Steve Jobs en 1994

Nonoche |
Jeff Goodell ressort de derrière les fagots une interview qu'il a obtenue de Steve Jobs en 1994. Il est assez intéressant de voir le regard que portait Steve Jobs, alors à la tête de NeXT, sur le monde informatique.

Steve Jobs fait montre de sa légendaire impatience : à ceux qui pensent que le monde des nouvelles technologies va trop vite, il répond au contraire qu'il est plus lent que tout autre. Il aura fallu une vingtaine d'années pour que les idées mises en place au Palo Alto Research Center de Xerox sur l'interface graphique deviennent monnaie courante. Selon lui, pour provoquer un changement significatif dans cette industrie, il faut un savant mélange de technologie, de talent, de chance, et de sens des affaires et du marketing. Ce qui n'arrive pas très souvent.

L'autre élément important selon lui, c'est qu'il faut que les entreprises s'en mêlent pour donner assez d'élan à une technologie pour décoller, parce que seules les entreprises ont suffisamment d'argent pour y parvenir. Jobs prend alors le cas du Newton en exemple, le PDA d'Apple auquel il mettra fin quelques années plus tard une fois de retour aux commandes d'Apple :

« Je ne suis pas très optimiste à son sujet, et voilà pourquoi : la plupart de ceux qui ont développé ces PDA les ont développés parce qu'ils pensaient que les gens allaient les acheter et les donner à leurs familles. Des amis à moi ont lancé General Magic. Ils pensent que vos enfants, votre grand-mère vont vouloir leur appareil, et vous vous enverrez tous des messages. À $1500 pièces avec un modem cellulaire, je ne pense pas que beaucoup de gens en achèteront trois ou quatre pour leurs familles. Les gens qui voudront l'acheter durant les cinq premières années sont les professionnels itinérants. » (voir notre article Une histoire du Newton).

« Et le problème, c'est que la psychologie des gens qui développent ces choses ne leur permettra pas d'enfiler un costume et de sauter dans un avion pour aller vendre leur produit chez Federal Express. Pour parvenir à des changements révolutionnaires, il faut combiner la perspicacité technique et le sens des affaires et du marketing — et une culture qui peut faire coïncider d'une manière ou d'une autre la raison pour laquelle vous avez développé votre produit et la raison pour laquelle les gens voudront l'acheter. J'ai beaucoup de respect pour l'amélioration par paliers, et j'ai fait ce genre de choses dans ma vie, mais j'ai toujours été attiré par les changements plus révolutionnaires. Je ne sais pas pourquoi. Parce qu'ils sont plus difficiles. Ils sont bien plus stressants d'un point de vue émotionnel. Et vous passez en général par une période durant laquelle tout le monde vous dit que vous avez complètement échoué. »

Jobs sait de quoi il parle, après s'être fait remercier d'Apple en 1985, il repart de zéro, il fonde NeXT, puis rachète à George Lucas la division informatique de LucasFilms et la renomme Pixar. En 1993, après avoir vendu 50.000 machines, et malgré un succès d'estime, il finit par fermer la branche hardware de NeXT et licencie 200 personnes pour recentrer sa société sur l'aspect purement logiciel.

« Quand vous demandez aux gens de sortir des chemins battus, ils prennent un risque. Donc il faut qu'il y ait un résultat important à la clé pour qu'ils prennent ce risque, ou ils ne le prendront pas. Ce que nous avons appris c'est que le résultat ne peut pas être seulement une fois et demie ou deux fois meilleur. Ça ne suffit pas. Il doit être au moins trois, quatre, ou cinq fois meilleur pour prendre le risque de quitter le courant dominant. En matière de matériel vous ne pouvez plus construire un ordinateur qui soit deux fois meilleur que les autres. Trop de gens savent comment faire. Vous aurez de la chance si vous arrivez à en faire un qui soit une fois et demie meilleur. Et après il ne faut que six mois aux autres pour rattraper le retard. Mais vous pouvez y arriver au niveau du logiciel. »



Mais Jobs poursuivait à l'époque d'autres objectifs qu'aujourd'hui. Souhaitant mettre en avant les spécificités de NeXT, à commencer par l'architecture orientée objet d'Objective-C, Jobs en vantait les mérites comme d'une nouvelle révolution, à la hauteur de l'interface graphique. En outre, il faisait encore largement part de son dédain pour le manque d'inspiration de Microsoft, et la manière dont ses activités brimaient l'innovation. Alors que le géant de Redmond était en proie à une procédure antitrust, Jobs indique qu'il souhaiterait voir la société coupée en trois parts indépendantes : l'une s'occuperait des systèmes d'exploitation, l'autre des logiciels, et la troisième des produits grand public.

