San Bernardino : le FBI a accédé aux données de l'iPhone et renonce à l'aide d'Apple

Stéphane Moussie |

Le FBI n’a plus besoin de l’aide d’Apple pour déverrouiller l’iPhone de l’un des terroristes de San Bernardino. Il vient de faire savoir qu’il avait réussi à accéder aux données de l’appareil. En conséquence, il demande au juge d’annuler l’injonction visant à contraindre Apple à coopérer pour déverrouiller cet iPhone.

crédits : Paul Sableman —  CC BY

« Notre décision de mettre fin au litige est fondée uniquement sur le fait que, avec l’assistance récente d’une tierce partie, nous pouvons maintenant déverrouiller l’iPhone sans compromettre les informations qu’il contient », a commenté la procureure fédérale de Californie Eileen Decker dans un communiqué.

Il s’agit d’une conclusion brusque à une affaire qui avait pris une ampleur phénoménale. Apple, soutenue rapidement par toute la Silicon Valley, avait refusé catégoriquement de créer un logiciel sapant la sécurité de l’iPhone de Syed Rizwan Farook pour permettre au FBI d’accéder à ses données, arguant que cela mettrait en péril la sécurité de tous les autres iPhone et de leurs utilisateurs. La firme accusait aussi le FBI de vouloir créer un précédent avec cette affaire ultra sensible — 14 personnes ont été tuées et 22 blessées dans l’attentat. Au moyen d’une lettre ouverte puis d’apparitions médiatiques, Tim Cook avait fait de ce litige un débat public sur la confidentialité des données.

Le 21 mars, juste avant une audience cruciale, le FBI avait annoncé qu’il avait peut-être trouvé un moyen d’accéder à l’iPhone grâce à un coup de pouce d’une tierce partie. Cette piste s’est donc révélée fructueuse.

La technique utilisée n’a pas été révélée. Le Département de la Justice a seulement indiqué qu’elle ne fonctionnait qu’avec l’iPhone du terroriste — un iPhone 5c sous iOS 9. Le coup de pouce a peut-être été donné par la société israélienne Cellebrite, spécialisée dans la sécurité mobile et partenaire du FBI depuis 2012, mais le flou règne toujours sur sa réelle participation.

Le Département de la Justice a par ailleurs déclaré qu’il n’hésiterait pas à recourir de nouveau aux tribunaux pour forcer un fabricant à coopérer s’il le fallait :

Veiller à ce que les forces de l’ordre puissent obtenir des informations numériques cruciales pour la sécurité nationale et publique reste une priorité pour le gouvernement, que ce soit avec la coopération des parties concernées, ou par le biais du système judiciaire quand la coopération échoue.

Apple a réagi par un communiqué. Pour l'heure elle ne fait pas mention de son souhait de se voir communiquer les détails de la méthode utilisée par le FBI, ce qu'elle fera peut-être dans un second temps. C'est un point qu'elle avait abordé par le passé et sur lequel le directeur du FBI n'avait pas voulu s'exprimer.

Apple insiste en revanche sur le fait qu'elle va continuer d'accroître les mesures de sécurité autour de ses produits :

Dès le début, nous nous sommes opposés à la demande du FBI qu’Apple conçoive une porte dérobée dans l’iPhone, parce que nous estimions que c’était une erreur et que cela créerait un dangereux précédent. À la suite de l’annulation de la requête du gouvernement, aucun des deux n’a été nécessaire. Cette affaire n’aurait jamais dû exister. Nous allons continuer à aider les forces de l’ordre dans leurs enquêtes, comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant, et nous allons continuer à augmenter la sécurité de nos produits alors que les menaces et les attaques sur nos données deviennent plus fréquentes et plus sophistiquées. Apple croit profondément que les gens aux États-Unis et dans le monde méritent une protection des données, la sécurité et la vie privée. Sacrifier l’un pour l’autre ne ferait que compromettre davantage la sécurité des gens et des pays. Cette affaire a soulevé des questions qui méritent un débat national sur nos libertés civiles, et notre sécurité collective et la vie privée. Apple reste déterminée à participer à ce débat.
avatar alan1bangkok | 

y' a du soucis à se faire ......

avatar R1x_Fr1x | 

@alan1bangkok :
Le vrai soucis c'était de croire dès le début à toute cette supercherie

avatar C1rc3@0rc | 

+1
Le FBI et le DoJ ont menti et manipulé l'opinion et la Justice depuis des mois pour arriver a cette tentative aussi illégale qu'anticonstitutionnelles de faire hacker l'iPhone du terroriste par Apple.

