Le CES de Las Vegas 2021 passe en mode virtuel

Florian Innocente |

La Consumer Technology Association (CTA), propriétaire du CES de Las Vegas s'est rendue à l'évidence, il ne sera pas possible en janvier 2021 de faire venir sur place et en personne les exposants et visiteurs (170 000 participants et 4 400 exposants lors de l'édition 2020).

Photo : CES®

La crise sanitaire est loin d'être achevée et ce rendez-vous, qui réunit des gens venus des quatre coins du monde, se déroulera comme prévu la première semaine de janvier (du 6 au 9) mais sous une forme numérique inédite.

De par cette position très en amont dans le calendrier, le CES 2020 avait pu échapper aux annulations en cascade ou reformatages des salons et conférences qui ont émaillé l'actualité depuis mars dernier.

La CTA renvoie donc à janvier 2022 pour une présence physique, mais mâtinée de virtuel, à la lueur de l'expérience que sera cette prochaine édition.

avatar sachouba | 

Très bien.
Je trouve ça tellement absurde à notre ère, ces salons et conférences auxquels des milliers ou dizaines de milliers de personnes se rendent par avion chaque année... CES, MWC, E3, Qualcomm Tech Summit, WWDC, keynotes Apple, Samsung, Huawei, Xiaomi...

C'est la fête pour les journalistes et autres youtubeurs qui ont droit à des vacances payées par leur boîte (quand ils ne sont pas invités tous frais payés par l'organisateur) mais ça a un sacré impact écologique.

avatar seb5454 | 

@sachouba

Autant pour des Keynote d’Apple, Samsung ect je suis d’accord que de faire venir du monde n’apporte pas grand chose...Autant le CES il y a des milliers de startup qui y vont pour se faire découvrir et trouver des investisseurs....c’est une énorme caisse de résonance qu’ils n’auront pas forcément en virtuel...

avatar Seb42 | 

@seb5454

Je suis d’accord avec toi, on ne peut pas mettre tous ces événements dans le même panier.
Sinon ce serait le cas pour tous les autres salons (auto, livre, pêche 😊 etc...)

avatar MarcOfParis | 

@sachouba

Des vacances??? Manifestement vous n’avez jamais participé en tant qu’à journaliste à ce genre d’événements. Je l’ai fait pendant une quinzaine d’années et je peux vous assurer que couvrir un salon comme le MWC, le CES ou une Keynote d’Apple n’est pas vraiment une partie de plaisir. A moins bien sûr d’aimer prendre l’avion un lundi matin pour arriver à Cupertino le lundi soir, se bouffer la Keynote le mardi matin pour sauter dans l’avion à 18:00 pour atterrir en france mercredi matin. Le tout en classe éco.
Même chose pour les événements Huawei : il faut aimer les 35 degrés avec 90% d’humidité de Shenzhen, commencer le boulot à 8:00 pour finir à 22:00 pendant dans 3 jours et enfin aller s’entasser en éco dans un avion de compagnie low cost.
Quant au MWC... j’étais tellement soulagé de ne pas avoir à le subir cette année que j’aurais volontiers remercié le virus !
Ces salons sont un mal nécessaire si l’on veut s’affranchir du story telling des constructeurs. Vous n’imaginez pas le nombre d’informations confidentielles que j’ai pu obtenir au détour d’une allée entre deux partenaires commerciaux...

avatar oomu | 

Merci.

J'avais rencontré un journaliste de BFMTV (entre autre) qui couvrait les salons numériques : il faisait à lui tout seul, les interviews, filmer, enregistrer les gens, le montage et l'envoie à la chaine.

journaliste-caméraman-monteur.

Il portait sur son dos tout l'attirail pour filmer plus les batteries pour la caméra/micros et 3 fucking modems 4G pour être en permanence lié à au moins un réseau.

Le tout payé moins cher qu'auparavant parce que c'est la Crise-ma-pov-dame-toute-façon-les-jeuneuh-veulent-plus-payer-tiens-ton-aumône.

Avant y avait des équipes... Mais maintenant je suppose qu'ils sont balayeurs uber dans un entrepôt amazon à twitch, ou un truc du genre...

avatar Paquito06 | 

@oomu

"Avant y avait des équipes... Mais maintenant je suppose qu'ils sont balayeurs uber dans un entrepôt amazon à twitch, ou un truc du genre..."

