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Toute l'actualité sur ARM

Russie : vers une nouvelle course aux ARMements

| 23/06/2014 | 08:33 |  

Voilà plusieurs semaines que la Russie songe à prendre son indépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. Au plus fort de la crise ukrainienne, le gouvernement russe avait fait part de son intention de troquer l’iPad pour des tablettes Samsung. Les différents ministres du gouvernement avaient été invités fin mars à se plier au plus vite à cette nouvelle règle (lire : L’iPad : victime collatérale de la crise en Ukraine).

Manifestement, le gouvernement russe a de la suite dans les idées. Après Apple, ce serait au tour d’Intel et d’AMD d’être sur la sellette. Selon Kommersant, il serait question de remplacer ces puces par une puce ARM développée par des sociétés russes.

Baikal, c’est son nom de code, aurait le Cortex A-57 comme design de référence. Ce processeur 64 bits disposerait de 8 coeurs, fonctionnerait à plus de 2 GHz, serait gravé en 28 nm et pourrait aussi bien équiper les PC de bureau que les serveurs.

Le nom de code de ce processeur vient du lac du même nom localisé au sud de la Sibérie. Il s’agit du lac le plus profond au monde, dont le volume d’eau représente environ 260 fois celui du lac Léman. — Image : Yuri Samoilov Photo

L’idée serait que l’ensemble des équipements informatiques de l’administration russe et des entreprises publiques aient recours à ce processeur. Un marché estimé chaque année à plus de 700 000 ordinateurs et à plus de 300 000 serveurs.

Le déploiement pourrait commencer dès 2015. Officiellement, cette décision n’a rien à voir avec les différents scandales en matière de sécurité avec la NSA.

Nouvelle rumeur de Mac à processeurs ARM

| 24/05/2014 | 16:30 |  

Apple a sérieusement avancé sur la réalisation de Macintosh à processeurs ARM plutôt qu'Intel, mais de la coupe aux lèvres il y a encore loin. D'après un contact que MacBidouille décrit comme fiable, Apple a dans ses murs des iMac à quatre et huit processeurs ARM Quad Core 64 bits, des Mac mini avec quatre processeurs Quad Core et un portable 13" équipé comme l'iMac. Cela rappelle ces Mac équipés Intel et leur OS X "Marklar" qui fonctionnaient dans un secret à peu près absolu en attendant de voir si la direction d'Apple donnerait son feu vert à une grande migration (lire OS X sur Intel : aux origines du projet Marklar [MàJ]).

Aujourd'hui, Apple n'hésite plus à qualifier les puces Ax ARM qu'elle utilise dans ses iPhone de processeurs aptes à rivaliser avec certains cousins dans les PC : 

« La puce A7 est conçue selon une architecture 64 bits, digne d’un ordinateur de bureau ; une première pour un smartphone. L’évolution vers le 64 bits a pris des années. Mais nous nous sommes engagés sur cette voie pour que chacun puisse avoir au creux de la main la puissance de calcul d’un ordinateur personnel. »

En bonus à ces machines, un nouveau clavier intégrant le Magic Trackpad existe aussi, poursuit cette source (ce genre de chose existe déjà chez Microsoft ou encore chez Logitech).

Apple hésiterait à passer à l'action et entrainer une nouvelle révolution de plateforme, comme elle l'a déjà fait par deux fois lorsqu'elle est allée vers le PowerPC puis vers Intel.

Au moins, cette fois, ce serait pour une architecture qu'elle maîtrise parfaitement au quotidien, dont elle a pris en charge une large part de la conception et pour laquelle les développeurs conçoivent déjà des millions d'applications depuis maintenant des années grâce à iOS. Apple s'assurerait au passage un contrôle - presque - intégral sur l'évolution de ses ordinateurs, en développant leur OS, leur design et la partie la plus importante de leur mécanique.

Cette rumeur n'est pas neuve et l'on peut citer autant d'arguments pour la trouver crédible - surtout depuis iOS - que pour la botter en touche maintenant qu'Apple s'est sortie de l'ornière qu'était devenu le PowerPC (lire aussi Pas de MacBook Air avec processeur ARM ? & ARM : une nouvelle migration pour le Mac ?).

