Un témoignage acide sur le fonctionnement interne chez Apple

Mickaël Bazoge |

Avec plus de 130 000 employés, Apple n'est plus et depuis longtemps une petite start-up qui turbine dans un garage. Il est donc inévitable que l'organisation de l'entreprise soit sujette aux mécontentements et à la grogne. C'est le cas chez Apple comme chez d'autres multinationales. Sur Hacker News, le témoignage d'un employé du constructeur jette une lumière crue sur le fonctionnement du groupe.

Ce témoignage est anonyme, mais il semble crédible au vu des expériences relatées dans la suite du fil par d'autres employés. « Snapples » travaille donc depuis 4 ans chez Apple et il se dit épaté par le fait que malgré les dysfonctionnements structurels qu'il a pu observer, la Pomme soit toujours en mesure de livrer des logiciels fonctionnels. Le plus gros problème selon lui réside dans la communication, ou plutôt son absence, entre les différentes équipes.

Il pointe ainsi du doigt la « tonne » de paperasse nécessaire pour pouvoir communiquer avec quelqu'un qui travaille sur un projet différent ; les équipes de quatre personnes qui bossent en silo et qui ne vont jamais voir ce que font les autres ; l'absence de prise en compte par les managers des propositions des ingénieurs. « Si un ingénieur réalise qu'il y a un problème à grande échelle, il est impossible de le corriger. C'est impossible de réunir plus d'1,5 équipe à la fois pour faire le travail ».

Les fonctions développées par les uns et par les autres peuvent ne pas s'imbriquer correctement entre elles car « on ne parle jamais aux autres équipes et autres organisations sur la manière d'intégrer nos produits ». Différentes équipes travaillent sur les mêmes produits et services, chacune tentant de concurrencer l'autre, ce qui au passage « gâche » le talent et le temps des ingénieurs.

« La culture du secret signifie que rien ne peut être fait correctement », déplore-t-il encore. Les ingénieurs peuvent travailler ensemble, mais uniquement ― selon ce témoignage ― pour corriger des bugs critiques. Cette culture du secret est dans l'ADN d'Apple, et les critiques ne sont pas nouvelles (lire : Travailler pour Apple : passion, secrets, et frustration ou encore "Inside Apple" : la culture du secret à Cupertino).

Ce témoignage acide sur les coulisses de Cupertino apparaît alors que le lancement des nouvelles versions des systèmes d'exploitation d'Apple ― en particulier iOS 13 et macOS Catalina ― est assez rock'n roll : bugs en pagaille corrigés petit à petit par des mises à jour multiples, fonctions repoussées aux calendes grecques

La lourdeur de la technostructure chez Apple explique sans aucun doute les errances constatées par Snapples (et aussi les utilisateurs). Et pourtant, le tableau n'est peut-être pas aussi sombre qu'il y parait. Car sans vision globale ni concertation entre équipes, comment expliquer des fonctions transversales comme Sidecar, la fonction Temps d'écran élargie à macOS, la passerelle Catalyst pour adapter des apps iPad sur macOS, le service Connexion avec Apple, etc.

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avatar JOHN³ | 

On rajoute les départs des têtes d’affiche, ce n’est en rien positif..

Apple me séduirait encore si elle se faisait pirate de l’informatique 🏴‍☠️

avatar Malouin | 

@JOHN³

C’est peut être une chance justement !

avatar Dimemas | 

mmmh je suis pas sur ...
à part arhendt

avatar IGerard | 

Classique pour le codeur

Les plan d’ensembles sont vus par les PM ou autres noms... de la fonction vision d’ensemble et stratégie à long terme

avatar totoguile | 

tout à fait : ce n'est malheureusement pas au dev d'avoir la vision d'ensemble dans une structure comme Apple.
C'est le lot des grandes entreprises : soit tu acceptes ce fonctionnement soit tu t'en vas (personnellement, j'ai quitté une boite devenue grosse pour ces raisons : j'avais besoin d'avoir une vision transversale pour comprendre dans quel schéma je m'inscrit et ainsi mieux m'approprier et m'intégrer dans les projets. Je suis maintenant dans une petite boite et j'ai effectivement plus de latitude , mais surtout, j'ai une vision globale).

avatar IGerard | 

@totoguile

Je suis dans un grand groupe, et j’attends sagement la retraite pour revenir à un mode ou je maîtrise la chaîne complète en artisan du codage :)

avatar totoguile | 

Je peux te comprendre :)

avatar colossus928 | 

@IGerard

Ça me paraissait aussi logique.