Selon Jobs, Apple n'est pas innocente non plus : « [Microsoft] a pu copier le Mac parce que le Mac était gelé dans le temps. Le Mac n'a pas beaucoup changé durant les 10 dernières années. Ils ont modifié quelque chose comme 10 pour cent. C'était une cible facile. Apple, malheureusement, ne mérite pas beaucoup de sympathie. Ils ont investi des centaines et des centaines de millions de dollars en recherche et développement, mais il n'en est pas sorti grand chose. Ils n'ont produit quasiment aucune innovation depuis le Mac original en lui-même. »

Ça ne l'empêche pas de conserver son estime pour Bill Gates : « Je pense que Bill Gates est quelqu'un de bien. Nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde, mais nous nous parlons à peu près une fois par mois. Je pense que Bill et moi avons des systèmes de valeurs très différents. J'apprécie beaucoup Bill, et j'admire sans aucun doute ses réussites, mais les sociétés que nous avons créées sont très différentes les unes des autres. »

Pour Jobs, le but n'est pas d'arriver à être le plus riche du cimetière. Quel est-il, alors? « Dans le contexte le plus large, je dirais que le but c'est l'élévation personnelle — quelle que soit la façon dont vous la définissez. Mais il s'agit là de choses privées. Je ne veux pas parler de ce genre de choses. » Précisément, comment vit-il son image publique ? « Je la vois comme mon frère jumeau célèbre. Ça n'est pas moi. Parce que sinon, vous devenez fou. Vous lisez un article négatif, qu'un imbécile écrit sur vous — il ne faut tout simplement pas le prendre trop personnellement. Mais ensuite ça vous apprend à en faire autant sur les articles très positifs. Les gens aiment les symboles, et ils écrivent sur des symboles. »

Pour en revenir à Microsoft, beaucoup estimaient que sa mainmise sur l'informatique empêcherait NeXT de sortir d'un marché de niche. « Apple est un produit de niche, le Mac était un produit de niche et pourtant voyez ce qu'il a accompli. Apple c'est, quoi, une société de neuf milliards de dollars. Elle n'en faisait que deux lorsque je suis parti. Ils s'en sortent bien. Est-ce que je serais content si j'avais 10 pour cent de part de marché des systèmes d'exploitation? Oui, je serais heureux. Très heureux. Et puis j'irais bosser comme un fou pour en avoir 20. »

Interrogé au sujet de l'arrivée d'Internet, Jobs donne une opinion surprenante au sujet de ce qui deviendra un jour son futur "hobby" : « Enfin la vague d'Internet va déferler sur l'utilisateur lambda de l'informatique. Et ça me plaît beaucoup. Je pense que le bureau du particulier, sa "tanière", est bien plus intéressant que son salon. Mettre Internet dans les foyers, c'est vraiment de ça dont il s'agit pour les "autoroutes de l'information", pas la convergence numérique dans les set-top box. Tout ce que ça fera c'est de mettre sur la paille les magasins de location de vidéo et m'épargner un aller-retour pour louer un film. Ca ne m'enthousiasme pas vraiment. Le shopping depuis chez soi ne me passionne pas. Je suis bien plus intéressé par l'idée d'avoir Internet dans ma tanière. »

Le journaliste demande une prédiction de visionnaire à Steve Jobs, sur la manière dont le net va changer la vie de chacun. Le dirigeant de NeXT botte en touche : « Ça ne sert à rien de parler de ça, vous pouvez ouvrir n'importe quel bouquin et trouver tout ce que vous voulez sur ces bêtises. Je ne vois pas le monde en ces termes là. Je suis un fabricant d'outils. C'est comme ça que je me perçois. Je veux construire de très bons outils dont je puisse sentir dans mes tripes et dans mon cœur qu'ils auront de la valeur. Ensuite, ce qui arrivera… vous ne pouvez jamais prédire exactement ce qui va se passer, mais vous pouvez sentir la direction vers laquelle on s'oriente. Et c'est à peu près tout ce que vous pouvez prévoir. Ensuite vous prenez du recul et ces choses suivent leur vie propre. »

Mais Steve Jobs ne donne pas de valeur particulière à la technologie en tant que telle, il accorde bien plus d'intérêt à ce que les gens en font, et montre des dispositions optimistes quant au genre humain. « La technologie, ça n'est rien. Ce qui est important, c'est d'avoir foi en l'être humain, savoir qu'il est fondamentalement bon et intelligent, et que si vous lui donnez des outils, il en fera des choses merveilleuses. Ca n'est pas dans l'outil que vous croyez — les outils ne sont que des outils. Ils fonctionnent, ou ne fonctionnent pas. Ce sont les gens en qui vous avez foi ou non. » Un discours très similaire à celui que Jobs tint lors de la présentation d'iLife.