Google fourbirait ses ARM pour ses data centers

| 16/12/2013 | 16:30 |  

Intel est-elle sur le point de perdre un de ses plus gros clients à cause d'ARM ? Selon Bloomberg, Google envisage de concevoir des processeurs maison basés sur des designs ARM. Ceux-ci seraient destinés à ses immenses data centers qui doivent faire fonctionner tous ses services.

Data center de Council Bluffs dans l'Iowa - Google a mis en ligne en 2012 un site consacré à ses centres de données

En dessinant elle-même ses propres puces, la firme de Mountain View pourrait mieux gérer les interactions entre le matériel et le logiciel, a indiqué une personne au courant de l'affaire. Des puces personnalisées, c'est précisément ce que fait Apple avec ses processeurs Ax qui ne se retrouvent pas dans des data center — ils sont notamment équipés de serveurs HP aux dernières nouvelles —, mais dans ses terminaux iOS. Le sur-mesure a l'avantage d'offrir une excellente optimisation, un élément crucial dans les appareils mobiles... et dans les data centers qui sont des gouffres énergétiques.

La source de Bloomberg a précisé que la décision n'était pas encore arrêtée et que la situation pouvait changer. Une porte-parole de Google a déclaré que l'entreprise s'attachait à créer _« la meilleure infrastructure mondiale »_  du point de vue logiciel et matériel, mais elle a refusé de commenter la rumeur sur la création de puces ARM personnalisées.

Si Google venait à équiper ses data centers de puces ARM, ce serait un coup dur pour Intel, qui fournit actuellement son matériel. Mountain View est en effet son cinquième plus gros client et représente 4,3 % de son chiffre d'affaires, d'après des analyses de Bloomberg. En outre, sa division data center est la seule qui se porte bien. Alors que l'activité PC est plombée par la chute des ventes d'ordinateurs personnels, cette division a vu son chiffre d'affaires augmenter de 12 % au troisième trimestre et représente maintenant 20 % du chiffre d'affaires global. Le passage de Google à ARM marquerait un vrai coup d'arrêt.

Le marché aux puces d'Apple

| 01/08/2013 | 15:17 |  

Si dans ses discours officiels, Tim Cook n’hésite pas à répéter que l’enjeu majeur pour Apple est de marier le matériel, le logiciel et les services (ce dernier point prenant de plus en plus d’importance), sa mainmise grandissante sur le hardware au fil des années devient impressionnante.

Il y a quelques années, Steve Jobs affirmait qu’il était temps pour Apple d’entrer dans le « chip business ». Cela a commencé avec le système sur puce (SoC) A4 sorti en 2010, et qui a trouvé place dans le premier iPad, l’iPhone 4, l’iPod touch de quatrième génération et l’Apple TV de deuxième génération.

Plus les choses avancent, plus Apple fait preuve d’ambition dans ce domaine. Si sa première puce était grandement inspirée des travaux de Samsung, la firme de Cupertino a progressivement pris son indépendance.

Depuis, Apple n’a cessé d’étonner en enchaînant les acquisitions et les prouesses technologiques. La dernière en date concerne le SoC A6 apparu avec le dernier iPad. Les spécialistes qui ont disséqué cette puce ont eu la surprise de s’apercevoir que la conception des circuits électroniques complexes avait été réalisée en partie manuellement. Un travail titanesque assez unique, qui a permis à Apple d’optimiser au mieux « sa dernière création ». L’immense majorité des fabricants confient cette tâche à un programme informatique qui permet de faire cela automatiquement (lire : L'Apple A6, une puce dessinée « à la main »).

Profusion de rumeurs sur les projets d’Apple

Depuis plusieurs mois, les rumeurs se bousculent concernant les projets d’Apple en matière de semi-conducteurs. Trois informations ou rumeurs ont donné du grain à moudre aux observateurs :

- La première est sans doute la plus fiable des trois. Apple aurait signé un partenariat avec TSMC pour fabriquer la prochaine génération de puces Ax. Prévues pour 2014, elles seraient gravées en 20 nm. L’information a été confirmée par plusieurs journaux économiques, dont le Wall Street Journal (lire : Apple et TSMC auraient enfin signé un accord). Ce n’est pas un secret, Apple cherche à réduire sa dépendance de Samsung et aurait finalement trouvé un accord avec son concurrent taiwanais.

