply concerned about the executive order issued yesterday restricting immigration from seven Muslim-majority countries. I share your concerns. It is not a policy we support.

There are employees at Apple who are directly affected by yesterday's immigration order. Our HR, Legal and Security teams are in contact with them, and Apple will do everything we can to support them. We're providing resources on AppleWeb for anyone with questions or concerns about immigration policies. And we have reached out to the White House to explain the negative effect on our coworkers and our company.

As I've said many times, diversity makes our team stronger. And if there's one thing I know about the people at Apple, it's the depth of our empathy and support for one another. It's as important now as it's ever been, and it will not weaken one bit. I know I can count on all of you to make sure everyone at Apple feels welcome, respected and valued.

Apple is open. Open to everyone, no matter where they come from, which language they speak, who they love or how they worship. Our employees represent the finest talent in the world, and our team hails from every corner of the globe.

In the words of Dr. Martin Luther King, "We may have all come on different ships, but we are in the same boat now."

Tim

Même son de cloche chez Microsoft, dont le patron Satya Nadella a rappelé ses origines étrangères (lui, comme les dirigeants de Google et d'Adobe, pour ne citer qu'eux, sont d'origine indienne). 76 employés de Microsoft sont touchés par ce décret, explique Brad Smith, le directeur des affaires juridiques, dans un courrier envoyé en interne. Il y parle également des risques que cette décision fait peser sur la vie même de certains immigrés en possession ou en attente d'un visa.

Chez Google, 100 employés sont concernés. Sundar Pichai, a déclaré dans un courrier qu'il était préoccupé par les conséquences de ce décret et de toute autre proposition qui conduirait à gêner la venue aux États-Unis de talents désireux de travailler pour Google.

Reed Hasting, le patron de Netflix, est plus virulent. N'hésitant pas à citer nommément le président américain et à juger ses actions en contradiction avec ce que l'Amérique représente.

Il évoque les risques que cela pourrait faire peser sur les États-Unis qui vont se retrouver « détestés et lâchés par leurs alliés ». Et de conclure par un appel à la résistance : « Il est temps de se serrer les coudes pour protéger les valeurs américaines de liberté et d'opportunités ».

Reed Hasting, Netflix Cliquer pour agrandir
Aaron Levie, fondateur de Box, le spécialiste du stockage dans le nuage

Cette actualité américaine a poussé le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, à déclarer à nouveau sur Twitter, son pays ouvert à tous ceux qui, indépendamment de leur foi, « fuient la persécution, la terreur et la guerre. La diversité fait notre force. »

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374 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar CNNN 29/01/2017 - 00:28 via iGeneration pour iOS

Quel est l'intérêt de cette politique ?
Je ne comprends pas bien... surtout pourquoi 90 jours dans ce cas ?

avatar calotype 29/01/2017 - 01:22 via iGeneration pour iOS

@CNNN

Je pense que c'est ( au mieux) un moyen de "marquer son territoire, coucou c'est moi le boss" comme le chien qui pisse sur un poteau juste avant de repartir en trottinant.
Au pire un réel début de son programme.

avatar C1rc3@0rc 30/01/2017 - 15:16 (edité)

C'est le début de son programme.
Il faut se souvenir que Trump n'est pas un politicien mais un chef d'entreprise milliardaire. Il applique le programme qu'il a annoncé dans le plus pur style "redressement" tel qu'il existe aux USA.

Il faut aussi rappeller qu'il a une marge de manoeuvre et des moyens ultra reduits pour la politique interieure, mais que pour la politique exterieure il a de quoi agir a sa guise (avant de devoir en repondre aux instances internationales evidement, mais apres le coup de l'invasion illegale de l'Irak par Bush on se doute bien que les instances qui font le paillasson depuis tout ce temps vont pas s'emouvoir plus que d'un communiqué de presse creux)

les 90 jours c'est une limite legale, un peu comme l'etat d'urgence en France: c'est limité dans le temps mais en truandant c'est possible de le renouveler a gogo.