Les spin doctors de l'administration americaine ont trouvé une voie de sortie -politiquement correct- pour étouffer cette affaire qui ne pouvait déboucher que sur un scandale de même ampleur que celui du Water Gate!

Apple et surtout la Démocratie ont donc temporairement gagné, mais la sournoiserie de l'administration va trouver un autre angle d'attaque: la prochaine fois la manipulation se fera avec une société plus collaboratrice et dont la servilité aura été assuré auparavant!

Quant au souci par rapport a l'extraction des données, il ne fait que confirmer 2 choses:
-les appareils électroniques grand public ne peuvent qu'être vulnérables: c'est imposé par le Patriot Act et les services de renseignements!
-le FBI et le DoJ sont des menteurs!

Peut être que cela va faire prendre conscience a la population de la nécessite de tout chiffrer et de se méfier du cloud. Et peut être que la population va prendre un peu plus conscience de la réalité décrite par les lanceurs d'alertes et de la nécessité impérieuses de protéger ces personnes!

Par rapport a l'article, encore une fois, nommer le terroriste est une mauvaise chose. Cela encourage les paumés en attente de se faire un nom a rejoindre ces sectes et organisations malhonnêtes et a commettre ces actes abjectes.

L'article d'origine a été mis a jour: le gouvernement(...) indique que le hacking (donc c'est bien du hacking en terme legal) a été possible via un bug largement présent et qu'il permet un accès complet a l'appareil.
Le conseil de sécurité national (donc la NSA et la CIA en plus des services de l'armée) "discute" avec le FBI d'informer Apple du bug: il permet aux gouvernements étrangers de hacker les iPhones.

Donc cela confirme l'axe de défense de Cook!

avatar protos | 

@C1rc3@0rc

Au contraire ! C'est Apple qui doit se sentir minable d'avoir voulu faire croire à tout le monde que leur iPhone chéri était inviolable et tellement sécurisé qu'il était impossible de le déchiffrer.

Bref ! C'est une belle fadaise tout ça !

avatar Leborde | 

100% d'accord avec toi ! et comme par hasard, la solution miracle vient, Apple est blanchie, toutes les sociétés américaines aussi en pouvant mettre la main sur le coeur en parlant de la protection des données.

Quelle guignolade !!!

Et nous faire croire que le FBI n'est pas compétent pour rentrer dans un iPhone :) Comme si le gouvernement US allait tolérer qu'une entreprise produise des biens qui échappent aux contrôles des gouvernements. Quelle blague !

avatar Ze_misanthrope | 

Chouette encore un article ou tous les lecteurs sont plus malins que le FBI qui emploie quand même les plus gros cerveaux du monde et Apple!
On va savoir dans les commentaires ici qui a menti, et qui est le gentil dans l'histoire! Heureusement que les lecteurs d'iGen sont là'

avatar scribe | 

Ouais, c'est un régal de lire tout ça :-))

avatar Flash | 

@Ze_misanthrope

Je peux déjà te donner la conclusion des commentaires:

Apple = les gentils poneys Arc-en-ciel qui protègent le monde
FBI = les gros méchants qui veulent détruire l'humanité

avatar tbr | 

"Apple = les gentils poneys Arc-en-ciel qui protègent le monde
FBI = les gros méchants qui veulent détruire l'humanité"

... et Flash qui prend la photo ! :-)

avatar KimoMac | 

@Ze_misanthrope :
Lol +1000000000

avatar Ginger bread | 

Le DoJ ne tient pas compte de la pledoirie d Apple ni des lois dans le seul but d imposer sa volonté. Elle est belle la démocratie.

avatar C1rc3@0rc | 

La démocratie meurt lorsque l'administration ne respecte plus la Constitution et va jusqu'a l'altérer. Les administrations américaines depuis Reagan n'ont eu de cesse de contourner la Constitution et de l'altérer. La il s'agit d'une nouvelle tentative de déboulonner les fondements fragiles de la démocratie américaine.
D'autres viendront, mieux préparés et ayant la garantie d'agir avec des sociétés plus collaboratrices et serviles :(

Le pire dans tout ça c'est qu'en s'attaquant aux fondements démocratiques et en se comportant en scélérats, l'Etat US, ne fait que renforcer les idéologies perverses et malhonnêtes a la base des organisations maléfiques comme l'EI: quand l'administration d'une démocratie se comporte en voyou, cela légitime le discours pervers des dictatures, qu'elles soient d'inspiration pseudo-religieuse ou adossé a une idéologie incohérente.

avatar rikki finefleur | 

C1rc3@0rc
Perquisitionner une maison c'est aussi une atteinte aux libertés ? Non ? Faut il les suspendre ?