Twitch a d’ailleurs des super locaux au coeur se SF by the way. Je passe y prendre un cafe et jouer parfois car ils ont TOUS les jeux videos de la planete, apres un match de foot ou rugby diffusé au cafe bastille (🇫🇷) juste a coté 👌🏼

avatar MarcOfParis | 

@oomu

Exactement.
Par exemple, le quotidien national pour lequel j’ai travaillé m’a dit « on te paye pour les articles, on va pas aussi te payer pour les photos »... ma formation de photo-journaliste n’ayant bien entendu demandée aucun investissement de ma part. Du coup, les photos que j’envoyais avec mes articles étaient faites à l’iPhone 3G, nettement moins lourd que mon matériel pro. Bref, ils en avaient pour leur argent (c’est à dire pas grand-chose).

avatar MarcOfParis | 

@oomu

« journaliste-caméraman-monteur »
Le terme exact dans notre jargon est JRI (journaliste reporter d’images): ça sonne bien, non? 😀
Mais nous, on préfère parler d’esclave itinérant....

avatar sachouba | 

@MarcOfParis

Honnêtement, aujourd'hui, quel est l'intérêt d'assister à ces conférences en personne, en tant que journaliste ?

1) La grande majorité des innovations fuitent avant les salons ou sont publiées en ligne par les constructeurs.
2) Tous les sites d'actualité technologique publient les mêmes articles, à la virgule près, car les constructeurs donnent les mêmes infos à tout le monde. Même les photos sont identiques ou très similaires.
3) Ces mêmes sites (ou la rubrique technologique des journaux généralistes) sont en général peu scrupuleux et peu regardants sur la qualité, surtout en France (mais aussi chez certains anglophones), avec une compréhension très sommaire de la technologie et une capacité d'auto-critique faible. La qualité du contenu pourrait difficilement être plus basse, même sans déplacement physique. Il y a évidemment des exceptions...

Concernant l'absence de vacances, on voit systématiquement les youtubeurs et journalistes se balader sur le lieu des conférences (Las Vegas, Hawaï, Barcelone...) pour "tester" les appareils photo des nouveaux smartphones présentés ou d'autres innovations.
Soyons honnêtes : même si on doit travailler d'arrache-pied, c'est toujours sympa de se rendre dans un pays étranger tous frais payés, surtout les premières fois.

avatar YetOneOtherGit | 

@sachouba

Sur ces enjeux environnementaux, j’ai toujours considéré que la participation à une poignée d’événements internationaux dans l’année me permettait au contraire de limiter mes besoins de déplacement sur les projets.

Les liens tissés IRL durant ces événement, que je complète en général par une semaine de visites clients/partenaires sur place, rendent possible en suite des collaborations à distance sans besoins d’aller/retour court et fréquent sur des vols long courrier.

Dans le bussiness ce qui a le plus d’impact sur cette considération, c’est la démultiplication des vols avec des temps courts sur place que j’évite le plus possible depuis de nombreuses années.

avatar oomu | 

Ces salons permettaient de voir les produits de visu, de rencontrer des gens, de faire des réunions de travail, etc.

Dans ce genre de salons, j'ai rencontré des commerciaux en pagaille pour avoir des démonstrations de produits et des réponses immédiates à des questions précises.

C'est aussi fun et convivial, quand on arrive à s'organiser, s'extirper des foules, faire son petit parcours, etc.

Bref, je m'oppose au discours du :

- lol sert à rien
- lol c'est des vacances
- lol une vidéo et pis la vie est finie
- lol supprimons les déplacements inutiles, qu'est-ce qui est inutile ?tout ce que ne fais pas le OOMU et le Oomu fait RIEN ! (rien de rien, vraiment, enfin si, parfois je me retourne sous ma couette quand j'ai un trop plein de calories))

Même un geek à lunettes comme moi n'est pas à ce point à vouloir s'enfermer dans une grotte sous prétexte que TOUT (fermons les musées) peut être remplacé par une vidéo.

Non, c'est triste.

avatar jean_claude_duss | 

@oomu

T’as 100% raison mais on sait qu’un allez retours paris : NYC ça crame ton bilan carbone pour l’année (après tu peux plus t’habiller, manger, vivre) si on veux rester sous les 2 degrés avant 2100.
Vu qu’en plus c’est une pâlie pour les journalistes inventons on moyen qui marche mieux de faire découvrir toutes les boites autrement ! En réalité on a pas trop le choix.

avatar jean_claude_duss | 

@oomu

Et oui c’est triste, mais c’est à nous de trouver des nouveaux paradigmes pour qu’on ne trouve pas ça triste 😉

avatar YetOneOtherGit | 

@oomu

Je partage ton point de vue, les salons et les conférences sont des moments importants de la vie d’un secteur d’activité.

