Audition antitrust : Tim Cook reste droit dans ses bottes

Mickaël Bazoge |

Tim Cook, Mark Zuckerberg, Sundar Pichai et Jeff Bezos passent sur le gril de la commission législative du Congrès américain en charge de la concurrence. Les quatre CEO sont tour à tour interrogés sur les pratiques commerciales de leurs entreprises, ainsi que sur d'autres sujets qui n'entretiennent qu'un rapport lointain avec l'objet de la commission.

Google et Facebook intéressent ainsi beaucoup les députés américains (en particulier les Républicains), sur toute sorte de questions : liens entre le moteur de recherche et la Chine, soi-disant censure du réseau social contre la frange la plus réactionnaire des conservateurs américains, demande de support technique pour Gmail ou encore la « cancel culture » véritable épouvantail de l'extrême droite américaine.

« Je le jure ».

Tim Cook a tout de même eu droit à une salve de questions sur l'App Store. Il a ainsi expliqué que la boutique faisait partie intégrante de l'iPhone, comme l'est l'appareil photo ou sa puce. Le CEO d'Apple n'a pas bougé d'un iota des propos liminaires connus depuis hier soir (lire : Audition antitrust : comment Tim Cook va défendre Apple), en s'enfermant dans des arguments qui ne tiennent pas la route. Au représentant qui lui demandait si Apple traitait tous les développeurs de la même façon, Tim Cook a assuré que oui.

Mais c'est un secret de Polichinelle : si tous les développeurs sont égaux, certains le sont assurément plus que d'autres, ils bénéficient de contacts privilégiés et Apple peut même à l'occasion leur faire des fleurs. Après tout, difficile d'en vouloir à la Pomme qui sait la valeur de certaines applications de premier plan pour son écosystème, mais pourquoi ne pas le reconnaitre ? Interrogé sur la faveur faite à Baidu d'accélérer le processus de validation de l'App Store, Tim Cook a concédé qu'il ne connaissait rien de cette situation spécifique.

Tim Cook, Sundar Pichai.
Mark Zuckerberg, Jeff Bezos. Qui utilise un MacBook pour filmer son témoignage ?

Autre exemple de l'asymétrie de traitement de l'App Store : le passe-droit accordé à Amazon Prime Video et quelques autres applications, qui leur permet de passer outre le système d'achats intégrés. Ce programme est-il disponible pour tous les développeurs ? « Il est disponible à quiconque respecte les conditions », s'est borné à répondre Tim Cook. Or, ce fameux programme est entouré d'une lourde chape de plomb, on en ignore tout — y compris les éditeurs qui adoreraient faire partie du club.

Document : House Judiciary Dems.

Tim Cook assure également qu'Apple « n'intimide pas » les développeurs qui se plaignent publiquement des pratiques de l'App Store. Transmis aux développeurs qui ont été intimidés par l'App Store pour les forcer à intégrer le système d'achats intégrés de la boutique (lire : Apple veut forcer le renouvellement automatique de l'abonnement après un essai dans l'app Down Dog).

Sur la question de la concurrence à proprement parler, le CEO d'Apple n'a pas varié son discours : les développeurs ont la possibilité de concevoir des apps pour Android, pour la Xbox, la PlayStation, « c'est comme un combat de rue pour les parts de marché ». D'autres plateformes existent bien sûr, mais sur iOS les développeurs n'ont pas d'autre choix que de passer sous les fourches caudines de l'App Store. Tim Cook a également assuré qu'Apple n'augmenterait jamais la commission de 30%, même si l'entreprise a toute latitude pour le faire.

Les poids et les mesures de l'App Store

Une affaire remontant à la fin de l'année 2018 est revenue hanter Tim Cook durant l'audience, celle qui concerne les applications de contrôle parental qui surveillaient l'activité des bambins via l'installation d'un profil MDM (Mobile Device Management). Plusieurs d'entre-elles ont été retirées de l'App Store, certaines ont pu y revenir (lire : Apple s’en prendrait aux applications concurrentes à Temps d’écran). À l'époque, le soupçon portait sur la concurrence que faisait peser ces apps sur la fonction Temps d'écran inaugurée avec iOS 12.

Le patron d'Apple a expliqué que la technologie MDM utilisée — qui sert normalement dans le cadre d'une entreprise — plaçait les données des enfants à risque. « Nous nous inquiétions de la sécurité des enfants ». Pourtant, en février 2019, Apple autorisait une application de flicage des femmes en Arabie saoudite, Absher, basée sur le même principe. À l'époque, Tim Cook avait assuré qu'il ne connaissait rien de cette application… et ça n'a pas beaucoup avancé.

« Je ne connais pas cette app », a-t-il encore dit, avant de proposer de se pencher plus avant sur ce dossier. « Nous appliquons les mêmes règles à tous les développeurs », a-t-il encore assuré. Pour les apps de contrôle parental, Tim Cook explique qu'il en existe une trentaine aujourd'hui sur l'App Store, « il y a beaucoup de concurrence ». Il ajoute qu'Apple ne génère aucun revenu sur cette activité.