Dans les faits, les USA sont un etat souverain qui peut attribuer et supprimer des visas comme il luis chante et qui peut sans trop de contraintes fermer ses frontieres pour x raison.

Trump utilise la politique exterieure (proteger la nation des terroristes, rappelons-le argument soutenant les infamies du Patriot act) pour faire de la politique interieure (faire comprendre aux entreprises qu'il va falloir investir aux USA et donner du boulot aux americains plutot qu'aller chercher des immigrés...)

Ces quelques decrets ne sont que la partie caché de l'iceberg, car deja tout ce qui concerne l’environnement est totalement bloqué et cela touche de nombreux domaines, a commencer par la recherche et la gestion du territoire...

Ce qui est amusant en fait c'est que les USA et le Canada sont en totale divergence: les americains on mis Trump au pouvoir pendant que les canadiens ont evacué Harper a grande eau apres qu'il ait méchamment sévi pendant trop d'années.

Bon la bonne nouvelle c'est que grace a Trump les talents qui s'exilaient pour les USA vont pouvoir etre recuperés par les autres nations... Au ceux que la Chine viendra pas chercher avec un pont d'or.



avatar Yohmi 29/01/2017 - 01:54 via iGeneration pour iOS (edité)

@CNNN

Je suis très loin d'être un spécialiste, mais j'ai cru comprendre que les décrets sont la seule forme d'action directe pour le président des États Unis, qu'il peut donc signer sans l'accord des autres organes de la démocratie. Par contre, cela vient également avec d'énormes contraintes et limitations.

avatar jean512 30/01/2017 - 09:42 (edité)

l'intérêt est de limité le risque d'attentat. En gros ils préfèrent prévenir que guérir.

En France c'est tout l'inverse : on attend qu'il y est un attentat et puis........ on ne fait rien finalement, à par changer les photos de profil Facebook aux couleurs de la France...

Donc perso je préfère 100x la méthode de trump.

avatar KimoMac 30/01/2017 - 10:41 via iGeneration pour iOS (edité)

@jean512

avatar KimoMac 30/01/2017 - 10:41 via iGeneration pour iOS

@jean512

À vous lire on devrait surtout interdire les personnes ayant un QI déficient comme le votre.

avatar jean512 30/01/2017 - 17:17

merci pour vos 2 commentaires très bien argumentés, c'est sur que votre QI est bien plus élevé que le mien !

avatar Manubzh 31/01/2017 - 12:37

je me demande s'il finira comme Kennedy ce mec...
il est complètement stupide, il va flinguer les USA avec sa politique de protectionnisme à 2 balles

avatar Quentin 29/01/2017 - 00:33 via iGeneration pour iOS (edité)

Donc quelqu'un qui est en séjour dans un de ces pays mais qui habite aux USA ne pourra pas retourner chez lui suite à ce décret?

Dans tout les cas, il faut se bouger. Mais bon, Macgé n'est le site idéal pour parler politique 😬

avatar House M.D. 29/01/2017 - 00:35 via iGeneration pour iOS

@Nitneuqq

C'est exactement ça, quelqu'un qui est originaire d'un de ces pays, qui travaille aux USA mais qui a eu le malheur d'aller voir sa famille ou de partir en vacances en dehors des USA au moment d'application de ce décret ne peut plus entrer sur le sol américain pendant ces 90 jours.

avatar C1rc3@0rc 30/01/2017 - 15:23 (edité)

Cela s'applique aussi aux bi-nationnaux, car c'est a priori pas le pays mais la nationalité.

Meme si on a une carte verte, qu'on vit depuis des annees aux USA, que le reste de la famille vit aux USA, ça ne change rien.