C’est l’occasion de partager et de construire IRL des relations professionnelles souvent dans un cadre convivial.

On n’interagit pas à distance avec la même efficacité entre personnes qui ne se sont jamais rencontrés.

Une des valeurs de mon réseau professionnel c’est justement les liens IRL qui se sont tissés durant des années avec une grande part de ceux qui le constitues.

Et une part importante de ces liens se sont faits et on étaient entretenus sur des conférences, des salons, des meet-up ...

La part sociale de l’activité professionnelle est fondamentale.

A titre d’exemple on obtient un support technique de bien meilleur qualité quand on a un accès direct et à haut niveau aux équipes parce qu’on a tissé des liens avec elles lors de soirée conviviales et festives.

Bref le tout virtuel est une paupérisation de l’efficacité et les dépenses pour assister à par exemple un SIGGRAPH ou une CppCon, sont très largement amortis par les bénéfices professionnels qu’on en retire.

avatar sachouba | 

@oomu

Je ne sais pas si tu te rends compte de l'impact environnemental d'un vol transatlantique.
C'est l'équivalent de 1.6 tonnes de CO2/passager en moyenne. 1 vol transatlantique par an, c'est suffisant pour plomber tous les efforts de réduction du bilan carbone que tu peux faire dans d'autres domaines.
Par exemple :
- vivre sans voiture, ça réduit les émissions de CO2 de 2.4 tonnes/an.
- être végétarien : 0.8 tonne/an.
- faire le tri sélectif : 0.2 tonne/an.
- planter un arbre : 0.006-0.06 tonne/an.

(sauf avoir un enfant en moins : 59 tonnes de CO2/an.)

Autrement dit : refuser de prendre un vol transatlantique a autant d'impact que vivre sans voiture pendant 8 mois, être végétarien pendant 2 ans, ou faire le tri sélectif pendant 8 ans.

N'est-il pas complétement futile de prendre un vol pour assister à un salon ou une conférence pendant 1 à 3 jours ? Pour (en tant que journaliste) publier exactement la même chose que tous les autres ? Pour un moment "fun et convivial", pour rencontrer des gens et faire des réunions ?

avatar YetOneOtherGit | 

Et contrairement à ce que certains semble fantasmer ici, pour la majorité des participants ce type d’événement ce n’est pas des vacances.

On est en mode bussiness du petit déjeuné (Qui est souvent l’occasion de caller un premier RDV) au couché après une soirée ou un repas au restaurant où là encore ce sont des enjeux de construction d’un réseau professionnel, de bizdev voir de négociations.

avatar Paquito06 | 

@sachouba

"C'est la fête pour les journalistes et autres youtubeurs qui ont droit à des vacances payées par leur boîte (quand ils ne sont pas invités tous frais payés par l'organisateur) mais ça a un sacré impact écologique."

Certes, l’impact ecologique est consequent et indeniable, mais des vacances, enfin allons, on n’est plus dans les annees 80. Mais vous vivez dans un autre monde. Avec un tel raisonnement, vous n’etes ni entrepreneur, sponsor, speaker, investisseur ou journaliste. Pour une poignee de YouTubers, c’est peut etre la folie, mais une poignee sur 200,000 personnes. Pour y avoir participé plusieurs fois du coté des banques (investisseurs) comme du coté des exposants (entrepreneur), c’est loin d’etre des vacances. Et je parle aussi bien pour le CES ou l’Adobe Summit, à Vegas. Vous avez des journees de 18h facile où vous faites quasiment que du networking (hello silicon valley 😉), vous vous informez sur ce que fait la concurrence en vous faisant accoster par des journalistes et des Chinois qui copient votre projet a longueur de journee, en mangeant sur le pouce,... c’est avant tout un salon pro, pour y faire du business, et en rien des vacances. Forcement ca part en frais payé, car entre le prix du booth, du ticket, de l’accomodation (vol/hotel/repas), y en a pour quelques dizaines de milliers de $, mais sachez aussi que la duree de sejour est de 3 jours 3 nuits en moyenne, lundi-mardi-mercredi, le jeudi/vendredi y a deja plus personne. Se taper un jet lag aller-retour de 9h voire davantage quand les gens viennent d’Europe pour 3 jours, c’est en effet de super vacances. Encore faut il rester au bon hotel - mandalay bay, en face de l’aeroport - sinon vous pouvez galerer sous la chaleur 😁

