iWork : quand l'iPad a pris le pouvoir

Nicolas Furno |

iWork, la suite bureautique d’Apple qui regroupe l’outil dédié aux présentations Keynote, le traitement de texte Pages et le tableur Numbers, a toujours balancé entre enchantement et déception. D’un côté, Apple a su renouveler le genre et proposer des idées nouvelles sur ce secteur longtemps dominé par la suite Office de Microsoft. Alors que la suite libre OpenOffice.org se contentait de reproduire l’interface et les fonctions de son concurrent, Cupertino essayait des choses nouvelles* et avec d’excellents résultats.

On se souvient de Keynote, qui permettait de faire des présentations cinématographiques, bien plus vivantes qu’avec PowerPoint. On se souvient de Pages, qui mêlait traitement de texte traditionnel et mise en page façon PAO… ou encore Numbers, qui s’ouvrait non pas sur un tableau infini, mais sur une page blanche où l’on disposait tableaux et graphiques. D’un autre côté, ces idées souvent excellentes ont été gâchées par un développement chaotique, voire anarchique.

Entre des années sans nouvelles, et des mises à jour majeures qui retiraient certaines fonctions pourtant utiles, Apple n’a pas contribué à faire de sa suite bureautique un compétiteur digne de ce nom, face à celle de Microsoft. Et c’est sans compter sur les multiples bugs, liés notamment aux changements de formats : depuis la dernière grosse mise à jour, on ne peut plus ouvrir les fichiers vraiment anciens (ceux créés avant iWork 09) avec les logiciels ! La suite iWork a toujours laissé le sentiment amer qu’elle n’était pas une priorité chez Apple…

Essayez d’ouvrir un vieux document iWork avec les dernières versions de la suite bureautique et vous aurez ce genre de message. Dans ce cas-là, votre seul espoir est d’avoir conservé une copie d’iWork 09…

On a peut-être une explication aujourd'hui : si iWork a eu autant de mal à évoluer au fil des années, voire qu'il a régressé, c’est en partie à cause de l’iPad. Quand la tablette sort en 2010, la suite bureautique est immédiatement disponible pour elle. Et ce n’était pas seulement une liseuse, mais bien une suite bureautique complète, une version quasiment aussi complète que les logiciels OS X.

Une belle surprise, surtout quand on sait à quel point le premier iPad était limité en matière de performances. Mais pour y parvenir, les ingénieurs d’Apple n’ont pas suivi la route la plus évidente : d’après un ingénieur qui a travaillé chez Apple, iWork pour iPad a été créée de zéro, et non pas à partir des versions OS X. C’est un tout nouveau logiciel que le constructeur a mis au point pour conserver de bonnes performances et c’est aussi probablement ce qui explique les incompatibilités entre iOS et OS X (lire : Test iWork pour iPad)

L’information doit être prise avec des pincettes puisque sa source reste anonyme, mais elle paraît crédible. Elle provient d’un témoignage reçu par Accidental Tech Podcast (ATP), un podcast né accidentellement — comme son nom l’indique — de la réunion hebdomadaire de John Siracusa, Marco Arment et Casey Liss. Depuis quelques semaines, ils se plaignaient des mises à jour incohérentes d’iWork et du retrait de certaines fonctions importantes à ces occasions. Dans leur dernier épisode, ils indiquent avoir reçu une explication directement de l’intérieur.

On pouvait utiliser un iPad (en bas à droite) pour effectuer une présentation sur une télévision (en haut à gauche), après avoir utilisé l’iPad pour créer la présentation : à l’époque, c’était une révolution !

Selon leur source, Apple aurait d’abord créé iWork pour iPad de zéro. Puis, plutôt que de continuer à faire évoluer les deux versions en parallèle, le constructeur aurait choisi de fusionner les deux projets en se basant sur l’iPad. C’est ce qui explique la simplification remarquée lors de la mise à jour majeure sortie en 2013. Il n’avait échappé à personne que cette version était extrêmement simplifiée par rapport à la précédente (lire : Test de Pages 5, Keynote 6 et Numbers 3).

Ce n’est pas que l’interface : des fonctions entières avaient disparu entre les deux versions. Comme le font remarquer les trois d’ATP, en général Microsoft ne se permet pas de retirer une fonction entre deux mises à jour d’Office, fut-elle mineure. Même s’il y a eu des exceptions, notamment sur Mac : Visual Basic a été retiré à une époque d’Office, avant de faire son retour quelques versions plus tard. Apple a supprimé des pans entiers de ses logiciels : quelqu’un se souvient du mode Structure de Pages ?

