Mise à jour le 3 juin à 9 h 55 : Il s'agissait bien d'une fausse alerte selon l'Assurance Maladie, qui nous a indiqué ne pas avoir trouvé « d’éléments attestant d’une fuite de données massives provenant du Dossier Médical Partagé ». Les experts ont vérifié si une fuite avait pu avoir lieu via les modes opératoires décrits sur les forums, mais aucune activité anormale n'a été détectée. Les investigations se poursuivent afin de consolider ces conclusion, tandis qu'un signalement va être effectué auprès du procureur de la République.
Article original : Après le spécialiste du tiers payant Almerys la semaine dernière, le Dossier Médical Partagé (DMP) se retrouve à son tour cité dans une revendication de piratage. Un individu affirme détenir une base de données liée à ce service de l’Assurance Maladie. La fuite n’a pas été confirmée, et si l’organisme nous a indiqué mener des vérifications, il semble à ce stade privilégier la piste d’une fausse alerte.

Le DMP est une sorte de carnet numérique sécurisé regroupant différentes informations de santé d'un patient. Il contient son historique de soins des 12 derniers mois (automatiquement alimenté par l'Assurance Maladie), ses antécédents médicaux, ses résultats d'examens ou encore ses comptes rendus d'hospitalisations. On peut également y trouver les coordonnées des contacts d'urgence, ou des directives anticipées pour la fin de vie.
Selon le site spécialisé French Breaches, la revendication émane du même pseudonyme que celui associé au piratage d’Almerys, un acteur du tiers payant ayant récemment confirmé une intrusion. Sous le nom de « Lagui », l’individu aurait publié une nouvelle annonce sur un forum cybercriminel en affirmant vendre une base contenant des données liées au DMP. Il évoque un fichier de 34 228 lignes et proposerait un échantillon afin d’appuyer ses déclarations.
La base contiendrait des informations d’identité, de contact ainsi que des IBAN/BIC. Environ 80 % des enregistrements comporteraient un numéro de sécurité sociale, tandis que 30 à 40 % des fiches contiendraient un IBAN. Si ces éléments sont authentiques, ils pourraient faciliter de futures campagnes de hameçonnage, avec de faux remboursements de frais de santé ou des prélèvements factices. Les informations de santé sensibles ne seraient en revanche pas concernées à ce stade, un point important alors que le DMP peut contenir des données médicales particulièrement personnelles.
À ce stade, difficile de trancher. La base mise en avant par le pirate peut correspondre à une fuite réelle, à un assemblage de données récupérées ailleurs, voire à une simple tentative d’intox. Sur les forums cybercriminels, les annonces spectaculaires sont monnaie courante : elles permettent d’attirer les regards et de faire monter les enchères. Contactée, l’Assurance Maladie nous a indiqué poursuivre ses vérifications afin de « confirmer avec certitude que cette revendication est fausse ». En attendant d’éventuels nouveaux éléments, cette supposée fuite doit donc être prise avec de grosses pincettes.