Le CEO jure vouloir toutes les applications possibles et imaginables sur sa plateforme, malgré le pouvoir de vie et mort qu'Apple s'est octroyé sur le catalogue de l'App Store… et les éventuelles distorsions de concurrence. L'application de l'éditeur Random House a ainsi été refusée au moment même où elle refusait de rejoindre l'iBooks Store.

Une coïncidence pour Tim Cook, qui s'est placé sur le terrain de la technique : « Il y a beaucoup de raisons qui font que l'application n'a pas été acceptée par l'App Store. Cela peut ne pas fonctionner correctement, ou il peut y avoir d'autres problèmes ».

Le patron d'Apple a également été interrogé sur les cas d'Airbnb et de ClassPass, qui à la faveur du confinement, ont commencé à vendre des cours virtuels sur lesquels le constructeur cherche à imposer sa commission. Tim Cook assure qu'Apple ne cherche pas à profiter du coronavirus et de ses conséquences.

« La pandémie est tragique et elle fait mal aux Américains et partout dans le monde. [Pour ces deux applications], ce sont des cas où les apps proposent des services numériques qui techniquement doivent passer par notre modèle de commission ». Il confirme qu'Apple travaille toujours avec ces éditeurs. Tim Cook reconnait toutefois que l'App Store peut faire des erreurs, la boutique recevant 100 000 soumissions d'applications chaque jour.

La question du sherlocking a aussi été évoquée. Tim Cook a expliqué que les applications d'Apple étaient soumises aux mêmes guidelines que les développeurs tiers (ce qui est faux, les apps d'Apple utilisent des API privées interdites aux développeurs). Dans ce cas, pourquoi Apple se permet-elle de proposer des clones d'applications quand les règles de l'App Store interdisent spécifiquement ce genre de pratique. Le CEO d'Apple se dit « pas familier » de ce dossier et indique qu'il reviendra vers la commission avec davantage d'informations sur le sujet.

avatar YetOneOtherGit | 

@fte

Je te rejoins pleinement sur le besoin de schématisation qui peut se rapprocher de la caricature pour faire de la vulgarisation.

Mais c’est là un art difficile et délicat.

Le choix du terme dans ma liste n’est en fait peut-être pas le bon tout simplement.

Plus que de la caricature c’est en fait le fait de travestir les propos commentés, de les vider de leur sens, de ne pas faire le moindre effort pour les comprendre, d’y réagir avec ses viscères et non son cerveau.

Dans bien des cas hélas, les commentaire de certains ne réagissent pas aux propos réellement tenus par l’équipe de MacGe, les personnalités citées ou les commentaires faits... mais à un tropisme nombrilisme niant au final la réalité des propos auquel l ‘ont prêtant réagir.

Cela donne des échanges hors-sol assez stériles et frustrants.

Et ils imagines que c’est le fruit d’une divergence de vues, ce qui est la encore se tromper de guerre.

avatar rikki finefleur | 

YetOneOtherGit
Evites nous tes discussions de comptoir de pédant, raciste et nauseabond sinon tu vas etre encore banni..
Si il y en a bien qui caricature c'est bien toi, toujours a déverser ta rancoeur sur les commentateurs de macg, quand ce n'est pas sur les journalistes.

avatar fte | 

@rikki finefleur

"Evites nous"

C’est qui nous ?

Qui décide de qui parle ou non ?

Il te suffit de ne pas lire.

avatar rikki finefleur | 

Peut etre que tu n'es pas tout seul...
Mais je vois pas ce que vient faire une prose sur les commentateurs de macg.. et ce n'est pas la premiere fois qu'il déverse sa haine.

avatar fte | 

@rikki finefleur

"sa haine"

Définis « haine ».

avatar YetOneOtherGit | 

@fte

"Définis « haine »."

pour notre camarade la haine c’est oser s’opposer de manière articulée, construire, argumenté, référencé à ses visions populiste ne reposant sur aucune connaissance étayée digne des meilleurs heures du café du commerce.

Il est incapable d’imaginer qu’on puisse échanger sur des divergences, comme nous le faisons par exemple toi et moi, avec le minimum de qualité qu’exige des échanges intéressants. 🤢

avatar Vyggo | 

Pour un CEO, je trouve qu’il ne connaît pas grand chose des problèmes qui fond du bruit et qui peuvent avoir une image négative sur Apple... bref, soit il prend les gens pour des cons, soit il est incompétent. Moi j’ai déjà ma réponse.

avatar Sgt. Pepper | 

Je comprends mal cette subjectivité anti Tim Cook dans le traitement à charge de cette actualité 🤢

- « droit dans ses bottes » 🙄
- « Guidelines » n’est pas une question d’API 🤥

avatar occam | 

@Sgt. Pepper

"subjectivité anti Tim Cook"

Éclairez-moi :
• Ce prétendu biais, si vous le ressentiez comme favorable à Tim Cook, vous dérangerait-il le moins du monde ?
• Viendriez-vous en faire état ici ?
• Veuillez esquisser un compte-rendu objectif de l’audition, afin que les lecteurs puissent se faire leur idée de votre notion de la subjectivité.

avatar YetOneOtherGit | 

@Sgt. Pepper

"- « droit dans ses bottes » 🙄"

Cela décrit bien les choses je trouve et ce n’est pas un jugement de valeur ou une insulte.