Et l’entreprise n’a même pas pris la peine de s’assurer que ses utilisateurs pouvaient ouvrir les fichiers créés avec les versions précédentes de ses logiciels. Certes, les mises à jour suivantes ont, en partie au moins, restauré les fonctions qui manquaient. On peut également espérer que les anciens fichiers impossibles à ouvrir avec les dernières versions d’iWork seront un mauvais souvenir après quelques mises à jour. Mais il ne reste pas moins que ces problèmes, parfois permanents, parfois passagers, n’inspirent pas confiance.

La dernière version de Pages

Apple a fait le choix de proposer une suite bureautique cohérente du Mac aux iPhone et iPad, en passant par le web. Un choix logique, mais qui a conduit à un nivellement par le bas si l’on en croit ce témoignage. On sait que l’entreprise de Cupertino manque de moyens humains et que cela a souvent des conséquences néfastes sur le développement des produits. iWork n’est pas le seul touché d’ailleurs : la suite iLife a subi les mêmes conséquences, il suffit de se souvenir des évolutions pour le moins chaotiques d’iMovie, pour ne citer qu’un seul exemple.

En 2010, Apple veut sortir une tablette et le constructeur veut fournir des applications pour qu’elle soit utile dès le premier jour. L’équipe qui se chargeait jusque-là d’iWork sur Mac est mise à contribution, elle a peut-être arrêté le développement de nouvelles versions des trois logiciels pour se consacrer entièrement à la tablette. Celle-ci sortie, l’ancien employé d’Apple explique encore que les développements imposés par la direction n’ont pas toujours été ceux que l’équipe souhaitait.

iWork a toujours été considéré par Apple comme une vitrine pour ses propres technologies. Quand OS X ou iOS avaient de nouvelles fonctionnalités, que ce soit Spotlight dans Tiger, la sauvegarde automatique ou le mode plein écran de Lion, ou les fonctions de Continuité de Yosemite et iOS 8, la suite bureautique devait les avoir immédiatement. Les trois logiciels devaient absolument bénéficier de ces nouveautés pour qu’Apple puisse faire des présentations lors des keynote… et parfois ces développements ont été faits au détriment d’autres fonctions qui auraient pu être plus utiles dans des logiciels de bureautique.

En juin 2011, Apple lance iCloud qui permet de synchroniser des documents. Quand il faut présenter cette fonction, devinez quel logiciel sert de cobaye ? La démo avec iWork est disponible à cette adresse.

La position d’Apple est parfaitement compréhensible : comment mettre en avant de nouvelles fonctions, si ses propres applications ne les prenaient pas en charge ? Sans compter que la majorité d’entre elles — de la sauvegarde automatique à iCloud, en passant par Handoff — ont tout à fait leur sens pour une suite bureautique utilisée sur plusieurs appareils.

Au fond, le problème principal du constructeur reste toujours le même : Apple est aujourd'hui beaucoup trop petite pour gérer tous les projets qu’elle maintient. Si le constructeur voulait que sa suite bureautique soit aussi complète et aussi bien considérée que celle de Microsoft, il faudrait lui allouer autant de moyens que celle de Microsoft, ce qui est loin d’être le cas. Ajoutons à cela un manque de cohérence sur la stratégie à long terme, et on comprend les difficultés de ces trois logiciels pourtant si prometteurs quand ils sont apparus, il y a bientôt 10 ans.

En attendant, si vous cherchez une suite bureautique et que vous avez besoin d’un outil sérieux sur plusieurs années, mieux vaut chercher ailleurs qu’iWork. Côté mobile, cela tombe bien, Microsoft vient d’offrir sa suite bureautique sur iOS : pour un usage personnel, et à condition de ne pas avoir besoin des quelques fonctions en moins, vous pouvez utiliser gratuitement Office sur votre iPhone ou iPad (lire : Microsoft Office arrive sur iPhone et Android et devient gratuit). Côté Mac, le monde du libre propose une suite bureautique tout aussi efficace que celle de Microsoft depuis bon nombre d'années. Et si vous avez encore des documents AppleWorks sous la main, sachez que LibreOffice ouvre la plupart…

* Les plus anciens protesteront à raison : Apple a en fait recyclé beaucoup d’idées déjà expérimentées à l’époque d’AppleWorks.

