Interroger un PDF comme on questionnerait son auteur, bâtir un tableau croisé dynamique sans écrire la moindre formule, confier la relecture d'un compte rendu à un assistant qui veille pendant qu'on tape : ONLYOFFICE 10.0 dote chacun de ses éditeurs d'une IA qui connaît le fichier ouvert. La suite open source devient aussi modulaire et referme 35 brèches de sécurité. Surprise de taille : sur les versions libres, l'IA devient facultative.

ONLYOFFICE a lancé le 10 octobre la version 10.0 de sa suite bureautique, d'abord en ligne, où l'on peut dès à présent l'essayer gratuitement dans le cloud. Les applications de bureau pour Windows, macOS et Linux suivent le 13 octobre. Au compteur : une cinquantaine de fonctions inédites, plus d'un millier de bugs corrigés et 35 vulnérabilités comblées.
L'intelligence artificielle tient la vedette, avec une philosophie singulière : chacun choisit son modèle, son hébergement, ou décide de s'en passer.
Une IA qui a lu le document avant vous
Texte, tableur, présentations, PDF : les quatre éditeurs accueillent un onglet Outils IA et son chat intégré. L'assistant travaille à partir du fichier ouvert, ce qui épargne l'éternel copier-coller vers un chatbot extérieur.
Face à un PDF, on interroge le document, on le résume d'un clic ou on biffe les mentions confidentielles. Le tableur écrit et explique les formules, dégage des tendances, monte des tableaux croisés dynamiques et assainit les données bancales. Dans les présentations, une idée brute devient un plan, des titres et des notes pour l'orateur.

Selon ONLYOFFICE, un juriste peut ainsi condenser un contrat de cinquante pages et en isoler les clauses clés en quelques secondes.
Des assistants qui veillent pendant que vous écrivez
Au-delà des prompts fournis d'origine, les actions rapides expédient une tâche ponctuelle, comme adoucir le ton d'un paragraphe, et les prompts favoris se relancent d'un clic.
Les assistants vont plus loin : ils tournent en arrière-plan et réagissent à chaque modification du document. On les bâtit à partir de modèles (relecture, vérification des faits, réécriture) ou d'une consigne maison. Sur les captures de l'éditeur, l'un d'eux dissèque une transcription de réunion pour en tirer les décisions, les tâches assignées et les risques soulevés.

Bémol : actions rapides et assistants restent cantonnés, pour l'instant, à l'éditeur de texte.
Votre modèle, votre serveur, votre décision
On désigne un modèle par défaut, puis d'autres pour des tâches précises, selon qu'on privilégie la finesse, la vitesse ou la facture. Dans le cloud, le service IA maison s'appuie sur OpenRouter et s'active en créditant un portefeuille. Sur serveur, n'importe quel modèle fait l'affaire, y compris un modèle local.
De quoi rassurer les métiers soumis au secret : cabinet d'avocats, hôpital ou collectivité peuvent solliciter l'IA sans qu'un dossier sensible quitte leurs murs.
Les allergiques à l'IA, eux, respireront. À l'écoute de sa communauté, ONLYOFFICE a sorti l'IA de l'installation de base dans ses versions open source, Desktop Editors Community comprise. Elle devient un module à ajouter séparément. Une marque d'écoute assez rare dans un secteur où l'assistant s'impose volontiers d'office.

Sur iOS et Android, l'assistant s'ouvre Ă Grok et DeepSeek, remplit seul les formulaires et accepte la saisie vocale.
Quatre applications Ă assembler comme des briques
ONLYOFFICE Docs change aussi d'architecture. Quatre applications gratuites, sous licence AGPL v3, se clipsent autour des éditeurs, et chacun n'active que celles qui lui servent.

Agents IA joue les majordomes numériques, avec recherche intelligente et base de connaissances personnalisée. Il se connecte aux serveurs MCP, ce protocole ouvert lancé par Anthropic fin 2024 pour relier une IA à des outils et des données tierces.
Formulaires collecte des réponses et en confie l'analyse à l'IA. Fichiers range les documents et gère les droits d'accès. Salles aménage des espaces cloisonnés, jusqu'aux salles de données virtuelles prisées lors des audits ou des fusions-acquisitions. Le tout fonctionne d'emblée dans le cloud et s'installe d'une seule commande sur serveur.
Des éditeurs affûtés jusque dans les détails
Dans l'éditeur de texte, on suit désormais en temps réel le curseur d'un collègue pendant une coédition.

L'option "Paragraphes solidaires" empêche un titre de se retrouver orphelin en bas de page. L'éditeur PDF, lui, efface les métadonnées cachées avant partage, détecte seul les tableaux et mémorise les signatures pour les réutiliser.

Le tableur gagne en vitesse, notamment sur des fonctions très sollicitées comme SOMME.SI ou NB.SI.ENS, et guide désormais la saisie des formules.

Les présentations s'offrent de nouveaux modes d'affichage, une impression plus fine et un export en GIF ou en vidéo, taillé pour les réseaux sociaux.

Côté extensions, le gestionnaire de plugins est repensé et accueille Antidote, le correcteur québécois cher aux rédacteurs francophones.
35 brèches refermées
La 10.0 corrige 35 vulnérabilités. ONLYOFFICE justifie ce chantier par un constat lucide : l'IA arme aussi les attaquants, qui disposent de nouveaux moyens pour débusquer les failles. L'application de bureau profite enfin d'une page d'accueil redessinée et d'une intégration avec l'ERP Odoo.
Gratuite, ouverte, Ă la carte
Forte de plus de 21 millions d'utilisateurs revendiqués, ONLYOFFICE reste une suite open source compatible avec les formats Microsoft Office, et ses applications de bureau et mobiles ne coûtent rien. Desktop Editors 10.0 sera téléchargeable gratuitement dès le 13 octobre pour Windows, macOS et Linux.
Une IA qui connaît vos fichiers, branchée sur le modèle de votre choix, cantonnée si besoin à vos serveurs, ou tout bonnement écartée : cette liberté parlera aux DSI comme aux particuliers jaloux de leurs données.
Le détail des nouveautés figure dans l'annonce officielle.