avatar IGerard | 

@colossus928

Ce sont des reproches classiques... à l’arrivée malgré les défauts on bénéficie d’une belle game de produits et de services

avatar raoolito | 

encore dans le fonctionnement à la steve jobs  : il etait partout et suivait tout en « stevant » ceux qui ne donnaient pas le meilleur d’eux-meme…
probleme, c’est que tout le monde n’est pas jobs (il en est mort de cette maniere de gerer tout) et surtout les temps change. On se dmeande pourquoi l’apple park est si grand avec tout en open space alors que le secret est partout ?

avatar occam | 

@raoolito

"On se demande pourquoi l’apple park est si grand avec tout en open space"

La structure suggère un circular clusterfuck monumental, que le cycle logiciel confirme.

avatar IGerard | 

@occam

Y a des couacs mais en utilisateur et développeur intense de l’ensemble de l’économie système et en général utilisant quotidiennement et professionnellement les beta à partir de juillet tout cela fonctionne plutôt bien... pour l’utilisateur lambda pas passionné il vaut mieux attendre les suivantes au choix... pour de la prod hors dev, attendre la .5

avatar occam | 

@IGerard

...pour autant que la .5 voie le jour, ce qui n’est pas toujours le cas (et même loin de là, pour les dernières versions.

Je vous remercie d’apporter votre perspective et votre éclairage.

Mais comprenez que je ne la partage pas en tous points. Dès que l’on a un parc à gérer et des utilisateurs en support, les dysfonctionnement sur les couples nouvelles machines/nouveau macOS deviennent vite un handicap inacceptable qui occupe des ressources disproportionnées.

La situation ayant tendance à empirer ces dernières années est inacceptable. Si au moins l’utilisateur avait le choix de rétrograder son système sur un Mac neuf, ce serait temporairement supportable. En l’état, cela ne l’est plus.

C’est pourquoi il n’y a plus aucun nouveau Mac dans les projets dont j’ai la responsabilité. Les participants ont le choix d’assurer seuls leur support ou de se doter de machines et de systèmes gérables. Après les déboires liés à Sierra/High Sierra/Mojave, aux claviers Butterfly et au briquage des Mini à handicap T2, il ne se trouve plus de téméraires. Cette saison, pour la première fois depuis 33 ans, je n’ai plus à faire à aucun Mac nouveau. Et ce n’est pas une situation dont j’aurais jamais imaginé qu’elle me faciliterait autant — ni même du tout — le travail.

avatar marc_os | 

@occam

Euh... chez nous les MBP 2019 commencent à se multiplier !
Étant utilisés comme machines de bureau, on a tous notre écran externe de grande taille de diverses générations et clavier externe. Les métiers ? Commerciaux, développeurs, graphistes, ... et un Mac mini 2019 est devenu notre serveur de Build Jenkins/xCode suite aux problèmes de couts, et de performances de notre fournisseur de services.
Et tout le monde travaille sans problème technique.
Étonnant, non ?

avatar mouahaha | 

"chez nous les MBP 2019 [...] utilisés comme machines de bureau, on a tous notre écran externe de grande taille de diverses générations et clavier externe."

Pourquoi faire simple et logique quand on peut faire compliqué et bordélique. :)

avatar tchek | 

Quand on voit le bug de l’installeur de Catalina present des la
Premiere mouture et pas corrigé sur la GM on se pose légitimement des questions sur ce qu’est devenu la communication dans cette boite. Nec et Sony en sont mort.

avatar marc_os | 

@tchek

Qu’un bogue soit présent sur une version bêta ou même GM, on s’en fout, ce n’est pas un problème.

avatar Paquito06 | 

Ajoutez a cela le grain de sel des equipes legal/compliance qui empechent la communication des data pour cause de privacy, c’est un vrai bordel si on veut aller de l’avant. Mais ce n’est pas propre a Apple, les autres GAFA ont aussi ce genre de problemes 😌

avatar occam | 

Rule 42 :
« No one shall speak to the Man at the Helm,
and the Man at the Helm shall speak to no one. »

Lewis Carroll, The Hunting of the Snark

avatar Niteor | 

c'est marrant, on dirait le fonctionnement dans ma boîte !! et je bosse pas chez Apple

avatar marenostrum | 

celui qui parle est en bas d'échelle. normal qui ne peut pas voir plus et s'étonne comment ça marche. seul les meilleurs font la connexion de tous les services.

ceux qui sont en haut ils regardent tout, mais pas ceux qui se trouvent en bas. ces derniers ils travaillent sur des petites tâches.

avatar Rictusi | 

En français ?

avatar Freitag | 

@Rictusi

C’est un 🤖 en fait.

avatar victoireviclaux | 

Et bien il faut mettre de l'eau de Javel. Ça deviendra neutre.

Ok je sors.

avatar UraniumB | 

@victoireviclaux

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