Deux ans et demi plus tard, Apple rachetait NeXT pour 429 millions de dollars, et replaçait Steve Jobs à sa tête. Seize ans après l'interview, Steve Jobs a repris le devant de la scène, sa société se porte comme jamais, et s'installe dans de nouveaux marchés avec un succès insolent. On mesure le chemin parcouru depuis.
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avatar Pascal 77 | 
Il est intéressant de constater que son credo n'a quasiment pas changé entre cette époque, où il était "au creux de la vague", et aujourd'hui, où son succès ne se dément pas. Ça fait quand même plaisir de constater que retourner sa veste n'est pas indispensable pour atteindre la réussite !
avatar béber1 | 
Je sens que ça va inévitablement dériver sur le "marketing", utilisé souvent à tort et à travers et très peu dans son sens exact, Pour éviter la dérive stérile de l'argument commercial, j'ai relevé une réflexion de Jean No, editeur, dans son blog que je trouve interessante : "Apple n’est pas un fabricant d’ordinateurs ou de logiciels, ni même un producteur d’interfaces ou de design, c’est un créateur d’usages. En plus de trente ans, Apple a très peu inventé en matière technologique et n’a jamais cherché à vendre le plus haut niveau de performances. Pourtant Apple est, avec Nintendo dans un autre domaine, une des rares sociétés qui soit régulièrement parvenue à conquérir de nouveaux publics, à créer de nouveaux marchés, parce que l’approche de la marque change l’usage. Rien de ce que permet l’iPhone n’est unique à ce téléphone, mais la cohérence de la plate-forme fait que le potentiel est effectivement utilisé quand chez des concurrents, la complexité d’usage imposait un apprentissage laborieux et laissait à chacun l’impression de ne tirer parti que de 5% des capacités du produit. Apple n’a pas inventé l’ordinateur personnel, ni l’interface graphique, ni le smartphone, ni la musique en ligne, ni l’interface USB ni le Wifi, mais on sait ce que toutes ces technologies lui doivent. Chaque fois, d’autres sociétés ont précédé Apple et tenté une percée discrète, avec un succès d’estime ou parfois sans aucun succès,… et puis Apple est arrivée avec son propre produit, mais aussi et surtout avec une bonne raison de l’utiliser." Là est peut-être la marque de Jobs
avatar Brewenn | 
"à ceux qui pensent que le monde des nouvelles technologies va trop vite, il répond au contraire qu'il est plus lent que tout autre." Alors pourquoi ne pas proposer tout ce qui est disponible en technologie, dans le iPod G1, le iPhone G1 et le futur iPad G1 et nous faire le coup à chaque keynote de la énième génération avec ajout au compte gouttes de nouvelles technos.
avatar HAL-9000 | 
@ Brewenn Les propos cités dans cet article datent de plus de 15 ans, entre temps notre ami Steve à eu le temps de revoir sa façon de penser... P.S. : si la photo date bien de 1994 alors Jobs a pris un sacré coup de vieux dans la tronche en 15 ans. :/
avatar shenmue | 
@Brewenn: En face de propos aussi censés et intelligents que ceux de Steve Jobs en 94, on espérait autre chose de toi qu'un énième troll de plus pour vider ta bile. Merci d'élever le débat. Steve Jobs parle bien sûr d'évolution des USAGES sur le plan technologique, les seules évolutions technologiques pures ne garantissant AUCUNE évolution de ceux-ci. C'est bien de cela quand il parle du manque d'innovation d'Apple après le Mac. C'est en ce sens que la technologie n'évolue pas assez vite, pas sur le fait de passer de 100 à 500 gigas sur un disque SSD.
avatar arsinoe | 
[i] Le shopping depuis chez soi ne me passionne pas. [/i] Savoureux..
avatar jocool | 
J'aime bien la fonction "lips service" intégré dans l'appli mail. Faudrait remettre ça au goût du jour. Ca pourrait être utile parfois. On parle plus vite qu'on écrit.
avatar iarwain | 
@béber1 C'est bien résumé dans l'article : "Mais Steve Jobs ne donne pas de valeur particulière à la technologie en tant que telle, il accorde bien plus d'intérêt à ce que les gens en font"
avatar shenmue | 
