Google : des ennuis avec la Chine et la CNIL

Anthony Nelzin-Santos |
Depuis plusieurs mois, la Chine aurait mis en place des mécanismes destinés à mettre des bâtons dans les roues des utilisateurs des services de Google dans ses frontières. Le problème toucherait notamment Gmail, ralenti au point d'en être inutilisable. « Il n'y a aucun problème du côté de Google. Nous avons vérifié scrupuleusement. C'est un blocage par les autorités chinoises conçu pour apparaître comme un problème de Gmail », fulmine un porte-parole de la firme de Moutain View.

Google

Le 11 mars dernier, Google avait déjà mis le doigt sur des « attaques hautement ciblées » visant des activistes utilisant Internet Explorer, qui comportait une faille, depuis réglée conjointement par Google et Microsoft. Cette fois, la Chine ferait en sorte de perturber le fonctionnement de Gmail et d'autres services de Google de manière discrète, en ciblant notamment les opposants au régime. En cause, une peur que les mouvements de contestation au Proche et au Moyen-Orient ne donnent des idées à la jeunesse chinoise, alors même que les réseaux sociaux et les services Web ont été la clef de l'organisation de ces mouvements (Wael Ghonim, employé de Google, a même été une des icônes de la contestation égyptienne).

Un cadre de Google souhaitant rester anonyme n'y va pas par quatre chemins : le mécanisme mis en place, qui simule une erreur du côté de Google (impossibilité d'envoyer des courriels, de marquer des courriels comme lus, affichage de messages d'erreurs), est très complexe, « sophistiqué et de grande envergure ». Autrement dit, il émanerait d'une volonté gouvernementale. C'est un énième rebondissement de l'affrontement opposant les deux géants (lire : Google et la Chine parviennent à un compromis).

Plus près de nous, Google a des problèmes d'un autre genre avec la CNIL. La Commission nationale informatique et libertés a en effet condamné la firme de Mountain View à payer une amende de 100 000 € pour avoir collecté des données personnelles au « hasard » du passage des véhicules chargés de prendre des clichés pour Google Street View.

skitched« Depuis 2007, la société Google déploie dans le monde entier des véhicules dits Google cars. Ces véhicules enregistrent des vues panoramiques des lieux parcourus, afin de proposer aux internautes son service Street View. Des contrôles effectués fin 2009 et début 2010 ont permis à la CNIL de constater que les véhicules déployés sur le territoire français captaient et enregistraient non seulement des photographies, mais aussi des données transitant par les réseaux sans fil Wi-Fi de particuliers, et ce à l'insu des personnes concernées. », explique la CNIL. Cette collecte des SSID et des adresses MAC des bornes WiFi permet à Google de se constituer une base de données utilisée notamment pour la triangulation WiFi dans la géolocalisation des appareils mobiles.

Google s'en était défendu en avril 2010, finissant par avouer cette pratique quelques semaines plus tard. Dans les documents que Google a dû fournir à la CNIL, on trouve non seulement les SSID et les adresses MAC des bornes WiFi, mais aussi de nombreuses données personnelles associées (données de connexion à des sites web, mots de passe de messagerie, adresses de courrier électronique, échanges de courriels), enregistrées « par erreur ». Google utilise la triangulation WiFi dans les smartphones Android, tandis qu'Apple utilise sa propre base de données dans iOS… depuis avril 2010 (lire : Géolocalisation : Apple fait désormais cavalier seul).

Ce n'est pas tant la collecte des SSID et des adresses MAC qui irrite la CNIL que leur association à des données personnelles, mais aussi le fait que cette collecte se fasse à l'insu de l'utilisateur. Le gendarme français de la vie privée ne compte pas en rester là : « cette collecte n'est aujourd'hui plus réalisée par les "Google cars", mais s'opère directement par le biais des terminaux mobiles des utilisateurs se connectant au service de géolocalisation Latitude (smartphones, etc.), et ce à leur insu. La CNIL considère que ce défaut d'information constitue une collecte déloyale au sens de la loi ». Google conteste le fait que la loi française s'applique à Latitude, ce qui risque fort d'être le sujet d'un nouveau bras de fer.

avatar asiahightech | 
Etant résident en Chine, je peux vous dire que Gmail est depuis un mois, très souvent (plus de 50% du temps) inutilisable. Dans la majorité des cas il est impossible d'accéder à boite mail ! Seul solution utiliser un VPN...
avatar bugman | 
Google : des ennuis avec la CNIL ? Combien ? 100.000 ! Whooooo ! Chaud !
avatar Tatie_Danielle | 
Autrement dit, la CNIL à offert à Google le droit de faire n'importe quoi pour juste 100000€, même pas une goute d'eau. Je ne juge pas le fond, mais s'il est condamnable alors condamnons le et à ce moment c'est 100 M$ de dollars, voir 1 Milliard qu'il faut demander. Mais bien sur, notre justice se contre cogne de la dissuasion de l'infraction.
avatar Cedr | 
Moi ce que je trouve irritant c'est la cnil qui gueule contre le méchant Google (pour 100 000€ ça fait pas cher les données privés en plus) et donne sa bénédiction au gentil gouvernement pour hadopi, lopsi toussa :/
avatar Zookd | 
LOL 100 000€
avatar CountDown | 
C'est sûr il fallait pas trop demander au risque de ruiner cette PME...
avatar sebastiano | 
@Cedr : en même temps, c'est comme le CSA qui censure à la tête du client. On sait très bien que ces organismes ne sont pas aussi indépendants qu'ils l'affirment.
avatar Cedr | 
@sebastiano : on est d'accord :) Ça fait pas de mal de le rappeler en tous cas.
avatar geniuseb | 
Moi aussi, en Chine, j'ai pu constater que c'est la misère avec Google, mais pas seulement. Vive VPN !
avatar tap | 
Sur Engadget ils se moquent bien de la CNIL en tout cas :D Faut voir si la CNIL a 100% raison dans cette affaire tututu.
avatar Zed-K | 
- Google, 6,520 milliards de $ de bénéfices en 2009 : récupération de données personnelles à l'insu des victimes et à grande échelle. Amende de 100 000€. - Kévin, étudiant en alternance, 700€ par mois pour vivre : téléchargement à 3 reprises d'un film/album sur P2P mis en évidence par l'HADOPI : Amende de 1 500 €. Le droit et les proportions, c'est décidément pas ça.
avatar Rigat0n | 
@ Zed-K : VIVE LA FRANCE !
avatar chapelle18 | 
Et puis qui va toucher les 100000€, ce n'est pas nous! C'est pourtant a des particuliers comme vous et moi que Google aurai volé ces informations. Donc c'est bien qu'une boite gouvernementale veuille nous protéger mais jamais on vois la couleur des espèces qui sont gagnés. Si lui aussi était honnête il autoriserait les classes actions comme aux états unis comme cela NOUS porterions plainte nous les utilisateurs, et si nous gagnons contre Google pour vol de données personnel nous empocherions l'argent du procès. La j'ai un peu l'impression de ma faire avoir, pas vous?

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