Continuant sa tournée des plateaux d’interviews, Craig Federighi a fait un arrêt avec Greg Joswiak pour répondre aux questions de Laurie Segall, du podcast Mostly Human. Si nombre de questions ont déjà été posées, certaines sortent de l’ordinaire, et la réponse du SVP Software Engineering mérite le détour. Spoiler : ne vous attendez pas à pouvoir flirter avec Siri AI.

Alors que Craig Federighi semblait assez éloigné de toutes les considérations menant à l’intelligence artificielle il y a quelques années, le SVP logiciels se montre désormais pleinement impliqué, avec un angle rappelant le slogan « AI for the rest of us » qu’Apple a déjà martelé en 2024 :
Je pense que, dans la vision d’Apple, l’intelligence artificielle peut être utilisée comme un formidable outil d’émancipation. Mais il y a aussi le sentiment que les choses évoluent très vite, à un rythme qu’il est difficile pour n’importe qui de suivre. Et cela soulève une question : où tout cela nous mène-t-il ?
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Si vous êtes étudiant, vous pouvez vous demander : « Ai-je choisi la bonne voie ? Les compétences que j’ai mis des années à développer seront-elles encore utiles demain ? Seront-elles toujours pertinentes alors que l’IA apprend à une vitesse fulgurante à accomplir toutes ces tâches ? »
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À vrai dire, il n’existe probablement aujourd’hui aucun secteur où cette transformation est plus visible que dans le développement logiciel. C’est littéralement le premier métier pour lequel l’IA démontre qu’elle peut accomplir certaines tâches à un niveau impressionnant.
Ainsi, beaucoup de personnes au sein de mon organisation se disent : « Cette technologie réalise déjà très bien des choses pour lesquelles j’ai consacré des décennies à apprendre et à me perfectionner. Les compétences que je pensais essentielles le seront-elles encore demain, alors que l’IA progresse si rapidement ? »
Plutôt que de mettre l’accent sur les dernières possibilités de son IA, Craig Federighi a souhaité prendre le temps de rassurer, et de rappeler que si certains foncent tête baissée vers les nouvelles capacités déverrouillées par l’intelligence artificielle, Apple pense aussi aux personnes qui se disent « C’est très bien, mais où ça me mène ? Vers le meilleur ou le pire ? ». S’il ne faut pas se leurrer, et se rappeler que c’est un pur exercice de communication que mène là Craig Federighi, l’approche n’est pas idiote : certes, les voix les plus audibles dans le monde de la tech aujourd’hui sont bien entendu les personnes travaillant dans le domaine et les early adopters. Mais au final, ils représentent un pourcentage relativement faible des clients d’Apple.
Ce sont ces personnes précisément qui représentent une grande part des acheteurs, qu’Apple par le biais de Federighi tente de rassurer : l’IA est un grand chamboulement, vous avez des questions, nous les entendons.
Dans la même veine, le SVP logiciels paraît bien au fait de cette façon de « caresser dans le sens du poil » qu’ont les chatbots actuels avec leurs utilisateurs, et de l’utilité qu’a ce comportement pour récupérer le maximum d’informations possibles sur le client ou de gonfler artificiellement son temps d’utilisation. Bien entendu, Federighi annonce que Siri AI ne sera pas artificiellement mielleux, contrairement à ses concurrents :
Si vous utilisez un grand nombre des chatbots actuels, vous remarquerez qu’ils sont largement conçus pour maximiser l’engagement des utilisateurs, avec parfois une certaine forme de complaisance. Ils cherchent à vous attirer, à créer un lien. Certains peuvent même vous encourager à révéler des informations personnelles, puis s’appuyer sur celles-ci pour établir une forme de relation.
Notre vision est à l’opposé de cette approche. La manière dont nous avons conçu Siri repose sur une idée simple : Siri doit pouvoir dire « Ce n’est pas pour cela que je suis là. Je suis là pour vous aider. Je peux vous aider à mieux comprendre le monde qui vous entoure. »
Ainsi, Siri AI ne serait pas là pour vous pousser à rester discuter avec lui. Dans un sens, la logique est implacable : si comme l’annonce Cupertino aucune donnée personnelle n’est stockée par les serveurs de Private Cloud Compute, à quoi bon rallonger la conversation, et donc perdre du temps de calcul, alors que ça n’apporte rien à Apple ?
Siri AI n'est pas un fake : contrairement à son prédécesseur, il existe bel et bien !
Corollaire de tout ceci, ne vous attendez pas à pouvoir flirter avec Siri AI : « Si vous tentez de faire de Siri votre partenaire amoureux, Siri n’est pas fait pour ça. ». Mais en même temps, qu’attendre d’autre de la part d’une entreprise qui n’a jamais accepté la moindre application pour adultes sur l’App Store ? Dans la pure veine Steve Jobs, on aurait presque pu entendre Craig Federighi dire « si vous souhaitez flirter avec l’IA, allez sur Grok. ».