- La seconde, plus surprenante, veut qu’en dépit de cet accord, Apple signe un contrat similaire avec... Samsung. Cette fois, il porterait sur la fabrication de processeurs A9 qui seraient gravés en 14 nm et qui verraient le jour en 2015 (lire : Samsung fabriquerait les processeurs A9 de 2015).

- La troisième rumeur est peut-être encore plus étonnante. Apple serait en discussions avec Globalfoundries pour une éventuelle collaboration. Certains ont même avancé que la firme de Cupertino songerait ou aurait déjà mis la main sur une unité de production de l’ancienne division d’AMD (lire : Apple discuterait avec Globalfoundries pour ses processeurs).

Un GPU Apple en préparation ?

En parallèle à cela, Apple ne semble pas ralentir la cadence sur le plan technique, bien au contraire... Ces derniers mois, elle a constitué un pôle GPU à Orlando, constitué d’un grand nombre d’anciens ingénieurs d’AMD (lire : Apple continue à embaucher chez AMD). L’intérêt pour Apple est tel qu’on est en droit de se demander si la firme de Cupertino ne va pas concevoir son propre GPU pour ses puces dans les années à venir.

Le chantier parait titanesque, mais au vu de tout ce que le Californien a réalisé ces dernières années, rien ne semble impossible. Dans ses SoC, cela reste à ce jour le composant le plus important confié à un prestataire externe, à savoir Imagination Technologies, dont Apple est actionnaire à hauteur d’un peu moins de 10 %.

Mais que cherche à faire Apple ? Il convient pour y voir plus clair de dissocier les aspects technologiques et business. Le premier aspect est sans doute le plus facile à appréhender.

Depuis qu’elle s’est lancée dans l’aventure des terminaux mobiles avec l’iPod il y a plus de 12 ans, Apple va progressivement de plus en plus loin dans sa maîtrise du matériel.

On évoque beaucoup ses projets en matière de processeur, mais la firme de Cupertino a investi dans tous les autres aspects stratégiques de ses appareils : batterie, mémoire Flash…

En ce qui concerne les processeurs, le but ultime pour Apple serait sans doute de concevoir un système sur puce 100 % maison afin de contrôler tous les paramètres possibles. Cela peut être un vrai plus pour Apple, mais cela peut également vite se retourner contre elle le jour où ses puces sont à la traine par rapport à la concurrence.

Et c’est sans doute là qu’il convient de s’intéresser aux aspects économiques de ce business. À ce jour, Apple a besoin de 200 millions de processeurs Ax par an. Et avec les années, ce chiffre est amené a priori à augmenter significativement.

Nul doute qu’une iWatch ou un téléviseur Apple sera doté d’un SoC maison. Et il n’est pas interdit de penser que tôt ou tard, une partie de la gamme Mac pourrait aussi faire le grand saut vers une architecture ARM.

Apple, un client que toute l’industrie s’arrache

Pour gérer de telles quantités, Apple a deux options. La première, la moins crédible, serait qu’elle prenne son destin entre ses mains et qu’elle s’attelle elle-même à la production de ses puces, partant du principe qu’on n’est jamais mieux servi que par soi même.

À l’heure des relocalisations, Apple pourrait ouvrir une ou deux usines ultra-modernes aux États-Unis. On rappellera que le processeur A5 est fabriqué en partie à Austin dans le Texas (lire : Apple A5 : made in USA). Mais ce sont de gros investissements et d’une certaine manière Apple a autant à y perdre qu’à y gagner.

Le second scénario le plus probable est sans doute qu’Apple va profiter de sa position de force pour jouer sur les prix — ce qu'elle fait déjà avec certains composants comme la mémoire flash. Avec 200 millions de processeurs par an — sans oublier le reste (mémoire flash, RAM…) —, Apple est un client que les principaux acteurs des semi-conducteurs rêvent d’avoir, que ce soit Samsung, TSMC ou Intel. Ce dernier a d’ailleurs fait un pas vers Apple. Son nouveau patron, Brian Krzanich, n’est pas hostile à l’idée de laisser la possibilité à ses gros clients de se servir de ses usines pour fabriquer des puces sur mesure (lire : Intel met l'accent sur la mobilité et laisse la porte ouverte à ARM).

