Adobe : « l’objectif final est d’aider les photographes à devenir de meilleurs photographes »

Stéphane Moussie |

À présent, vous n’êtes plus tout seul devant cette montagne de photos à trier et à retoucher, vous pouvez compter sur un maître, un sensei, pour vous épauler. C’est ainsi que Tom Hogarty, le directeur des produits photo d’Adobe, présente le couple Lightroom CC-Adobe Sensei. L’« intelligence artificielle » tague automatiquement toutes les photos dans le nuage et proposera bientôt une sélection des meilleures images parmi un groupe de clichés similaires.

Pas de quoi fouetter un chat, rétorqueront les utilisateurs de la photothèque iCloud et de Google Photos qui connaissent déjà ces avantages depuis un moment. D’autant qu’Adobe Sensei en fait même moins pour le moment, car il ne reconnait pas encore les visages.

Mais le maître va se renforcer au fil du temps… en apprenant de ses élèves, explique Tom Hogarty à 9to5Mac : « Parce que nous travaillons avec certains des meilleurs créatifs au monde, nous pouvons exploiter l’apprentissage automatique pour apprendre de leur créativité et de leurs compétences. »

Une des choses qui m’enthousiasme le plus est de voir comment nous pouvons apprendre des capacités d’édition d’un client et le restituer à tous les autres. Et si le Creative Cloud pouvait commencer à assimiler ce travail, et me faciliter la tâche en traitant automatiquement mes photos de façon adaptée ?

Adobe Sensei et le Creative Cloud n’en sont pas encore là, mais c’est la direction qu’ils prennent. L’éditeur l’a montré avec sa démo de création d’affiche dans Photoshop largement assistée par Sensei. Mais l’intelligence artificielle ne va pas et ne doit pas remplacer la créativité humaine, défend dans le même temps Adobe.

« L’objectif final est d’aider les photographes à devenir de meilleurs photographes », expose Tom Hogarty, en les délestant des préoccupations techniques pour qu’ils puissent se concentrer sur le reste. C’est aussi pourquoi Lightroom CC est disponible sur smartphones : « nous pouvons devenir une partie de l’expérience de la prise de vue, et être de plus en plus proche du métal qui commence le processus de photographie. »

Bien que Lightroom CC soit plus grand public que Lightroom Classic, le service ne devrait pas céder à la mode des filtres rigolos ou des animojis. Adobe va conserver la même vision « traditionnelle » de la photographie que ses clients, déclare Tom Hogarty, même s’il n’est pas complètement fermé à l’idée « d’explorer » de nouvelles contrées remplies de filtres Snapchat et de licornes 3D si c’est une demande insistante.

avatar 406 | 

Pour moi, c'est plutôt pouvoir suivre ce que font les gens, les fonctions qu'ils utilisent etc...et récupérer toutes ces infos sans que les gens soient au courant...et le cloud, on est bien sûre qu'il n'ont pas le droit d'aller voir nos images ou de les exploiter ?

avatar je-deteste-android- | 

@406

Arrête la drogue le complotiste.

avatar frankm | 

@406

Franchement vu que c’est payant, j’espère qu’ils ont la décence de ne pas exploiter vos données

avatar 406 | 

je sais qu'une fois, j'ai vu plus d'un méga par seconde partir sur le net avant que je ne coupe avec little snitch pendant que je me servais de toshop alors...

avatar C1rc3@0rc | 

@406

A peu pres tous les utilisateurs de Little Snitch, Handsoff ou autres moniteur surveillant le traffic reseau sait que les produit Adobe scannaient le disque et balançaient une quantité de donnees vers les serveurs d'Adobe, et cela deja bien avant l'encloudage systematique.
Pour les soft de securité Adobe = malware (ce qui est incontestable pour Flash)

Apres, le "machine learning" (ML) est une bonne excuse pour siphonner les contenus des disques.

Il faut comprendre comme fonctionne le ML: au lieu de mettre des experts sur l'analyse d'une donnees/processus/image/... en gros, on fait tester une masse de possibilités a la machine qui etablie des statistiques en fonction d'un objectif et ne conserve que les solutions les plus proches de l'objectif - ca permet de constituer une procedure qu'on peut appliquer aux autres donnees similaires -: on est donc sur une approche purement empirique, totalement stupide et automatique mais massive, qui a l'aide de modeles mathematiques complexes permet d'approximer un resultat attendu.
Pour que ce soit utilisable sans une trop grosse marge d'erreur, l'ideal c'est de tester toutes les possibilités possibles et existantes.
Ce type de traitement statistique est tres efficace sur certaines situations et principalement sur des masses monstrueuses de données n'ayant pas un gros niveau de complexité et dans des domaines de recherches ou de traitement de masse automatiques. Ici, on est pas dans ces cas.