Source
ATP
avatar Martin_a | 

C'est très dommage qu'apple investisse pas plus dans ses logiciels car il y aurait clairement moyen d'avoir une alternative sérieuse, ergonomique et performante à Office !

avatar Claude Pelletier | 

Dommage. Et prétendre qu'elle n'a pas les moyens fait sursauter haut, très haut !
Pourquoi ne pas convaincre les actionnaires de se cotiser ?

avatar patrick86 | 

"Et prétendre qu'elle n'a pas les moyens fait sursauter haut, très haut !"

Vous avez l'air de confondre "humain" et "argent".

L'article parle d'un "manque de moyens humains".

Suffit pas d'avoir des milliards pour faire du bon logiciel. Il faut aussi des développeurs compétents dans une équipe qui fonctionne bien.

avatar Monsieur Daz | 

Oui enfin quand t'as les moyens financiers pour, en général tu peux embaucher et te donner les moyens humains.

avatar karayuschij | 

Au contraire, je trouve que c'est dommage que Apple investisse du temps dans des logiciels qui ne fonctionnent jamais bien ou qu'elle laisse tomber après quelques années…
Apple devrait concentrer ses energies que ce qu'elle sait faire le mieux: des ordinateurs (+ iBidules) et des systèmes d'exploitation (qu'elle fait de plus en plus mal).

avatar Lonsparks23 | 

Quelles sont ces fonctions qui manquent tant à iWork selon les utilisateurs ?

Parce que pour un utilisateur lambda (étudiant ou bureautique "classique"), je vois pas trop ce qu'on peut reprocher à Pages par exemple... Il est simple et fait un bon boulot. iCloud intégré super utile (même si c'est ultraaaaa à charger long sur iPad), simple d'utilisation (bon OK les styles c'est assez mal foutu), et on fait des trucs sympa.. Je vois pas ce que switcher à autre chose pourrait apporter de plus ?(question non rhétorique)

avatar philiipe | 

@Lonsparks23 :
En faite, c'est Numbers qui oblige un gros effort d'adaptation des utilisateurs.

avatar Le docteur | 

Les classiques : une navigation dans les documents plus aisées (un navigateur par la hiérarchie du documents), une table des matières moins gadget et un export en .PDF reprenant la structure du documents en signets (comme OOo et certains Office sur PC).

avatar philiipe | 

IWorks ? Je n'y trouve plus aucun intérêt depuis qu'Office est gratuit et que je synchronise via Dropbox.

Là, Microsoft a marqué un grand coup !

avatar iBatman5s | 

Le plus embêtant c'est cette foutue majuscule automatique qui n'existe pas sur pages !!! Quand est ce qu'ils vont réagir ? Sinon pages est tout à fait adapté pour mon utilisation d'étudiant

avatar Le docteur | 

qui n'existe plus (sauf si tu parles de la version iPad).

avatar frankm | 

La régression de iWork est du à la compatibilité iOS et aussi à la version Web iCloud. Au fait qu'un document dans iCloud puisse être ouvert sur OS X, iOS et iCloud Web. Ca a été nivelé par le bas.
La perte la plus amer étant le publipostage !

avatar Dr Fatalis | 

Ouais, tous les anciens d'appleworks (et qui connurent les itools "gratuits à vie") se souviennent de toute la confiance que l'on peut avoir en Apple quand à la pérennité de nos documents, même pas foutus d'être lisibles d'une version sur l'autre.
Confiance = 0
Si l'ergonomie des soft Apple n'était pas loin devant celle de autres, Cupertino pourrait s'assoir dessus.
Apple fait des truc géniaux, puis les laisse pourrir.
Quand à trouver Apple "trop petite", on ne parle plus d'une PME, là... Il y a simplement une volonté manifeste de niveler par le bas (l'ipad/iphone) ce que l'on a sur els macs.

avatar BeePotato | 

« Un choix logique, mais qui a conduit à un nivellement par le bas si l’on en croit ce témoignage. »

Même pas besoin de ce témoignage pour constater un nivellement par le bas.

avatar Crkm | 

Apple se sert de ses logiciels pour attirer des clients vers leurs appareils (puisqu'Apple est avant tout un vendeur de matériel), mais n'a pas de stratégie à long terme à leur sujet, en témoigne Aperture notamment. Et puis le manque de moyens humain, ça peut s'y remédier, c'est pas comme si Apple était une PME. Mais là encore, le logiciel ne fait clairement pas partie des priorités d'Apple (à part l'OS parce que bon, ils sont un peu obligés).

avatar Dwigt | 

Les moyens humains, ça n'est pas forcément aussi simple. Quand tu augmentes le nombre de personnes sur un projet, ce qui se passe dans un premier temps, c'est que ça ralentit le développement : ceux qui arrivent ne savent pas encore quoi faire, et il faut que ceux qui planchent déjà dessus les mettent au parfum, ce qui les empêche de développer.
Après, vu qu'il y a plus de gens, plus d'équipes, et plus d'avis, il faut des réunions de concertation, et les développeurs senior se retrouvent à jouer les managers d'équipes.