@Béber1: Un gros +1 bien sûr pour l'extrait rapporté. Steve Jobs ne dit pas autre chose de toute façon et son discours n'a en effet pas varié d'un Iota. Apple propose et pense des outils, c'est à dire stricto sensu des choses pouvant être utilisées pour en faire d'autres, UTILISEES, pas des choses pensées en termes de performances mais dont l'utilisation réelle n'est qu'un concept au milieu d'une mise en avant sans intérêt de la performance brute détachée de tout objectif. Au "plus", Apple a fait son coeur de métier du "mieux". Et c'est pour cela que ça marche de plus en plus auprès du grand public et que ça a du mal à décoller auprès des entreprises très imprégnées de discours de la performance (je le sais, j'ai bossé sur Paris en tant que dev pendant 10 ans, et c'est peu dire que les choix technologique déconnectés des usages réels sont la norme). Le premier Mac était un Gap énorme en terme d'utilisation et déjà ses limitations strictement technologiques avaient fait jaser. La différence, c'est que ce choix, toujours prégnant aujourd'hui, s'est accompagné de tout un environnement de services et de produits qui aujourd'hui supplantent presque totalement la seule perspective "performances" et fait sens. Comme en effet la Wii (encore beaucoup beaucoup plus à la ramasse sur les seules perfs et les choix technos) qui a pourtant trouvée un énorme public à cause de l'utilisation qu'elle promet. Les geeks qui peuplent étrangement assez souvent les forums macs et qui s'offusquent que l'Ipad n'ait pas 4 gigas de ram n'ont semble t-il pas compris ce qui faisait le coeur de métier réel d'Apple qui sait néanmoins apporter de la performance pure (les macpros en sont une bonne illustration), mais à partir du moment ou cela sert réellement d'autres utilisations possibles (créations semi-pro ou pro par exemple).
avatar Nathalex | 
@shenmue On n'écrit pas Iota mais iOta ;o)
avatar Brewenn | 
"Il aura fallu une vingtaine d'années pour que les idées mises en place au Palo Alto Research Center de Xerox sur l'interface graphique deviennent monnaie courante." Et pourtant il a fait vite pour pomper, enfin pas tout les "idées réseaux" il avait pas vu. :)
avatar shenmue | 
@Arsinoé:"Le shopping depuis chez soi ne me passionne pas. Savoureux.." Et ça ne doit toujours pas le passionner, pas plus que la vidéo sur Ipod ou le livre numérique. Ce que fait Apple aujourd'hui est aussi du pragmatisme. Steve Jobs sait bien sûr écouter ses utilisateurs même si ceux-ci ne fonctionnent pas comme lui. Mais c'est sûr qu'un troll dans ton genre braqué sur l'idée d'un gars mono-maniaque qui n'écoute rien de ce qui vient d'"en bas" est très à l'aise quand il s'agit de basher Apple quand celui-ci se montre trop rigide et ensuite de le basher encore quand justement il se montre à l'écoute (en parlant de retournement de veste). Tout cela est tellement prévisible dans ta bouche qu'on devrait en faire une annonce préalable, juste pour pouvoir se marrer ensuite. Et je vois avec consternation qu'en 3 mois, j'ai repris tous tes anciens message sur ce site, il n'y a pas eu un propos de toi ici qui ne soit pas du bashing pur et simple d'Apple, tout comme Brewenn ou Spleen ou Divoli d'ailleurs. Pas un seul propos constructif mais de l'ironie, du bashing, du troll, de la critique négative à outrance, mais rien d'autre, pas une seule participation à un débat avec des idées et pas des couteaux ou des flêches à la place. C'est bien révélateur. Et encore plus visible quand ici ce qui est reporté est foutrement intéressant et intelligent. tout cela fait un peu "toc", dans le sens pathologique du terme, pas dans celui chose fausse et vulgaire (quoique...)
avatar shenmue | 
@Brewenn: folklore.org/ Même si visiblement tu as juste décidé de troller (comme d'hab quoi), éduque toi un peu avec ce lien. Au moins tu pourras troller moins bête.
avatar shenmue | 
@Nathalex:"On n'écrit pas Iota mais iOta ;o)" J'avoue c'est drôle ;)
avatar flup | 
J'ai quelque part une video de présentation de NeXtStep par Steve Jobs, où on y voit des technologiques qui n'ont été implémentées sur les OS comme Windows ou Mac OS que près de 10 ans plus tard.
