La Surface avec Windows 8 Pro brille par ses compromis

Florian Innocente |
La Surface Pro sera en vente ce 9 février et les médias américains ont tous publié leurs tests de cette tablette équipée d'un Windows 8 complet sur processeurs Intel. Une tablette « sans compromis » pour reprendre l'antienne de Microsoft répétée depuis la présentation des Surface. Toutefois cette affirmation ne résiste pas à l'épreuve des faits. Il y a une constance dans ces prises en main, la Surface avec Windows 8 Pro n'est pas un mauvais produit, mais ce n'est pas un excellent portable ni une excellente tablette. La faute à une somme… de compromis.



Pour mémoire, la version Pro ne diffère pas seulement de la version RT par son utilisation d'un Windows identique à celui des PC (avec ce que cela offre comme latitude et choix de logiciels), mais aussi sur un plan physique. La tablette est plus lourde, frôlant le kilogramme, plus épaisse mais aussi mieux équipée : USB 3, écran de meilleure définition avec le double de contacts tactiles (10) et un stylet fourni. Les deux Surface Pro s'affichent à 900$ et 1000$, des tarifs de portables classiques auxquels il faut ajouter entre 120$ et 130$ de clavier. Une note salée d'autant que c'est le modèle 128 Go qui a plutôt les faveurs.



Le processeur Core i5 à 1,7 GHz assure de bien meilleures performances d'après les tests, il implique toutefois la présence d'un système de ventilation. Cela se traduit par une fente qui tourne autour de la tablette pour l'évacuation de la chaleur. Mais il n'est heureusement guère audible si l'on en croit la plupart des appréciations, sauf cas particulier.

Pour le reste, ce sont les mêmes matériaux avec une qualité de finition identique à la RT (donc très bonne). Ce processeur est accompagné d'une autre puce Intel, l'HD Graphics 4000, de 4 Go de RAM et de 64 ou 128 Go de stockage (si l'on exclut l'importante ponction du système). On peut utiliser de l'espace de stockage externe, mais avec ce que cela implique pour la mobilité. Pas d'option 3G dans cette Surface, uniquement du Bluetooth et du Wi-Fi.

Il faut donc imaginer un iPad presque 400 grammes plus lourds et 4 mm plus épais avec un écran 10,6" et un OS de bureau.



The Verge


Le site souligne le surpoids notable qui la rend « inutilisable » tenue d'une main, là où c'était plus envisageable avec la RT. Autre regret, alors que son système l'ouvre à un usage identique à celui d'un portable, cette Surface est inexploitable posée sur les genoux. Une table sinon rien… L'écran (1920 x 1080) est loué pour son extraordinaire qualité et les performances sont excellentes.

Des jeux ont été testés (Borderlands 2 et Call of Duty: Modern Warfare 3), mais même en basse définition avec des réglages légers, la fluidité n'était pas tout à fait au rendez-vous. En revanche aucun problème pour tous les autres usages plus généralistes.

Un point important a déçu, l'autonomie, qui dans le test de The Verge a vu la batterie fondre en 4h. C'est moins bien qu'un Ultrabook et très loin - de l'ordre de la moitié - de ce qu'offre une tablette standard.



En conclusion, The Verge recommande de s'en tenir à ce modèle si l'on veut à tout prix une Surface, et de laisser de côté la RT. Mais le tarif fragilise sa position face à des ultraportables dont certains peuvent se transformer en tablette.

« Même bien réalisée, une Surface ne me convient pas, et je suppose qu'il en ira de même pour la plupart des gens. C'est vraiment difficile à utiliser sur autre chose qu'un bureau, et le large format 16:9 restreint aussi drastiquement son utilité comme tablette. C'est trop gros, trop épais et trop dépendant de son câble d'alimentation pour être une tablette compétitive, et elle est trop figée pour faire tout ce qu'un portable a besoin de faire. Dans sa quête à vouloir être les deux, la Surface ne réussit à être ni l'un ni l'autre correctement. Elle est supposée libérer, mais elle donne surtout l'impression de limiter ».

Walt Mossberg - AllThingsD



Le journaliste préférait à la rigueur la version RT, avec son Office inclus (à acheter séparément avec ce modèle Windows 8 Pro). Il juge cette déclinaison trop lourde, trop chère et trop gourmande si on la considère sous l'angle d'une tablette, et guère pratique à utiliser sur les genoux comme on le fait avec un portable « 40% plus épaisse que le plus épais des iPad et 40% plus lourde qu'un iPad ». À de nombreuses reprises dans l'article, c'est la tablette d'Apple qui sert de mètre étalon pour juger celle de Microsoft.