Si l’on part de ce principe, il n’est donc pas étonnant qu’Apple discute tantôt avec TSMC pour ses puces en 2014 tantôt avec Samsung pour 2015. Non seulement cela permet de faire baisser les prix, mais en plus, cela permet à la firme de Cupertino de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier. Un adage qu’Apple utilise de plus en plus avec ses sous-traitants ces derniers mois. Travaillant quasi exclusivement avec Foxconn depuis plusieurs années, la firme de Cupertino se tourne de plus en plus vers Pegatron, qui a en charge l’iPad mini et qui produit l’iPhone low-cost

Sur le même sujet :
- A6 : un projet démarré il y a quatre ans

Otellini revient sur les loupés d'Intel avec l'iPhone et les mobiles

| 17/05/2013 | 15:05 |  

Paul Otellini a évoqué quelques souvenirs relatifs à Apple et plus généralement à la manière dont Intel a manqué le coche de l'explosion de la téléphonie mobile. Le fondeur avait mieux que quiconque perçu l'évolution du marché vers des ordinateurs portables plutôt que les machines de bureau, mais il n'a pas su réagir aussi vite pour les smartphones et tablettes.

Dans un entretien accordé à The Atlantic, le désormais ex-PDG d'Intel, raconte que peu de temps après avoir emporté le marché du Mac il a répondu négativement à la proposition d'équiper en processeurs ce qui deviendrait l'iPhone.

« On a fini par le perdre [ce contrat] ou à le laisser passer, selon la manière dont vous considérez les choses. Et le monde aurait été bien différent si nous l'avions eu ».

Là où le patron de Cingular Wireless/AT&T - tout premier opérateur pour l'iPhone - a parié sur Steve Jobs les yeux fermés, sans même savoir très précisément à quoi ressemblerait le futur téléphone, Intel a calculé et en outre mal calculé (lire aussi Wired raconte la création de l'iPhone & Qualcomm et AT&T : anecdotes sur le Newton et l'iPhone).

« Ce dont il faut se rappeler c'est qu'on était avant le lancement de l'iPhone et personne ne savait ce qui allait se passer avec l'iPhone… Il y avait une puce qui les intéressait [Apple, ndlr] et qu'ils étaient disposés à payer un certain prix, mais pas un centime de plus et ce prix était en dessous de nos projections de coûts. Je ne voyais pas comment on pouvait le faire. Ce n'était pas quelque chose avec lequel on aurait pu se rattraper sur les volumes. Avec le recul, l'évaluation des coûts était fausse et le volume fut 100 fois supérieur à ce que tout le monde avait imaginé »

Otellini a tiré de cette mésaventure la leçon qu'au lieu de prendre des décisions basées sur toutes sortes de données, il aurait dû écouter son instinct, comme il l'avait déjà fait à plusieurs reprises durant sa carrière, car à ce moment-là, son instinct lui disait d'y aller avec Apple (lire aussi à propos cette fois de la tablette : Jobs voulait des puces Intel pour l'iPad).

Un autre volet de l'article essaie de comprendre comment Intel a pu laisser lui échapper le marché des processeurs mobiles pour smartphones et tablettes. Le fondeur a pourtant su prendre le virage de la mobilité dans les ordinateurs. En créant des processeurs rapides et économes en énergie, avec ses premiers Centrino. Apple, incapable d'obtenir des G5 pour ses portables n'a eu d'autres choix que de changer de monture. On a vu aussi les deux groupes collaborer étroitement lorsqu'Intel a conçu une puce sur mesure pour le premier MacBook Air.

Otellini dit avoir parfaitement pris conscience du virage pris par cette industrie, mais pour toutes sortes de raisons l'entreprise n'a pas su se réaligner suffisamment vite et changer de cap, laissant ARM prendre le large. L'ex-PDG raconte avoir illustré cette tendance dès 2005 devant ses cadres, au moyen d'un graphique.

Sur l'axe des X, l'évolution des prix des matériels, démarrant à 10 000$ avec le premier IBM PC et descendant jusqu'à 100$. Sur l'axe des Y, les volumes de ces équipements produits annuellement. Au milieu des années 90, un croisement se faisait entre 1000$ d'un côté et 100 millions d'appareils de l'autre, et ainsi de suite : toujours plus pour toujours moins cher.