Cela implique donc que dans le cas decrit le programme mouline le maximum d'image possible, d'ou le fait de scanner toutes les images de l'utilisateur.

C'est la contrainte du ML.
Apres on peut s'interroger sur la necessité de balancer les images sur les serveurs d'Adobe.
Est ce que le traitement ne pourrait pas se faire en local, au moins en partie?
Parce qu'il y a toute une phase d'analyse et de traitements de l'image qui intervient avant la moulinette du ML.

Je suis incapable de le dire, car il faudrait que je connaisse l’algorithme de traitement complet.
Mais pour donner quelques voies, tant en terme de possibilités que de puissance, il faut rappeler qu'Apple a doté ses iphone/ipad d'un traitement purement local dans la reconnaissance d'empreinte et maintenant de visage et que ce qui est stocké c'est l'analyse des caractéristiques, pas les images elles memes... Si un iphone est capable de faire ça un PC pro l'est aussi.

Finalement on peut aussi se poser la question de l'interet de mettre de telles fonctions dans un logiciel comme le presente Adobe.
Au lieu de se gargariser au machine learning a longueur de slogan publicitaires, n'y a-t-il pas des besoins et fonctions bien plus importants et urgents a faire, comme assurer la stabilité, consommation de mémoire, sécurité et rapidité des applications?

Et au lieu de tout enclouder, vu que ça surcharge les reseaux et donc surconsomme de l'energie, ne serait-il pas plus intelligent de mettre le maximum de traitement au niveau local de l'application.

Apres, l'encloudage permet surtout d'augmenter la dependance et la captivité du client... Et ça pas la peine d'avoir un IA pour le comprendre.

avatar frankm | 

C’est un slogan très Apple

avatar reborn | 

@frankm

juste américain je dirais

avatar kipcoul | 

« l’objectif final est d’aider les photographes à devenir de meilleurs photographes »

ça dit très clairement que les photographes sont des nullos, mais que grâce à Adobe ils pourront devenir bons.

avatar Madalvée | 

La qualité se fait sur la prise de vue, pas sur la manipulation informatique qui doit rester marginale.

avatar thebarty | 

@Madalvée

+100000000000000 !

avatar C1rc3@0rc | 

@Madalvée

C'est pas forcement vrai.
Tout depend de qui prend la photo, dans quel but, dans quelle situation.

Le HDR est par exemple un traitement informatique tres efficace.
Si on parle d'un photographe professionnel, qui va construire une image, la penser, la contextualiser, on est sur un travail a la fois d'artiste et de technicien, donc une personne qui a une expertise et du temps.

Dans le cas du grand public, la photo sera majoritairement spontanné, reactive, capturant un sujet ephemere. La personne n'est pas forcement competente, la situation ne prete pas a une preparation et encore moins a une reflexion, et on a un materiel qui est ce qu'il est...
Dans ce cas, si au lieu d'avoir 100 clichés pourris on peut en avoir meme que 60 potables par traitements informatiques, y a pas de questions a se poser. Et il est plus rentable d'ajouter des fonctions a un appareils, que de convaincre le grand public a acquerir des connaissances et savoir-faire.

Apres, se pose la question de la fiabilité et realité de l'image: toute photo ayant subit un traitement doit etre consideree comme un photo-montage et une image de synthese. Cela ne reflète plus de la realité. Et il y a des domaines ou cela est totalement exclusif: si on considere qu'une image est une preuve dans un cadre legal ou meme d'information (journalisme, sciences, education,..), alors une image traitée de la sorte ne peut pas etre recevable...

avatar ya2nick | 

@C1rc3@0rc

Je suis dans l’ensemble d’accord avec vous. Cependant je ne suis pas complètement d’accord avec le dernier paragraphe. N’importe quelle photo se voulant une preuve est déjà un montage: ce que l’on voit sur une photo est une vision d’un moment, ce même moment pris sous un autre angle racontera une autre histoire. Le point de vue choisi par le photographe, est pour moi, déjà un début de montage.

avatar AkenOo | 

Exactement, j'y venais aussi. Je ne suis pas d'accord avec son dernier paragraphe. Je rajouterai même que sans compter la composition de notre image et donc le montage avant la prise de vue. Le choix de l'objectif, constitue également une déformation de la réalité. Le choix de l'appareil qui va traiter l'image pour avoir un rendu (certe proche du réalisme) permet d'avoir une certaine interprétation du réel.

Quand avec ton smartphone tu prends une photo et récupères un JPEG, avec un boitier réflex, tu prends une photo, récupères un JPEG, un traitement est défait fait à partir du raw de l'image avec les paramètres prédéfinis de l'appareil. Que certes tu considères comme neutre mais qui constituent quand même une déformation et presque du surréalisme. Mon argumentaire est un peu tordu mais vous comprenez l'idée.