avatar MarcOfParis | 

@sachouba

J’oubliais: AUCUN organisateur de salon n’invite des journalistes tous frais payés! Ce sont généralement les constructeurs qui prennent en charge les frais ou les rédactions (dans ce cas il s’agit d’un déplacement professionnel, comme pour tout employé d’une boîte). Et n’allez pas penser qu’on peut nous acheter avec un billet de classe éco (ou business avant l’explosion de la bulle hi-tech), quelques repas généralement très corrects et deux ou trois goodies... les journalistes sont mal payés mais il en faut beaucoup plus pour les acheter (enfin dans mon cas) 😂
La contribution des organisateurs des salons se résume à la distribution des accréditations presse, la mise à disposition d’une salle de presse équipée (ce qui est un plus très appréciable ) ainsi qu’à un cassage de couilles en règle pour qu’on assiste aux différents keynotes, même s’ils n’ont aucun rapport avec les sujets traités par le média qui nous envoie.

avatar sachouba | 

@MarcOfParis

Tu as tout à fait raison sur le financement par les constructeurs.
Quand je disais que "l'organisateur" payait les frais des invités, je pensais à Huawei, Qualcomm, pas au CES ou au MWC.

avatar jrxch31 | 

@sachouba

Votre réponse est aussi clichée que grotesque. Quel est le réel impact du CES sur l’environnement vis à vis des milliards de touristes annuels dans le monde ? Des millions de sites ont été massacré, parfois en quelques années. Pourquoi ne resteraient-ils pas chez eux non plus ?

On pointe toujours du doigt l’avion pendant que les bateaux de croisière pullulent pour finir sur le port de Marseille, moteurs en marche pendant tout le confinement au risque sinon de ne plus démarrer pendant que les avions, eux, dormaient bien sagement.
Je serais aussi surpris de connaître l’impact écologique des serveurs et co pour connecter ces 170.000 personnes l’an prochain.

Défendre la planète c’est bien, le faire avec intelligence c’est mieux.

avatar jean_claude_duss | 

@jrxch31

C’est un bel homme de paille cette réponse !
Bien sûr que le tourisme c’est atroce. Et bien sûr que si on pense que le CES c’est mieux en ligne ça ne veux pas dire qu’on est pour les bateaux de croisière 😉.
En disant : quand l’autre secteur aura fait des efforts je commencerai à en faire on est sûr que rien ne se passe !
Et oui le numérique pollue ! Autant que les avions ! Mais c’est avions c’est un tout petit pourcentage de la population mondiale, le numérique c’est une écrasante majorité !

Et oui 60000 allez tours en avion pour aller au CES ça va polluer plus que des vidéos sur YouTube,m (heureusement sinon on serait bien mal barrés...)

avatar sachouba | 

@jrxch31

Bien sûr que le tourisme devrait être limité, par exemple avec une hausse des prix des billets d'avion utilisée pour en compenser (partiellement) l'impact environnemental (et diminuer le nombre de touristes).

En ordre de grandeur, l'impact environnemental du live streaming du CES sera probablement >1000 fois plus faible que pour un CES physique.

Le déplacement des visiteurs du CES en avion émet en gros 1 tonne CO2/personne (aller-retour). Sans compter le CO2 émis pour le transport des produits et infrastructures des exposants, l'électricité ultra-carbonnée consommée sur place pour l'éclairage et la climatisation, les hôtels et restaurants...

Le streaming de 10h/jour de Netflix émet environ 1 kg de CO2 (et moins dans un pays à électricité décarbonnée comme en France).

Je te laisse comparer.

avatar Brice21 | 

@sachouba

Tu as de bonnes idées. Augmenter le prix des billets pour compenser le CO2, comme ça seul les riches pourront faire du tourisme. C’est un progrès évident.

avatar sachouba | 

@Brice21

Hé oui, c'est un fait : avec la (sur)population actuelle et l'état de la planète, il est strictement intenable que tout le monde puisse partir à l'autre bout du monde tous les ans pour les vacances, et le tourisme de masse ne peut pas continuer.

Le tourisme n'est pas un droit fondamental, c'est un privilège. Et en démocratisant encore davantage le train, cela permettra quand même à pas mal de gens de voyager.

avatar iPop | 

@sachouba

L’intérêt d’un salon c’est de pouvoir voir un produit. C’est toujours mieux (écologiquement) que se déplacer chez tous les concessionnaires pour voir les voitures.

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