Faut quand meme rappeller que l'entree aux USA est l'une des plus difficile et restreinte dans le monde apres les etats totalitaires, et que le permis de travail y est l'un des plus restrictif et difficile a obtenir.

avatar marenostrum 29/01/2017 - 00:45 (edité)

mesure démagogique.

avatar Hoooti 29/01/2017 - 01:16 via iGeneration pour iOS

@marenostrum

Plus largement, homme démagogique.

avatar bonnepoire 29/01/2017 - 10:02

Ou pragmatique!

avatar lll 29/01/2017 - 14:58

Ça me fait penser au Japon qui enregistre les empreintes digitales et la photo de chaque étranger entrant dans le pays alors que le terrorisme au Japon est essentiellement, pour ne pas dire uniquement japonais. Triste.

avatar C1rc3@0rc 30/01/2017 - 15:28

Aux USA c'est pareil, sauf que cela ne se fait pas a l'entrée sur le territoire mais depuis le pays de depart.

Les USA ont reussi a imposer le passeport biometrique avec la promesse d'une simplification administrative pour la procedure d'entree: en fait c'etait un piege a con, ils ont empiré la procedure administrative pour tous ceux qui n'ont pas de passeport biometrique. Et maintenant en plus faut declarer ses comptes sur les resaux sociaux...

Aux USA, comme au Japon, meme plus encore, le terrorisme est interieur et majoritairement du fait des groupe ultra-nationalistes...

avatar mac_adam 29/01/2017 - 15:49 (edité)

@bonnepoire :
Non, démagogique, vu que dans le même temps il a l'intention de renforcer le droit des citoyens à posséder des armes à feu.
Et pour en revenir au sujet, pas non plus pragmatique, vu que 90% des informaticiens de la Silicon Valley sont des étrangers.

avatar adixya 29/01/2017 - 19:07

C'est moins démagogique que dans un logique pro-business des armes, tout simplement, vu les montants en jeu...

avatar C1rc3@0rc 30/01/2017 - 15:54 (edité)

+1

Il est bon de rappeler le poids économique du complexe militaro-industriel et de l’économie de guerre dans le budget des USA: 60% en moyenne du budget national est dévolu au secteur militaire... cela sans parler du système de financement mixte consacré au renseignement et exploitant massivement les paradis fiscaux US ...

Et effectivement autant sur e marché intérieur qu'a l'exportation, les armes sont un des plus gros et plus rentables business pour les USA.

Paradoxal dans un pays ou les présidents sont les plus victimes d'attentat (et tentatives) a l'arme a feu: 1 sur 2 en moyenne!
Le dernier un date qui a rechapé de peu c'est Reagan, en 1981, et il y a eu 4 tentatives contre Clinton !
Et bien, malgré ça, pas un n'a touché au secteur pour ne serait-ce empecher les tarés d'acheter des armes a feu!

Quant a Trump, il y a deja eu une tentative alors qu'il n'etait qu'en campagne ( et on ne compte pas les "flingages" politiques dont il est victimes de la part des 2 camps et des media, mais c'est un autre probleme)

avatar postman94801 29/01/2017 - 00:45

Rapidement on va lui proposer une ballade en décapotable à Dallas et le problème sera régler... ça ne sera que le 4e ou 5e président à finir comme ça... Une tradition e quelque sorte!

avatar marenostrum 29/01/2017 - 00:48

pour le rendre immortel ?

avatar Patrick_C 29/01/2017 - 13:01

La tradition se perd alors : un seul assassiné en décapotable, les autres à bout portant. Et puis l'essentiel l'ont été au XIX ème siècle (l'avant dernier en tout début de XXème). Kennedy est plutôt éloigné de ces traditions (3 assassinat en 35 ans puis plus rien).

avatar C1rc3@0rc 30/01/2017 - 15:59 (edité)

C'est uniquement parce que les services de securité sont de plus en plus efficaces, car le dernier qui a rechappé de peu c'est Reagan (une balle en plein poumon), et les suivants ont eu droit a des tentatives qui ont echoué (Clinton en a compté 5)

Bon ça en dit long sur l'etat de la democratie US et sur sa propension a laisser en vente libre les armes a feu, dont les armes militaires!

avatar Manubzh 31/01/2017 - 12:40 (edité)

ah on a pensé au même symbole XD

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