Pour revenir à l'idée originale, oui, la qualité se fait à la prise de vue mais aussi après la prise de vue avec un smartphone, un réflex et logiciel de post-prod.

De toute façon tous ces outils n'ont toujours aidés que ceux qui savent s'investir dans ce genre de choses. Les randoms qui s'en foutent et prennent vite fait des photos avec leur boitier réflex ne deviendront pas de bons photographes pour autant.

avatar C1rc3@0rc | 

@ ya2nick

D'un point de vue de la theorie artistique tu as raison, la realisation est subjective,meme dans le figuratif. D'un point de vue journalistique, c'est aussi en partie vraie et le cadrage peut donner une interpretation opposée a la scene complete.

Mais au niveau judiciaire et journalistique, voire historique, la photo est un element recevable, constituant une preuve, sous certaines conditions - a commencer que le traitement ne modifie pas l'image de maniere a y ajouter ou enlever des elements significatifs.
Un photomontage, n'est pas un simple cadrage, c'est une modification des composants de l'image, un rajout ou une suppression. Il est très intéressant de ce point de vu d’étudier les documents utilisés par la propagande totalitaire, que ce soit l'inénarrable Pravda, documents du III reich, ou des différentes dictatures du moyen-orient.
Mais certes definir a partir de quel moment une image est "truquée" par photoshopage a la main ou automatique c'est de moins en moins evident.

avatar Abd Salam | 

@C1rc3@0rc

Déterminer si une image a été modifiée... rien de plus simple ! surtout avec les photos numériques.

Bien sûr, cela ne se fait pas à l’œil nu.

Il faut fournir un fichier brut («raw») pour réaliser une expertise avec des logiciels spécifiques qui vont faire ressortir en 2 secondes si le fichier a été altéré !

Et donc si les pixels sont toujours «alignés» selon les algorithmes de dématriçage originaux.

avatar Yohmi | 

Qu’ils n’hésitent pas. Mais ça va être difficile s’ils ne proposent ça que pour leur nouvelle mini-application.
D’ailleurs, ça fait un moment que ce système est accessible sur Lightroom Mobile, mais visiblement toujours rien pour les utilisateurs de la version complète…

avatar Mike Mac | 

Pour m'initier à la belle photo, je préfère puiser dans Doisneau (et bien d'autres) que dans la science diffuse d'Adobe !

https://www.youtube.com/watch?v=Vna5TAIILVE

avatar xDave | 

Super de trier des centaines de photos dans le cloud!
Il font ça avec un proxy de l'image RAW ou il faut avoir la fibre?
Et franchement cette tendance AI partout me file la nausée.

avatar Sokö | 

@xDave

C’est curieux, mais moi aussi.

avatar Chris66 | 

Ben vous n'avez pas fini d'avoir des hauts le cœur alors... l'AI envahit progressivement tous les domaines de nos vies... bientôt nous demanderons conseil à nos ordinateurs pour que l'homme continue à progresser...

avatar fte | 

@Chris66

"bientôt nous demanderons conseil à nos ordinateurs pour que l'homme continue à progresser..."

Bientôt ? C’est déjà le cas dans bien des domaines. Quand l’ordinateur ne remplace pas purement et simplement les gens.

avatar C1rc3@0rc | 

@ Chris66

La mode des systemes expert a produit une floppée de systemes de reference toujours - et de plus en plus - utilisés dans les secteurs professionnels et qui viennent maintenant dans le GP.
Ces systemes datent des annees 80... et les technologies qui sont derrieres n'ont quasi pas evoluées. Ce qui a changé c'est que la disponibilité des ressources nécessaires s'est généralisée et que les réseaux permettent d’accéder et transférer des masses de données colossales a un coût dérisoire. C'est tout.

Quand j'ai commencé ma spécialisation on étudiait des systèmes experts appliqués dans plusieurs domaines, dont un dans le secteur medical pour l'aide au diagnostique. Ses performances étaient supérieures en fiabilité a celles de la moyenne des medecins.

avatar Carbonized | 

Même avec la fibre, c'est inimaginable... Rien ne vaut un bon RAID NVMe.

avatar Ravic | 

Bin moi je trouve leur idée pas mal, je cherche un service photo multi plateforme, au cas où je ne soit plus sur iPhone par exemple et qui permette d’avoir ses photos partout le seul truc c’est le prix...jusqu’a présent je suis abonné mais devoir payer 23€ pour avoir le complet c’est hors budget pour moi...c’est peut être uniquement pour les pros

avatar byte_order | 

Un cloud personnel c'est possible de nos jours, hein.

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