Alors que les Français s’écharpent sur l’utilisation de la climatisation, il est un pays confronté depuis longtemps à des vagues de chaleur répétées et difficilement soutenables : le Japon. Au pays du Soleil Levant, les températures élevées se combinent très souvent avec un taux d’humidité tel que montées du thermomètre deviennent rapidement insoutenables, spécialement pour ceux qui travaillent en extérieur.

Si les salarymen sont souvent bien heureux l’été de profiter de bureaux à l’abri de la canicule, généreusement climatisés (et parfois un peu trop, même si les Japonais n’en sont pas au point des Américains), l’équation est bien plus complexe pour les travailleurs du bâtiment, les ouvriers préposés à la réfection des routes, ou tout autre employé dont le travail se passe exclusivement à l’extérieur.
Devant une situation qui empire chaque année, les ingénieurs de Trusco Nakayama Corp. ont mis au point une solution qui paraît absurde sur le moment : et si on inventait un frigo pour humains ? Aussi absurde qu’elle paraît, cette création part pourtant d’une certaine logique : combien de fois les travailleurs en extérieur se versent quasiment une bouteille d’eau complète sur le visage et le corps pour refroidir ne serait-ce que quelques minutes l’humain en surchauffe ?
C’est ainsi que sont apparus les Do Hiemon Box, qui ressemblent à un énorme distributeur de boissons vide : l’humain se place dans la cabine, ferme la porte, et se retrouve avec une température allant de 15°C pour le corps jusqu’à un très frisquet 5°C pour la tête et les épaules. La bouffée de fraîcheur permet à la personne de récupérer rapidement, avec un minuteur de 20 minutes maximum, lui permettant de retourner à son travail rafraîchi, évitant ainsi le coup de chaleur et les conséquences qui peuvent en découler.
Le concept n’avait pas tant pour objectif d’offrir un endroit où se reposer que de fournir un équipement capable d’empêcher les malaises liés à la chaleur de s’aggraver.
Fumiaki Matsubara, responsable produits de Trusco Nakayama Corp.
Et ça fonctionne, comme le rapporte Bloomberg : l’entreprise est débordée par la demande, et les 3 300 employés travaillent d’arrache-pied à honorer les nombreuses commandes passées. 200 cabines à 1,5 millions de yens pièce (environ 8 200 euros) ont déjà été envoyées à leurs clients, aussi divers que des chantiers de construction, des cours de golf ou des universités à travers le pays. Selon Trusco Nakayama Corp., la demande double chaque année depuis qu’ils ont mis le produit sur le marché.
Alors bien entendu, cet outil est là pour pallier le réchauffement climatique, loin d’être une solution à celui-ci. Mais en attendant de voir des jours meilleurs, c’est un rappel que l’ingénierie sert parfois moins à résoudre un problème qu’à permettre de vivre avec.













