Régulièrement critiquée pour son retard dans le domaine de l’intelligence artificielle, Apple pourrait-elle en réalité s’en sortir le mieux en 2026 ? C’est le point de départ d’un article de The Information, un site toujours remarquablement informé, même s’il n’apporte cette fois pas beaucoup d’informations nouvelles. Son principe est plutôt de spéculer, en se basant tout de même sur les informations réunies par ses journalistes, et d’imaginer des scénarios probables pour l’année prochaine. En l’occurrence, le retard actuel d’Apple pourrait devenir son plus gros avantage, à deux conditions tout de même.
Aaron Tilley pose deux hypothèses pour faire de 2026 une bonne année en matière d’intelligence artificielle à Cupertino. D’une part, la plus complexe sans doute, le tout nouveau Siri promis dès juin 2024 et retardé jusqu’au printemps 2026 devra enfin sortir et surtout, ne pas être décevant. Rappelons qu’Apple travaillerait avec Google si l’on en croit les rumeurs et c’est Gemini qui servirait de modèle de langage sous-jacent pour alimenter cet assistant vocal capable d’agir dans les apps.
Apple miserait sur Gemini pour relancer Siri
Apple utiliserait une version à 1 200 milliards de paramètres de Gemini pour motoriser Siri
Au passage, The Information relève un détail intéressant sur la stratégie d’Apple. Même si des équipes en interne travaillent toujours sur les grands modèles de langage indispensables à toutes les IA génératives qui ont fleuri ces dernières années, ce ne serait plus une priorité. Certains responsables jugeraient en effet que ces modèles vont devenir des « commodités », des technologies standardisées et interchangeables que l’on pourra piocher à droite et à gauche. Si c’est vrai, alors à quoi bon investir trop d’argent aujourd’hui pour créer son propre modèle ?
Le départ à la retraite de John Giannandrea pourrait ainsi ressembler à une victoire de ce camp contre celui, qu’il représentait peut-être en interne, de ceux qui pensent au contraire qu’Apple pourrait se distinguer avec son propre modèle. Le choix de placer Mike Rockwell, connu à Cupertino pour sa capacité à lancer des produits complexes et qui a auparavant travaillé sur le Vision Pro, irait dans le même sens. C’est sans doute lui qui a tranché en faveur de modèles externes au lieu de dépendre de ceux d’Apple, objectivement en retard pour autant que l’on puisse en juger avec les versions accessibles publiquement.
John Giannandrea, responsable de l'IA, va quitter Apple et être remplacé par un spécialiste issu de chez Microsoft
L’autre pari clé dans cette prédiction est sans doute moins risqué : le journaliste part du principe que les coûts de fonctionnement des intelligences artificielles resteront toujours aussi élevés en 2026 et surtout que leur rentabilité ne sera pas assurée. Cela semble bien parti et cela pourrait être une excellente opportunité pour Apple, qui dispose après tout de la plus grosse tirelire du domaine et de loin, avec environ 130 milliards de dollars qu’elle pourrait utiliser pour acheter ou signer un partenariat avec une entreprise du domaine. L’argent magique n’existant pas, les dépenses folles pratiquées dans le monde de l’IA depuis des mois devront bien être remboursées à un moment ou à un autre et la Pomme pourrait à cette occasion faire de belles affaires.
Alors, l’approche prudente, pour ne pas dire timorée, d’Apple en matière d’intelligence artificielle finira-t-elle par payer en 2026 ? Réponse dans les prochains mois.