Mon pauvre! A te lire le fbi remplace les criminels.
A croire que ce sont eux qui ont fait la tuerie a san berdino , et pourquoi pas les evenements en france..Tu es un gars qui prône des zones de non droit..

Et la démocratie ne supporte pas des zones de non doit, car justement elle peut s'en trouver fragiliser.. Comme tout élément obscur sur son territoire...
Il y a quelques années , il y avait des restrictions sur les longeurs de clefs, sans que la constitution n'en soit affecté. Cela tu l'omets complétement.

Par contre laisser des communications chiffrées ou appareils qui ne puissent etre lues parl'autorité judiciaire pose un vrai souci dans la vie démocratique.
On le voit ces derniers temps ou des gens essayent par des bombes de déstabiliser des pays.. Ce seront les premiers utilisateurs d'appareils non "perquisionnables.."..
. Du souci a se faire comme le disait Alain.

avatar ElFitz | 

@rikiki finefleur : On va également interdire le papier qui brûle ainsi que les discussions orales en l'absence d'un micro.

La démocratie ne saurait, après tout, souffrir de toutes ces obscures zones d'ombre qui la fragilisent hors de portée de l'autorité judiciaire. Non mais c'est vrai.

Moi je suis pour que rikiki nous fasse un compte-rendu détaillé, et quotidien, de préférence illustré par des photos, de son existence.

En quel honneur ? Eh bien, pour légitimer cette exigence, je propose que les lecteurs de MacG m'élisent Grand Juge Suprême, à la majorité absolue des suffrages exprimés. C'est suffisamment démocratique, non ?

Ton Alain il avait bien raison. Mais c'est de toi qu'il parlait ;-)

avatar C1rc3@0rc | 

@rikki finefleur
Il y a une chose que tu ne veux pas accepter, c'est que l'Etat soit controlé par la Justice et regit par la Constitution.
Une administration c'est un service de l'Etat, et elle doit être exécutrice dans le cadre legal limité et controlé. L'Etat n'a pas de pouvoir et ses fonctionnaires sont des serviteurs contrôlés: les fonctionnaires petits chefs qui peuvent faire ce qu'ils veulent en toute impunité c'est le principe de la dictature, pas de la démocratie!

«Perquisitionner une maison c'est aussi une atteinte aux libertés ? Non ? Faut il les suspendre ?»
Oui si cela se fait hors du contrôle et sans ordre d'un juge dans une enquête illégale.
Pour rappel le juge garantit que la loi est respectée, c'est pour cela que les délinquants, qu'ils soient du coté de la criminalité habituelle ou de l'état, n'aiment pas les juges!

«Mon pauvre! A te lire le fbi remplace les criminels.»
(Re)lis donc l'histoire americaine et les dénonciations des exactions des agences d'état americaines, tu t'apercevras que nombre de scélérats et d'affaires illégales sont le fait de fonctionnaires ayant agit hors du contrôle du cadre légal...

«Et la démocratie ne supporte pas des zones de non doit, car justement elle peut s'en trouver fragiliser..»

Une zone de non droit est une partie du territoire nationale sur laquelle le droit octroyé par la Constitution ne s'applique pas car une "loi" concurrente, qu'elle soit l'oeuvre d'une mafia ou de fonctionnaires, s'y substitue par la force!

La Constitution donne a la démocratie tous les outils pour faire appliquer le droit sur le territoire. Cela va jusqu'a l'intervention militaire. Mais ces actions doivent être sous le contrôle final d'un juge et l'approbation du conseil constitutionnel.