avatar shenmue | 
@flup:"J'ai quelque part une video de présentation de NeXtStep par Steve Jobs, où on y voit des technologiques qui n'ont été implémentées sur les OS comme Windows ou Mac OS que près de 10 ans plus tard." Oui, c'est une vidéo assez longue d'ailleurs mais de qualité très médiocre (techniquement parlant). On y voit déjà le dock, un vrai internet utilisable par le commun des mortels (une première pour l'époque) et tout un tas de choses aujourd'hui présentes dans OSX. On voit aussi des choses proprement stupéfiantes comme la façon dont dans Nexstep on peut créer des métas documents en reliant simplement un son à une image de façon visuelle par exemple. J'avais vu une démo de cette machine à villeneuve d'Ascq (une réunion spéciale) à l'époque et je n'ai pas retrouvé ce genre de fonction incroyablement innovante dans OSX ni dans aucun autre Os aujourd'hui. C'était très impressionnant. Next a fermé 2 mois après cette démo en France.
avatar Neopollux | 
@ Pascal 77 : Retourner sa veste, non. Être hypocrite, imbu de soi-même et méprisant avec ses associés, oui. C'est là tout le talent de Jobs selon moi : laisser paraître d'être un homme simple et agréable, quand humainement, c'est un peu une ordure quand même...
avatar Un Vrai Type | 
J'aime bien Brewenn qui en une réaction démontre qu'il n'a rien compris à l'article. Steve Jobs dit exactement ce que tu sembles vouloir critiquer : L'iPod doit être simple parce que les gens veulent (usage) écouter de la musique. Y ajouter un lecteur de carte SD, la radio etc... dans SA logique, c'est débile, ça crée même l'échec des produits. Et si tu regardes de plus près : Apple ne vend pas de tour grand public. Sur le marché des tout en un, plusieurs constructeurs s'y sont tenté (en général plus cher et moins bien équipé) mais ils ont tous cessé rapidement... Apple connait l'usage des iMac, HP non. Apple innove avec une prise magsafe sur les portables. Combien de fois tire-t-on sur le câble (Dans le train, sur notre canapé etc... - Usage le monsieur te dit - ) et privilégie la finesse à la puissance de la carte graphique, c'est cool, mon macbook pro passe dans une mallette (- USAGE ! -) et il aura fallu combien d'année pour qu'un portable accessible non Apple soit aussi fin et puissant (1" de hauteur - les Intel Core intégrés à leur sortie) ? Etc. Pour résumer pour Steve Jobs : L'usage est supérieur à "qui pisse le plus loin". Je te conseille d'y réfléchir, c'est aussi vrai dans la vie... (Mais là "c'est l'élévation personnelle — quelle que soit la façon dont vous la définissez. Mais il s'agit là de choses privées. Je ne veux pas parler de ce genre de choses").
avatar oomu | 
Shenmue, vous avez raison. - Concernant xerox, vous avez toutes les informations sur le net. Xerox était en relation commerciale avec Apple. Xerox avait des produits révolutionnaires en recherche, mais vous n'auriez pas voulu d'eux. Ils étaient mal fichus. Allez voir les travaux. Ne vous attendez pas à des fenêtres facile à organiser et des icones facile à comprendre. Apple a défriché totalement les idées. Imposer des conventions, travaillé à faire une souris vendable pour pas cher, réussir à forcer un microprocesseur ridicule (le 68000) à animer des fenêtres et des boutons (c'est le fameux Quickdraw) etc. Du travail technique. Le grand défaut de Xerox c'est que la direction ne croyait pas en leur propre recherche. mais ils ont encouragé les ingénieurs à fondé leur propre société ou ils ont travaillé avec d'autres entreprises pour développer. - Steve Jobs est donc un "méprisant avec ses associés" ? Il a été accompagné des même personnes pendant des années. Lassetter bosse avec lui depuis +15 ans. On retrouve des pontes de next encore chez apple et on trouve quasi aucun témoignage d'industriels pour cracher sur le steve. Le steve fait cravacher, il leur a fait gagner de l'argent, ils ont fait de bô bidules, ils sont contents. On a envie de diaboliser Bill Gates, on rêve tous de hair Jack Tramiel ou de jalouser Steve "rock star" Jobs. Mais si on fouille, on trouve des gens avec leur propre contradiction. Et bill est loin d'être un méchant, et le steve d'être un escroc vous pouvez revoir ses vielles vidéos, vous pouvez lire , vous pouvez juger sur ses actes. Il a été viré de Apple par le type qu'il était parti chercher auparavant pour diriger apple. S'il avait été purement businessman, il aurait gardé le contrôle. Non mOssieur steve voulait faire des bidules sans se soucier du quotidien de l'entreprise. Mal lui en a pris. - Le travail sur NeXTstep fut vraiment précurseur et impressionnant. NeXTstep avait 10 ans d'avance.