Otellini a donné comme objectif à ses troupes de voir plus loin encore, d'imaginer des milliards de produits, mais pour cela il fallait savoir fabriquer des processeurs pour 10$ pièce et être capable d'en vendre énormément : apprendre à faire de "l'ultracheap".

Otellini admet qu'il a eu du mal à faire changer de direction le navire Intel « J'ai expliqué cela en 2005, ça fait donc plus de sept ans. Ils l'ont assimilé il y a environ deux ans. Tout le monde dans le groupe l'a compris, mais cela a pris pas mal de temps pour faire bouger la machine. »

Un ancien dirigeant de TSMC (autre fabricant de processeurs, notamment pour Apple), Magnus Hyde, analyse cette situation par un problème récurrent bien qu'indéfinissable chez Intel et auxquels tous ses PDG ont été confrontés « Sur le papier, ils ont tout ce qu'il faut : le savoir-faire, les clients, l'argent pour investir où ils veulent. Mais curieusement il manque un petit quelque chose. »

Un analyste s'en étonne aussi, au vu pourtant de la formidable compétence d'Intel dans son domaine. Cet observateur y décèle la conséquence peut-être d'une certaine forme d'arrogance. Hector Ruiz, qui dirigea AMD entre 2002 et 2008, suggère que la progression d'Intel dans le mobile a été freinée par la guerre menée contre sa société. À trop chercher à écraser AMD, Intel n'aurait pas suffisamment perçu les tendances naissantes autour de la mobilité et des puces très basse consommation. « Ils auraient dû se concentrer davantage sur leurs clients et sur l'avenir au lieu d'essayer d'écarter AMD ». Intel a dû payer 1,25 milliard de dollars à AMD pour régler un conflit sur la manière dont il avait agi auprès de fabricants pour imposer ses puces.

La difficulté à affronter ARM tient aussi dans le mode de fonctionnement de cette société, rappelle The Atlantic. Intel conçoit, fabrique et vend. C'est une entreprise monobloc. ARM à l'inverse, conçoit des architectures processeur dont elle accorde ensuite la licence d'utilisation - et de modification le cas échéant - à ses clients que sont Qualcomm, Texas Instrument, Samsung ou Apple. Il s'agit à l'inverse d'Intel d'une forme d'écosystème dans lequel les fabricants d'appareils qui ne développent pas leur puces peuvent aller faire leur marché au mieux de leurs intérêts.

Mais suivre un mode opératoire similaire à celui d'ARM aurait des conséquences considérables pour Intel, explique Otellini «Si je voulais concurrencer ARM, je dirai : vendons des licences de l'architecture Intel à qui en veut et nous ferons de l'argent sur les royalties. Et notre entreprise verrait sa taille divisée par trois. » Plutôt que de viser ARM, l'ex-PDG a préféré orienter ses efforts sur Texas Instrument, Qualcomm, Nvidia ou Apple. Faire en sorte qu'Intel propose mieux pour les séduire et qu'il les détourne d'ARM, avec la ténacité qui est la sienne.

Simon Segars, le président d'ARM, reconnaît à Intel de multiples talents, mais de son point de vue il ne peut y avoir un seul maître à bord, un seul fournisseur de puce tout puissant, sans que cela ne pèse sur la capacité d'innovation du secteur. Dans l'écosystème ARM, dit-il les différents acteurs peuvent chacun apporter des améliorations à partir de l'architecture qui leur est fournie. Deux concurrents, deux philosophies.

- L'article complet sur The Atlantic

Intel : les conditions ne sont pas réunies pour faire de l'ARM

| 18/04/2013 | 16:07 |  

Intel n'a pas l'intention de fabriquer des puces ARM pour un fabricant de PC ou de mobiles qui a choisi une architecture autre que l'x86.

Cette question posée lors de l'annonce des résultats d'Intel, fait notamment écho à de lancinantes rumeurs (déjà en 2011 puis en 2012) d'un rapprochement entre Apple pour fabriquer des processeurs Ax. Pour l'un c'est un moyen de faire tourner ses usines, pour l'autre de varier ses partenaires.