Le FBI a tenté de faire commettre a Apple un acte illégal en détournant le droit, tout en ralentissant l'enquête en refusant d'invoquer le Patriot Act...
Ce faisant le FBI s'est mis en position d'un caid de la pègre.

avatar Chris_974 | 

+ 1
Voir le film RAMPAGE 2 pour s'en rendre compte.
Incroyable de vérité ce film...

avatar Maxime A. | 

Ca serait intéressant de savoir la manière utilisée et si les téléphones à processeur 64bits et enclave TouchID sont également concernés.

Maintenant on peut s'attendre à ce que iOS 10 augmente significativement la sécurité, ainsi Apple jouera la même partition, avec une sécurité de plus en plus présente, pcq mine de rien, niveau marketing ils viennent d'en prendre un coup là...

avatar le ratiocineur masqué | 

Certainement que le F.B.I ont du penser à essayer l'année de naissance du propriétaire du tel comme code au démarrage et... ca a marché !

avatar C1rc3@0rc | 

Hum sachant que le terroriste utilisateur (le propriétaire du smartphone c'est, en l'occurence, l'employeur du terroriste: l'Etat) a été embrigadé par l'entremise de son espionne de femme et cela via des séjours en Arabie Saoudite, il y a d'autres dates plus signifiantes que son anniversaire!

avatar becausebreast | 

Je ne suis pas sûr que Apple prenne un coup Marketing là... Justement c'est tout le contraire.

Un aussi gros bordel, autant de difficultés pour déverrouiller un iPhone qui possède un simple mot de passe.
Apparemment ils ont eu plusieurs propositions qui n'ont pas toutes marchés... Au contraire donc, dans la logique des choses, Apple marque un jolie point comme quoi la sécurité est solide.

& sur cette histoire de " nous avons réussi à accéder aux données " cela ne dit pas si l'iPhone a été déverrouillé en lui même, j'imagine qu'un accès physique ne tient jamais le coup réellement... Peut-être que c'est la solution qui a été utilisée. Dans tous les cas de figure, Apple est gagnant sur la notoriété & l'étiquette de sécurité qu'on lui a attribué tout le long de ce procès.

Apple va encore renforcer iOS pour sa prochaine version de toute manière.

avatar Vanton | 

Hum... C'est une honnête porte de sortie pour tout le monde... Le FBI ne passe pas pour Big Brother et n'a pas à essuyer un refus devant la cour suprême... Qui aurait pu entraîner des complications. Les utilisateurs d'iOS restent pour le moment en relative sécurité puisque rien n'a été rendu public (et que ça concerne de vieilles versions d'iOS) et Apple ne peut pas être accusée de collaboration...

C'est un peu trop beau pour être vrai... Mais nous ne saurons sans doute jamais les dessous de cette histoire et nous devrons donc nous contenter de la version officielle.

avatar Ginger bread | 

@Vanton :
C est ios 9 qui est concernee pas une ancienne version ios

avatar Vanton | 

@Ginger bread :
Ah oui exact, confusion avec l'absence de Touch ID sur ce modèle ! Merci pour la correction !

avatar C1rc3@0rc | 

@Ginger bread
Oui mais c'est un iPhone 5C, donc moins solide que les modèles plus élaborés...

Ceci étant, le niveau de cryptographie utilisable avec des appareils grand public est restreint par l'armée, les services de renseignements et même par l'administration, cela d'autant plus depuis la mise en place du Patriot Act.

Il est donc illusoire de croire qu'un appareil électronique grand public soit exempt de de backdoor et puisse même résister très longtemps a des moyens "forensic" de niveau un peu sérieux.

Reste a savoir maintenant 2 choses:
- quel a été le backdoor utilisé: logiciel ou matériel, local ou réseau, technique ou social engineering...
- comment le FBI peut utiliser légalement les informations extraites , si par extraordinaire elles avaient la moindre valeur.

Il ne faut pas oublier non plus que le FBI est déjà sous la contrainte de devoir révéler quelle faille il exploite pour pister les utilisateurs sur le reseau TOR.
Et comme dans les 2 cas le FBI n'a pas invoqué le Patriot Act, la défense a le droit d'obtenir ces informations.

avatar protos | 

@C1rc3@0rc

C'est simple, ils ont utilisé un ordinateur quantique capable de calculs qu'aucun autre ordinateur ne peut réaliser dans des temps acceptables. C'est peut être Google qui a prêté son ordi-quantique !

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