avatar Brewenn | 
@Un Vrai Type "Je te conseille d'y réfléchir" Maintenant je profite de ces années à réfléchir :)
avatar oomu | 
@Brewenn [05/02/2010 11:03] le délit d'opinion est toujours pas condamnable. rassurez vous, je travaille à faire de la France un régime totalitaire.
avatar Un Vrai Type | 
Pour être équitable, je vais même faire une description de lecture. [quote=Brewenn] "à ceux qui pensent que le monde des nouvelles technologies va trop vite, il répond au contraire qu'il est plus lent que tout autre." Alors pourquoi ne pas proposer tout ce qui est disponible en technologie, dans le iPod G1, le iPhone G1 et le futur iPad G1 et nous faire le coup à chaque keynote de la énième génération avec ajout au compte gouttes de nouvelles technos. [/quote] Parce que quand tu achète un iPhone, tu veux savoir qu'il ne fait que 4 fonctions, mais qu'il les fait bien. Tu ne veut pas être noyer dans une liste des milliers de possibilités, tu veux lire tes mails, téléphoner, aller sur internet, écouter de la musique...* Une fois que l'usage de l'iPhone est devenu commun - ie que la TECHNOLOGIE est ACCESSIBLE et UTILISEE dans la VIE des GENS - on peut en ajouter un USAGE. L'iPad ne fera que 5 trucs (mis en avant dans la keynote) mais il les fera mieux que l'iPhone ET mieux qu'un netbook (bon moins bien qu'un portable, mais vu le succès du macbook air, y'a quand même plein d'atrophiés des muscles sur terre...). Bref, tu as 2 façons de voir la technologie : le techos (de merde... pour ceux qui ont la référence) qui veut plus de truc inutiles et donc inutilisables sur sont gogo gadget à la neuneu. Le public qui en a peur mais qui aimerai bien faire joujou, il faut lui promettre que ça n'explosera pas... On se situe entre ces 2 extrêmes, Apple est malheureusement une des rares entreprises à considérer l'usage ( l'ergonomie, le design, l'utilisation, le besoin...) comme étant la base de la réflexion d'un produit et d'utiliser la technique pour créer un objet technologique. Un autre exemple : Nintendo qui privilégie la façon de jouer à la puissance de la console... *Voir la présentation de l'iPhone...
avatar Brewenn | 
Si c'était de la politique quel beau discours genre "langue de bois". Pour le businnes Apple les raisons sont un peu plus mercantiles :)
avatar iZorg | 
Incroyable on lui dit internet, il pense déjà VOD avec 10 ans d'avance. Aujourd'hui ça semble tellement évident, mais à une époque ou il fallait parfois des minutes pour afficher complètement une page... Tu m'étonnes qu'Apple se soit reprise aussi bien, combien de patron on une vision à aussi long terme ? Après, je suis heureux de pas bosser avec lui, les pauvres, mais ça rend l'informatique moins fade des types comme lui. Remarque, Ballmer aussi il rend l'actualité informatique moins fade, mais dans un autre registre ;)
avatar HAL-9000 | 
"Incroyable on lui dit internet, il pense déjà VOD avec 10 ans d'avance. " Ca me fait penser à un autre visionnaire, dans le registre musicale, qu'était Jim Morrison. Dans une interview donnée dans les année 60 à la TV US Jim parlais de l'avenir de la musique, que celle-ci se cantonnerait à lire simplement des textes sur de la musique, ce qu'on appelle aujourd'hui le Rap... Hélas ces visions n'ont pas empêché notre défunt Jim Morrison de se prendre une bonne cuite et crever dans son vomi... Puisse Steve suivre le même chemin. Shenmue celle là est pour toi ;)

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