Nous suivons le phénomène de près depuis plusieurs semaines et le constat est sans appel : mettre la main sur un Mac mini M4 ou un Mac Studio M4 relève désormais du parcours du combattant. Que ce soit dans les rayons des enseignes spécialisées ou sur les étals virtuels de l'Apple Store, les voyants virent au rouge. Le symptôme est d'ailleurs d'autant plus aigu que l'on monte en gamme : plus vous ajoutez de la mémoire vive à votre configuration, plus les délais s'étirent.
Mac mini et Mac Studio : la pénurie s’installe
Certaines machines affichent aujourd'hui des délais d'expédition oscillant entre 16 et 18 semaines. C’est une situation proprement ubuesque : une personne passant commande aujourd’hui recevra très probablement, au bout de son attente, une machine équipée d'une puce M5 en lieu et place du M4 initialement choisi. On imagine mal Apple relancer une ligne de production spécifique pour honorer quelques reliquats de commandes alors que le nouveau modèle sera déjà sous les projecteurs.
Mais derrière ce qui ressemble à un banal problème logistique se cache une stratégie bien plus calculée, selon le youtubeur Vadim Yuryev.
Explanation for those who don't understand how Apple does things:
— Vadim Yuryev (@VadimYuryev) April 6, 2026
The iMac, Mac mini and Mac Studio are the only remaining Macs running M4, M4 Pro, M4 Max and M3 Ultra chips. Once the brand new M5 series models arrive (rumored between now and June) these current chips will never… https://t.co/UjIx4A9y7t pic.twitter.com/YRfMawgdLc
Une transition sous contrôle
Contrairement aux crises de composants que nous avons connues par le passé, la situation actuelle ne semble pas dictée par une pénurie de matières premières. Les rapports indiquent plutôt qu’Apple a délibérément réduit la voilure sur la production des Mac mini et Mac Studio actuels. L’objectif est limpide : éviter à tout prix de se retrouver avec des stocks dormants sur les bras au moment où la puce M5 fera son entrée.
Si Apple est si prudente, c’est aussi à cause de la nature même de ses puces. L’architecture Apple Silicon repose sur la mémoire unifiée, soudée directement sur le package. Cette conception fige la machine dans le marbre : impossible de récupérer ou de réallouer ces composants pour d'autres modèles sans frais prohibitifs. Dans ce contexte, chaque unité invendue représente une perte sèche de composants de haute technologie.

L’exception du MacBook Air et le nerf de la guerre
On pourrait toutefois contester cette thèse en rappelant qu'Apple n'a jamais eu de pudeur à maintenir d'anciennes références au catalogue. Le MacBook Air M2 en est la preuve éclatante : il était encore la tête d'affiche des fêtes de fin d'année l'an dernier, jouant les prolongations avec succès sur des canaux de vente parallèles.
Le meilleur concurrent du MacBook Neo est le MacBook Air M2 à 800 € avec un chargeur
Mais la comparaison a ses limites. Maintenir un ancien modèle en rayon est une stratégie de volume qui pèse sur les marges, Apple devant consentir à des rabais pour écouler ces stocks. Surtout, la donne a changé sur le front de la RAM. À l'époque du MacBook Air M2, les tensions sur la mémoire unifiée n'étaient pas aussi critiques.
Aujourd'hui, la priorité absolue de Cupertino est ailleurs : il s'agit de sanctuariser les stocks de composants pour garantir un lancement massif de la gamme M5. Entre alimenter une fin de série poussive et assurer une disponibilité immédiate pour ses futures stars, le choix d'Apple est vite fait. Pour l'utilisateur, le message est clair : si vous n'avez pas un besoin impérieux d'une machine dans l'immédiat, mieux vaut attendre que la poussière retombe... et que le M5 arrive enfin.











