Ouvrir le menu principal

MacGeneration

Recherche

Gmail : quand les e-mails sont lus par les employés des sociétés de marketing

Mickaël Bazoge

mardi 03 juillet 2018 à 14:00 • 87

Ailleurs

Les boîtes de réception de millions d’utilisateurs de Gmail ont été « visitées » par des éditeurs d’applications : ces derniers ont lu des e-mails, que ce soit avec des machines ou par des humains. Ces développeurs tiers qui exploitent les API de Gmail proposent à leurs utilisateurs des services de comparaison de prix, des planifications d’itinéraires, etc.

Les informations recueillies dans les e-mails sont précieuses. On y trouve en effet des historiques d’achats, des transactions bancaires, des communications personnelles. Gmail comptant 1,4 milliard d’utilisateurs, c’est là un coffre au trésor que les spécialistes de l’exploration de données (autrement dit du data mining) veulent percer au moyen d’applications et de services gratuits suffisamment alléchants pour que les utilisateurs en autorisent l’exploitation.

Sundar Pichai, le CEO de Google, devant le nouveau Gmail. Photo : AP/Jeff Chiu.

Que des éditeurs puissent scanner les courriels de Gmail n’est pas nouveau. C’est d’ailleurs ce que faisait Google jusqu’à l’an dernier, le moteur de recherche ayant annoncé qu’il cesserait de fouiller dans les boîtes de réception. Cette pratique a permis à l’entreprise d’afficher des publicités ciblées en lien avec le contenu des messages. Désormais, Gmail a changé de modèle économique et se présente comme une plateforme pour les développeurs.

Mais les éditeurs qui exploitent les bases de données de Gmail conservent toute latitude pour faire ce qu’ils veulent de la masse de messages des utilisateurs. Le Wall Street Journal rapporte deux exemples : Return Path, qui a à son actif 163 apps partenaires, recueille les données des utilisateurs de Gmail (mais aussi des services mails de Yahoo et Microsoft) en scannant leurs courriels. Les ordinateurs de cet éditeur moulinent près de 100 millions de messages chaque jour.

Et quand les machines ne suffisent pas, ce sont des yeux humains qui lisent les e-mails : cela a été le cas il y a deux ans chez Return Path, avec des employés qui ont compulsé 8 000 messages non expurgés de leurs informations personnelles. Idem chez Edison Software, autre éditeur de solutions basées sur Gmail, dont des employés ont lu les e-mails de centaines d’utilisateurs.

Dans les deux cas, il s’agissait de peaufiner de nouvelles fonctions et d’améliorer des algorithmes de traitement de l’information. Si l’on pouvait déjà tiquer sur le fait que des machines puissent examiner le contenu d’un e-mail, l’idée que ce soit un humain qui ait un tel accès à ces courriels — même sous couvert d’amélioration de fonctionnalités — pourra paraître intolérable à beaucoup.

Les deux éditeurs mis en cause par l’article se couvrent en expliquant d’une part que ces pratiques sont autorisées par leurs conditions générales d’utilisation, et d’autre part que les employés qui accèdent au contenu des mails font l’objet d’une sélection rigoureuse. Ni Return Path, ni Edison ne mentionnent toutefois l’éventualité d’une lecture des messages par un employé.

Le tableau de bord de Return Path.

Du côté de Google, on indique que les tiers qui ont accès aux données de Gmail sont soumis à un processus de contrôle « à la main » ; les utilisateurs doivent par ailleurs donner leur accord explicite. Il arrive à des employés de Google de lire des messages Gmail, mais dans des cas très spécifiques qui nécessitent un consentement éclairé de l’utilisateur, ou encore dans le cadre de situations mettant en cause la sécurité d’une personne ou d’un système (bug informatique…). Google précise par ailleurs que les tiers ont interdiction de réaliser et de stocker des copies des données.

Les données recueillies par les éditeurs tiers à partir de Gmail n’ont, a priori, pas servi à des activités délictueuses comme cela avait été le cas par Cambridge Analytica avec les informations de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook. Néanmoins, dans le contexte actuel, cette exploitation de Gmail fait tache.

Gêné aux entournures — même si rien d’illégal n’est à relever —, Return Path explique que les utilisateurs ont toujours la possibilité de retirer leur autorisation. L’entreprise cherche aussi « activement » à améliorer la transparence de ses règles de confidentialité.

Ajouter ce site dans Google News

Nokia annonce l’abandon immédiat de RapidAPI pour Mac (ex Paw)

17:46

• 4


Les coques Apple pour iPhone 18 Pro (Max) déjà en promo chez Amazon

17:37

• 2


Revue des tests des iPhone 18 Pro : la photo de nuit progresse, l’ouverture variable divise

16:30

• 29


Les Xserve de l’IA : Apple envisagerait des serveurs M8 Ultra pour les entreprises

16:17

• 11


Réseaux sociaux : l’Union européenne prépare des restrictions pour les moins de 15 ans

14:36

• 87


Apple Watch : la Series 12 met fin à la brillante finition noir de jais

12:59

• 39


Le nouveau Siri peut-il enfin tenir la promesse de ses créateurs ?

12:51

• 44


Aqara lance le FP400, le successeur Matter et Thread du détecteur de présence FP2

12:44

• 16


Des employés et ex-employés d’Apple appellent à manifester pour le lancement de l’iPhone Duo

12:32

• 0


C&C France, l’un des principaux revendeurs Apple, placé en redressement judiciaire

11:50

• 40


Alerte nostalgie : AppZapper fait un retour spectaculaire pour supprimer les apps

10:54

• 39


Apple lie le trousseau à l'enclave sécurisée avec macOS Tahoe, et empêche sa copie d'un Mac à un autre 🆕

10:41

• 8


Google autorise finalement ses développeurs à coder avec Claude

10:19

• 3


Le dernier iMac Intel 21,5 pouces rejoint la liste des produits anciens d’Apple

09:31

• 11


Vous avez surtout retenu l’animation d’ouverture de l’iPhone Duo ? Vous pouvez la reproduire sur votre Mac

08:28

• 25


Pause de l'IA : Meta et Mistral refusent de jouer le jeu d'OpenAI et d'Anthropic

06:38

• 37