Steve Ballmer, qui était un commercial, et non un technicien comme Bill Gates, avait par exemple cru sur un projet qui prenait du retard qu'en doublant le nombre de développeurs, on diminuerait par deux le temps du développement.
Le résultat, ça a été Windows Vista.

avatar pacou | 

On ne peut avoir confiance en Apple que sur deux sujets:
- le matériel
- son OS

ce qui est grave, c'est d'être aussi ridicule sur ce marché de la bureautique

Moi qui préfère LibreOffice, je n'ai jamais compris pourquoi Apple ne contribue pas fortement et directement à ce projet pour l'intégrer tous azimuts sur ses (i)devices.

avatar Apollo11 | 

@pacou

Je me disais justement que Apple aurait peut-être avantage à rendre iWork open source. Ton idée que Apple investisse le projet LibreOffice est aussi bonne. Apple a bien participé activement au développement de WebKit (Safari) qui a entre autres donné naissance à Google Chrome.

Mais étant donné la tangente qu'a pris iWork, avec iOS et le Web, ça m'étonnerait que Apple ouvre son code.

Pages est un joli logiciel, plus utile pour de la PAO maison que du travail sérieux en traitement de texte. Je lui reproche de ne pas supporter les espaces insécables automatiquement et son manque d'un correcteur grammaticale digne de ce nom.

Comme le dit l'article, je n'ai pas confiance en Apple quant à la pérennité de ses logiciels et donc des formats propriétaires utilisés. Ça ne vaut pas la peine d'investir des années de travail dans un logiciel qui risque de disparaître ou de laisser tomber des fonctions.

C'est dommage, car j'aimerais travailler sur Pages, pour son côté pratique d'être si bien intégré à l'écosystème de Apple. Mais Office 365 et OneDrive font mieux. Beaucoup mieux.

avatar Moonwalker | 

LibreOffice est avant tout un projet pour GNU-Linux et Windows. A la base c’est GO-oo dont les développeurs ont rejoint les « putschistes » de la Document Fondation. Les premières builds c’était du Ooo maquillé avec des ajouts de GO-oo pour les versions suivantes. Le Mac, ils s’en foutent. On n’a pas évolué depuis OpenOffice.org 3, sauf à récupérer le travail effectué chez Apache (plein écran) et Lotus (barre latérale). Toujours rien de QuickLook ou de Version.

iWork n’a jamais eu l’ambition de rivaliser avec Microsoft Office, encore moins avec sa pale imitation. Il propose autre chose pour d’autres besoins.

Pour ma part, et je ne suis pas le seul puisque Bernard Le Du écrivait la même chose dans VVM, j’ai beaucoup plus de facilité et de plaisir à utiliser Pages 2013 que Pages 09.

Apple est tournée vers l’avenir. Ceux qui passent leur temps à se retourner l’auront dans le dos, comme disait Pierre Dac.

avatar broc_058 | 

@Moonwalker :
La suite iworks n a rien de professionnelle comme open office. Office de Microsoft est tellement plus cohérente. Je ne parle excel qui est une formule 1 du traitement de des donnes. Les autres produits peuvent convenir pour un tableau simple.
Mais les professionnels utilisent des connexions aux bases de données , tableaux croisés dynamiques et visuel basic. Je pense que office s est malheureusement simplifié pour l utilisateurs lamba louis on a compliqué la vie des professionnels. Les fonctions complexes sont plus caché et le menu développeur est moins pratique.

avatar Tournicoti | 

Moonwalker... c'est pas un individu qui s'habille avec des paillettes pour faire genre qu'il brille et ne fait que semblant de marcher mais qui progresse à reculons?
Désolé pour cet humour facile mais en environnement pro ou semi-pro, iWork ne tient même pas la route face à LibreOffice. Qui, quand bien même succédané d'Office, est nettement plus compatible avec cet outil puissant. Numbers n'est pas capable de suivre des formules assez simples de LibreOffice (et donc encore plus d'Office), et page est assez basique. Si je donnais des notes sur 10 avec Office à 10: LibreOffice serait à 8 ou 7, mais iWorks à 4 ou 5.
Il faut tout de même rester raisonnable: iWorks reste une suite assez basique. Apple a fini par l'intégrer dans iOS puis OSX en gratuit, mais la reconnaissance est venue sur iOS avec l'arrivée d'Office.