On retrouve aussi les critiques de The Verge : « une tablette faite de compromis, un portable fait de compromis » Même déception sur l'autonomie avec une lecture de vidéo sur Wi-Fi et une luminosité à 75%. Seulement quatre heures, soit moitié moins qu'un iPad et trois heures de moins que la Surface RT. Mossberg évalue à 5h30 l'autonomie possible en tirant au maximum sur la batterie, ce qui reste peu si on envisage l'appareil sous son angle d'une tablette.

Il critique également le peu d'espace de stockage laissé à l'utilisateur (30 Go sur la 64 Go et 90 Go sur la 128 Go) et l'obligation d'acheter Office séparément alors qu'il est livré dans sa version RT. L'absence d'option 3G/4G que l'on trouve sur les autres tablettes n'est pas non plus oubliée.


Surface avec Windows 8 Pro



Surface RT


« De la même manière que la Pro est une tablette faite de compromis, c'est un portable avec des compromis. Vous avez moins de connecteurs et moins de capacité de stockage que beaucoup de portables et son clavier ne tient pas non plus la comparaison. Certains utilisateurs ne verront pas d'inconvénients au prix ou au poids de la Surface Pro dès l'instant où ils ne sont plus tenus de transporter en même temps, et une tablette, et un portable. Mais comme beaucoup de produits qui essaient d'être deux choses à la fois, la nouvelle Surface, que ce soit pour l'un ou pour l'autre, ne fait pas mieux que les produits prévus pour un seul usage. ».

Paul Thurrott's Supersite for Windows



Paul Thurrot préfère comparer cette version Pro à des Ultrabook tactiles et hybrides plutôt qu'à la Surface RT qui ne peut prétendre être un véritable PC. Dans une comparaison stricto sensu avec un portable, on retrouve les critiques formulées par Walt Mossberg. Mais cette tablette l'a néanmoins séduit face aux appareils Windows 8 qui existent aujourd'hui.

Un point en particulier l'a toutefois exaspéré, cette manière dont la tablette gère un écran externe. Sur l'écran intégré, la définition full HD rend les éléments assez petits à manipuler lorsqu'on sort de l'interface Metro. On peut utilise alors l'agrandissement à 150% qui compense cette étroitesse des éléments graphique, mais le résultat est jugé désastreux dès qu'un écran externe est branché, avec un affichage qui devient grossier. Et il est impossible de régler l'affichage différemment entre ces deux écrans. Ce réglage en outre est perdu à chaque déconnexion.



« Au final, je vous laisserai juger si les concessions faites par cet appareil constituent un compromis acceptable. Pour moi, la Surface Pro est une bien meilleure solution que sa devancière, et bien que je ne sois pas satisfait de l'autonomie et des problèmes autour de l'écran, j'ai l'intention de continuer à l'utiliser comme mon seul PC pour encore quelque temps […] La Surface avec Windows 8 Pro est tout à fait recommandable, mais renseignez-vous. Et si possible, essayez-là d'abord. »

Engadget



« Nous sommes encore aujourd'hui ravis à l'idée d'avoir un appareil capable de chevaucher des domaines aussi différents que la productivité et l'oisiveté. Malheureusement, nous sommes toujours à la recherche de l'appareil idéal et d'un OS qui gère non seulement ces deux tâches, mais surtout excelle dans les deux. La Surface Pro s'en approche autant que possible par rapport à ce que l'on a connu, mais c'est toujours un compromis dans les deux cas.

Lorsque vous essayez d'être productif, vous aimeriez avoir un vrai portable et lorsque vous voulez vous détendre dans le canapé, vous aimeriez avoir une interface plus pratique pour être manipulée de manière tactile. Le fait d'avoir davantage d'applications Windows 8 natives pourrait régler le problème.

Que cette Surface offre une compatibilité avec l'énorme catalogue d'applications Windows lui donne un avantage important sur la surface RT. Mais l'épaisseur, le poids et l'autonomie jouent contre elle.