Paul Otellini s'exprimait en tant que PDG sur le départ, il quittera Intel le mois prochain. Rien ne dit que son successeur partagera la même opinion, même si elle a une certaine logique. Pour Otellini, trois critères s'opposent à cette perspective : il s'agit d'en tirer un revenu financier significatif ; il est hors de question d'apporter son soutien à une puce concurrente (alors que le fondeur s'est laissé distancer par les design ARM sur les mobiles) et enfin, à tout prendre, Intel préfère développer un « partenariat stratégique ». C'est-à-dire aller plus loin que la simple exécution d'un contrat de fabrication.

Otellini a toutefois averti que de gros clients allaient être annoncés dans le cadre de cette activité de simple fabrication de puces, mais sans en dire plus sur leur profil. Il faut aussi rappeler qu'Intel a déjà fabriqué par le passé des processeurs ARM avec les StrongARM achetés à DEC, transformés en XScale puis revendus.

Sur le même sujet :
- Intel : des résultats en baisse et des promesses de prix plus bas

Mac : Apple envisagerait de quitter Intel

| 05/11/2012 | 22:35 |  

Selon Bloomberg, Apple envisagerait de remplacer les processeurs Intel de ses Mac par des puces conçues en interne. Profitant de l'expérience gagnée sur les terminaux iOS, le constructeur préparerait des processeurs dérivés des puces mobiles des iPhone et iPad, mais suffisamment puissants pour un ordinateur.

À dire vrai, l'information n'est pas vraiment nouvelle (d'ailleurs, début octobre, les mêmes journalistes de Bloomberg avait déjà eu vent de discussions internes à Apple sur ce sujet) . Depuis qu'Apple a abandonné les processeurs PowerPC au profit des puces Intel, fin 2005, on a régulièrement prêté au constructeur des désirs d'aller voir ailleurs. Si le nom d'AMD a beaucoup tourné les premières années (lire : AMD aurait été envisagé pour le MacBook Air), cette hypothèse n'est aujourd'hui plus crédible, alors que le fondeur s'enfonce dans la crise et semble toujours plus incapable de s'en sortir.

À l'inverse, Apple conçoit maintenant ses propres puces ARM pour ses terminaux, et le résultat est plutôt impressionnant. L'Apple A6 qui équipe les iPhone 5 et l'iPad avec écran Retina atteint des performances impressionnantes pour un terminal mobile, et parfois meilleures que celles d'un ordinateur traditionnel. La conclusion logique est que les Mac finissent par adopter cette architecture, même si, comme le rappelle le site, cela ne surviendrait pas avant quelques années. Les sources du site posent même une hypothèse : 2017, soit dans 4 ou 5 ans et une douzaine d'années après le passage à Intel.

Bloomberg indique que les signes en faveur d'un rapprochement du Mac et des terminaux iOS se multiplient. Après le départ de Scott Forstall, qui serait resté très attaché à une division, la nouvelle équipe dirigeante d'Apple semble conçue pour ce rapprochement (lire : Apple : Tim Cook fait sa révolution). Craig Federighi s'occupe à la fois d'OS X et d'iOS, tandis que Bob Mansfield resté en place serait un fervent partisan du rapprochement depuis quelques années et Forstall parti, il aurait maintenant la voie libre.

Passer d'Intel à ARM reviendrait en effet à répéter la transition des processeurs PPC à Intel. Apple a l'expérience de ce genre de transitions et les règles assez strictes de ses App Store faciliteraient incontestablement le travail pour les développeurs et, in fine, pour les consommateurs.

Dans l'affaire, c'est Intel qui a le plus à perdre. Microsoft a déjà commencé à emprunter la voie ARM avec une version de Windows 8 spécifique à ces processeurs. Si Apple, un gros client pour le fondeur, suit cette voie, cela représentera sans nul doute une perte importante de ses ventes et de ses revenus. L'entreprise met en attendant toutes les chances de son côté et a multiplié les investissements pour essayer de réduire la consommation électrique de ses puces. Est-ce que ce sera suffisant pour garder Apple et les autres ? L'avenir nous le dira…

Apple veut concevoir ses propres puces ARM

| 04/10/2012 | 07:00 |  

L'Apple A6 est le premier SoC d'un appareil iOS entièrement conçu par Apple : cette puce originale a été créée pour être à la fois très économique et très puissante, ce que n'aurait permis un modèle standard issu du catalogue d'un fournisseur. Apple compte sans surprise poursuivre dans cette voie : elle cherche aujourd'hui ni plus ni moins que son futur directeur du département en charge de la création de SoC, ces puces réunissant processeur, carte graphique et mémoire..

