Chiffrement : Apple demande un délai dans le volet new yorkais

Mickaël Bazoge |

En matière de justice, ce qui se passe sur la côte ouest des États-Unis a des répercussions sur des affaires se déroulant sur la côte est, et vice versa. Lundi, on apprenait que le FBI souhaitait reporter l'audience prévue le lendemain dans le cadre de l'affaire San Bernardino — un délai accordé par la justice californienne (lire : Apple v FBI : l'audience officiellement reportée). Le Bureau aurait en effet trouvé le moyen de se passer des services d'Apple pour récupérer les données contenues dans l'iPhone 5c du terroriste Syed Rizwan Farook.

Image J — CC BY —

La forme et la nature de ce coup de main inattendu, qui serait fourni par l'entreprise Cellebrite, sont largement méconnues pour le moment, et Apple aimerait beaucoup en savoir plus. Cette aide est également ce qui permet au constructeur de bâtir un nouvel argument : si le FBI n'a plus besoin d'Apple à San Bernardino, pourquoi en irait-il autrement à New York ?

Une procédure a en effet lieu à New York, dans laquelle le Department of Justice exige d'Apple le déverrouillage d'un iPhone dans une affaire de trafic de drogue. Le juge en charge du dossier a donné raison au constructeur, estimant que le gouvernement américain ne pouvait s'appuyer sur l'All Writs Act pour forcer Apple à aider les forces de l'ordre dans des enquêtes impliquant l'iPhone. Le DoJ ne l'a pas entendu de cette oreille et a formé un pourvoi en faisant valoir que le juge californien en charge de l'autre affaire avait accordé une injonction sur la base de l'All Writs Act (lire : All Writs Act : le Département de la Justice insiste face à Apple à New York).

Mais si le Bureau a trouvé tout seul une méthode pour déverrouiller un smartphone en Californie, le même procédé peut être utilisé à New York. C'est pourquoi les avocats du constructeur ont demandé au moins dix jours de délai supplémentaire afin de pouvoir consulter les découvertes du FBI. Dans ce dossier au long cours, les rebondissements ne manquent pas et cette demande n'en est qu'un exemple. En attendant le prochain !


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avatar C1rc3@0rc | 

«Le Bureau aurait en effet trouvé le moyen de se passer des services d'Apple pour récupérer les données contenues dans l'iPhone 5c du terroriste Syed Rizwan Farook.»

Une remarque: il est important de ne pas nommer ces gens-la, c'est pour eux une motivation et une reconnaissance qui les incite dans leurs actes abjects et un encouragement pour ceux qui se laissent embobiner dans ces idéologies malhonnêtes et perverses.
Pour les chefs des ces sectes et organisations criminelles, ils ne sont que des outils dépersonnalisés de terreurs et de propagandes: laissons les dans l'anonymat car on peut en parler sans les nommer!

« si le FBI n'a plus besoin d'Apple à San Bernardino, pourquoi en irait-il autrement à New York ?»
Parce qu'il y a un risque de jurisprudence a l'inverse de celle que veut obtenir le FBI...
Le problème n'est pas technique, mais juridique.
Il ne s'agit pas juste de disqualifier le All Writs Act, qui n'est qu'un tour de passe-passe, mais de constater que l'action du FBI est illégal et anticonstitutionnelle.
Le fait d'abandonner la prise dans l'affaire de San Bernardino ne change rien sur le fond, on est face a un manipulation d'etat qui ira jusqu'au bout de sa logique, comme dans l'affaire de l'invasion de l'Iraq.

avatar 0MiguelAnge0 | 

@C1rc3@0rc :
Au contraire: cette phrase pose le ridicule et le mot est faible de la position d'Apple. OUI, ce malade n'est pas un monsieur X. Ce malade n'est pas présumé innocent non plus.

Je crois que la semaine a été tragique et pense aux familles des victimes demandant justice si elles apprennaient que l'enquête était bloquée ou ralentie pour cette même raison.

avatar Domsware | 

@0MiguelAnge0 :
Cette argumentation se base sur des réactions émotionnelles pour éliminer toute réflexion. Et se retourne ainsi tout naturellement contre elle-même : et si l'on apprend que ces actes ont été permis suite à des faiblesses de chiffrement ?

avatar Sokö | 

@C1rc3@0rc :
Comment la demande du FBI de pouvoir ouvrir le smartphone d'un terroriste pourrait-il être illégal et anticonstitutionnelle ? Je dois dire que j'en reste presque sans voix.

avatar Kappy | 

@Sokö :
"Comment la demande du FBI de pouvoir ouvrir le smartphone d'un terroriste pourrait-il être illégal et anticonstitutionnelle ? Je dois dire que j'en reste presque sans voix."

Et pourtant: D'après le Communications Assistance for Law Enforcement Act , le Fbi n'a pas le droit 'to require any specific design of equipment, facilities, services, features or system configurations'. Donc oui, demander à Apple de créer un OS spécifique pourrait être illégal.

avatar Sokö | 

@Kappy :
Pour ce que j'en sais, il s'agit d'entrer dans le smartphone, pas nécessairement de créer un Os spécifique.

avatar Kappy | 

@Sokö :
D'après ce que j'ai compris, le Fbi demande à Apple de fournir une version compromise d'iOS pour contourner son système de sécurité de l'iPhone. Ce qui serait illégal.

avatar TheRV | 

Manipulation d'Etat .... Merci pour le fou rire ;)
On pourrait surtout parler de manipulation commerciale

avatar Ginger bread | 

Quand le DOJ ne respecte pas ses lois..

avatar ThomasG | 

Petite précision : si le DoJ a fait effectivement appel du jugement dans c'est cas là on ne dit pas qu'il a formé un pourvoi mais qu'il a "interjeté appel", on se pourvoit uniquement en cassation

Un juriste pointilleux ;)

avatar Pierre H | 

Tout ça pour qu'au final on retrouve juste des photos de chats et des selfies dans l'iPhone en question...

avatar Sokö | 

@Pierre H :
Ça, on n'en sait fichier rien.

avatar Orus | 

Dans la situation mondiale actuelle, la posture d'Apple va très rapidement devenir intenable.

avatar Paquito06 | 

@Orus :
Il va falloir alors modifier quelques Constitutions, ça ne va pas se faire aussi facilement, ni rapidement; si ça se fait.

avatar JackOne | 

@Orus :
+1

personnellement, j'ai davantage confiance
- dans notre gouvernement (et pourtant je suis critique sur leurs actions),
- dans les gouvernements de nos alliés (USA, ...) que je ne porte pas plus dans mon coeur

pour défendre ma sécurité (d'abord physique) que dans n'importe quelle boite qui par nature (by design comme on dit) est guidée par son CA et la marge qui va avec.

avatar Paquito06 | 

@JackOne :
Les gouvernements ne sont autres que des entreprises. Pire encore, les politiques ne decident plus de rien mais sont que des pantins. Si tu penses que les conseils d'administration des boites du S&P ou du CAC ne decident pas a leur place. J'ai meme pas envie de citer des exemples ou alors que deux, qui me concernent (etant en banque d'investissement), la taxation sur le trading ou les bonus limités, et bien on attend encore.

avatar mac_adam | 

C'était le PDG de Merrill Lynch, me semble-t-il, qui se tenait seul à côté de Reagan quand celui-ci s'est adressé devant ses supporters le jour de son élection à la présidence, et qui lui a donné l'ordre d'abréger son discours qui durait trop longtemps à son goût.

avatar mac_adam | 

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