Nous faisons confiance à Microsoft pour continuer d'améliorer Windows 8, d'en faire un OS plus adapté encore à des tablettes et on va voir arriver dans le courant de l'année des dizaines d'hybrides tactiles. Malheureusement la seconde tablette de Microsoft ne nous donne pas envie de sortir notre carte de crédit. Pas encore. »

avatar havox79 | 
@hyrok : Je ne savais pas ! En effet ça peut être intéressant d'avoir tout l'écosystème x86 dans un appareil avec de bonnes performances mobile. ( puissance/autonomie )
avatar Laurent S from Nancy | 
"Tu as déjà eu un iPhone ? Parce que mon 5 est tombé une fois, de 1m de haut environ, sans coque de protection, et n'a absolument aucune trace du choc ! " J'avoue que j'ai un peu trollé, quoique lorsque l'on voit l'état de certains téléphones on se pose des questions :-D En fait je voulais dire qu'avec un design un poil plus ergonomique, l'aspect "non jouet" et massif de la Surface aurait pu être utilisé comme argument de vente.
avatar SonnicProject | 
Je préfère à ce prix un mac book air ! ;-)
avatar patrick86 | 
@Laurent S from Nancy : Le problème, c'est que certains on la mauvaise idée de s'assoir sur leur iPhone, ou de le mettre dans l'eau... Apple dit dans la notice qu'il faut en prendre soin. ;)
avatar jm.leb | 
Whoua ! Un portable PC, sans clavier, avec l'écran à la place du clavier. Fallait y penser !
avatar JLG47 | 
@ havox79 Améliorer? Refaire totalement plutôt. Comme trop souvent en voulant en faire trop on fait tout mal. Trop étriqué et mal conçu pour un portable utilisable. Trop gros et trop lourd et pas assez autonome pour une tablette confortable. D'ailleurs, à ce prix, j'ai et la MBP13 et le iPad min. Apple l'a rapidement compris en revenant sur ses affirmations et en produisant iPad mini dès que la technique le permettait. J'utilise un MBP13 pour la productivité (avec un 22" à poste fixe) et iPad mini pour les déplacements lorsque je n'ai pas besoin d'applications lourdes. À chaque produit son usage, même si MBP13 était jusqu'il y a peu mon compagnon de voyage.
avatar space0 | 
Ca ne m'étonne pas. Microsoft est mou, se le cacher s'est faire preuve de mauvaise foi. Ya qu'à voir combien d'années ils ont stagné avec IE6, et le temps que ça leur a pris pour répondre aux iPhones/iPad. Microsoft est à mes yeux en grand déclin, il n'arrive pas à se faire une place sur les smartphones et les tablettes, car son OS arrive des années en retard et n'apporte rien de plus (et même moins quand on voit leur app store). Quand à son marché des PC, il est en train de se faire dévorer par les tablettes, et très récemment les chromebook qui vont probablement être amenés à évoluer par le futur. Je ne serais pas surpris que certains fabricants comme Dell se mettent à proposer plus de Linux (cf: rachat d'actions) Le seul truc qu'ils arrivent à bien faire c'est Office, des OS +/- rétrocompatibles, et assurer le support de leurs OS pendant de nombreuses années. Mais à un moment ça ne suffira plus. Bref, un flop de plus.
avatar bugman | 
@ pokpok33 [06/02/2013 13:01] : "Ancienne". Sinon merci de les joindre directement pour ce genre d'erreur (qui n'est pas une faute d'orthographe mais de frappe). Je le fais pour toi cette fois. Edit (réponse de la rédaction que je remercie pour la réponse) : "Justement, on veut précisément dire « antienne ». Microsoft n'a cessé de répéter de manière continuelle et lassante que c'était une tablette sans compromis. Anthony."
avatar JustTheWay | 
Cet article me rappel l'article de the verge qui disait qu'elle était fragile, vidéo pour preuve à l'appui, le mec met tout son poids pour la casser. Alors je suis désolé je veux bien être naïf mais il y a des limites quand même. D'ailleurs en voulant faire genre avec "antienne", il fallait déjà comprendre le sens de "sans compromis" qui n'est pas du tout celui donné dans votre article même problème avec l'article que vous avez pompé qui interprète comme bon lui semble cette expression. C'est de bonne guerre quand même. Trop simple. Sinon je suis d'avis que la surface aurait pu être mieux, enfin au moins elle est toujours mieux que l'ipad selon l'utilisation.
avatar conster | 
Le. Problème de Microsoft sur tablette c' est son 0S. Vouloir mettre le moteur du "camion " dans une grosse smart, ça ne tiens pas la route. Quand on achète une tablette, on achète aussi de la simplicité pour les actions, on va droit au but. On veut oublier la complexité de windows( relative ou ressentie comme tel) Cet 0S n' est pas optimisé pour une tablette digne de ce nom ,obligeant le fabriquant à surdimensionner presque tous les composants pour faire tourné windows dans quelques années, quand les prosc seront assez puissants et économiques en énergie pour faire tourner windows, pourquoi pas, mais à l'heure actuelle, vu la technologie disponible pour réaliser une tablette digne de ce nom, comme le poids et l'autonomie, cet 0S est trop Gras.
avatar jellyboy74 | 
Pour un tel prix , un MBA fait bien plus l'affaire !

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