Cook campe sur ses positions ce qui est normal et prévisible.

Ce n’est pas : « Cook s’obstine à mentir de manière éhontée face à la commission » 😉

avatar fmuser | 

En réalité, ce sont les brevets et les licences logiciels qui permettent aux GAFA d'obtenir des quasi-monopoles chacun dans son secteur d'activité et de générer des marges largement supérieures aux marges réelles du marché.

Il suffirait de supprimer ces brevets et licences et le problème serait réglé. Cela permettrait à des constructeurs de faire des clones d'iPhone ou de Mac, à d'autres App Store d'apparaître sur iOS, à pouvoir rooter ou même breaker légalement son smartphone, le client redeviendrait le vrai propriétaire de l'objet qu'il a acheté fort cher et qui ne vaudra plus rien dans une décennie.

Mais il ne faut pas oublier que les GAFA sont pro-démocrates et arrosent aussi certains républicains, ils ne risquent donc pas grand chose, cette convocation tend juste à rassurer quelques inquiets dans le but de gagner des voix pour la présidentielle…

avatar Mike Mac | 

Je me suis juste amusé à reprendre le titre qui barre la Une de "Front Populaire", la nouvelle revue de Michel Onfray et Stéphane Simon. Puis d'y ajouter le nom des 4 comparses de la GAFAM World Company, dont la cravate n'est pas l'unique ligne directrice commune, comme les apparences pourraient le laisser croire.

Pendant qu'on amuse la galerie, le monde ne bouge pas qu'à l'aune des multinationales qui fragilisent les écosystèmes tout comme les démocraties, et font tout pour s'affranchir des règles. Il faut reprendre la main.

avatar YetOneOtherGit | 

@Mike Mac

"la nouvelle revue de Michel Onfray et Stéphane Simon"

🤢

avatar Mike Mac | 

@YetOneOtherGit

Vomi soit qui mal y pense ?

Venant d'un honni, ta marque de fabrique dans ces contrées, c'est amusant. :-)

Reprendre la main disais-je ?

" "Les GAFA écrasent leurs concurrents et la démocratie", ont martelé les démocrates ; "les GAFA nous censurent", ont tempêté les républicains…"

https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/facebook/les-patron...

avatar byte_order | 

> Il a ainsi expliqué que la boutique faisait partie intégrante de l'iPhone, comme l'est l'appareil
> photo ou sa puce.

Mais bien sûr.
La prochaine fois il va nous expliquer que Safari est le seul moteur web possible car il fait partie intégrante de l'iPhone comme le CPU ou l'appareil photo.

De l'art de prendre les gens pour des cons.

avatar Lameth | 

C’est quand même fou d’avoir passé autant de temps à se préparer pour au final ne répondre que : « je ne suis pas au courant » 😂

avatar Steve Molle | 

Amusant...SJ aurait sûrement été le seul à ne pas enfiler de costume pour cette audition...ça en dit long sur les codes de cette élite.

avatar YetOneOtherGit | 
avatar Steve Molle | 

@YetOneOtherGit

Aucun rapport

avatar YetOneOtherGit | 

@Steve Molle

au contraire, fantasmer que SJ n’est pas le niveau d’éducation pour adopter le dress code de circonstances est un raccourci idiot.

SJ a toujours adapté son dress code aux circonstances.

avatar Steve Molle | 

@YetOneOtherGit

Qui a dit cela ???

Le seul qui fantasme ici c’est toi

avatar YetOneOtherGit | 

@Steve Molle

"Qui a dit cela ???"

toi : « Amusant...SJ aurait sûrement été le seul à ne pas enfiler de costume pour cette audition...ça en dit long sur les codes de cette élite. »

avatar YetOneOtherGit | 

@Steve Molle

"ça en dit long sur les codes de cette élite."

Et SJ était on ne peut plus élitiste dans son rapport au monde avec un sens appuyé des codes, de la mise en scène, de l’image, du décorum et de l’exigence d’élégance.

avatar Steve Molle | 

@YetOneOtherGit

Oui enfin je parlais essentiellement des codes vestimentaires.

Mais si tu veux juste faire un contre point pour le principe à ta guise. Toujours est il qu’il ne serait pas présenté en costume cravate à ce genre d’audition. Point barre.

avatar YetOneOtherGit | 

@Steve Molle

"Toujours est il qu’il ne serait pas présenté en costume cravate à ce genre d’audition"

Tu fais aussi la divination dans le marc de café ?

Il faut un sacré manque d’humilité pour oser proclamer une affirmation aussi péremptoire sur un simple ressenti personnel🙄

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