Certains n'hésitent pas à ressusciter la rumeur selon laquelle Apple pourrait abandonner les processeurs Intel, en se rapportant à un article de Businessweek indiquant que ce changement aurait été « débattu » en interne. S'il est possible voire certain qu'Apple fait plus qu'envisager cette hypothèse à long terme, elle est irréaliste à court terme : les puces ARM ne sont pas encore assez puissantes pour ne serait-ce que le MacBook Air. D'ici quelques années néanmoins, la question ne se posera plus, d'autant que la compatibilité avec Windows pourra être maintenue, Windows 8 étant compatible avec la plateforme ARM.

Même si l'offre d'emploi ne mentionne pas spécifiquement les applications mobiles, elle indique clairement que l'équipe processeur d'Apple est « petite ». Alors qu'il faudra plus de 30 ingénieurs dans une aile du quartier-général de Cupertino pour préparer la prochaine transition majeure de la plateforme Macintosh. Bref, il n'y aura sans doute pas de MacBook Air avec un Apple A7. Mais il y en aura peut-être un avec un Apple A9.

Intel va se remettre à l'ARM

| 07/06/2012 | 11:25 |  

Intel est connu pour ces puces à architecture x86 qui équipent l'immense majorité des ordinateurs de bureau, portables et serveurs — le fondeur a d'ailleurs été attaqué à plusieurs reprises pour abus de position dominante dans ce secteur. Au contraire, c'est l'architecture ARM qui s'est imposée dans les terminaux mobiles ces dernières années, devenant la principale concurrente pour celles d'Intel, qui veut aussi sa part du gâteau dans la mobilité.

CNET a repéré hier qu'Intel allait fabriquer une puce contenant un processeur ARM. Ce qui peut paraître surprenant au premier abord ne l'est pas, Intel restant un fondeur, il répond simplement aux attentes de ses clients. C'est l'entreprise Netronome qui a passé commande d'une puce contenant un processeur ARM11MP. Cette puce est destinée à faire entre autres du deep packet inspection (inspection de paquets en profondeur), de l'analyse de flux et du traitement de contenu. La fabrication de cette puce par Intel démarrera en 2013.

La fabrication de puce ARM n'est pas une première pour Intel qui détient une licence lui permettant de réaliser cette opération. De 2002 à 2006, Intel produisait des processeurs faible consommation XScale qui utilisaient l'implémentation ARMv5. Marvell a acheté cette activité en juin 2006.

De premiers prototypes de puces ARM 64-bits

| 02/05/2012 | 18:10 |  

skitchedApplied Micro a fait la démonstration d'un premier prototype fonctionnel d'une puce ARM 64-bits, le X-Gene. C'est la première implémentation de l'architecture ARMv8, qui est elle-même la première architecture ARM prenant en charge l'adressage 64-bits.

Le SoC X-Gene n'utilise néanmoins pas de cœur processeur ARM : Applied Micro dispose d'une licence complète de fabricant ARM, et a développé son propre cœur compatible avec le jeu d'instructions ARMv8. Le fabricant a ainsi pu réaliser un système-sur-puce hautement spécialisé : le X-Gene, qui intègrera plusieurs cœurs et l'Ethernet, est destiné aux serveurs. C'est d'ailleurs une démonstration de l'exécution d'un serveur web Apache 64-bits qui a servi de support à la présentation de cette puce, qui consomme peu tout en étant suffisamment puissante, et que l'on devrait retrouver dans les serveurs web ou cloud.

N'attendez néanmoins pas une puce 64-bits dans votre téléphone : l'architecture ARMv8 n'en est qu'à ses balbutiements, et ne devrait pas être finalisée avant la prochaine génération de puces ARM. La famille de processeurs de cette année, connue sous le nom de Cortex A15 (l'Apple A5/X est basé sur l'architecture Cortex A9), prend en charge le 32-bits uniquement.

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