Ce que je déplore, c'est qu'Apple sait s'offrir les moyens quand il veut être crédible, mais à mon sens ils auraient mieux fait de coopérer avec LibreOffice voire Office que de faire ce qu'ils font. Là leur iWork reste moyen. Sauf peut-être pour écrire une lettre à son proprio ou un tableau basique pour un prof de sport.

Mais quand je lis dans l'article que: "On sait que l’entreprise de Cupertino manque de moyens humains et que cela a souvent des conséquences néfastes sur le développement des produits", ça me navre au plus haut point. Je lis tous les jours iGen et MacG; j'apprécie et j'apprends plein de trucs, mais déplore souvent le coté Fanboys ou au mieux pseudo-journalistes soudoyés. Pour info le bénéfice net de Microsoft cet été 2014 est de 4.5Md€ (5.6 si on décompte les provisions malgré tout plutôt justifiées), celui d'Apple 7.7Md€. Donc restez honnêtes un minimum. Si Apple veut faire une truc bien, il le fait. Là personne ne peut dire qu'il agit dans le bon sens.

PS: je sais que je vais rencontrer quelques critiques, mais désolé, maquiller une vérité est plus grave à mes yeux que de ne pas en parler.

avatar patrick86 | 

"Désolé pour cet humour facile mais en environnement pro ou semi-pro, iWork ne tient même pas la route face à LibreOffice."

Cela n'a pas de sens.

Professionnel de QUOI bordel de merde ?

Dans le sujet aussi vaste d'une suite bureautique, qui peut être utilisée par tout un tas de gens, de tous horizons professionnels, parler dans la généralité d'environnement "pro ou semi-pro" n'a PAS de sens.

Tout dépends des besoins liés aux METIERS de chaque utilisateurs.

--

" iWorks reste une suite assez basique."

iWork n'est PAS un MS Office façon Apple. Personne ne dit que le contraire.

"Apple a fini par l'intégrer dans iOS puis OSX en gratuit"

Prétendument "gratuit", mais en réalité inclut dans le prix de vente du matériel.

"Mais quand je lis dans l'article que: "On sait que l’entreprise de Cupertino manque de moyens humains et que cela a souvent des conséquences néfastes sur le développement des produits", ça me navre au plus haut point. […] le bénéfice net de Microsoft cet été 2014 est de 4.5Md€ (5.6 si on décompte les provisions malgré tout plutôt justifiées), celui d'Apple 7.7Md€."

Toi aussi, tu confonds "argent" et "humain".
L'argent n'est pas magique. Suffit pas d'avoir ses sous-sous pour faire du bon logiciel.

--

"maquiller une vérité est plus grave à mes yeux que de ne pas en parler."

Quelle vérité est maquillée ?
iWork n'est pas un OpenOffice ou MS Office façon Apple. C'est une évidence. iWork est AUTRE CHOSE. Il répond à d'autres usages.

iWork ne vous convient pas ? Vous avez MS Office ou Libre Office.

Utilisez-les, et ne méprisez pas les utilisateurs d'iWork à coup de "Numbers est juste bon pour faire des tableaux de base pour un prof" ou je ne sait qu'elle autre connerie du genre.

avatar Moonwalker | 

Merci Patrick86, je ne l’aurais mieux dit.

Pour info, j’ai les trois* sur ma bécane, mais je ne les utilise pas pour les mêmes choses.

De toute façon, on trouvera toujours quelqu’un qui préfère utiliser LaTeX.

(*quatre si je compte iWork’09)

avatar Bruno de Malaisie | 

@Moonwalker :
Oui pour la thèse ou la recherche. C'est le pied LaTeX!!!

avatar Tournicoti | 

@MoonWalker et patrick86.
Tout d'abord je tenais à m'excuser des propos un peu trollesques que j'ai eu. J'étais énervé pour des raisons persos, c'était Beaujolais (mon coté SM) et me suis oublié sur le clavier.

Mon agacement et mes propos viennent de plusieurs choses:
1 - le manque d'esprit critique équilibré: Samsung/Google/MS font quelque chose de mal ou moyen, c'est bien dénoncé et appuyé dans l'article et surtout les coms. Apple fait quelque chose de mal ou moyen, c'est soit tus (du verbe taire), soit excusé du genre: Cupertino manque de moyens humains. Et les coms approuvent quasi aveuglément. J'y reviendrai.
2 - le coté "tout ce qui n'est pas Apple" = "pas terrible" me navre. Ca m'a fait bondir de lire: "Apple est tournée vers l’avenir. Ceux qui passent leur temps à se retourner l’auront dans le dos, comme disait Pierre Dac.". Je ne suis pas d'accord avec cette assertion. Regardez les iPhones, listez juste ce qu'ils font de nouveau qui n'a pas été fait ailleurs. Autant ils ont été novateurs, autant les autres ont bien réagit et ont proposé des choses innovante qui ont attiré le public. Un truc tout bête d'un ami qui a switché d'un Galaxy à un iPhone: "comment changer ta sonnerie par un extrait d'une chanson?" Il a été halluciné de ce qu'il fallait faire, alors que c'est un fonction assez pertinente et basique.
Mais même si Samsung et autres ont produit des copies de manière scandaleuse et déloyale (je me suis pencé sur leurs pratiques suite à l'émission Cash Investigation, c'est hallucinant comment Samsung est une boîte méprisable), ils ont innové dans pas mal de domaines: centre de contrôle, NFC, taille d'écran, IP67, autonomie, Siri qui s'est fait dépasser par Google MachinTruc...
Ici dire qu'une chose est mieux ailleurs nous fait passer pour un hérétique, c'est confortable mais dangeureux ce manque d'intelligence.
3 - ce qui me rend aigri et souvent virulent: "nous offrons la meilleure expérience utilisateur" (avec tous les "Amazing" balancés dans les keynotes). Quand on me dit ça, j'ai le grand défaut d'attendre plein de choses. Mais si je suis effectivement séduit par plein de choses, d'autres me décoivent fortement et me donnent un sentiment d'une trahison de promesse. Et comme un amoureux trahi je deviens un peu excessif (mais je reste pertinent). Bien qu'avouer une faiblesse sur la place publique soit suicidaire: on ne me parlera plus que de cette paille que j'ai dans l'oeil... sans que ces critiques potentielles ne m'avouent leur paille ou leur poutre (cf: traitement hypocrite du cas F. Pellerin/Modiano).
4 - iWorks: je suis un utilisateur avancé d'Office (pas bon, mais très débrouillé). Je ne comprends donc pas l'utilité d'iWorks en qualité de soft non intégré à l'OS. Et avec ma vision un peu caricaturale d'utilisateur d'Office: Office est une bonne et puissante moto, LibreOffice est une moto moyenne et iWorks est un superbe vélo. Mais quand j'ai voulu importer des tableaux XL dans Numbers c'était catastrophique. On est d'accord ce n'est pas la même chose, mais qu'on ne méprise pas LibreOffice comme vient de le faire Moonwalker. Vu le prix et les moyens de LibreOffice, c'est une très bonne solution.
5 - les moyens. Dire qu'Apple n'a pas les moyens et que l'argent n'est pas magique est une blague à mes yeux. Apple a des sous, si les moyens n'ont pas été mis c'est que ce n'était pas leur volonté d'avoir un bon produit. Si iWorks était intégré à l'OS, ça aurait été logique, mais rendre à peine moins cher à l'époque ce que les autres font 10 fois mieux n'est pas à mes yeux "la meilleure -et amazing- expérience utilisateur", avec ce constat j'ai le droit d'être sévère.
6 - une des plus importants: les procès Samsung/Apple ont incidemment mis en lumière la volonté d'Apple de faire venir les moutons (que je suis aussi) pour pouvoir les garder et les tondres régulièrement. Je ne comprends pas pourquoi des sites comme MacG/iGen et autres ne dénoncent pas plus les pratiques d'Apple sur les prix des SSD, de la RAM, changement de proc, prix du cloud... Il y a un pas entre cracher dans la soupe et dire que cette soupe n'est pas bonne quand elle ne l'est pas, si vous me prêtez la métaphore.

J'ai relu mes propos de cette nuit et si j'ai trouvé que la forme n'y était pas, le fond reste pertinent dans son impertinence. Ces réflexions n'engagent que moi et j'aime les débats musclés et les critiques construites et respectueuses, là ce n'était pas vraiment le cas.

Voilà, je suis un gros perfectionniste insatisfait et aurai encore plein de choses à dire, mais on reste copains?

Pages

CONNEXION UTILISATEUR